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8 articles avec recits 2010

Belle-Ile en Trail

Publié le par yanshkov

 

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Je crois que j'ai été un des premiers inscrits au Trail de Belle-Ile, dès le mois de janvier ! J'ai tout de suite été séduit par l'idée de faire le tour de l'île, certain d'en prendre plein les yeux . Alors après l'Ultra du Salève puis celui du Beaufortain, l'Ultra des Vagues (nom donné à l'épreuve) sera mon troisième et dernier objectif 2010 .

 

Nous arrivons le jeudi avant la course après un périple de presque 11h entre bus, métro, train,car et bateau !! L'accueil dans notre studio de location est très chaleureux (merci Mme Dutour!) comme tout ce qui se déroule à Belle-Ile . 

 

Vendredi nous nous baladons un peu sur l'île en faisant du stop (tu lèves le doigt et la première voiture s'arrête !!) et je peux ainsi repérer 2-3 passages de la course . Nicolas Le Goff avec qui nous partageons l'appart nous rejoint en fin de journée et nous allons ensemble retirer les dossards et manger à une pasta-party de haut-niveau : salades froides de riz, pâtes, pommes de terre , boulgour ... fromages secs et frais et tarte aux pommes excellente . Dommage qu'il y ait une course le lendemain parce que je me serais bien servi une troisième fois !! 

 

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avec Nicolas au départ 

 

Je passe une bonne nuit et me réveille un peu plus d'une heure avant le départ . Faut dire que nous logeons en plein centre et nous pouvons quitter le studio juste avant le coup d'envoi . Nous sommes un peu moins de 300 à nous réunir sous l'arche gonflable, il ne fait pas froid et la journée s'annonce belle . A côté de moi, une petite dame en tenue de trail me demande si elle peut boire une petite gorgée à mon bidon car elle a oublié les siens !!! Elle a 72 ans et viendra à bout des 83km de course !!

 

départ

 

6h50 Le Palais le départ est donné à 7h au son de la corne de brume et au milieu des feux de bengale . Je suis de suite aux avant-postes, faut dire que ça part tranquillou . Un petit bonjour à Frédéric Laureau, l'homme à la caméra (je vous conseille ses vidéos mais uniquement quand vous serez venus à bout de mon CR !!) et je me cale en 4-5ème position . Nous quittons assez vite les ruelles éclairées du palais pour nous engouffrer dans la nuit noire . Une petite côte, que j'avais repérée la veille, nous emmène au-dessus de la ville, le long des fortifications . Mes sensations sont excellentes, moi qui craignais une mise en route difficile comme à l'Ultra Beaufortain . Un air de binious résonne au loin et se fait de plus en plus fort au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la porte Bangor . Folklorique et bien sympathique ! Je fais gaffe où je mets les pieds car il y a quelques racines bien piégeuses . Nous quittons les fortifications par un large chemin à découvert où la frontale n'est déjà plus trop nécessaire . Puis très vite nous empruntons le premier sentier côtier tandis que le soleil se lève et innonde l'océan d'un voile orangé (je m'enflamme là !!) .

 

La vidéo du départ par Fred Laureau, l'homme à la caméra !!

 

 

8h29 Locmaria : le premier ravitaillement du parcours se trouve dans ce petit village du Sud de l'île, au sommet d'une petite côte goudronnée . Ca fait déjà 17km que nous sommes partis et le scénario n'est pas vraiment celui que j'avais prévu . Alors que je pensais partir tranquille en 15-20ème position pour ne pas me griller, me voici déjà 3ème en train de naviguer 2' devant le groupe Malardé-Pasquio ! Pour autant je suis vraiment parti sans me mettre dans le rouge, en ne me fiant qu'à mes sensations et en jetant souvent un oeil sur le cardio . Et dès les premiers kilomètres j'ai senti que j'avais les jambes ... Pas pour suivre le duo parti en éclaireur dans la nuit dès la sortie des remparts de la ville mais en tout cas pour me permettre le luxe d'être .... pas trop loin derrière ! Mais je ne suis pas seul et Benoit de Préville m'accompagne . Je reste longtemps dans son sillage, son rythme pas trop rapide me permettant de m'économiser . Pendant presque 1 heure ni l'un ni l'autre n'ose échanger un mot . Peut-être le fait de courir au bord de l'océan et de voir le soleil se lever ... Mais après le passage le long de la Plage des Grands Sables et tandis que je passe devant mon compagnon de route, nous commençons les présentations . Benoit est surpris quand je lui dis que je sais qu'il vient de remporter le trail du Galibier, une course pas facile facile ! Il est tout aussi étonnée de savoir que je viens de Lyon pour courir ici en Bretagne ! Mais ça vaut le coup non ? Le fait de courir ainsi à deux est vraiment sympa et les kilomètres défilent assez vite . Seule une petite hésitation au niveau du hameau de Samzun en raison d'un balisage limite nous fait perdre une trentaine de secondes . Rageant sur le coup mais anecdotique au final !

 

Je ne traîne pas au ravito, juste le temps de remplir un bidon et me voilà reparti sous les encouragements de Jean-Michel Vincent Faure et Thomas Véricel venus coacher les Salomon's Boys .  L'objectif pour le moment est de repousser le plus loin possible le retour des cadors et c'est bien sur les ravitos que je peux leur reprendre du temps ! Je sais aussi qu'ils ne seront pas nombreux les mecs à pouvoir suivre le duo Malardé-Pasquio quand ils se décideront à mettre les watts et que ceux qui essayeront vont se brûler les ailes .. Tout bénéfique pour Benoit et moi . En tout cas c'est ce que nous pensons tous les deux !

 

Juste après le ravito, je profite d'un moment de répit sur la route pour appeler Murielle et lui indiquer ma position . C'est vrai que je suis un peu en avance sur les temps de passages que j'avais estimés en lisant quelques CR de mecs ayant fait des reconnaissances du parcours . Mais je compte sur ma chérie et son chauffeur du jour (merci beaucoup Christophe !!) pour me ravitailler au prochain poste car il n'y a ni coca ,ni bananes sur les tables . Et moi je carbure au coca-bananes !! (heureusement que je me suis renseigné la veille sur le contenu des ravitos ...)  

 

 

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9h28 Pointe de St Marc : 28ème kilomètre, les côtes se succèdent toujours, toutes assez courtes  mais bien raides, bien plus que ce que je m'étais imaginé .  Je suis toujours en compagnie de Benoit mais cette fois accompagné de David Pasquio, Christophe Malardé et Denis Caillibot, rien que ça !! Et comme prévu les autres sont loin derrière . Je félicite au passage Christophe d'être le parrain d'un trail se déroulant dans un tel cadre . Avec Benoit nous restons à notre rythme sans chercher à suivre le trio même si à ce moment là sur une partie assez plate la différence de vitesse n'est pas énorme . On garde les cadors en point de mire pendant un moment et je dis à Benoit qu'au moins on ne sera pas à 1h à l'arrivée !!

 

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Michel Verhaegue et Olivier Le Guern en tête à Bangor 

 

10h15 Bangor : il faut rentrer un peu dans les terres pour atteindre le deuxième ravito de la course dans le petit village de Bangor . Depuis quelques kilomètres j'ai les cuisses qui commencent à se raidir, un peu tôt à mon goût !! Je décide de prendre un peu mon temps au ravito d'autant que Murielle est là avec Christophe son chauffeur de luxe . Je fais le plein des bidons et j'installe sur les brides du sac une bouteille de 50cl de St Yorre et une autre de Coca . Quand je dis que je prends mon temps c'est par rapport à Benoit qui ne traîne pas pour se ravitailler. Mais perso j'ai dû rester à peine 1 minute !! Je repars seul en continuant de bien m'hydrater pour essayer de retrouver des jambes moins raides . Le retour vers le sentier côtier se fait en forêt et j'aperçois régulièrement Benoit quelques centaines de mètres devant . Je refais mon retard sans accélérer et retrouve très vite mon compagnon de route . Ouf ! J'avais pas trop envie de faire le reste tout seul !!

 

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On retrouve alors le sentier côtier et les petits singles en toboggan . Par moment nous traversons de toutes petites plages de sable fin . Denis Caillibot ne se trouve pas très loin devant nous, il n'a pas tenu le rythme des gars de Salomon . Dans un p'tit moment d'euphorie j'accélère légèrement et revient coller au basque du coureur rennais . Mais je n'y reste pas très longtemps car son rythme est un peu trop rapide . Je regrette un peu ma stratégie et espère ne pas avoir laissé trop de plumes dans l'affaire ...

 

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11h0O Port Goulphar : Depuis quelques kilomètres j'ai un peu du mal à enchaîner les côtes en raison de crampes sur les quadriceps . Je suis obligé de marcher dans les forts pourcentages et de faire des petits pas pour ne pas trop pousser sur les cuisses . En plus mon genou droit me fait un petit peu souffrir ... Du coup Benoit m'a pris quelques centaines de mètres d'avance et l'idée de tout arrêter là me traverse l'esprit .

 

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Mais très vite l'envie d'aller au bout de cette boucle belliloise reprend le dessus . Et puis je retrouve Murielle et Christophe assis au bord d'un sentier et j'en profite pour me délester d'une bouteille ...

 

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A Port Coton je suis une trentaine de secondes derrière Benoit mais le tracé rentre dans les terres d'abord sur un chemin agricole tout droit en direction du Grand Phare puis sur des petites routes goudronnées . 

 

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Ce profil plat me convient bien et je grignote mètre par mètre mon retard sur mon compagnon que je retrouve après une longue poursuite . Notre vitesse de course n'est pas très élevée (12km/h à la louche) mais les kilomètres défilent tout de même bien . Et à la sortie d'un virage, surprise, Denis Caillibot est au bord du chemin en train de s'étirer !! Benoit lui demande si c'est la fatigue ou les crampes et il nous répond que c'est les deux !! On l'encourage à venir avec nous, en lui disant que nous ne sommes probablement pas mieux que lui et courir à trois peut être utile pour se motiver . Mais une descente bien raide se présente (avec un panneau obligeant les cyclistes à descendre de vélo !!), Benoit se lâche un peu, j'emboîte le pas et Denis est irrémédiablement lâché . 

 

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12h12 Apothicairerie : Le ravito du 58ème km est le bienvenu car j'ai besoin de faire le plein de flotte . Je suis toujours avec Benoit, on s'entend bien, lui faisant le rythme en côte (où les crampes ne sont jamais bien loin) et moi sur les parties plates . Mais alors que nous sommes arrêtés au ravito depuis environ 2 minutes, un coureur arrive déjà . Benoit repart aussitôt et je l'imite quelques secondes après .

 

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Si on commence à se faire rattraper, le final va être dur mentalement !!  Hélas, le profil est encore bien casse-pattes et je dois laisser partir une nouvelle fois mon compagnon . Pire, notre poursuivant fond sur moi et me double sans que je puisse m'accrocher . Je n'ai pourtant pas l'impression de faiblir tant que ça mais lui semble en pleine bourre !!

 

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Nous traversons un golf tout près de la Pointe des Poulains et je parviens à stabiliser l'écart avec celui qui vient de m'enrhumer ! Je commence même à me rapprocher de lui malgré des côtes toujours aussi raides . Et avant Sauzon où se trouve l'ultime ravito (70ème km), je recolle à ses basques . Présentation rapide, il me dit qu'il a faim (!!!) et j'apprends qu'il a terminé 17ème des Templiers 2009  (!!!) . Je passe devant et arrive à Sauzon quelques secondes avant Jerôme Lucas (c'est son nom) .

 

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Benoit demande de mes nouvelles à Murielle ! 

  

13h13 Sauzon : Le passage dans le port de Sauzon n'est que pur bonheur ! La veille nous étions venu avec Murielle s'y balader et j'avais trouvé le coin bien sympa avec ces nombreux restos le long du quai . Aujourd'hui les terrasses sont pleines , c'est l'heure de manger !!

 

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Malgré les bonnes odeurs je n'ai pas tellement faim et je me contente au ravito de remplir mes bidons et de diluer le coca qu'il me reste avec de l'eau . Je repars en marchant afin de finir de manger un Tuc puis je reprends mon p'tit rythme de croisière .

 

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A la sortie de Sauzon il y a une belle petite bosse repérée la veille alors je ne suis pas surpris . Je profite en montant pour me retourner et constater que Jerôme a vraiment pris son temps au ravito . En tout cas je ne le vois plus . Une descente bien raide permet de rejoindre la route en contrebas . Les crampes semblent me laisser tranquille et la petite douleur au genou n'a pas empiré depuis son apparition .

 

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Le parcours fait à ce moment là le tour d'un bras de mer et Murielle peut ainsi me voir de l'autre côté tandis que je remonte le long d'une plage de sable . Elle m'encourage de toutes ses forces et je lui fais signe avant de me lancer à l'assaut des derniers kilomètres .

 

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Au pied d'une belle côte bien raide, un vieux bonhomme planté là me prévient que ce n'est pas fini et qu'il y a encore de grosses difficultés . Même pas peur !! Il reste environ 11km et le moral est au beau fixe, je vais boucler la boucle et faire un joli classement . D'après mes calculs (et oui je calcule beaucoup quand je cours) il doit rester 1h d'effort avant de franchir la ligne d'arrivée . J'ai envie d'en terminer mais en même temps je veux savourer et prendre le temps de contempler le paysage . Le sentier côtier est magnifique et la vue sur l'océan tout aussi belle . Au prix d'un bel effort, Jerôme revient sur moi et on fait à nouveau cause commune . On décide de ne pas se tirer la bourre et de finir ensemble à la 6ème place de l'épreuve (en fait nous sommes 5ème car nous ne savons pas que David Pasquio a abandonné) . Mais sans vraiment le vouloir et alors que les sensations ne sont pas trop mauvaises je distance à nouveau Jerôme . Je l'attends au carrefour suivant car j'ai un doute sur le balisage qui ne suit plus le GR côtier (la flèche de direction plantée a en fait été retourné par le vent !) . On retrouve très vite le bon chemin mais une fois de plus je m'échappe, parvenant à trottiner sur les derniers coups de culs de la journée . Je décide de rester à mon rythme et de finir sur une bonne note .

 

generation trail

 

Je passe à côté du sémaphore de la Pointe Taillefer et découvre enfin les murs de la citadelle et les bateaux reliant Quiberon au Palais . J'ai hâte de retrouver le sentier emprunté hier lors d'une petite reco autour de la ville, signe d'une arrivée très proche . Et enfin le voilà le chemin puis la traversée à l'intérieur du fort . Mentalement je l'avais préparé ce moment et pas grand chose n'aurait pu m'empêcher de le vivre ... 

 

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Pour les mêmes raisons la dernière côte permettant de se hisser vers le dessus de l'arrivée se passe bien car je m'y étais préparé . Une fois la porte Vauban atteinte il ne me reste plus qu'à me laisser descendre vers la place centrale où beaucoup de monde s'est rassemblé pour attendre les coureurs .

 

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Je passe sous l'arche d'arrivée après 83km et presque 2300m+ en à peine 7h45 , à la 5ème place derrière une belle brochette de champions . Benoit vient me voir immédiatement pour savoir comment ça va et Jérôme nous rejoint juste après .

 

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Je suis vraiment content d'avoir participé à cette première édition et d'être un peu un pionnier !! Dommage que les organisateurs n'aient pas pensé à offrir un cadeau de finisher, les souvenirs ne seront que mentaux ...

 

D'un point de vue physique j'ai été un peu limite à partir de la mi-course, sans doute en raison d'un terrain auquel je ne suis pas trop habitué . Les petits bobos pendant et après la course (genou, releveur, courbatures) sont en tout cas des signes que je ne prends pas à la légère . Place maintenant à une grosse période de repos pour digérer ma belle saison 2010 .

 

Par contre mentalement je suis très satisfait car j'ai jamais baissé les bras . Je parviens toujours à positiver même dans les moments délicats, ce qui est un atout quand on fait de l'ultra .

 

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une belle courbe cardiaque qui montre une baisse de régime après 4h ...

 

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les temps de passage (cliquez-dessus pour afficher en plus gros)

 

on se rend compte du final impressionnant de Christophe Malardé !!

 

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Comme tout trail qui se respecte, celui-ci se termine par un bon repas !!

 

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A lire aussi le récit de Benoit De Préville

 

 

photos : Murielle, Jean-Michel (Salomon) et Fabien (Génération-Trail) 

Publié dans récits 2010

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Ultra Tour du Beaufortain

Publié le par yanshkov

 

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3h55 Queige lac : ça y est, j'y suis . Dans quelques minutes je vais prendre le départ de mon premier ultra (103km et 5800m+) .  Depuis le début de l'année mon entraînement est orienté vers ce rendez-vous et j'ai hâte de partir sur les sentiers du Beaufortain . La nuit au camping juste à côté a été très courte mais j'ai emmagasiné du sommeil les nuits précédentes . Je suis un peu stressé , plus que lors des autres épreuves courues cette année . Je pars avec des certitudes comme celle de pouvoir être "frais" en arrivant à la mi-course . Mais comment vais-je être par la suite ?? Des douleurs vont-elles apparaître ? Est-ce que je vais pouvoir m'alimenter convenablement tout au long de la course ? Et est-ce qu'il y aura des orages ?? 

 

Dans l'aire de départ je suis au côté de David (Uliana) avec qui j'ai co-voituré et co-tenté (!!) et Vincent (Sauzon) , les potes traileurs du Beaujolais .  On se souhaite bonne course au moment où le compte à rebours est déclanché . 5...4....3....2....1....c'est parti .......... enfin !! 

 

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4h02 : Sur les premières centaines de mètres c'est un peu "chaud" sur un sentier assez étroit où ça frotte beaucoup et où il faut faire attention à ne pas se prendre un coup de baton . Mais très vite on tourne à droite et hop ! c'est parti pour une très longue ascension à la queue leu leu . Je suis derrière David et Vincent, environ en 15ème position . Je ne pensais pas que les premiers allaient partir si vite et je suis vraiment étonné de voir à quelle allure les ronds lumineux des frontales s'éloignent au-dessus de moi . Mes jambes ne sont pas super, un peu "flageolantes" . Sans doute la conséquence d'un entraînement quasi nul depuis 10 jours et aussi du stress . Je ne m'inquiète pas plus que ça, la route est longue . Sur les quelques mètres de goudron moins pentus je reviens assez vite sur les gars qui me précèdent si bien que rapidement je viens me positionner en 9ème position, aux côtés de Guillaume Millet (Lafuma) .

 

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L'ascension passe vite, bien plus qu'il y a 2 semaines lors de ma reconnaissance des 30 premiers kilomètres . Je grimpe à un peu plus de 1000m+/h et pourtant devant je ne vois plus personne . Pas grave, je me concentre sur mon effort et boit très régulièrement ma boisson Maxim Energy Mix Neutre et au bout d'une heure j'ingurgite une bonne banane ! Le jour s'est levé et il fait grand beau ! Les alpages sont franchis sans encombre et me voilà plus très loin du Col de la Roche Pourrie . Je reviens sur Pierre-Henri Jouneau non loin du sommet et nous le  passons ensemble . 

 

5h30 Col de la Roche Pourrie (2050m) : Les pointeurs installés là nous indiquent que la tête est passée il y a 8 minutes . Je trouve ça énorme !! 8 kms et déjà 8 minutes dans la vue !! Je me dis qu'il y a vraiment des motos à l'avant et que nous ne sommes pas dans la même catégorie derrière . Mais au fond je sais bien que certains vont payer ce départ trop rapide ... Après le col il y a une courte descente pas très raide vers le chalet de l'Aulpe de Tours . Il y a 2 semaines j'y avais croisé un magnifique renard . J'ai beau regardé il n'est pas là ce matin ! Nous sommes maintenant 3 coureurs ensemble car nous sommes revenus sur Jean-Claude Mathieu .

 

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Nous traversons un pierrier en suivant toujours le balisage du GRP du Beaufortain et arrivons au bout de 2 heures au Col des Lacs après 12,5km et 1835m d'ascension . 

 

6h Col des Lacs (2250m) :  Je m'arrête quelques secondes au sommet, pour plier et ranger mes batons dans mon sac . Je connais la suite du parcours jusqu'au Lac de St Guérin et j'estime que je peux m'en passer . J'ai remarqué que j'étais plus à l'aise en descente avec les deux mains libres . J'en profite aussi pour manger une barre Overstim's protéinée au chocolat . Mes 2 compagnons prennent un peu d'avance mais je reviens tranquillement sur eux par la suite . Par contre un gars nous double comme un fou !! J'ai jamais vu quelqu'un descendre aussi vite et avec autant d'aisance . En bas de la descente alors que nous rejoignons une large piste, Pascal Bertres, puisqu'il s'agit de lui, est déjà très loin !! Mais c'est une chose de descendre à bloc, c'en est une autre d'être attentif au balisage . Et Pascal rate le petit sentier sur la gauche qui part rejoindre à travers les alpages le Col de la Bâthie (1889m) . Malgré nos appels il file tout droit sur la piste ... Heureusement pour lui la piste rejoint aussi le col mais par une belle petite rampe ! Du coup, je passe au sommet en compagnie de mes 3 vétérans . Pascal repart dans la petite descente suivante et je suis à distance . Après un kilomètre le parcours remonte à droite pour une très courte ascension, à peine 100m+, mais qu'il ne faut pas négliger . Au pied je m'arrête faire un petit pipi et je repars juste devant mes autres compagnons qui avaient été un peu distancés . Je suis assez bien dans cette grimpette , toujours autour de 1000m+/h mais sans être à fond . Les autres soufflent beaucoup plus que moi ! Au sommet, j'ai presque recollé à Pascal Bertres et c'est de quelques secondes qu'il me précède au refuge des Arolles, 17ème km et premier ravito de la journée .  

 

6h35 Refuge des Arolles (1900m) : Je ne traîne pas, je remplis juste mes 2 bidons et mange une poignée de fruits secs . Je repars en discutant avec Pascal tandis que les 2 autres prennent un peu plus leur temps . Il me remercie de l'avoir appelé lors de son erreur de toute à l'heure . Puis il me distance à nouveau sur les 500m descendant vers les Combettes . Je n'essaie pas de suivre et garde ma stratégie qui consiste à être relâché le plus possible pour ne pas me fusiller les quadriceps . Je reviens sur Pascal dès les premières pentes menant au col des Bonnets Rouges . Nous marchons beaucoup sur cette partie assez escarpée mais je relance de temps en temps sur les rares parties planes . J'en profite pour faire un peu mieux connaissance avec mon compagnon de route et surtout pour en savoir plus sur sa facilité en descente . Le secret ??? Des descentes à bloc dans des pierriers !!!

 

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Pascal Bertres (4ème de l'Ultra 6000D et du TGV 2009 entre autres ...) 

 

Devant nous se dresse le Grand Mont (2686m) mais il n'est pas prévu d'y monter . Court moment d'escalade le long d'un ruisseau puis magnifique passage au bord du Lac Tournant avant de regrimper jusqu'au col des Bonnêts Rouges . J'ai pris quelques longueurs à Pascal qui devrait sans problème revenir dans la descente ... 

 

7h10 Col des Bonnêts Rouges (2150m) : Des gars de l'organisation sont là pour pointer et j'en profite pour demander à l'un d'eux de prendre mon bidon plein dans le sac à dos et de l'interchanger avec le vide de ma ceinture porte-bidon .

 

Une traversée dans un pierrier permet à Pascal de revenir et il me passe en me disant que je le reprendrai par la suite . Alors à tout à l'heure dans le col du Coin mec !!

 

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Je sais que je vais perdre beaucoup de temps sur lui dans la descente vers le barrage de St Guérin mais peu importe, je ne dois pas m'emballer pour le moment ! Le début est assez roulant sur les pistes de ski et les kilomètres défilent quand même bien . On emprunte ensuite un joli sentier en balcon jusqu'au chalet des Rognoux avant de s'enfoncer dans la forêt et de plonger sur le lac de St Guérin . Je suis content de moi car malgré les racines nombreuses je ne suis pas trop mal . Et le sol est beaucoup moins glissant qu'il y a 2 semaines . Enfin j'aperçois le lac à travers les sapins .

  

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Un petit kilomètre tout plat le long de la berge permet de rejoindre le barrage où m'attend mon assistance . Je suis sûr qu'avec les jumelles Murielle a vu que j'arrivais . D'ailleurs André vient à ma rencontre et m'accompagne quelques instants .

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7h45 Barrage de St Guérin (1559m) :

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Je suis content de retrouver Murielle, ça fait 2 semaines qu'on ne s'est pas vu puisqu'elle bosse à Arêches tout le mois de juillet . Elle a pris son samedi pour m'encourager, si c'est pas de l'amour ça !! J'avais prévu de remplir mes bidons avec du Maxim mais on s'est mal compris avec ma mère et la bouteille n'est pas prête . André sprinte vers la voiture mais elle est garée un peu loin et je décide de me passer de cette boisson car le prochain ravito n'est pas très loin . Mon staff semble être plus gêné que moi par cette petite erreur . C'est pas grave, faut savoir parer à tout évenement imprévu . Ca fait 3h45 que je cours (28,5km et 2350m+), je suis bien et ma chérie est là et m'accompagne quelques mètres pendant que je finis de manger une barre fraise-céréales . Et après avoir tronqué ma frontale par mon bob et fait un petit bisou à ma chérie, je laisse ma p'tite famille et retrouve la solitude du coureur d'ultra ! 

 

Le parcours continue autour du lac et je cours tout le long sur un sentier toboggan très agréable . Je m'étais arrêté au barrage lors de ma reconnaissance mais je connais l'ascension jusqu'au Col du Coin pour m'y être baladé un été avec Murielle . Ce n'est pas très raide et il est possible de beaucoup courir . J'alterne marche dans les passages pentus coupant la grosse piste 4X4 et trot dès que c'est moins dur . Et surprise je vois non loin Pascal mais aussi un autre gars que je rattrape très rapidement . Il s'agit du jeune Jean-François Philippot qui ne m'a pas l'air au mieux . Je l'encourage en passant mais le distance très rapidement . Puis je recolle aux basques de Pascal . Y'a pas à dire, il descend très bien mais je suis largement au-dessus quand ça grimpe . Je reste quelques instants avec lui et je le trouve un peu marqué . Faut dire qu'il commence à faire chaud et qu'il n'y a pas d'ombre . Dans un passage plus pentu je le distance à nouveau et c'est tout seul que je rejoins la piste menant au 2ème ravito de la journée . Je passe en courant les 400m en faux plat montant et débouche au Cormet d'Arêches après 34km et 2900m+ .

  

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8h35 Cormet d'Arèches (2109m) :

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Les bénévoles sont aux petits soins et je n'ai qu'a leur demander ce que je veux pour être servi comme un prince !! Je fais le plein des bidons dont un dans lequel je mélange coca et eau . Je mange aussi quelques abricots secs et range dans mes poches filets quelques morceaux de banane pour la suite . Je reste environ 3 minutes et je suis surpris de ne voir personne revenir de l'arrière . Je repars donc en solo sur un joli petit sentier  vers la Croix du Berger qui se trouve juste au-dessus . Je double quelques randonnneurs et on se souhaite une bonne journée !

 

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Après le passage à la Croix du Berger je retrouve mes potes Manu (Odin) et Rémy (Viala) qui sont partis ce matin du St Guérin . C'est cool de les retrouver ici . Manu reste un peu avec moi et me fait le point sur les gars qui sont devant . D'après lui certains semblent être déjà dans le rouge ! Rémy après sa belle victoire non loin de là à la Frison Roche a un peu de mal à suivre ! On traverse des alpages au milieu des vaches et heureusement que Manu est là et qu'il connait le coin comme sa poche parce que la signalétique est un peu légée ici . On retrouve les points roses du balisage un peu plus loin . Une dernière grosse grimpette et je me hisse au sommet du Col du Coin (km 37) .

 

9h08 Col du Coin (2398m) :  La vue est splendide là-haut, la Pierra Menta se dresse au milieu des montagnes . Mais je ne traîne pas et m'engage rapidement dans la courte descente en lacets . Manu reste derrière moi et m'explique un peu par où il va falloir passer . Le chemin passe au milieu d'un pierrier puis on arrive au Lac d'Amour (2248m) . Là encore c'est paradisiaque, je vous le conseille pour un pique-nique ! Perso je n'ai pas le temps de sortir le pain et le saucisson, j'ai une rude grimpée vers le col à Tutu qui m'attend ! Je prends juste quelques secondes pour tremper mon bob dans l'eau fraîche du lac . Manu me laisse au pied du col pour attendre Rémy . Mais très vite je perds le balisage et grimpe tout droit dans la pente ... J'ai beau regarder je ne vois pas de rubans blancs flotter au vent . Je me retourne et aperçois Rémy puis Manu un peu plus bas . On se crie quelques mots et je dois redescendre car le bon sentier est un peu plus bas . Merci les gars ! Je ne perds que quelques minutes mais je me rends compte qu'un coureur en rouge est en train de se rapprocher ... Les 300m+ menant au col sont raides mais je garde une bonne vitesse ascentionelle autour de 800m+/h . Le décor est très sauvage, je me régale ...

 

9h45 Col à Tutu (2570m) :  Je me fais pointer au sommet et mes potes me laisse partir définitivement . Encore une fois le col est suivi d'une courte descente très raide et je me sers de la corde installée là . C'est pratique mais ça brûle les mains !! Je vois au loin le refuge du Presset où se tient le 3ème ravito . Il y a environ 2km de traversée au milieu des pierres pour rejoindre le refuge . Je m'y arrête quelques instants pour faire le plein des bidons et comme d'habitude on s'occupe vraiment bien de moi . Un gars m'indique du doigt par où je dois passer pour rejoindre le Col du Grand Fond, point culminant de l'épreuve . Je repars avant que mon poursuivant n'arrive . Quelques traversées de névés plus loin et je suis presque au sommet du Grand Fond . Mon poursuivant qui n'a pas dû s'arrêter très longtemps au ravito est déjà revenu sur moi et j'ai l'agréable surprise de voir qu'il s'agit de Guillaume Millet .

 

10h25 Col du Grand Fond (2671m) : On passe le sommet ensemble . Déjà 43km et 3800m+ dans les pattes mais je me sens encore bien . Ca tombe bien il reste encore 60 bornes !! J'engage la conversation avec Guillaume en lui disant que je suis un copain de David . "Ah c'est toi Yann, le vainqueur du Salève !" . "Euh oui c'est bien moi ! " . 

 

On continue quelques instants sur un sentier pierreux avant de passer par la Brèche de Parozan (2660m) . Il y a un peu de brouillard mais rien d'affolant . Je plonge en tête dans l'impressionnante descente . C'est tout en dérapage contrôlé (ou non !) pendant quelques minutes avant de retrouver une pente plus douce au niveau de l'alpage de Parozan .

 

avec Guillaume après la brèche

 

Le lac de Roselend apparait sur notre gauche, c'est trop beau !

 

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Le ravito de la mi-course approche et je demande à Guillaume si il compte s'arrêter quelques minutes car  j'aimerais bien y changer de maillot et de chaussures . Il me dit qu'il va juste remplir ses bidons et qu'il s'arrêtera plus longtemps au col du Joly . D'un côté j'aimerai bien prendre quelques minutes à Plan Mya mais de l'autre j'ai envie de continuer le plus longtemps possible avec Guillaume car ça ne peut qu'être bénéfique pour moi . Ce mec a fini 3 fois dans le top 10 de l'UTMB et je peux apprendre beaucoup à ses côtés . 

 

Nous attaquons la courte remontée vers le chalet de la Petite Berge avant de plonger vers le refuge de Plan Mya où se tient le ravitaillement . André est venu à ma rencontre et me dit que tout est prêt ! Mon siège et le sac de change n'attendent que moi ! 

 

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11h25 Plan Mya (1860m) : La pause dure environ 5 minutes . Je suis content de voir que Guillaume s'est assis et qu'il prend son temps . Il m'emprunte même mon tube de Nok pour les pieds . Moi tranquillement je quitte mon maillot pour un sans-manche et je change de chaussettes et de chaussures . Au pied maintenant les Salomon S-Lab car c'est roulant maintenant !! Les bénévoles mais aussi Murielle et le reste de la troupe sont surpris de me voir si frais . Apparemment les premiers sont beaucoup plus marqués . Mais on n'est qu'à mi-course et j'avais comme objectif d'y arriver frais . Pour le moment tout va donc bien .

 

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Aurélien Brun et Chris Near au ravito 

 

Je repars avec André qui m'accompagne jusqu'à la traversée de la route du Cormet de Roselend au refuge du Plan de la Laie . Ensuite c'est tout plat sur un large chemin mais devant se dresse le col des Sauces (2307m) . Je décide d'attendre Guillaume qui est quelques centaines de mètre derrière et j'en profite pour manger une banane . On attaque ensemble l'ascension vers le col . J'imprime le rythme, entre 700 et 800m+/h . A proximité du col, le sentier s'aplanit et je relance en courant si bien que nous atteignons assez vite le sommet . Mais ce n'est pas fini et il faut grimper à droite sur la Crête des Gîtes pendant encore bien 250m+ . Le ciel s'est un peu couvert mais pas d'orage en vue pour le moment .

 

12h35 Crête des Gittes (2538m) : Encore une belle ascension de faîte . Près de 4600m+ depuis le départ, ce qui veut dire qu'il ne reste que 1200m à grimper . Mais 47km quand même, va falloir courir ! On passe au refuge de la Croix du Bonhomme et empruntons en sens inverse le parcours de l'UTMB . Il y a beaucoup de monde, des randonneurs et des traileurs en pleine préparation . La descente vers le Col du Bonhomme est très technique et je ne prends aucun risque . Je reconnais au loin la petite cabane du col où l'on s'était arrêté il y a 2 ans lors de la reco du Tour du Mont-Blanc . Guillaume est quelques mètres devant moi et donne la cadence en descente .

 

photo julien W 3

 

On retrouve au passage du col l'ami Julien Woznica . C'est marrant car on le connait tout les deux et il nous accompagne tout en discutant jusqu'à Plan Jovet, au pied du col de la Fenêtre .

 

photo julien W 2 

Le début de l'ascension n'est pas très dure et on arrive à courir par endroit mais la fin est vraiment raide pour atteindre le col après 67km et 5000m+ . 

 

14h Col de la Fenêtre (2245m) : Nous sommes dans le brouillard au sommet et nous ne nous arrêtons pas, je décide même de garder les bâtons à la main car la descente vers le col du Joly est assez courte . Sans vraiment m'en rendre compte je prends un peu d'avance sur Guillaume dans la partie en faux plat descendant menant au col du Joly .

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14h25 Col du Joly (1889m) : C'est devenu une habitude, André m'accompagne sur les denrières centaines de mètres menant au ravito . Encore une fois je surprends tout le monde avec mon visage tout frais ! Apparemment Aurélien Brun est en grosse difficultée pas loin devant . Mais je ne veux pas zapper ce ravito et je prends le temps de remplir mes bidons et de bien me restaurer . Pour la première fois depuis le départ, je prends un peu de salé, des Tucs, et je goûte la soupe de légumes juste parce que les bénévoles insistent et que je ne veux pas les fâcher !!  La pause dure un peu plus de 5 minutes et Guillaume est arrivé . Je repars avec Murielle qui m'accompagne . On marche sur la piste 4X4, le temps de finir de grignotter les quelques trucs pris au ravito . En nous retournant nous constatons qu'un gars en vert n'est pas très loin derrière nous !!! Mais d'où il sort celui-là ?? C'est pas possible est tel retour !! En fait il nous faut quelques secondes pour nous rendre compte que Guillaume a changé de maillot ! Je fais un bisou à ma chérie et repart en courant . Au moment de quitter la piste pour un petit sentier en balcon, j'encourage Guillaume qui se trouve environ 200m derrière . Puis je continue sur mon rythme . La grosse descente qui suit ne me pose aucun problème, je suis vraiment contant de ne pas avoir de crampes ni de douleur au genou ou à la cheville . Je me retourne à plusieurs reprises et je ne vois plus de Guillaume derrière ... Soit il a craqué, soit je suis encore très bien ... ou alors les deux !! 

 

En étudiant bien le road-book, j'avais vu que les 35 derniers kilomètres étaient assez roulant et mon but était d'y arriver relativement frais pour pouvoir courir et prendre du plaisir . Mais je ne pensais pas que je pouvais y être aussi bien . Je négocie sans problème les traversées d'alpages et les quelques montées bien raides sur les crêtes . La seule chose qui m'embête un peu c'est que le ciel est maintenant très menaçant et je sens l'orage pas loin . J'aime pas ça .... alors je fonce ! Et je me régale ! Ces passages où après plusieurs heures de courses il faut courir entre 10 et 12km/h  sur le plat et même plus vite quand ça descend légèrement j'adore !! Les 19km entre le col du Joly et les Saisies passent en moins de 2h . Je retrouve un peu de civilisation à l'approche de l'ultime ravitaillement . Des chalets tout neufs, des traversées de routes, des télésièges, y 'a pas de doute j'arrive aux Saisies .

 

16h25 Les Saisies (1620m) : André m'attend juste en bas des pistes de ski et me guide dans la traversée de la station car c'est vrai que le balisage est difficilement repérable au milieu des touristes, des magasins de cartes postales et des terrasses de bistrots ! Il me dit qu'il y a un anglais vraiment pas loin et qu'il a eu beaucoup de mal à descendre les 6 ou 7 marches d'escaliers sur lesquelles j'arrive ... Pour moi aucun souci mais alors vraiment aucun ! Sachant qu'il faudra finir par 1400m de négatif, je préfère être dans mon état que dans le sien !!  Au détour d'une ruelle je vois Aurélien Brun qui repart tout juste . Du coup je vais un peu plus vite pour recharger mes bidons et me ravitailler . Je sens un peu d'excitation autour de moi, de la part de mes proches et de Titi de Cap Chulemo qui est venu m'encourager .

 

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Pascal Giguet au ravito des Saisies ... 

 

Il reste 15km, c'est à dire plus grand chose alors c'est pas le moment de traîner . André repart avec moi et m'encourage à bloc avant de me laisser filer . 

  

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J'ai un petit moment de panique lorsqu'au pied des pistes de ski je perds toutes traces de balisage . Je demande à un couple en train de descendre par un chemin si ils ont croisé des coureurs . Ils me disent que non mais m'indiquent où se trouve le Signal de Bisanne qui est le dernier sommet de la journée . Heureusement j'aperçois un concurrent avec des batons en train d'attaquer droit dans la pente . Je coupe à travers le champs et retrouve le balisage . J'ai perdu 1 ou 2 minutes mais c'est pas grave je ne suis plus très loin de reprendre le galois Chris Near . Mais un épais brouillard m'empêche de voir quel est l'écart avec lui . Cette dernière côte droit dans le pentu n'est pas facile mais je la négocie autour de 700m+/h .

  

17h Signal de Bisanne (1941m) : Au sommet je recroise Titi mais aussi Antoine Guillon qui est en balade par là . Je lui demande où sont les mecs devant et il me dit qu'il doit y avoir 3' qu'Aurélien Brun est passé et 1'30" pour Chris Near . Le bougre n'a rien perdu dans la montée, bien au contraire ... Par contre Antoine me dit que je suis bien plus frais qu'eux . Sur le haut le brouillard est vraiment très épais et un bénévole me fait brièvement le topo de la suite du parcours pour que je ne me trompe pas . D'abord sur une large piste, il faut prendre ensuite à gauche  un tout petit sentier qui doit un peu plus loin redéboucher sur la piste . Je trouve sans problème ce sentier mais perds au bout de quelques centaines de mètres le balisage . Heureusement j'arrive sur la piste et le brouillard est de moins en moins présent . Je continue à descendre malgré l'absence de rubalise en me disant que je devrais bien retrouver le sentier débouchant sur la piste . Effectivement plus bas me voilà à nouveau sur le "droit" chemin !! 

 

Je rattrape très vite Chris Near . Je lui tape sur l'épaule et l'invite à prendre ma foulée mais il ne peut visiblement pas . Je redoutais cette descente après 94 km de course mais j'arrive à y prendre beaucoup de plaisir . Faut dire que ce n'est pas trop technique, au milieu de la forêt, sur un sol relativement souple où il faut quand même faire gaffe aux souches et racines . J'ai juste une légère petite gêne sur le devant du genou droit mais ça ne m'empêche pas de courir . Par contre je jette très souvent un oeil à l'altimètre parce que je trouve que l'altitude ne baisse pas très vite !! Quelques passages sur route me permettent d'allonger la foulée et je dois pas être loin des 15km/h par moment . Je commence à apercevoir la route de la vallée à travers les arbres et bientôt j'entends les paroles du speaker . La traversée du village de Queige est sympatique, on passe dans de toutes petites ruelles .

 

Ca y est je suis tout en bas et j'ai bien chaud !! Je me vide ce qu'il me reste d'eau sur la tête, ça fait du bien ! Passage dans le souterain qui permet d'éviter la route et je débouche sur le terrain de foot du camping . J'en fais le tour, passe  devant notre campement et m'engage dans le petit single en forêt le long de la rivière . Dans quelques instants je vais en terminer avec mon premier ultra ...  

 

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18h06 Queige Lac : Il y a pas mal de monde autour de l'arche d'arrivée et les applaudissements font plaisir . Un petit bisou à Murielle et je passe la ligne en 14h06 à la 5ème place . Je retrouve Pascal Giguet en train de récupérer, il est arrivé il y a un peu plus de 10 minutes . Puis c'est Aurélien Brun qui vient me serrer la main en me disant que je l'ai obligé à se mettre bien à fond sur la fin . Venant de sa part je suis très flatté !!

 

On se félicite avec mes proches, on a tous fait du bon travail aujourd'hui !!  

 

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Ca mérite bien de boire une p'tite mousse tout ça ...

 

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Les arrivées se succèdent jusqu'au petit matin et je ne ferme pas l'oeil de la nuit, la tente étant planté sur le passage du trail !!

 

La remise des prix à lieu dimanche midi juste avant le repas de clôture et sa polenta-diot . J'ai comme les 10 premiers du scratch droit à un superbe trophée réalisé par un artiste du coin mais aussi à un gros panier très bien garni ...

 

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Bravo à Thierry Bochet et Stéphane Eveques Mourroux, les enfants du pays, 1er et 2ème sans contestation . Bravo à Julia Fatton pour sa victoire chez les filles . Bravo aussi à Werner Schweizer, toujours présent sur les plus belles épreuves . Bravo à tous les participants .

 

Merci à François Camoin et à l'ensemble de son équipe, je reste persuadé que courir 103km dans les montagnes est beaucoup plus facile que d'organiser un tel évenement !!

 

Merci aux photographes et à Yanic de m'avoir si vite répondu ! Merci aussi à Laurent de terratrail pour les 2 photos franchement pas râtées !

 

Merci à Martine, Murielle et André pour leur présence, à David pour la compagnie !

 

Place maintenant au second objectif de l'année du côté de Belle-Ile en mer ...

 

RESULTATS

 

Publié dans récits 2010

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Marathon du Mont Blanc

Publié le par yanshkov

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C'est une tradition depuis 2008 que d'organiser tous les ans un week-end trail en famille (Ma maman, ma soeur et ma chérie pour l'assistance et André et moi pour le sport !) . Après le Trail du Tour de la Grande Casse et le Trail du Galibier, nous avions décidé avec André que cette année notre course commune serait le Marathon du Mont Blanc . Pour moi, à 3 semaines de l'Ultra du Beaufortain cette épreuve tombe à pic pour un dernier test grandeur nature . Et pour André, après deux échecs sur des épreuves un peu trop longues et pauvres en participants, cette belle épreuve populaire semble être idéale . 

 

Comme le veut la coutume, le rendez-vous est fixé chez nous pour le repas de samedi midi . Nous rejoignons Chamonix dans l'après-midi, passage au retrait des dossards puis installation au centre UCPA de l'Argentière qui a un petit air de colonie de vacances en cette veille de course . Vers 20h traditionnelle pasta party, puis une petite tisane avant d'aller se coucher, les affaires du lendemain bien prêtes au pied du lit (configuration ultra avec ceinture porte-bidon + sac à dos avec veste et bâtons rangés dedans) . Je trouve facilement le sommeil et passe une bonne nuit (je suis le seul d'ailleurs !!) .

 

Réveil un peu avant 4h30, passage sous la douche avant un tour au petit dej pour un thé et mon gâteau sport . Puis direction Chamonix . Nous arrivons sur la place du Triangle de l'Amitié une petite heure avant le départ . Le temps de déposer le sac qui sera transféré vers l'arrivée, de faire un petit passage aux toilettes et de discuter avec les copains rencontrés (Olivier Morin, Patrick Gaucher, Julien Woznika, Mickael Horeau , Mickael Van Exe, Hervé Giraud-Sauveur, Jean Marc Dulong  ...) et de se placer dans les premières positions il est déjà l'heure du départ ... 5...4...3...2...1.... top !

 

Il y a foule dans les rues de Chamonix et nous passons entre une haie de spectateurs . Je suis très vite aux avants postes au côté de Dawa Sherpa, Christophe Malardé, David Pasquio, Pascal Giguet et compagnie .

 

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Je discute brièvement avec Seb Gauthier qui souffre d'une cheville (mais qui finira très bien sa course en compagnie de Maud Giraud) puis me concentre sur mon effort . Nous remontons la vallée de l'Arve sur un chemin tout plat et je regarde très fréquemment mon cardio afin de ne pas me mettre dans le rouge . Les sensations ne sont pas géniales et je me dis que je suis parti peut être un peu vite mais la présence à mes côtés de Maud me rassure à ce sujet .

 

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Un hélicoptère nous survole de très près, c'est grisant mais il ne faudrait pas que ça dure toute la course quand même !! A plusieurs reprises nous apercevons Jean Michel Touron en plein reportage photo (la plupart sont de lui dans mon CR) .

 

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Dans ce groupe de tête je retrouve aussi Olivier Morin que je n'avais pas recroisé depuis l'Ultra du Salève . Je lui dis qu'une course où il faut redescendre en téléphérique, c'est pour nous !!! Une centaine de mètres devant, Hervé fait cavalier seul . Si c'était une course de vélo, je crois que j'aurais mis une attaque pour le rejoindre mais là, ça serait vraiment pas une bonne idée !!

 

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Les premiers petits raidillons dont m'avait parlés mon pote Steph Vinot se présentent . Le rythme en tête est régulier et tout le monde est bien concentré . Mais je sens que je suis juste à la limite de mes possibilités du jour et je lève un petit peu le pied . Je laisse filer tout en gardant les premiers en ligne de mire . Je passe à l'Argentière en 47' en 21ème position .

 

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Tout va bien puisque j'avais prévu d'y passer en 50 minutes (temps de passage établi à l'aide du logiciel softrun.fr et de la cotation prévisionnelle de Rodio) . La remontée de la vallée continue ensuite avec des traversées de champs et une belle petite côte passée en marche rapide avant de redescendre par un petit sentier sur le village de Montroc puis d'atteindre celui de Tré le Champ . Les positions sont clairement établies et personne ne me passe  tandis que je ne double personne .

 

 

col des Montets

 

Le col des Montets (1461m) se présente enfin et Murielle m'y passe un bidon plein . Je lui dis vite fait que les sensations sont moyennes et que j'ai hâte d'arriver à Vallorcine pour enfin commencer à grimper vraiment !

 

Il faut à peine 15 minutes pour y arriver après la descente roulante et sans difficulté du chemin des Diligences . En passant je me souviens qu'en juillet 2008, lors de ma reco UTMB, je n'avais pas pu courir la partie entre Champex et Chamonix en raison d'une grosse tendinite et que j'avais fait l'étape dans le minibus ... Quel pied de courir aujourd'hui !!! A proximité du ravito, je décroche mon sac à dos pour y extraire mes bâtons . Je suis le seul en tête de course à les utiliser mais le but est de les tester en situation réelle . J'utilise les Trail Pole pliables de RaidLight et je dois dire que j'en suis assez satisfait . Ultra léger, ils se font vite oublier dans le sac à dos et le système pour les déplier est assez simple et ne demande que quelques secondes . Ainsi je ne m'arrête que brièvement au ravito de Vallorcine, non sans avoir pris le temps d'ingurgiter quelques morceaux de bananes et un verre de coca . J'ai alors 5 minutes d'avance sur mes prévisions, ça va pas trop mal .

 

En partant je croise Jérémie Chapuis puis quelques mètres plus loin il faut tourner à droite et bing !! dré dans le pentu ! Je passe en mode "ultra", c'est à dire marche rapide à l'aide des bâtons . Au bord du sentier je croise Jean Michel Vincent Faure, le responsable du Team Salomon et lui dis que j'ai aux pieds les chaussures gagnées sur le site du team en mai 2009 . " C'est vrai ?? Mais c'est toi Yanshkov ? " . Oui en personne ! 

 

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C'est donc parti pour 700m positif jusqu'au col des Posettes . Je suis bien en rythme, les pulsations entre 170 et 175 bpm à une vitesse moyenne de 1000m+/h . Deux gars me suivent dont un que j'avais repéré tout à l'heure, habillé tel un marathonien et sans porte-bidon . En l'écoutant respirer si vite et si fort je me dis que le gaillard ne va pas tenir le rythme bien longtemps ... Il lâchera un peu plus haut ... Par contre un autre mec nous passe, tout en courant et me fait forte impression mais je ne m'accroche pas et reste avec mon autre compagnon de route . On papotte un peu, son objectif est de faire mieux que 4h20' , temps obtenu sur le marathon des Causses . D'après mon tableau de marche, c'est possible mais il ne faudra pas connaître de coup de mou . Sa montre sonne, il m'indique que nous venons de passer au semi-marathon . Ca fait 1h55 que nous courons et nous voilà déjà à la moitié de l'épreuve .

 

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Le final vers le col est une large piste un peu monotone mais les montagnes qui apparaissent à nos yeux sont de toute beauté . C'est magnifique !! 

 

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Nous arrivons au col en 2h50, pile poil dans les temps prévus . Au ravito, on me remplit mon bidon et je bois quelques gorgées de coca .

 

Du col on aperçoit devant la longue crête qui doit nous emmener vers l'Aiguillette des Posettes . Je repars derrière mon compagnon mais très vite je repasse devant et lui prend quelques longueurs . Je suis à l'aise sur cette petite trace grimpant au milieu des rochers mais dès le début de la descente, c'est une autre affaire ... C'est vraiment pentu et technique et je n'arrive pas trop à me lâcher . Le leitmotiv est cependant de ne prendre aucun risque et d'assurer tranquillement la descente . Cependant personne ne me revient dessus, ca doit être dur pour tout le monde (finalement les 800m négatifs sont avalés en moins de 20 minutes) . Sur le bas je rattrape Martin Reyt, une petite tape sur l'épaule pour l'encourager car il a l'air bien cuit et je continue mon petit bonhomme de chemin . Mais, alors que les difficultés techniques sont derrière moi,  je me retrouve en une fraction de seconde à plat ventre sur le sentier . Pas eu le temps de la voir venir celle là !! Plus de peur que de mal, je me relève immédiatement, l'épaule et le genou égratignés et repart aussitôt . Faut vraiment être vigilant à chaque instant ... J'arrive dans le petit village du Tour où a lieu un nouveau pointage . Après 28km en 2h49' je suis en 24ème position . Il reste 3 petits kms avant le ravito de Tré le Champ où nous repassons pour la seconde fois de la matinée . Le parcours pour y aller est très roulant et descendant et j'arrive à bien allonger la foulée si bien que je rattrape plusieurs coureurs . Il y a encore beaucoup de monde à Tré le Champ pour nous encourager, j'avais rarement vu ça avant !! Une dernière petite côte me permet de revenir dans le sillage d'Olivier Morin et c'est ensemble que nous arrivons au ravito .

 

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Je ne m'arrête pas longtemps, une bénévole me remplit mon bidon, je bois, je vous le donne en mille, du coca et mange, vous l'aurez deviné, quelques morceaux de bananes ! Et c'est parti pour le final menant à Plan Praz via la Flégère . Je reste un petit moment avec Olivier puis je décide d'y aller tout seul car je sens que j'ai de la ressource . Je déplie à nouveau mes bâtons, devant des spectateurs surpris par ce système . "Raidlight messieurs dames" !!!

 

Ca ne monte pas franchement tout de suite, c'est plutôt en toboggan sur un petit single au frais dans la forêt . Les sensations sont bien meilleures que ce matin durant les premiers kilomètres et je sens que je peux finir "vite" . Je reviens sur un gars du Team PLATINIUM NUTRITION COMPRESSPORT (Yann Curien) au moment où la pente s'accentue . J'adore ces passages bien raides où il faut pousser sur les cuisses !! Un peu plus haut, je double encore un mec, lui aussi à l'air bien HS ... A la sortie de la forêt je débouche sur une large piste qui grimpe bien loin devant moi . Avec les randonneurs un peu de partout, difficile de voir si il y a des coureurs à porté de fusil . Je continue à mon rythme, en m'aidant des bâtons et en courant sur les rares endroits de replat . Un oeil au chrono et je constate que si j'étais sur les bases de 4h15-4h20 jusqu'à Tré le Champ, je ne suis plus dans les temps désormais  (je n'ai pas pris en compte la baisse de vitesse inhérente au final tout en bosse . A réévaluer avec softrun) . Pas grave, je suis en 18ème position, pas blessé et il fait beau et chaud !

 

Passage à la Flégère où se trouve le dernier ravito . Eau et coca, ça va de soi . Et j'entame même une petite chanson avec le trio de musicos chargé de l'animation : "Personne dans la vie ne choisit sa couleur ... ! " Bon c'est pas le tout il reste encore quelques kilomètres à parcourir et on entend pas très loin le speaker à l'arrivée . Je suis revenu sur un gars en Salomon et je crois un instant qu'il s'agit de David Pasquio (en fait il s'agit de Najim Chilhi un de ses potes bretons) . Nous traversons l'un derrière l'autre une magnifique combe avec traversée de pierriers et alors que je ralentis pour prendre une photo, le bougre accélère, je ne le reverrai qu'au sommet !! Pas grave, la photo est belle !

 

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L'arrivée est en vue et personne n'a l'air de revenir de l'arrière, je vais pouvoir finir sans pression . Louis Chantre, le sympathique organisateur de l'Ardéchois, me croise alors qu'il redescend et me félicite pour ma régularité . Merci Loulou, à l'année prochaine sur ton trail ! Je passe au milieu d'une petite ola et remercie tous les bambins .

 

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Un peu plus haut les "hop ! hop! hop!" des spectateurs m'obligent à relancer et je  recours sur quelques mètres . Je suis dans le dernier mur, l'arche d'arrivée est juste là .

 

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4h33 au chrono, tant pis pour l'objectif entre 4h15 et 4h30, je suis pleinement satisfait de ma course .

 

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Je retrouve Hervé Giraud Sauveur juste après la ligne, il est arrivé il n'y a pas très longtemps et c'est une belle satisfaction pour moi car c'est un tout bon !! 

 

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L'attente de l'arrivée d'André tout là-haut à 2050m passe assez vite entre les discussions avec les copains, le casse-croûte et la bière (mais aussi je vous livre un secret de ma récupération, un ........... Yop !) . Et grâce au suivi live de la course nous savons exactement à quel endroit il se trouve et lorsqu'il apparaît tout petit en contrebas, je descends quelques centaines de mètres pour l'accompagner dans son final .

 

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Le retour sur Chamonix se fait en télécabine puis on mange un bout au buffet d'après-course . Là encore l'organisation est au top avec du choix, de la qualité et de la quantité !!! Puis il est temps de reprendre la route vers Lyon (non sans un petit arrêt sur l'aire d'autoroute du téléphérique du Salève !) .

 

Maintenant place à une nouvelle aventure et à un saut dans l'inconnu pour moi avec l'Ultra Beaufortain. Le plus gros de l'entraînement est fait depuis aujourd'hui (lire samedi 3 juillet) avec une reco des 30 premiers kilomètres histoire de ne pas partir totalement dans l'inconnu . Pour le reste du parcours, ça sera reco sur carte ...

 

PS : j'ai gagné une paire de lunettes Julbo au concours de pronostic puisque j'ai donné le temps exact du vainqueur ! Celles perdues en Ardèche sont remplacées !

 

RESULTATS

Publié dans récits 2010

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Trail des gorges de l'ardèche

Publié le par yanshkov

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Ce trail des Gorges de l'Ardèche n'était pas prévu au programme en début d'année pour la simple et bonne raison que j'en ignorais l'existence . Ce n'est que mi-mars à l'occasion du Trail du Ventoux que je suis tombé sur le tract l'annonçant . Un coup d'oeil au planning et ni une ni deux je décide que le dernier week-end de mai serait ardéchois !!

 

C'est ainsi que nous nous rendons à St Martin d'Ardèche samedi matin . Un pique-nique au bord de la falaise surplombant les gorges, une petite rando d'une heure sur une partie du trail sous un soleil de plomb, le retrait du dossard puis une balade dans le magnifique village classé d'Aiguèze nous occupent tout l'après-midi . On monte la tente en attendant Rémy qui nous rejoint en début de soirée . Il hésite encore entre le petit parcours (23km) et le grand (41km) mais je suis assez convaincant et il décide finalement de partir avec moi sur le long . On discute devant notre assiette de pâtes puis il est temps d'aller se coucher .

 

Je me réveille un peu avant 7h . Le temps est un peu couvert mais la température est bonne . C'est le calme plat dans le petit camping que je traverse pour aller prendre une douche . Puis le temps de manger un peu et de se préparer, il est temps de se rendre sur la place du village . Le camping est juste à côté et c'est donc en marchant que nous nous rendons au départ . Je suis serein et content d'être là avec Rémy car le parcours s'annonce de toute beauté . Je fais en guise d'échauffement à peine 100 mètres au trot avant d'aller me placer sur la ligne . Vraiment très peu de têtes connues si ce n'est Jean Pierre Pepey de Belley (un client pour la gagne) et Seb Capel des Passe-montagnes .  

 

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Le départ est donné à 9h et c'est groupé que nous empruntons le pont surplombant l'ardèche . Je suis aux alentours de la 15ème place au côté de Rémy sur un rythme pas trop rapide permettant de s'échauffer un peu .

 

le départ

 

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Nous entamons le faux plat montant vers Aiguèze dans le sillage de Jean Pierre Pepey . Devant, quelques coureurs sont partis vraiment très vite mais ils doivent probablement faire le 23km . En tout cas je ne m'en préoccupe pas trop et garde mon allure . Nous traversons le beau village d'Aiguèze qui commence à peine à se réveiller .

 

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On se croirait dans une corrida à tournicoter dans ces étroites ruelles . Puis arrive les premiers chemins, alternant monotraces et pistes plus larges . Je  prends le relais de Rémy qui menait le train jusque là et prends même quelques longueurs d'avance à la faveur d'une côte en pente douce . Je me sens vraiment bien, il fait chaud mais c'est très agréable . Le décor est splendide, ça sent le Sud à plein nez !!! Je me retourne de temps en temps pour voir si mon copain est toujours là . Ce serait vraiment cool si on pouvait faire toute la course ensemble .... J'encourage un jeune coureur que je suis en train de doubler et celui-ci me dit qu'il connait mon blog ! Il me demande pourquoi un gars si fort (il parle de moi !!) part aussi doucement (!!!) . Je lui réponds que la course est encore longue et qu'il est fort possible que je sois déjà en tête de l'épreuve (je n'imagine toujours pas que les fusées de devant vont faire le 41km)  . On se souhaite bonne continuation ( n'hésite pas à me laisser un message si tu passes par là ! qu'as-tu fais sur le 23 km finalement ??) . Après un début de course assez roulant nous attaquons la partie très technique de la Combe de Sentouze . A la faveur d'une descente raide dans un pierrier Rémy revient et nous sommes alors 4 ou 5 coureurs ensemble . Mais dans une côte où il est impossible de courir à cause du pourcentage mais aussi du sol rendu instable par la caillasse nous nous retrouvons plus que tous les 2 . Rémy a quelques soucis avec ses chaussures et s'arrête deux trois fois pour les resserrer  mais il revient à chaque fois . Le retour sur Aiguèze se fait sur le GR 4 qui surplombe les gorges . Rémy décide de prendre les devants et de relancer un peu l'allure histoire de ne pas s'endormir sur un faux rythme . Le profil est légèrement descendant maintenant et nous pouvons allonger la foulée . De temps en temps nous apercevons 2 gars juste devant . Rémy doit encore faire un arrêt express . Puis alors qu'il me revient dessus je l'entends pousser un cri ! Il vient de se tordre la cheville et a entendu craquer . Putain c'est pas de bol ça, j'espère que ça va aller pour la suite ... Pour le moment il peut encore courir, ça à l'air de tenir le coup . Alors que nous rejoignons Aiguèze, nous voyons en bas le pont de bateaux et les premiers concurrents y passant sous les encouragements de nombreux spectateurs . Il doit bien y avoir au moins 3 minutes d'écart, les gars font vraiment un début de course rapide !! Nous empruntons les longues marches en pierres pour descendre le long de l'ardèche .

 

escaliers

 

Murielle se trouve là, je prends un bidon plein et Rémy part avec de nouvelles fioles . Elle nous indique que le dossard 51 est passé depuis environ 2-3 minutes . Vraiment je ne pensais pas qu'un gars du 41km allait partir aussi vite !! Y'a du costaud devant mais la course est encore longue, il reste plus de 30km et beaucoup de choses peuvent se passer .

 

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C'est donc en marchant que nous traversons ce pont inédit puis nous reprenons la course sur l'autre rive . Dès que c'est un peu roulant je prends quelques mètres à Rémy mais le premier ravito permet à mon ami de recoller . Je prends un peu de banane et boit quelques gorgées d'eau avant de repartir . J'ingurgite les morceaux de fruit tout en trottinant . Quelques mètres plus loin nous laissons la rivière et le petit parcours sur notre gauche pour nous élancer à l'assaut du grand circuit . Je négocie sans problème le long raidard goudronné qui nous permet de rejoindre le bois au-dessus  de Saint Martin et un passage à nouveau hyper technique : de la monotrace, du pentu, de la falaise, il faut mettre parfois les mains, il faut sauter de hautes marches de pierre mais malgré la technicité je me régale . Rémy n'est pas très loin derrière mais je ne le vois plus tant le tracé virevolte dans tous les sens . Ensuite c'est plus roulant sur un large chemin et je me retourne pour constater que je suis désormais tout seul . Rémy doit être trop handicapé par sa cheville et je ne peux résolument pas attendre, les jambes répondant vraiment bien aujourd'hui . Dans une descente bien raide, je croise un vététiste qui me dit que le premier est passé il y a 2 minutes environ . A priori ça veut dire que je ne perds plus de terrain depuis quelques kilomètres, c'est encourageant ça !! Je passe à côté d'un champ de lavande avant d'emprunter un petit tunnel passant sous la route . Puis c'est la plongée vers les gorges de l'ardèche que nous allons longer pendant près de 3 kilomètres . Et là c'est encore du pur trail !! Des dalles de pierres parfois glissantes, du sable, des échelles, des passages étroits juste au-dessus de l'eau et même un tunnel où il faut ramper tant cela ressemble à un trou de souris . Je n'avance pas très vite mais pour autant je ne me retourne jamais et reste focalisé sur mon allure . D'ailleurs je n'imagine pas un coureur passer plus vite ou alors c'est qu'il prend vraiment des risques insensés . Je double par moment quelques coureurs du petit parcours puisque cette partie est commune jusqu'à un ravitaillement en eau . J'y remplis mon bidon et m'arrose le visage . On m'indique alors que le premier est passé il y a 2-3 minutes ... Toujours ce même écart qui me rassure quand à ma progression relativement lente le long de l'ardèche ... C'est apparemment pour tout le monde pareil . Je repars et pour la première fois de la journée j'aperçois le gars de tête au loin . Un petit coup d'oeil au chrono pour constater qu'il y a bien 2 à 3 minutes d'écart entre nous deux . Derrière je ne sais pas où sont les autres et je me concentre sur ce qu'il y a devant . 

 

Nous arrivons alors à un autre gros morceau de la journée avec la grimpée de la forêt de la Coutelle . Fini le plat le long de la rivière, place à du pentu . Ce n'est d'ailleurs pas pour me déplaire et dès les premiers mètres d'ascension je vois le gars de tête de course quelques lacets plus haut !! Je reviens assez vite sur lui sans pour autant me mettre dans le rouge . Je ne le sais pas encore mais il s'agit de Bastien Bavrais au palmarès déjà bien rempli actuellement en tête du TTN court !  . Je lui demande si ça va et il me répond qu'il a une allergie mais je ne comprends pas exactement de quoi il s'agit . Je prends ensuite la tête sans pour autant accélérer . Nous faisons alors quelques kilomètres ensemble à travers la garrigue . Des passages techniques se succèdent avec des descentes en pierriers et des remontées dans les rochers . Il faut même éviter un joli serpent au travers d'un chemin . Il fait bien chaud et un nouveau ravito en eau est le bienvenu .

 

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Je remplis mon bidon une fois de plus et m'asperge la figure et repars toujours avec mon compagnon de route . Mais cette fois je prends quelques mètres et il semble lâcher prise . Nous arrivons sur le secteur où nous avons randonné la veille avec Murielle et je ne suis donc plus en terre inconnue .

 

murielle sur le parcours

 

Je profite alors d'un long faux plat montant pour creuser l'écart et à la faveur d'une ligne droite de 200 ou 300 mètres je constate que Bastien a disparu . Ca me booste un peu d'autant que je sais que Murielle m'attend juste en haut . Ca y est je la vois, elle a préparé un bidon d'eau et du coca . J'en prends quelques gorgées sans m'arrêter et continue mon chemin sous les encouragements de ma chérie . Je débouche assez vite au 3ème ravito qui se tient à la grotte de St Marcel . Mais je ne m'arrête que quelques secondes pour prendre des morceaux de bananes et boire à nouveau un peu de coca . Il faut que je fasse l'écart sur Bavrais pendant que les jambes répondent bien .... 

 

vers la grotte de st marcel

 

La suite est assez roulante et je peux courir de partout . Je double régulièrement des coureurs du petit parcours et je les encourage en leur disant que c'est bientôt fini pour eux . Par contre je peste contre toutes ces bouteilles d'eau jettées au sol après le ravito . Vraiment débile comme comportement !! 

 

Il reste encore du chemin mais je ne sais pas exactement combien puisque je n'ai pas emmener mon GPS ni mon cardio, je fais tout à la sensation . Et les sensations sont vraiment bonnes alors que je cours depuis presque 3h . Dans une descente, des crampes aux adducteurs me font tout de même descendre de mon petit nuage . Je prends illico de la sporténine et une gorgée de gel Maxim framboise/passion . Je bois aussi de façon plus régulière et soigne ma respiration . Les crampes disparaissent petit à petit et je peux reprendre le trot dans le faux plat suivant . Il faut maintenant penser à s'hydrater constamment et tenter de ne pas s'emballer dans les descentes . Je passe une côte bien raide en marchant et au sommet un bénévole m'indique que c'était la dernière . La suite n'est pas totalement plate mais les côtes ne présentent plus de gros pourcentages . Je prends un plaisir énorme à toutes les passer en trottinant et je remonte même sur mon petit nuage et m'imaginant en Julien Rancon ou Kilian Jornet ( t'exagères pas un peu non ??!!??) . J'arrive au dernier ravito perdu au milieu de la garrigue . Comme à chaque fois je ne prends qu'une banane et pendant que je remplis mon bidon je discute avec les 3 bénévoles qui sont là . D'après eux il me reste environ 6kms et lorsque je leur demande s'il ne reste que de la descente ils me répondent que ce n'est pas tout à fait ça ... Il va falloir attendre un peu avant de se laisser descendre sur l'arrivée !! Je repars et quelques minutes après j'ai encore le ravito en vu et  je peux me rendre compte qu'aucun coureur n'y est arrivé . Sauf grosse défaillance, je dois pouvoir finir en tête du trail des gorges ...

 

Je dois quand même faire avec un nouvel épisode "crampesque" dans une petite descente mais comme à chaque fois je maitrise assez bien la situation . Puis je retrouve à nouveau des coureurs du petit parcours ce qui signifie que je suis rentré dans les derniers kilomètres de course . La plupart sont des nanas que je double pour la seconde fois de la matinée . J'espère ne pas trop leur avoir sapé le moral ... Je reconnais le pont derrière le camping, ça y est je suis dans les ruelles de Saint Martin et je cours encore bien vite . Je débouche sur la route bordant l'ardèche et aperçoit l'arche d'arrivée quelques centaines de mètres plus loin . Je lève les bras vers le ciel pour exprimer ma grande joie !! Un bisou à Murielle et je passe la ligne d'arrivée en 3h50'15'" . Le speaker est tout étonné et me demande à plusieurs reprises si j'ai bien fait le grand parcours !! Oui oui je vous assure, j'ai tout fait !!

 

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Encore une fois je ne suis pas "fracassé" à l'arrivée et c'est vraiment très agréable de pouvoir marcher normalement après 41km . Je me change tranquillement au bord de la fontaine en discutant avec des coureurs du petit parcours curieux de savoir comment je m'entraîne . Un petit coup de fil à ma mère (et oui c'est sa fête aujourd'hui) et Bastien franchit la ligne en compagnie de son fidèle chien, Dexter .

 

avec Bastien Bravais

 

Ca fait 22 minutes que je suis arrivé, il a du avoir un bon coup de moins bien dans le final . Nous montons sur le podium répondre aux questions et de là-haut je vois mon Rémy arrivé en marchant au milieu de la place . Je comprends alors qu'il a du jeter l'éponge à cause de son entorse . C'est pas juste, lui qui s'occupe tellement bien de moi lorsque je suis blessé ou que j'ai quelques pépins physiques ... Finalement c'est un autre copain qui vient compléter le podium en la personne de Seb Capel . Je descends le congratuler, il est blanc comme un linge et nous fera même un petit malaise par la suite . Je le chambre en lui disant que c'est pas raisonnable de se mettre dans un état pareil !! 

 

Nous allons plier les affaires de camping puis vient le moment des récompenses . Séjour dans un centre Pierre et Vacances, bon d'achat, short, bouteille de côtes du Rhône, ça valait le coup de venir non ?

 

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On boit un coup en terrasse (qu'elle fait du bien cette mousse bien fraîche !!) puis vient  l'heure de remonter sur Lyon ...

 

Le prochain trail sera le Marathon du Mont Blanc le 27 Juin puis l'Ultra Tour du Beaufortain le 18 Juillet . En attendant je vais continuer mon entraînement sur les mêmes bases puisque j'ai trouvé la bonne formule me concernant ... Ca commence par un gros week-end vélo avec 2 fois 220km au programme à l'occasion de Lyon-Mont Blanc-Lyon !!

 

ps : j'ai perdu mes lunettes de soleil entre le passage du pont de bâteaux et le ravito de la grotte de St Marcel . Si quelqu'un les a trouvées ça serait cool de me le faire savoir ... (lunettes Rudy Project verres bleus) .

 

photos : Alexis Vettoretti et Murielle

Publié dans récits 2010

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Trail du Nivolet Revard

Publié le par yanshkov

Depuis le début de saison j'appréhende les épreuves différemment de l'année dernière . Je me suis fixé des objectifs prioritaires où le but est de faire un temps ou un très bon classement et des épreuves "secondaires" en préparation des objectifs . Le Nivolet-Revard fait partie de cette deuxième catégorie . Le but du jour est d'essayer de bien gérer les 49km et 2600m+ et si possible de ne pas finir trop cramé . Je compte aussi faire un essai en partant avec une ceinture porte-bidon et un bidon de 750ml ainsi qu'un sac à dos léger sans poche à eau mais où je glisserai un second bidon . Côté diététique je dois tester les barres Mulebar . Mais le plus important est aussi de passer un bon moment avec les copains !!

 

Après un réveil matinal à 4h30, Murielle et moi faisons la route sous une pluie battante et arrivons à Voglans sur le coup de 7h . Dans la salle des fêtes je retrouve Mamanpat et Bicshow ainsi que Juju et Pascalou . Je me prépare tranquillement dans un coin, à côté de Monsieur Werner Schweizer, toujours fringuant malgré ses 70 ans bien passés !! Même si le temps est mauvais, j'opte pour un short, un maillot court Raidlight en bambou (le top du top, je reviens dessus prochainement dans un article), une casquette et je range le coupe-vent dans le sac .

 

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avec Juju  

 

15 minutes avant le départ je rejoins le sas qui commence à bien se remplir . Il y a un petit air de transhumance ce matin !! La pluie semble cesser maintenant et la météo ne s'annonce pas si pourrie ... Après les habituelles recommandations dites en français puis en italien, le speaker commence le compte à rebours : 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 ..... c'est parti !

 

Il nous faut quelques instants pour passer sous l'étroite arche de départ et on doit même marcher quelques mètres avant de reprendre la course . C'est parti à fond devant et le peloton est très étiré . Bien que décidé à ne pas partir trop vite, je remonte quand même sur l'avant et viens me placer aux environs de la 50ème place, juste derrière Maud Giraud et Laurence Klein qui se marque déjà à la culotte . Ca monte sévère dès la sortie du village, sur une large route goudronnée, et on prend très vite 100m+ . Les jambes ne sont pas terribles mais je me dis que ça doit être l'effet départ à froid et un oeil sur le cardio me rassure, je ne suis pas dans le rouge . Les 5 premiers kilomètres sont très roulants, sur des petites routes et des chemins de campagne où il faut slalomer entre les flaques . Vraiment pas l'impression de partir pour une course en montagne d'autant que le brouillard cache les sommets environnants ! Je reste en compagnie des 2 premières filles, leur allure me convient bien et je sais que si je garde le contact, je peux faire une belle course . En plus je salive à l'idée d'assister à une belle bagarre entre ces championnes . Quelques coureurs nous doublent, dont Serge Barthez (Team Altec) et Dawa Sherpa, et prennent quelques mètres d'avance . Mais à la faveur d'un petit coup de cul, je reviens à leur côté sans trop le vouloir et je distance le duo de nanas . Les jambes semblent revenir ...

 

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On attaque alors un single en sous-bois, très agréable en montagnes russes . Je suis dans un petit groupe bien sympa puisqu'il y a là Dawa, Serge Barthez, Damien Margueron (Team Altec), mon copain des vosges Aurélien Colin mais aussi Laurence Klein qui est revenue . Nous avançons sur un bon rythme qui me va bien pour le moment . Un peu plus loin, la pente se durcit et je décide de passer en marchant ce qui me fait perdre le contact avec Dawa et Aurélien . Par contre Laurence Klein n'est plus là, tout comme Serge Barthez qui ne doit pas être au top aujourd'hui ... Je relance dès que la pente est moins raide et aperçoit Vincent Delebarre juste devant . Je reste un petit moment à ses côtés et nous passons ensemble devant l'objectif de Pascal (Photogone) . Je lui lance que cette photo il pourra me l'offrir !!! Puis sans vraiment accélérer, je lâche Vincent ...

 

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"et Pascal t'aurais pu prendre Delebarre à mes côtés quand même !!" 

 

Le 1er ravito (12 km) est atteint après une petite descente . Ca fait un peu plus d'1h10 que nous sommes partis, je ne m'arrête pas et gagne ainsi quelques places . J'attaque alors la grosse ascension du parcours, la montée au Chalet du Sire . J'ai un joli point de mire tout rouge devant moi en la personne d'Aurélien . Je grignote mètre par mètre mon retard sur lui dans cette bosse qui me rappelle un peu la montée du Salève !! Les 600m+ sont avalés en à peine 30' et je me sens assez bien . Je recolle à Aurel juste au sommet où de nombreux spectateurs nous encouragent malgré les 5°C et la bruine . Nous négocions avec prudence la partie en alpage très boueuse et glissante avant de plonger dans une petite descente tout aussi glissante . Je prends un bout de barres Mulebare pomme-cannelle .

 

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Au goût c'est assez sympa mais il faut mâcher un long moment car c'est assez compact . Je chope alors un petit point dans la descente mais il disparait une fois le morceau de barre avalé et la reprise de la respiration . Nous revenons ensuite sur Seb Gauthier, mon ancien partenaire de duathlon à Mâcon et on discute un peu . Quelques coureurs reviennent aussi de l'arrière, faut dire que nous ne prenons pas trop de risque et je sais qu'il faut en garder sous la semelle pour finir correctement la course . Aurelien m'indique que dans les Vosges quand c'est boueux comme ça, on dit que ça schlitte ! Finalement la partie "schlittage" en sous-bois est pas trop mal négociée et nous attaquons ensuite une nouvelle côte assez difficile que nous passons en marchant et en coupant dans l'herbe pour éviter le chemin trop glissant . Arrive alors le passage inédit dans une cheminée . Ce sont les Boebion père et fils qui ont eu cette idée sympa et par le plus grand des hasards, c'est juste derrière Christophe, que je viens de rattraper, et sous l'objectif de Daniel que j'y arrive . Des barreaux et des câbles ont été installés pour passer comme dans une via ferrata .

 

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La relance après ce petit moment d'escalade est dure pour les jambes mais après quelques centaines de mètres ça repart comme avant ! Je passe en compagnie de Christophe à la Croix du Nivolet .

 

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Le brouillard s'est levé et quelques taches de ciel bleu apparaissent . Mais pas trop le temps de profiter de la vue, la descente vers la Feclaz est déjà là . Christophe, pas complètement remis d'une récente blessure est décroché et je suis en compagnie de quelques coureurs dont Aurel et Damien Margueron . Nous trouvons de la neige au plus fort de la descente et le passage est délicat . Malgré mon poids plume, je m'enfonce jusqu'au genou par endroit . Décidément, c'est pas trop mon truc la neige !!! 

 

 Nous arrivons au ravito de la Feclaz après un peu plus de 2h30 de course pour 24km et 1800m+ .

 

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 Je retrouve Murielle qui fait une superbe assistance . Echange de bidon, petite gorgée de coca et je repars presque aussitôt . Je suis encore assez bien et sans accélérer je laisse mes compagnons de route . Je sais que la partie qui arrive est assez roulante et qu'il ne faut pas mollir, tout en en gardant quand même car nous ne sommes qu'à mi course . Le parcours (parfaitement balisé d'ailleurs !) emprunte les pistes de ski de fond, une route forestière recouverte de neige verglacée et le GR 96 . Je reviens sur quelques concurrents dont Sébastien qui s'était fait la belle avant le passage de l'Echelle . Je double aussi Manu Gault (Team Asics) et pour entamer la conversation je lui passe le bonjour du lémurien (niko darmaillacq) . Manu me souhaite bonne fin de course et me laisse filer ...

 

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J'arrive au Revard où m'attend Murielle . Elle est surprise de me voir si frais mais c'est vrai que je me sens bien malgré les 3 heures de course dans les jambes . Petit tour du site, fameux passage devant le belvédère surplombant Aix les Bains (une fois de plus me voici dans un décor vu maintes et maintes fois dans les magazines de trail) et nouveau passage devant Murielle .

 

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Elle m'accompagne quelques mètres avant de me laisser plonger dans une courte descente très glissante . Ensuite nous retrouvons un single très sympa en léger dévers et bien boueux . Les chaussures pleines de boue semblent peser bien lourd tout d'un coup ! Malgré cela j'arrive à bien courir et sans le moindre signe annonciateur de crampes !! Petit passage dans un alpage avant d'attaquer une longue descente . Un coureur vient de me rejoindre et je prends son sillage . Pendant une grosse vingtaine de minutes c'est une succession de lacets, d'abord un peu techniques dans les rochers puis plus roulants en sous-bois . Je m'applique à bien respirer et cela semble efficace puisqu'aucun point de côté ne vient me perturber . Avec mon compagnon de route nous rattrapons encore un concurrent qui gentiment nous laisse passer ! Nous arrivons tous les deux ensemble au Mentens (38 km) où se tient le dernier ravito solide de la journée . Murielle, en parfaite assistante est là . Je change de bidon et bois quelques gorgées de coca avant de repartir . Je n'aurai pas trop profité des ravitos sur ce Nivolet-Revard !! Ca devrait être en option lors de l'inscription !! 

 

La suite du parcours est très roulante mais avec quelques courtes bosses . J'engage alors la conversation et alors que j'évoque le Trail de la Dent du Chat couru en 2008 non loin de là sous des trombes d'eau, l'autre me dit que c'est lui qui avait gagné . Dites moi pas que c'est pas vrai !!!! Je suis en compagnie de Franck Gorry, vainqueur aussi du Nivolet en 2004 . Tout en continuant de papoter, on rattrape encore quelques gars qui ne peuvent s'accrocher . D'après une bénévole, nous devons être aux alentours de la 35ème place . Nous retrouvons ensuite une route goudronnée qui nous permet de traverser en descente Méry . A la sortie du village nous retrouvons des chemins de campagne semblables à ceux empruntés au départ ce matin . Je décide d'allonger un peu la foulée et surprise Franck n'accroche pas . Je l'encourage un peu mais il est décroché . Au loin j'aperçois des coureurs et je me fixe l'objectif d'aller les chercher avant l'arrivée . Je dois avoir 45km dans les gambettes mais je me sens bien, c'est le pied ! Je rejoins 2 mecs que je double dans la dernière côte et sur le haut, il y a encore un gars pas trop loin devant . Il se retourne régulièrement mais je sens que je peux le rattraper . Et c'est ce que je parviens à faire juste au début de la descente sur Voglans . Il s'agit d'Alain Guimet, encore un très bon coureur et je l'encourage en passant .

 

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Puis je déroule jusqu'à la ligne d'arrivée que je passe à la 30ème place en 4h49'41" .

 

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Quelques instants après, Franck arrive à son tour .

 

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 Je discute un moment avec Cyril Cointre, responsable du Team Raidlight puis après avoir croqué quelques Tucs je vais prendre ma douche . Là-bas, il n'y a que des cadors : Eric Clavery, Ludo Pommeret, Aurélien Brun, Gilles Guichard, François D'Haene .... C'est peut-être en voyant les mecs qui se douchent avec toi que l'on peut dire si l'on a fait une bonne course !!!!  En tout cas je suis vraiment satisfait de ma course . Je finis bien plus frais qu'au Ventoux et j'ai pourtant réduit mon écart sur le vainqueur D'Haene (1h au Ventoux contre 37' ici alors que la course était plus longue ...) . Satisfait aussi de ne pas choper de crampes pour la première fois de ma vie sur une telle distance . La gestion de l'effort et de l'alimentation commence à être bien maîtrisée . Reste à essayer d'autres parfums de la gamme Mulebar . Malgré son côté compact j'ai trouvé le goût assez bon  et je n'ai pas eu de problème d'assimilation . De plus ces barres sont bios et issues du commerce équitable alors si je peux courir utile ! Convaincu aussi par le duo ceinture porte-bidon et sac à dos . Je peux ainsi transporter 2 fois 750ml de boisson et changer ou recharger plus facilement lors des ravitos . Et pas de problème de fuite également . 

 

La journée se continue  par un repas fort apprécié en compagnie de Murielle, Juju et Aurélien . Au menu salade, soupe, tartiflette et tarte aux pommes ... 

 

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Et je passe ensuite l'après-midi à discuter . Avec Bicshow, Mamanpat, Jean Michel, Ratatouille, Pascalou, Dawa et je rencontre enfin Taz le diable et son acolyte Arthurbaldur, les copains bloggeurs . Ca passe bien trop vite ...

 

Place à une semaine de récupération avant de reprendre l'entraînement avec toujours en ligne de mire l'Ultra du Beaufortain ...

 

RESULTATS DU 49KM

Publié dans récits 2010

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Ultra Montée du Salève

Publié le par yanshkov

L'histoire commence début octobre 2009 lorsque je découvre par l'intermédiaire du forum kikourou qu'une épreuve au concept très original est organisée en avril 2010 . Il s'agit ni plus ni moins que d'effectuer la grimpée du Salève en courant et de redescendre en télécabine le plus grand nombre de fois pendant 6h ! Je m'empresse alors d'aller fair un tour sur le site internet de l'épreuve et sans mentir, je crois que je me suis inscrit tout de suite !! L'idée de participer à un défi un peu hors-norme et d'être un pionnier en la matière me tente beaucoup et en cette fin d'année 2009, alors que les Templiers se profilent à l'horizon, j'ai mon premier objectif 2010 . Ce sera l'Ultra Montée du Salève !

 

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Après une longue coupure en novembre-décembre et un trek en Afrique qui m'aura vu gravir le Mont Kenya et le Kilimandjaro, je reprends l'entraînement sérieusement mi-janvier . Je commence à cumuler alors le dénivelé positif et à perdre doucement les kilos superflus  J'ai vraiment en tête de réussir quelque chose à l'UMS mais ne connaissant absolument pas la montagne des Genevois (nom donné au Salève) je n'ai en tête que les chiffres lus sur le règlement de l'épreuve : 

   

La montée elle-même, mesurée avec un podomètre, s'il vous plaît, fait 2 km 480 mètres pour 663 mètres de dénivelé positif.

 

Soit une pente à 27,7% de moyenne.

 

Comme quoi vous ne serez pas arnaqué sur le dénivelé.

La difficulté du parcours va pratiquement crescendo, avec une pente bien sèche au début du dernier tiers.

Mais la longueur totale de la course fait 3 km et 289 mètres - appréciez l'exactitude - car il y a 809 mètres de plat entre la ligne de départ et le début du sentier.

 

Histoire d'en savoir un peu plus et de faire une bonne séance d'entraînement je poste une invitation sur le forum kikourou à aller reconnaître le parcours . Et c'est ainsi que nous nous retrouvons une grosse dizaine au pied du Mont Salève le 13 mars dernier en compagnie de Francesca Sacco, une amoureuse du Salève et à l'origine de l'UMS . Ce jour là, j'effectue 3 montées dont 2 rapides en redescendant à pied (le récit) et j'en tire plein d'enseignements . Les 7 montées sont tout à fait possibles et une 8ème envisageable ...

 

A 3 semaines de l'évènement, je participe au trail du Ventoux où les sensations ne sont pas terribles mais je ne m'inquiète pas trop car je sais que l'entraînement va payer . Seule ma cheville qui s'est encore tordue m'inquiète un peu et m'empêche de courir les 20 derniers jours . Mais là encore je suis assez serein et j'effectue plusieurs grosses séances en vélo et je sens que je prends de la force dans les cuisses . Un dernier petit footing et une courte rando pour me rassurer et me voilà prêt pour la première édition de l'UMS .

 

Samedi Murielle et moi arrivons à 9h sur le parking du téléphérique du Salève . Nous allons retirer le dossard à la salle des fêtes du Pas de l'Echelle où nous retrouvons pas mal de kikoureurs . Puis nous retournons à la voiture où je me prépare tranquillement .

 

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Il y a pas mal de brouillard mais il ne fait pas très froid et je décide de partir avec une tenue légère Raidlgiht en bambou (le top !) que j'inaugure pour l'occasion . J'ai opté aussi pour un porte-bidon afin de gagner en poids et pour faciliter le ravitaillement en liquide . Pas de bâtons même si je constate que beaucoup de monde les ont pris . Le speaker annonce les coureurs présents et site un inscrit de dernière minute spécialiste du km vertical . Je n'y prête guère attention car je me doute bien qu'il y a au départ des spécialistes de la grimpette ! Je rejoins la ligne de départ quelques minutes avant l'heure fatidique, un peu de stress au ventre et les pulsations un peu élevées . Tant mieux car je n'ai pas pris la peine d'aller m'échauffer, hormis un petit aller-retour au trot sur le parking de ..... 30" ! On nous donne les dernières recommandations et Francesca nous gratifie d'un joli discours .

 

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10h, la centaine de concurrents est lâchée !

 

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Et ça part vite, très vite !

 

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On dirait que l'on part pour un semi-marathon (remarque au niveau distance c'est un peu ça !) à 16-17km/h ! Les 800 mètres de route sont légèrement descendants . Je jette un oeil au chrono au moment d'attaquer le chemin et constate que nous avons couru 2'30" , beaucoup moins que les 3' prévisionnelles . Je suis en 6ème position mais déjà devant certains s'envolent . Je ne m'en préoccupe pas trop et reste concentré sur mon effort . Je m'oblige à courir jusqu'aux premières marches d'escaliers que j'attaque à la marche, 2 par 2 . Il me faut lever la tête bien haut pour apercevoir les premiers qui sont vraiment impressionnants . Je relance en trottinant sur le replat du Monnetier et reprends la marche rapide dès les forts pourcentages dans la forêt . Tous les autres font des petits pas de course et je me fais doubler par le grand Philippe Rossier et un gars tout aussi grand du Team Tecnica (Guillaume Dentella) puis par le suisse Matthieu Girard . Je ne suis pourtant pas trop mal mais y'a pas à dire il y a des costauds sur cette course ! Je passe sans encombre la partie d'escalade dans les rochers où des cordes ont été installées . Je ne m'en sers pas et opte pour des prises naturelles .

 

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Je garde mon rythme dans la partie finale, très raide en forêt où je constate que le sol n'est pas glissant du tout aujourd'hui . Je débouche sur la prairie en plein brouillard et passe sous l'arche d'arrivée en 32'44" . Je suis dans les temps que j'avais prévu et c'est déjà une bonne nouvelle . Je retrouve Murielle et sans s'arrêter nous nous engoufrons dans le couloir menant à la télécabine . Là se tient un ravito et  l'ambiance est celle d'une fin de course . Les coureurs discutent avec leurs proches et certains se ravitaillent . On nous annonce que la benne partira d'ici 5 minutes, pour que les premières féminines en profitent .

 

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Tranquillement je me dirige vers la benne dans laquelle nous sommes une trentaine à monter . C'est Karine Herry qui est la dernière à monter tandis qu'un concurrent juste derrière voit les portes se refermer devant lui !! L'ambiance est bonne et beaucoup rigolent à l'idée que ça va sentir très vite le fauve ! Je profite de la descente pour bien me ravitailler .

 

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Je suis le premier à franchir les portes de la station inférieure et je prends alors la tête d'un petit groupe d'une dizaine qui se détache . Le rythme est rapide sur la route mais me va très bien et nous effectuons encore une fois les 800m largement sous les 3 minutes . Cette deuxième grimpée se déroule comme la première . Les deux costauds s'envolent dès les premiers pourcentages et un troisième les suit pas trop loin derrière .

 

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J'effectue la première moitié de l'ascension en 4ème position avant d'être une nouvelle fois dépassé par Philippe Rossier et Guillaume Dentella . Arrivé dans la prairie je constate que l'écart sur le gars qui me précède est moins important que lors du 1er tour .

 

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En haut je passe la ligne en 32'23" soit un peu plus vite que tout à l'heure ! Tout va bien, je suis dans les temps et je peux espérer peut -être finir dans les 6 premiers .... Mais Murielle qui m'attend là me crie qu'ils ont prévu de faire partir les 5 premiers et je suis ........ 6ème . Gros coup de speed, Murielle court à mes côtés dans le couloir tout en me tendant mon bidon et un gel énergétique . Je crie que j'arrive à Christian qui gère le flux des cabines et parviens à prendre la benne avec les 5 autres . Nous partons au bout d'une petite minute, j'avais en fait un peu de temps ... En descendant, je fais la connaissance des gars : il y a les extra-terrestres du Faucigny Athlétique Club Olivier Morin et Pierre Chauvet (qui n'a même pas l'air de transpirer !!), Guillaume Dentella (team Tecnica) et les suisses Philippe Rossier et Julien Gantenbein, un peu renfermé sur lui même, les écouteurs dans les oreilles .

 

sortie devant matthieu

 

En bas je prends une banane à la volée que je mange à l'arrière du petit groupe que nous venons de former . Le rythme est un poil moins vite que tout à l'heure et j'apprécie le fait de me retrouver dans une telle position . Comme prévu Pierre et Olivier s'envole, suivi à quelques encablures par Julien . Je suis en 4ème position et je m'attends à me faire doubler par Rossier et Dentella d'une minute à l'autre . Mais alors que je garde toujours la même stratégie de marche rapide et de relance en courant uniquement au niveau du Monnetier je constate qu'ils ne reviennent pas aussi vite que précédemment . Devant, la silhouette blanche et noire de Gantenbein est beaucoup plus proche que les fois d'avant . Pourtant je ne vais pas plus vite ! C'est que ça commence à craquer dis donc !! Rossier me double quand même, toujours en trottinant mais cette fois Dentella n'est plus dans son sillage . Et je suis revenu dans le sillage de Gantenbein qui s'est "garé" pour me laisser passer . Je l'encourage au passage mais il n'a pas l'air de pouvoir s'accrocher . Cette épisode me booste d'autant que je garde en visu le maillot orange de Rossier au dessus de moi . A un spectateur qui m'annonce que les premiers ne sont pas très loin je réponds que je suis la tortue de la célèbre fable !! Je boucle ce tour en 33'28", toujours sur les bases des 8 montées . Encore une fois je prends le ravito à la volée, Murielle me tend une bouteille de coca et je rentre dans la benne in extremis !! Tout est allé encore une fois très vite mais psychologiquement le fait de redescendre en compagnie du trio de tête sera prépondérant pour la suite des évènements . Dans la benne nous sommes en compagnie de coureurs qui ont une montée de moins . L'ambiance est vraiment sympa et assez décontractée . Pierre Chauvet m'impressionne vraiment car il n'a pas l'air marqué par ces efforts . Je m'assoie sur le banc afin de reposer mes jambes et continue à me ravitailler . Pour le moment tout va bien !

 

Un nouveau bout de banane au ravito d'en bas et c'est reparti pour un tour . On profite du passage sur route pour discuter un peu . J'annonce en rigolant que je suis le prochain à passer à la trappe (quelle bonne idée de télé-réalité non ?) ... On parle de notre préparation : à vélo pour moi et à ski pour Pierre qui n'a repris le footing que cette semaine . J'évoque aussi le Tour de la Grande Casse 2008 avec Philippe qui avait terminé 3ème . Je n'ose quand même pas lui dire que c'est à poil dans les douches après la course que j'avais pu le croiser ! En tout cas on ne s'ennuie pas sur les 800m goudronnés du parcours . Cette fois les 2 compères du F.A.C ne me déposent pas sur les premiers mètres du chemin et sans forcer plus que ça je reste dans leur sillage . Même quand Pierre se met à pousser sur ses bâtons (il est le seul de nous quatre à en avoir) et à accélérer un peu l'allure je ne perds du terrain que très lentement . Mais je ne cherche pas à rester à tout pris au contact et je garde le même rythme que depuis ce matin . Par contre Rossier revient dès le début des escaliers et je le laisse passer en l'encourageant . Ce point de mire me permet de bien rester en rythme et bien qu'il continue de courir tout le long, Philippe ne creuse pas un écart sur moi trop important . On commence à doubler de plus en plus de coureurs et les encouragements de ceux-ci font du bien .  Après le passage de la Madone, je vois que Philippe est revenu sur les 2 hommes de tête et que je ne suis vraiment pas loin . Il faut se rendre à l'évidence, je suis en train de revenir sur le trio . Au plus dur de la pente, dans le passage d'escalade, Pierre Chauvet est décramponné et je reviens sur lui juste avant le très court replat devant l'Hôtel de la Croix . Je lui demande si ça va car je suis surpris de le retrouver ainsi et il me répond que ça ne va pas, que les jambes le lâchent et qu'il ressent pas mal de lassitude ... Il me laisse passer et je le lâche sans accélérer . Juste au-dessus de moi Philippe Rossier a pris la tête pour la première fois de la journée . Je continue de me rapprocher et à la sortie de la forêt, là où la pente s'adoucit nettement je recolle aux 2 hommes de tête . Je commence à ressentir de l'excitation au plus profond de moi . Olivier Morin pousse un gros cri pour se donner du courage (!!!) et je sens qu'il est un peu dans le dur . Mes jambes vont vraiment bien et j'accélère un peu sur les derniers 300 mètres pour tester mes compagnons . Et avec pas mal de plaisir, je constate qu'ils ne peuvent s'accrocher ...  Je passe sous l'arche électronique en 34'52" quelques secondes devant Olivier et Philippe . Cette fois je peux prendre mon temps au ravito .

 

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Il est plus de 12h30 et je décide de prendre un peu de salé : des Tucs et du fromage font l'affaire . Murielle m'a préparé un bidon de Maxim et je me fais remplir plusieurs verres d'eau par les filles qui s'occupent du ravitaillement . Tout le monde est au petit soin pour nous et c'est super agréable . Comme nous avons un peu le temps avant le départ de la benne, je jette un oeil sur les SMS du portable et lis les messages reçus . Pour une fois que les ondes d'un portable sont positives !! Malgré une attente de presque 4', pas de nouvelles de Chauvet qui a complètement craqué . C'est ainsi que nous ne sommes plus que 3 à redescendre . Comme vous pouvez l'imaginer, le moral est au beau fixe !! Il est 12h45 et j'ai mes 4 montées au compteur . Si je continue ainsi, les 8 sont dans la poche ! Je reste bien assis lors de la descente pour récupérer au maximum et je continue à bien m'hydrater . Le brouillard s'est bien levé et depuis tout à l'heure il fait grand beau et assez chaud .

 

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Comme à chaque fois, nous parcourons les 800m de route en tchatant . J'ai un peu mal à la cheville à la reprise de la course à la sortie de la station mais après 2 ou 3 pas un peu boiteux je retrouve une gestuelle correcte et la gêne disparait peu à peu .Juste après le passage sur le pont surplombant l'autoroute, chacun rentré dans sa bulle et les conversations cessent . Je prends la tête dès le pied et surprise les deux autres ne s'accrochent pas . Je continue à mon rythme, encouragé tout le long par les spectateurs et les coureurs que je ne cesse de doubler . Vraiment merci tout le monde .

 

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Je jette un oeil derrière de temps en temps mais j'ai beau m'y prendre à deux fois à chaque fois, pas de poursuivant en vu . Juste avant le sommet en 35'24" , soit presque à la même vitesse que la grimpette d'avant, je reçois les encouragements de Pïerre qui a finalement renoncé .  Murielle m'accompagne à l'intérieur de la station et nous prenons notre temps . Nous commençons à être bien rôdé et je ne manque de rien !! Christian est là aussi pour m'encourager et me motiver .

 

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Rossier arrive ensuite mais il s'est passé bien 2 minutes depuis mon arrivée (2'40" en fait) et Morin arrive encore beaucoup plus loin alors qu'on nous annonce que la benne partira d'ici 3 minutes . Le pauvre est plein de crampes et marche en canard . Il s'allonge alors pour profiter des massages dispensés par les professionnels . L'une d'elles me propose de faire de même mais je n'en ressens pas le besoin ni l'envie pour le moment . Avec Philippe nous allons tranquillement vers la benne où Olivier nous rejoint quelques secondes avant le départ . J'ai même bien cru que nous allions nous retrouver à 2 cette fois-ci !

 

En bas, j'ai envie de banane mais il n'y en a déjà plus .. C'est pas grave, une petite poignée de raisins secs fait l'affaire . Cette sixième grimpée est pour moi un copier/coller de la précédente . Je sais que les 8 grimpées sont presques acquises mais je commence aussi à envisager une victoire possible . Cette idée me pousse et sans mollir je continue sur mon rythme aidé par le son des cloches agitées par des supporters !

 

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Il faut que je fasse des écarts sur les autres car lors des 3 premières montées j'ai finis assez loin . Le problème c'est que je n'ai pas de temps intermédiaires . En haut en passant sous l'arche je demande au chronométreur s'il a des temps à me donner mais apparemment non . Faudra faire sans ! Au ravito je sens une grosse effervescence autour de moi, les bénévoles sont super gentils et les organisateurs font tout pour que je puisse réussir l'objectif des 8 montées . Je ne reste vraiment pas longtemps car une benne est prête à partir et je m'y engouffre très vite . Christian qui doit donner le départ attend quelques instants mais mes poursuivants ne sont toujours pas là . Cette fois je suis tout seul devant ... Je croque un peu de Sporténine car ça crampouille (!!!) un peu dans les cuisses et je bois du coca . La descente est toujours aussi sympa et j'encourage tout le monde pour la suite . Un coup d'oeil sur l'altimètre pour constater que je viens de battre mon record de dénivelé positif en passant les 4000m+ .

 

Je m'élance pour mon 7ème tour comme à chaque fois . Mais plus de copains à qui parler !! Ca cogite beaucoup dans ma tête . Vais-je avoir repris suffisamment de temps sur Olivier et Philippe pour m'imposer ?? Et si un gars qui avait loupé notre benne dans les premières montées mais grimpait comme un fou et plus vite que moi depuis ? J'élimine très vite cette hypothèse car je ne n'imagine pas quelqu'un pouvoir aller plus vite au bout de plusieurs grimpées . Par contre l'idée d'arrêter au sommet me traverse l'esprit . Ben oui quoi, je vais pas me taper une huitième montée si je peux gagner l'UMS avec 7  . Puis je me ravise en me disant que je pourrais le regretter par la suite ... Ca cogite, ça cogite . A la sortie des escaliers, je croise Pierre qui redescend à pied et je lui demande si j'ai refait mon retard sur Olivier et Philippe . Il croit que je rigole mais je suis très sérieux !! Mais bien sûr que tu as fait ton retard, et largement même, me dit-il . Ca c'est une bonne nouvelle qui me booste une fois de plus .

 

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Mais alors que la victoire semble définitivement acquise, mon corps me demande si cela sert alors à quelque chose de faire une huitième . Ca cogite !! De plus j'ai l'impression d'être bien seul et il n'y a plus beaucoup de monde à doubler . Mais vite cette impression est gommée par l'ambiance qui règne dans le pré de la station .

 

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Je finis en courant et Christian qui se trouve juste après l'arche me dit qu'une benne est prête à partir d'ici quelques instants . Murielle est là aussi et je n'envisage alors plus de m'arrêter maintenant . Ils ont l'air si contents de ce que je réalise . Je prends quand même quelques secondes pour boire avant d'aller m'assoir dans la cabine pour une dernière descente . Il est 15h tout juste passé et je vais donc avoir presque 55' pour effectuer une ultime ascension (le règlement stipule qu'une arrivée au delà des 6h de courses entraîne l'annulation de la dernière montée) . Ca m'enlève beaucoup de pression et je vais pouvoir savourer !!!! Je motive les gars dans la cabine à tenter une dernière montée mais beaucoup sont au bout du rouleau ... Je propose aussi un peu de coca à ceux qui veulent .

 

Pour cette dernière ascension je suis sur mon petit nuage et malgré le temps qu'il me reste pour valider une 8ème montée, je sais qu'il ne faut quand même pas trop traîner . J'ai encore les jambes pour courir sur la première partie du chemin pas très raide . Dans les escaliers je demande aux messieurs bénévoles qui ont une cibi si le deuxième est passé . Ils ne comprennent pas vraiment ma question (c'est vrai qu'elle n'est pas très claire !!) et me répondent que je suis le premier et que le deuxième n'est donc pas passé ! En fait je voulais savoir si le deuxième avait passé la barrière horaire des 5h15 lui autorisant une dernière montée ... Ils n'en savent rien . Je double encore quelques coureurs, certains ont moitié moins d'ascension que moi mais je les motive à finir avant la barrière fatidique des 6h .

 

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Finalement cette dernière grimpée passe vite et bien . Faut dire que c'est plus facile quand on est en tête !! A l'arrivée il y a beaucoup de monde pour m'applaudir et je tape dans la main de Francesca qui est tout sourire . Il est 15h45 et je remporte la première édition de l'Ultra Montée du Salève !!!!!!

 

5300m de dénivelé positif après 4h40 d'effort !

 

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Je tombe dans les bras de Murielle pour savourer avec elle . Comme à chaque fois sa présence a beaucoup compté .

 

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Quelques minutes après, Olivier, qui a retrouvé des ressources dans le final,  arrive juste devant Philippe . On se tape dans les mains, hyper content d'avoir tous trois réussi les 8 montées .

 

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Il faut aussi répondre à la presse et au speaker !!! Pour lire la revue de presse cliquez ici !

 

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Devant du beau monde !!!

 

Alors que j'attendais le départ de la benne et que je me trouvais seul en tête lors de la 6ème rotation, un gars de l'organisation surpris de me voir dans une telle position commence à me questionner sur mon palmarès ... "Qu'est ce que tu as gagné comme grand trail toi ???" . "Euh ... moi ? ben ... euh ... rien ! "

 

Par contre ceux que j'ai réussi à devancer à l'issue des 6h de course ont un palmarès bien fourni !!! Petite revue de détails .

 

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Olivier Morin né en 1977 spécialiste du long a terminé 11ème du Tour des Fiz, 13ème des Aiguilles Rouges, 15ème du Marathon du Mont Blanc et 29ème du Grand Raid de la Réunion en 2009 et s'est imposé au Trail du Chateau dans le Gard le 28 mars dernier .

 

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Pierre Chauvet né en 1979, n'est pas vraiment un spécialiste du trail . Mais quel palmarès à ski !! Membre de l'équipe de France de fond, il est monté de nombreuses fois sur les podiums des championnats de France . Une semaine avant l'UMS, il était encore à la bagarre avec les Vittoz, Gaillard, Magnificat et autres Jonnier (rappelez vous les JO !) . L'été, il fréquente les pistes du 3000m steeple et les courses en montagne . Si je vous dis qu'il a gagné le kilomètre vertical de la Fully en 2008 devant Kilian Jornet, ça vous parle ??!?  Allez donc faire un tour sur son site internet .

 

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Philippe Rossier né en Suisse en 1962 possède un palmarès impressionnant avec notamment des victoires sur la Grande Traversée des Alpes, sur le Tour des Glaciers de la Vanoise ou encore sur le Grand Raid du Mercantour ! Et ce n'est qu'un tout petit extrait ...

 

J'ai eu beaucoup de plaisir à partager les moments dans la benne avec ces mecs vraiment sympas . Pierre qui avait renoncé m'a beaucoup encouragé dans le final et s'est même excusé de nous avoir "abandonné" . Merci les gars pour ces moments passés ensemble  .

 

Avec les autres je n'ai pas trop eu le temps de discuter puisqu'on n'était ensemble uniquement sur les 2 premières descentes . Petite présentation quand même :

 

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Matthieu Girard né en 1972, encore un suisse au palmarès impressionnant . 13ème de l'UTMB en 2007 et 7ème en 2008 ! Il est le directeur de course du Trail Verbier St Bernard qu'il a fini à la 3ème place en 2009 . Les organisateurs de cette course m'ont d'ailleurs invité à la prochaine édition mais je me suis engagé par ailleurs . Merci beaucoup, ce sera pour une prochaine fois .

 

 

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Julien Gantenbein né en Suisse en 1982 . Spécialiste du marathon avec un record en 2h34'20" et une 66ème place à New York, il se consacre désormais à l'ultra avec une première participation à l'UTMB pour cette année . Son récit c'est ici .

 

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Guillaume Dentella  né en 1981 dans l'Ain . Ancien skieur de fond, il se consacre au trail depuis presque 7 ans . 10ème de l'Annapurna Mandala Trail 2003, 12ème à l'Everest Sky Race 2003, vainqueur du Grand Trail de Courchevel 2007. Il est membre du Team Tecnica . Quand on sait qu'il faisait partie de l'équipe ERTIPS ayant tenté le record des Bauges en 2009, consistant à gravir en moins de 24h les 14 sommets de plus de 2000m du massif des Bauges, on cerne bien le personnage !

 

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Un petit mot sur les filles aussi avec la belle victoire de la suissesse Colette Borcard, 1ère à l'UTMB 2004 et de retour après une grosse blessure . Elle s'impose devant l'exceptionnelle Karine Herry, la femme la plus rapide du monde sur le Tour du Mont Blanc en 25h22 !

 

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Sans oublier Pierre Prost-A-Petit, ultra-trailer, vainqueur en 2009 de l'Ultra du Toubkal que je n'ai hélas pas eu le temps de rencontrer après course .

 

 Quelques chiffres et la courbe des pulsations :

 

courbe UMS 2010

 

Comparatif de mes temps avec ceux d'Olivier où le remake du lièvre et de la tortue !

 

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A  mi-course après 4 ascensions j'ai 6'49" de retard sur Olivier et 3'05" sur Philippe . Je vais donc reprendre 11'56" à Olivier et 9'39" à Philippe dans la seconde moitié en étant le plus régulier . 

 

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Sur ce tableau on constate une fois de plus que c'est vraiment la régularité qui a payé . Entre ma meilleure montée et ma moins bonne il y a exactement 6 minutes d'écart alors que pour Olivier cette différence est de 11'27", presque le double . Seul Matthieu Girard a été aussi régulier (6'22" d'écart) . Mais plus lent que moi lors de la deuxième ascension, il a loupé la benne et n'a donc pas pu se caler sur le rythme de tête  . Je pense que si il avait basculé avec nous, il aurait été difficile à battre . Comme quoi ça tient à peu de chose .  Autre constat, une baisse sensible de l'allure pour la plupart de mes concurrents entre la 4ème et la 6ème ascension (+6'26" pour Morin et +3'27" pour Rossier) tandis que j'avais suffisamment de ressources pour  rester sur un rythme assez régulier (+1'12") .

 

Tableau de marche

 

N° de montée Temps de montée

Temps de récupération

 Horaire au départ
1 32'44" 11'  10h44
2 32'23" 8' 11h24
3 33'28" 7' 12h04

4

34'52" 11' 12h50
5 35'24" 12' 13h37
6 36'05" 7' 14h20
7 37'14" 8' 15h05
8 38'23" - -
total 4h40'33" 1h04'  

 

Au niveau des vitesses, le record est détenu par Pierre Chauvet lors de la deuxième ascension avec une grimpée à 1500m+/h environ (en enlevant la partie de plat) . En ce qui me concerne j'ai oscillé entre 1350m+/h (2ème montée) et 1100m+/h (8ème montée) pour une moyenne de 1250m+/h pour les 5300m+ . Très honnêtement je m'étonne moi même !!!

 

Une vidéo des trailers du Môle pour goûter à l'ambiance :

 

 

 

GALERIE PHOTOS I

GALERIE PHOTOS II

GALERIE PHOTOS III

 

J'espère que ce récit et ces belles photos (merci à tous ceux à qui j'ai pris des clichés) vous auront donné envie de participer à cette aventure . Car l'UMS c'est l'assurance de passer une journée incroyable entre coureurs (vous connaissez beaucoup de trail où vous pouvez partager et parler avec les derniers au bout de 4h de course ??) mais aussi avec ses proches (plein d'animations sont orgnaisées en même temps que la course : promenade avec un âne, jeu-quizz, produits du terroir, expo et j'en passe ...), les spectateurs et une équipe organisatrice au top . En plus si cette épreuve paraît folle, je vous assure que dès le lendemain vous n'aurez plus mal aux jambes (merci la télécabine) !

 

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La géniale équipe organisatrice !

 

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 Une bonne tartiflette préparée avec le reblochon du vainqueur !!!

 

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Et maintenant je n'ai plus qu'à redescendre en parapente grâce au baptême que j'ai gagné ...

Publié dans récits 2010

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Trail du Ventoux

Publié le par yanshkov

C'est le premier "gros" trail de l'année pour moi . Ca fait longtemps que j'avais envie de venir faire le Ventoux à pied (en vélo c'est fait et plusieurs fois même !) et comme de nombreux copains étaient partants je n'ai pas hésité au moment de m'inscrire . Je n'ai pas vraiment d'objectif précis pour ce premier rendez vous de 2010 . Je n'ai pas du tout travaillé la vitesse et j'ai axé mon début de saison sur le dénivelé en prévision du Salève . J'ai juste envie de prendre un max de plaisir sur les pentes du Géant de Provence ...

Avec Murielle nous arrivons en début d'après-midi à Bédoin où nous mangeons notre petite salade de riz avant de boire un café sur une terrasse . Puis direction le village départ où je retire mon dossard . Je salue Ludovic Pommeret et je croise Jérémie Chapuis . La rumeur circule que demain nous n'irons pas au sommet .... Je suis un peu déçu mais je fais confiance aux organisateurs . Si on n'y va pas, c'est que c'est plus prudent ! 

Nous retrouvons Rémi, Marcel, Kiki, Stéphane et Pilou puis direction le gîte où nous devons passer la nuit . Ne me demandez pas où il se trouve, je peux juste vous dire que c'est au milieu de nulle part (merci le GPS !) et entouré par des centaines de cerisiers ... 

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Enrique nous rejoind en début de soirée et à l'apéro au coin du feu succède le traditionnel repas de pâtes ...   

trail-du-ventoux-2010-009.jpgc'est pas mon verre !

Réveil à 6h, j'ai bien dormi et pas de stress en vu ! Le jour se lève, le temps est un peu couvert mais il ne devrait pas pleuvoir . C'est déjà ça ! Le GPS nous permet de rejoindre le départ sans (trop de) problème . Il y a une grosse effervescence, ça court dans tous les sens . Je croise le Dav, venu sans son compère Stéph mais bien là quand même et retrouve Patrick Gaucher

Je trottine quelques minutes histoire de ne pas partir à froid .

Quelques instants avant le départ, nous grugeons un peu avec le Dav afin de ne pas nous retrouver à l'arrière du peloton de plus de 1000 coureurs . Nous prenons place juste derrière les cadors et faut dire qu'il y en a beaucoup ... Il y a de l'ambiance sous l'arche de départ et les corses venus en nombre se font entendre . Je n'entends pas vraiment ce qui se dit au briefing mais pas grave, je sais que l'on ne fera pas le sommet du Ventoux et qu'il devrait y avoir un peu moins de kilomètres que prévus . On verra bien ! 

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8h30 ! Le départ de la première manche du Challenge Salomon 2010 est donné . Ca joue un peu des coudes, ça se bouscule et je me laisse emporter par le flot des coureurs . J'adresse un petit coucou à Murielle qui s'est hissée sur une grosse pierre pour nous voir passer .

Les premiers kilomètres se déroulent sur une petite route goudronnée au milieu des vignes . Je suis au côté de Patrick et cette fois je ne reproduis pas l'erreur des Templiers et je reste sagement à mon rythme autour de la 70-80ème place . Je surveille le cardio afin de ne pas monter trop haut mais pour le moment pas de souci . Le premier chemin arrive puis le célèbre passage dans les Ocres . J'aime bien ces moments où j'ai l'impression de rentrer dans les photos des magazines tant et tant de fois parcourues ! Des petites dunes, du sable, une couleur rouge orangée ... c'est magnifique . J'aperçois le peloton de tête à la faveur d'une courbe . Les premiers ne sont pas si loin finalement . 

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La première côte se présente et je commence à bien transpirer . Je regrette presque de ne pas avoir mis le short mais je sais bien qu'un peu plus haut je devrais être content d'avoir couvert mes petits genoux . Je rattrape Enrique qui n'a pas l'air au mieux puis Stéphane qui lui me dit que ça va . Nous sommes dans le sillage de la jolie Lisel Dissler (Team Altec) qui avance vraiment bien . Moi je n'ai pas de supers jambes (en tout cas j'en ai déjà eu des meilleurs !) mais je sais qu'à ce rythme je peux tenir longtemps et que peut-être je serais mieux sur la fin . Et puis j'attends la bifurcation des 2 parcours pour voir à quelle place je suis réellement sur le grand . 

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Nous longeons ensuite un single en bordure de falaise . Là encore j'ai l'impression de rentrer dans une carte postale . Je contemple la vue tout en restant vigilant car il y a quelques marches en pierre à franchir . Nous sommes tous à la queuleuleu et je reste au contact du coureur qui me précède . Dans une nouvelle côte, Guillaume Bernard alias Guitoune nous passe à toute vitesse . Même pas le temps de le saluer !! Un autre gars me double, un peu moins vite puis me demande si je ne suis pas Yann Nourry . En effet c'est bien moi . Il s'agit de Damien Vogoyeau, un copain des 3D . Nous nous connaissons via internet et là encore le virtuel devient réalité . J'adore ! Nous nous mettons à discuter et allons faire un long bout de chemin ensemble . 

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Surprise au sommet de la côte je reconnais la silhouette d'Hervé Giraud-Sauveur . Ca motive de se savoir si près de lui même si je me doute qu'il ne doit pas être au mieux .  Il me le confirme au moment où nous le doublons, dans une côte bien raide en plein coeur de la forêt où nous passons tous en marchant . Moi je suis bien mieux dans ce passage très pentu . Autant je peine un peu dans les faux plats, autant là je suis bien . Mais je ne m'enflamme pas pour autant car la route est encore longue . Nous débouchons sur une crête, Damien et Patrick sont toujours là  mais Enrique qui ne semblait pas terrible tout à l'heure est decroché aussi . La vue est belle de là-haut et Patrick pour qui tous les moyens sont bons pour me lâcher m'oblige à prendre une photo !!! 

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S'ensuit une partie plus roulante, légèrement descendante dans la forêt domaniale de Malaucène . Je cours toujours au côté de Damien tandis que Patrick est un peu décroché . J'attrape des petits points de côté qui me gênent un peu et ce n'est pas la première fois que ça m'arrive dans ce genre de descente ( en discutant à l'arrivée il s'avère que je ne respire pas assez dans les descentes, me laissant aller et en bloquant ma respiration ... il faudra y songer les prochaines fois) . Ca passe dès que nous attaquons une nouvelle grimpette . Jusqu'au ravito du 14ème kilomètre c'est une succession de montée-descente dans la fôret, le long de la D974 bien connue des cyclistes puisqu'elle permet de rejoindre le Mont Ventoux par Malaucène . 

Trail_Ventoux_2010_093.JPGentre Ayrton et Vogoy, je filme ...

Le ravito est atteint au bout d'une heure trente de course . Malgré ce qui était annoncé il y a bien des gobelets plastiques pré-remplis sur les tables !! Je bois 2 ou 3 verres de coca, attrape un 1/4 de banane et repart illico derrière Vogoy . Au pied d'un gros raidard en fôret je m'arrête quelques instants faire un petit besoin naturel et au moment de repartir j'aperçois Hervé en train de revenir derrière . Lui qui comptait abandonner tout à l'heure, il a des ressources le bougre ! En haut de la côte c'est la bifurcation des 2 parcours . A gauche il reste 25km et à droite à peine 9km . Je n'hésite pas un instant malgré des sensations pas optimales . L'objectif est aussi de faire une longue sortie aujourd'hui . Et à ma grande surprise tous les coureurs qui me précèdent et me suivent font comme moi . Je pensais gagner un max de places et ben non ! Tous motivés ! 

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Hervé me double sur une large piste montante dans la forêt et je ne parviens pas à l'accrocher . J'ai vraiment du mal dans ces portions et je dois alterner marche et course malgré une pente pas très prononcée .  Je le garde en ligne de mire quelques kilomètres, jusqu'au passage dans la neige . 

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Au début ça va, il n'y a pas trop épais et je passe dans trop de problème . Mais ensuite c'est un vrai champ de bataille pour moi qui n'ai pas l'habitude . Les appuis sont fuyants , ça glisse, on s'enfonce jusqu'aux genoux . La galère !! J'essaie de ne pas laisser trop de jus dans l'aventure mais  vu que c'est plat et même en descente par la suite il faut bien courir quand même !! 

Et là une fusée arrive ! C'est Enrique à toute vitesse ! On dirait qu'il ne court pas sur le même revêtement que nous ! Je l'encourage du mieux que je peux et très vite il s'éloigne ... Son passage me booste tout de même et j'essaie d'accélérer un peu . Mais mes points de côté reviennent à nouveau et m'empêche de me lâcher complètement . 

Enfin nous laissons la neige derrière nous pour attaquer des mono-traces en sous-bois . C'est très technique avec de la caillasse et des racines et je reste vigilant . Des prémices de crampes se font sentir alors que nous n'avons même pas fait 25km . J'essaie de boire plus régulièrement et je prends un comprimé de Sporténine (à l'arrivée je me rendrais compte que je n'ai bu qu'un litre de flotte !!) pour les faire passer . 

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Patrick est revenu et Damien est toujours là . Nous sommes un petit groupe de 5 ou 6 et nous discutons allègrement . D'un coup quelqu'un demande si ce n'est pas inquiétant de ne pas avoir vu de rubalise depuis un petit moment ... C'est vrai ça, il n'y a pas de rubalise en vue . Je vois bien des traces de pas au sol mais il semblerait bien que nous ayons râté un balisage . Des secouristes qui descendent en contre-sens nous confirment que ce n'est pas le chemin . Merde alors, qu'est-ce qu'on a foutu ??!!?? Nous repartons dans l'autre sens et un peu plus bas retrouvons les rubalises . Le balisage était immanquable mais nous ne l'avons pas vu !!! Nous perdons bien 5 à 6 minutes dans l'affaire et quelques places mais tant pis fallait faire gaffe au lieu de papoter !!! 

Maintenant j'attends avec impatiance le ravito du Chalet Reynard où m'attend Murielle . Mais au passage à un carrefour je lis sur un panneau que c'est à 1h20 de marche en partant sur la gauche . En courant ça devrait aller vite mais le problème c'est que le balisage part sur la droite . Je comprends alors que nous n'allons pas aller au Chalet Reynard et que le ravito se trouve ailleurs . Pourvu que ma chérie ait eu l'info ....

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Niveau sensation c'est toujours moyen . J'alterne marche et course là où je devrais passer en courant . Mais je crois que je suis en mode rando depuis quelques temps ... Je dois en plus jongler avec les crampes aux adducteurs ... Un sporténine, une gorgée de boisson et ça repart . Le parcours est difficile , tout en monotrace et c'est assez technique . On enchaîne les montées et les descentes courtes . C'est vrai que j'aurais préféré des grimpettes plus raides et bien plus longues comme au Trail de la Sainte Victoire car là je manque de rythme . 

J'arrive au second ravito (27,5 km 3h15) . Vogoy et Patrick ne sont plus avec moi depuis un petit moment déjà . Ils ont du avoir un petit moment de moins bien car à coup sûr ce n'est pas moi qui ai accéléré ! J'ai beau cherché, pas de Murielle en vue . Je m'en veux de lui avoir dit d'aller au Chalet Reynard, on aurait dû se renseigner au départ !! Je prends un peu de coca et c'est tout . Je n'ai vraiment pas faim et la barre que j'ai mangée durant les premières heures semble être suffisante . Je regarde où en est la boisson dans le camel-back et vu ce qui reste pas besoin de recharger . Je repars alors assez rapidement ... 

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La suite c'est encore une succession de single-tracks vallonés . C'est du pur trail ! Dans une descente assez rapide je vois les gars qui me précèdent de quelques mètres sauter par dessus un tas de branches signalisées par les organisateurs au moyen d'un panneau marqué d'une grosse croix rouge . Alors que je m'apprête à faire de même, je me rends compte que le panneau n'est pas là pour signaler un danger mais pour indiquer que ce n'est pas par là qu'il faut aller !! Des petites rubalises sont en effet accrochées le long d'un petit single qui part à droite . Sans hésiter je crie un bon coup pour prévenir les gars qu'ils se sont plantés . Décidemment faut être vigilant !! 

Je ne sais pas si c'est un manque de vigilance mais dans une petite descente caillouteuse ma cheville gauche se tord et je ressens immédiatement une douleur . Heureusement pas de craquement et je regarde aussitôt sous la guêtre si ce n'est pas enflé . Pas le moindre gonflement . Ouf !! Je boite quelques instants puis j'arrive à faire avec une petite douleur qui s'estompera petit à petit . Pour autant je suis obligé de redoubler de vigilance et dans les passages caillouteux , c'est pas le pied ! 

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A la sortie de la monotrace, nous arrivons sur une large piste forestière en faux plat montant . J'ai en ligne de mire un mec qui m'accompagne pratiquement depuis le début de la course . Tantôt devant, tantôt derrière ... Il s'agit de Jean Philippe Lanfranchi alias Ayrton sur kikourou  (je ne l'apprendrai que bien plus tard ...) . Je me motive pour courir tout le long sur cette interminable piste . A chaque virage j'espère que l'on va basculer mais non, faut grimper encore un peu !! Mais je tiens le choc, j'ai de la ressource . 

Avant de basculer je rattrape un gars et nous attaquons la descente ensemble avant qu'Ayrton ne revienne à son tour . Il va plus vite que moi même si je ne suis pas mécontent de mes sensations en descente aujourd'hui . Les cuisses semblent solides et la cheville se fait oublier . Ca me rappelle un peu certains passages des Templiers par moment, c'est hyper raide par endroit avec de grosses marches . Puis ça devient plus roulant, dans les Combes .

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Je dois m'arrêter car les crampes s'acharnent . Je me fais doubler par un gars puis je repars . Un autre qui arrive derrière moi trébuche sur une racine et je parviens in-extremis à le rattraper avant qu'il ne s'effondre à terre . Le pauvre est à son tour perclu de crampes et je le laisse à son triste sort . 

Enfin on m'annonce qu'il reste 2km ... La fin est très roulante et je déroule du mieux que je peux . Je dépasse même quelques concurrents qui semblent au bout du rouleau . Pour moi malgré les crampes je sens que je pourrais faire encore quelques kilomètres ... J'entends le speaker, la fin est proche et je débouche à la sortie de la forêt en plein coeur du centre de Bélézy . Mais il faut faire encore une petite boucle de quelques centaines de mètres dans un pré avant de franchir la ligne d'arrivée et un mec revient fort derrière . Pour le geste j'accélère afin de ne pas me faire passer si près du but et je constate que j'ai de la ressource . J'ai même le temps de faire un bisou à Murielle avant de passer sous l'arche en 56ème position après 40km et 2200m+ en 4h36 . (peux mieux faire mais la saison est longue et j'ai d'autres échéances ...)

La suite c'est comme toujours du pur bonheur . Je retrouve les copains qui arrivent les uns après les autres et après une bonne douche bien agréable on se retrouve tous pour le repas de clotûre . J'y croise un autre copain bloggeur en la personne de Mickaël alias Tachorun .

trail-du-ventoux-2010-037.jpgavec Jérémie, Patrick et Stéphane

trail-du-ventoux-2010-039.jpgKiki, Martxel, Pilou et Rémi

Une analyse et des nouvelles de la cheville encore un peu douloureuse à venir ...

Publié dans récits 2010

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Trail du Beaujolais

Publié le par yanshkov

4 mois après les Templiers me voilà de retour sur les sentiers avec un dossard . L'envie est belle et bien présente de réaliser une belle course mais j'ai aussi quelques interrogations en tête . Aurais-je suffisament de vitesse pour accrocher les premiers ? Et est-ce que ce foutu rhume que je traîne depuis 4 jours va m'empêcher de m'exprimer pleinement ? J'ai cependant quelques certitudes, sur mes capacités à tenir la course et sur le fait que je vais passer une sympathique matinée avec tous les copains . Il y a les "vieux" potes de vélo Fred et Philippe, les copains d'Endurance Shop David, Muriel, Vincent ... , Sylvain venu accompagner en VTT, ma maman qui ne s'arrête plus de courir (!!!) Seb des Passe-montagnes, quelques Daï de Capchulemo et j'en passe ...  Le soleil est aussi au rendez-vous et rend la température négative plus supportable . 

Au moment de retirer mon dossard je vois arriver quelques coureurs du club d'athlé de Villefranche dont Julien De Paoli et Hicham Ait Gaouzguit et je me dis que ça va être bien difficile d'aller succéder au palmarès de mon pote Juju . Je vois aussi qu'il y a Fabien Pélissier d'inscrit et ce nom ne m'est pas inconnu dans le haut des classements de trails (en fait il ne sera pas au départ) . 

Je fais un bon petit échauffement en compagnie de Philippe puis très vite il nous faut rejoindre l'arche de départ . Malgré le froid je suis en T-Shirt car je sais que l'on va avoir très vite bien chaud dans la longue montée vers le St Bonnet . Je me suis aussi badigeonné le torse avec du Vicks Vaporub et à quelques secondes du coup d'envoi je me prends un p'tit gel à l'eucalyptus, histoire de diminuer au maximum les effets du rhume . 

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Allez top c'est parti ! Nous sommes un tout petit peu moins de 200 à nous élancer dans les rues du Perréon . Le rythme n'est pas trop rapide, aux alentours de 15km/h et on a le temps de discuter encore un peu avec David et Philippe qui veut mettre une attaque comme en vélo ! . Seul un coureur est parti un peu vite et fait légèrement le trou mais cela ne nous inquiète pas plus que ça . Je suis calé en 6-7ème position et je suis tranquillement les premiers . Une légère descente goudronnée me permet d'allonger un peu la foulée et de revenir me placer dans le trio de tête, au côté de Julien De Paoli et d'un autre gars que je ne connais pas . Nous abordons les premiers mètres de la longue ascension vers le St Bonnet légèrement détachés et je prends même quelques instants la tête pour voir . Julien a l'air assez bien tandis que l'autre perd petit à petit le contact avec nous . Mes jambes ne semblent pas trop mal et le moral est bon même si je me demande si ce n'est pas un peu tôt pour faire l'effort . Julien repasse devant et je prends son sillage . Au début ça va, je me dis que l'on va pouvoir faire un bout de chemin ensemble mais le bougre accélère légèrement et je ne peux pas suivre . Je reste à mon rythme en me disant qu'il en fait peut- être un peu trop et qu'il faut que je reste patient . Une très courte descente me permet de me relâcher quelques secondes mais au moment d'attaquer la suite de la bosse mes cuisses me font un sale coup !! J'ai l'impression qu'elles pèsent une tonne et qu'elles sont encrassées comme pas possible . Je m'oblige à courir comme lors de mes entraînements non-stop mais j'ai l'impression de ne plus avancer ... Je tiens le coup quand même jusqu'à l'amorce d'une nouvelle petite descente où FX, P'tit Louis et Tanguy (venus faire la promo du trail des Passe-montagnes au départ) se tiennent pour nous encourager . S'ils n'avaient pas été là je crois que j'aurais marché ...

col du St Bonnet


Je profite à nouveau de ce répit pour récupérer un peu avant d'attaquer à nouveau dans une pente bien raide . Dès le pied je décide de me ménager un peu et marche jusqu'au replat suivant . Un coureur en profite pour me passer et me distancer légèrement . En me retournant j'aperçois mon Philippe avec un autre gars, vraiment pas loin . Je suis bluffé ! Il ne court pas depuis bien longtemps mais déjà dans les premières positions !!

Le plus dur est passé et je me remets à courir sur le chemin légèrement montant en plein coeur de la fôret . J'ai toujours le deuxième juste devant et mon copain pas loin derrière . J'apprécie ce passage car les jambes répondent assez bien mais encore une fois je bute sur le mur suivant ! Font chier ces "grosses" cuisses !!! Philippe me revient dessus en compagnie ni plus ni moins d'Hicham Ait Gaouzguit . Au sommet c'est quand même moi qui relance et paradoxalement c'est Hicham qui décroche . C'est vrai qu'il est loin d'être affuté, je dirai même qu'il est bien grassouillet et qu'il doit être loin d'avoir la forme lui permettant de tourner le 10 bornes en moins de 31' ... Je me retrouve alors au coude à coude avec Philippe sur une nouvelle partie roulante . Je m'imagine déjà arriver avec lui et partager la troisième place du podium . Mais avant ça il y a encore quelques difficultés au programme . A commencer par le mur final vers le haut du St Bonnet . On attaque bille en tête, je conseille à mon pote de faire de petits pas pour s'économiser . Quelques mètres plus loin, au plus fort de la pente, alors qu'Hicham est revenu à nouveau, Philippe me demande s'il ne faudrait pas mieux marcher . Allez, tu as raison, on ira aussi vite ! Devant nous l'autre gars marche aussi . Pour autant nous montons assez vite et arrivé au point culminant, je relance assez fort . Je sais que durant presque 5km le profil va être descendant et j'ai envie de voir comment répondent mes gambettes . La réponse ne tarde pas, elles répondent bien ! Je dévale la pente jusqu'au ravito du Col de St Bonnet où je reçois les encouragements de Philippe et Annie Clerc de Cap Chulemo ainsi que de ma chérie . Mais je ne m'arrête pas car je suis parti avec un bidon . 

Je ne me retourne plus car je sens bien que je creuse l'écart sur mes poursuivants . Les sensations sont à nouveau assez bonnes sur cette partie roulante et c'est un peu paradoxal . J'ai axé mon entraînement sur le dénivélé depuis 7 semaines mais c'est sur le plat et en descente que je suis le mieux ! Sûrement le rhume et aussi une semaine très légère où il aurait fallu peut-être faire un petit rappel en côte plutôt que 2 mini footings rataplats .  C'est pas grave, l'essentiel est que j'arrive à bien dérouler ma foulée et à grignoter le maximum de temps avant l'enchaînement des 2 dernières bosses . D'ailleurs le fait de connaitre parfaitement le parcours m'aide beaucoup dans la gestion de l'effort aujourd'hui .

Passage express vers le poste où se tient André et je jette ma ceinture porte-bidon afin de me délester . Il m'annonce le deuxième vraiment pas loin mais je ne l'ai pourtant jamais en ligne de mire . Je prends beaucoup de plaisir dans cette descente roulante, aucun problème de cheville, tout va bien et je commence à songer sérieusement au podium . En bas de la descente, je retrouve la route et ma tante Danielle qui sécurise un carrefour : "Allez Yann, c'est mon voisin qui est juste devant !! " . Ca y est je sais enfin qui est ce coureur qui me précède . C'est Didier Claverie, un triathlète de Villefranche, 3ème l'année dernière de ce trail . Juste après Murielle est là et me file un gel énergétique que je glisse dans mon cuissard " Le deuxième est passé il y a 25-30" " me dit-elle .

pied-de-la-cote.jpg


Et effectivement alors que j'attaque la côte, je le vois juste devant . Ce point de mire me booste un max et je passe toute la bosse en courant en grignotant mètre par mètre mon retard . Au sommet mes cuisses me brûlent, j'ai l'impression de me traîner mais je ne lâche rien et me lance tant bien que mal dans la descente au milieu des vignes . Je sens que la deuxième place est possible, je connais parfaitement le final et je me sens capable de finir très vite .... Claverie est à porté de fusil et je continue de réduire mon retard . J'ai un peu de mal dans le dernier coup de cul mais lui aussi et je relance bien dans la partie finale . Il est à quelques mètres devant moi et d'un coup se met à marcher . Je comprends immédiatement à sa posture qu'il est pris de crampes . Je fonds alors sur lui et le double en l'encourageant au passage . Je fais rapidement le trou et aborde la partie finale tout content d'aller chercher ce bon résultat derrière un De Paoli affûté par une magnifique saison de cross et à la VMA bien supérieure à la mienne (enfin je pense ...) . Pour autant je ne ralentis pas et j'essaie d'allonger la foulée . Pour moi pas la moindre sensation de crampes ou de quelques douleurs que ce soit et si il fallait partir faire un second tour, j'irai sans problème . Je retrouve la route et une bénévole faisant la sécurité me félicite d'être le premier  . Je me dis qu'elle a dû arriver en retard et qu'elle a loupé le passage de Julien . Mais non un peu plus loin on m'annonce encore premier . La route sur laquelle je cours surplombe l'aire d'arrivée et c'est vrai que je n'aperçois pas la moindre effervescence  . Sylvain venu en sens inverse avec son VTT me confirme que je suis bien en tête et que Julien a dû abandonner . Bizarre ! Mais le fait est que je suis en train d'aller remporter la seconde édition du Trail du Beaujolais en 1h22'58" et ça fait bien plaisir ! 

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Je n'en fait pas trop en passant sous l'arche d'arrivée, conscient que ce n'est pas le plus fort qui gagne aujourd'hui . Une grosse minute après, Julien arrive, dépité . Il s'est trompé de parcours au sommet de la dernière côte et a continué de grimper alors qu'il fallait plonger dans les vignes ...

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Juste après Didier Claverie en finit et sauvegarde sa place sur le podium pour une poignée de secondes devant Mickaêl Champely .

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Didier Claverie complète le podium, comme en 2009 

Et mon Philippe arrache une superbe 6ème place après une course pleine de panache . On va en reparler de celui-là !!

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Philippe entre le jeune Champely et Ait Gaouzguit

Je passe quelques minutes à l'arrivée, je réponds au journaliste du Progrès, je retrouve Murielle ainsi que tous les copains qui en termine puis j'enfile une couche en plus et part chercher ma maman qui en finit en un peu plus de 2h20 (1ere V3) relativement fraîche !

Puis c'est l'heure des récompenses, la coupe et le bouquet de fleur que j'offrirai à belle-maman dont c'est l'anniversaire !!

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Je tiens à souligner le fair-play de Julien de Paoli qui malgré une énorme déception ne s'en est pris qu'à lui-même et a tenu des propos que j'ai vraiment apprécié . Chapeau Julien . Et bravo aux organisateurs dont l'épreuve commence à être bien rôdée : parcours magnifiques avec un minimum de route, balisage impeccable (si si Julien !!) et des bénévoles aux petits soins . Seul bémol : des récompences minimalistes, sans classement par catégorie qui font toujours plaisir même si ce n'est pas l'essentiel ! 

Article du Progrès du lundi 8 mars

article-le-progres.JPG


Voilà, l'année commence bien et je n'ai pas loupé l'une des rares occasions de gagner que je vais avoir cette année, même si ce fût de façon très opportuniste . Si je dois retenir un mauvais point ce serait les sensations dans les côtes mais le rhume et une dernière semaine très light mais nécessaire pour encaisser les entraînements y sont pour quelque chose .

Prochain rendez-vous le 21 Mars au Trail du Ventoux ... Une toute autre paire de manches . Hélas les conditions climatiques du moment vont probablement nous empêcher de monter sur le toit du géant de Provence . Mais le parcours de replis sera sans nul doute magnifique aussi 

Publié dans récits 2010

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