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7 articles avec recits 2009

Templiers 2009

Publié le par yanshkov

Ou comment le simple fait de finir devient un exploit ...


Sur la ligne de départ ce dimanche matin je me sens bien . Avec Romain et Fred, nous sommes arrivés de bonne heure histoire d'être bien placés et d'éviter les bouchons . On retrouve sous l'arche Aurélien C, David U, Rémi, Cailloux ... La température est idéale et il fait meilleur que l'année dernière où un petit crachin tombait . Le temps passe rapidement avec les interviews des favoris puis le discours de Gilles Bertrand . Moi je suis cool, d'ailleurs peut-être un peu trop ... Et ce n'est qu'au début de l'Ameno d'Era que mon coeur s'emballe . 140bpm et le départ n'a même pas été donné !!

Les feux de Bengale déclenchent le départ des 2800 coureurs . Cette fois c'est bel et bien parti . Toujours aussi sympa la traversée de Nant avec la haie de spectateurs de chaque côté . Je remonte tranquillement vers l'avant avec un oeil sur le cardio pour essayer de rester entre 160 et 170bpm . On part sur la droite et commence la petite montée sur le goudron et là je suis surpris de voir que je recolle au groupe des cadors . Ouh là, va falloir calmer le jeu mon grand, d'autant que les pulsations montent maintenant un poil haut . Mais les sensations sont  bonnes et je décide de m'y fier . Romain est aussi à mes côtés, la journée ne pouvait pas mieux commencer, nous sommes en première ligne de la Grande Course des Templiers ! 

Premier chemin, le groupe s'étire un peu et je suis un peu moins à l'aise qu'il y a quelques minutes mais j'hésite à lever le pied . Ce qui est pris n'est plus à prendre alors je reste au contact du mec devant moi en l'occurence Vincent Delebarre (ah ouais quand même !) . Nous arrivons dans le gros raidard droit dans la pente où c'est marche obligatoire . J'essaye de ne pas trop forcer et je laisse passer quelques gars . Et là j'hallucine : Gilles Guichard, Aurélien Brun, Damien Vierdet puis Franck Bussière me passent . Je n'imaginais même pas qu'ils puissent être derrière moi . En haut ils repartent en courant, je les imite en passant devant Vincent mais je décide de ne pas m'accrocher, la route est encore longue et je ne me sens pas si bien que ça finalement . Mieux vaut temporiser jusqu'à Sauclières (15ème km) . 


Je fais pratiquement seul la longue traversée sur l'ancienne voie de chemin de fer et seul 2 coureurs me doublent, tranquillement en train de discuter . Apparement ils partent sur des bases de 7h donc pas la peine de m'accrocher . C'est bizarre de me retrouver seul après seulement une dizaine de kilomètres de course . J'aime pas trop ça et courir dans le noir non plus ! Je me répète intérieurement qu'il ne faut que je ne m'occupe que de moi ... J'arrive tout seul à Sauclières . Une petite tape amical à Franck qui vient d'abandonner victime de son genou et je traverse le village bondé de monde . Murielle et Rémy (Viala) qui font l'assistance sont là mais je ne m'arrête pas . J'attrape juste une petite bouteille d'eau à la volée . Alors que j'ai le sentiment d'être parti vite, je n'ai qu'une minute 30 d'avance par rapport à l'année dernière . A la sortie du village, je plonge vers le petit chemin sur la droite . Après quelques centaines de mètres le long d'un ruisseau l'ascension du St Guiral débute ...

Les sensations ne sont vraiment pas bonnes . L'année dernière, j'étais bien ici, je courais sans trop de problème, doublant un à un les gars devant moi . Mais cette fois-ci c'est moi que l'on double ! Je descends mes compressport Quad qui me gênent plus qu'autre chose, si bien que Christophe Boebion alias Bobchou qui est le premier d'une longue liste à me doubler s'imagine que je mets deux paires de manchons au niveau des mollets ! On se salue et il me laisse sur place . L'avantage à être doublé comme ça, c'est que j'ai le temps de voir tous les copains et de discuter (vite fait) avec eux !! En début d'ascension c'est David Uliana et Aurélien Colin qui me passent puis sur les crêtes je retrouve avec grand plaisir Patrick Gaucher puis Jean-Marc apparemment en grande forme . Tout me laisse à mon triste sort !! Un peu avant c'est Maud qui est revenue sur moi .


Elle pourtant si bavarde semblait très concentrée et je n'ai pas osé trop lui parler ... Elle gagnera la course en 7h26, objectif que je m'étais fixé cette année ! Pour moi l'objectif maintenant c'est de terminer . Je ne suis vraiment pas bien, les jambes ne répondent pas et je commence même à avoir du mal à courir "proprement" car mes chevilles se raidissent . Pas le top . Je me retourne régulièrement pour voir si Romain arrive mais parmi les dizaines de gars et les quelques nanas qui me doublent point de l'ami  Romain ... Au sommet du St Guiral, qui peine à sortir du brouillard et où un vent très froid souffle fort, j'ai 15' de retard sur mon temps de passage . J'attaque (le mot est fort) prudemment la descente qui suit, laissant passer encore du monde parmi lesquels Rémy Marcel . Je m'encquiers de l'état de son orteil mais il passe tellement vite que je n'entends pas sa réponse !! Dans la côte suivante, c'est Seb Gauthier, ex-coéquipier de duathlon à Mâcon qui me rejoint . Pour une fois je peux m'accrocher plus longtemps . Peut-être vais-je pouvoir rester à cette place un bout de chemin . On en profite pour discuter un peu de nos saisons respectives, lui est bien classé au TTN . Mais finalement mètre après mètre je suis décramponné ... Ce ne sont plus seulement les jambes qui flanchent, c'est aussi la tête . Pas que j'ai envie d'abandonner mais pas envie de forcer outre mesure . Le ravito de Dourbies n'est pas loin, allons-y tranquillement !! Un gars se retourne en me doublant et a l'air surpris : "Qu'est ce que tu fais là ?" Je ne le connais pas mais c'est vrai qu'avec le blog je  suis mondialement connu !!

Je remonte les ruelles de Dourbies en marchant mais grimpe les quelques marches d'escaliers menant au ravito en trottinant . Il y a toujours autant de monde ici, c'est génial ! Je ne m'arrête pas dans la salle réservée aux coureurs et je sors vite retrouver Murielle à l'extérieur, qui doit être un peu inquiète que je ne sois pas encore arrivé . Et ouais je pensais passer en 3h30 soit il y a 30 minutes !! Rémy me remplit mon camel et je prends le temps de changer de T-Shirt . Il commence à faire chaud, le soleil est présent alors ce sera bob-débardeur pour la suite . J'attends Romain qui ne doit pas être bien loin afin de lui proposer de faire la seconde moitié de course ensemble . Quand celui-ci arrive je vois bien que lui non plus n'est pas au mieux . Je le motive pour continuer, on va se faire une belle rando tous les 2 ! 

Nous laissons le ravito après presque 10' d'arrêt . Pascalou nous accompagne un moment et nous propose un sac pour ramasser les chataîgnes !!! Toute la montée vers la crête du Suquet se fait en marchant pas très vite . Je ne sais pas si c'est parce que je ne peux pas ou parce que je ne veux pas mais impossible de forcer l'allure . Beaucoup de coureurs nous dépassent sans que nous puissions prendre le pas . Un petit coucou à Cailloux qui nous laisse lui aussi en route ! Malgré tout je suis content d'être là . J'aime bien cette grimpée au-dessus de Dourbies, cette sensation de prendre de la hauteur ... même à 600m+/h ! Anne Valero, une des favorites au départ est assise sur le bas côté, à la sortie d'un lacet . Elle arrête ! Dommage pour elle, la suite est de toute beauté . 

Avec Romain on ne se quitte plus . Même s'il était mieux que moi dans la montée, il m'a attendu . Sur les crêtes, on court un petit peu même si la marche est notre principale activité ! Régulièrement on se "gare" pour laisser passer des concurrents . Cathy Dubois, flanquée d'une dizaine de mecs !!! nous passe puis un peu plus loin dans la descente sur Trêves c'est au tour de Kenza Pedrero de nous enrhumer à toute allure ! Dire qu'elles sont en 10 et 11ème position du classement féminin, énorme le niveau des nanas !! 

La descente sur Trêves me paraît interminable . J'ai mal aux cuisses et je commence à être un peu "bloqué" au niveau thoracique . Ca me le fait parfois, surtout quand je ne suis pas dans un grand jour . Heureusement le fait de savoir qu'il y a un ravito tout en bas me motive un peu . Dire que l'année dernière, il n'y avait rien à Trêves et qu'il fallait remonter à Causse Begon pour se ravitailler ! Je ne sais pas si j'aurais tenu le coup cette année ... 

Après une longue série de lacets en pleine forêt, nous retrouvons la route qui, toujours en descente, nous emmène à Trêves . Enfin, on aperçoit le pont et le chapiteau blanc dressé pour l'occasion . La remontée de la rue principale est difficile mais il y a tellement d'encouragements que je m'interdis de marcher !  Arrivé au ravito, je m'empresse d'ouvrir une ............... bière !! Oui mais sans alcool ! (la fête sera plus folle !!) puis je tape dans le salé : gâteau d'apéro, petit pain aux fruits secs, roquefort, gruyère . Je mange, en restant debout car je me dis que si je m'assois, je suis encore là ce soir . Rémi puis Pilou arrive à leur tour . Bien sûr ils sont surpris de nous voir là mais tous deux réalisent une belle course et sont pas loin du top 200 pour le moment . On échange quelques mots puis, rapidement ils reprennent la route .

 


Oh là, pour nous y'a pas le feu !! Nous partons quand même (après 15' de pause !) en compagnie de Pilou qui, mètre après mètre nous distance dans la côte suivante . Salut l'ami, bonne route ! 

Pour Romain et moi, la suite ressemble à peu près à ce que nous avons vécu depuis Dourbies . On marche, on se fait doubler régulièrement, sans que cela ne nous fasse le moindre effet . Seul changement, je suis en terre inconnue maintenant (mais sans Frédéric Lopez !) et j'aime bien ça aussi, découvrir au fil des minutes où je vais . Les 300m+ avalés en 35' (ça faiblit, ça faiblit ...) nous débouchons sur le Causse Noir . Il faudrait courir mais j'ai du mal à me lancer !! On a tellement pris un rythme tranquillou que j'ai l'impression de ne pas pouvoir forcer plus . Malgré tout je m'efforce à trottiner, lorsque le terrain s'y prête mais marche à la moindre montée . Il fait bien chaud et d'un coup je me rends compte que je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est . J'ai l'impression que c'est la fin d'après-midi alors qu'en fait il est 13h30 !! Bon ben ça va, on a tout l'après midi devant nous !! 


Puis alors que nous passons à proximité d'une magnifique batisse plantée au milieu du Causse, une jolie petite blonde nous double, Romain et moi; alors qu'elle doit être à 8km/h  . Et là, on se regarde et on craque ! Un fou rire mémorable !! Si on nous avait dit ça ce matin en partant, on n'y aurait pas cru ! . Il reste moins de 20km et je sais que nous allons aller au bout . J'ai une pensée pour les 2000 qui sont derrière nous et qui ne sont pas encore arrivés . J'ai aussi l'espoir que Fred revienne pour que l'on finisse ensemble, ça serait tellement chouette .
Je suis bien mieux maintenant et c'est Romain qui a plus de mal . Des crampes commencent à l'envahir et nous nous arrêtons régulièrement pour le soulager . 

Après une belle descente hyper technique, nous retrouvons le parcours de 2008 qui doit nous conduire au dessus de St Sulpice . J'arrive enfin à suivre les gars qui me précèdent, c'est agréable ! Ainsi je suis quelques instants le groupe de Michel Sorine (Mr Saintélyon et LUT) mais je m'arrête pour attendre Romain, plein de crampes . Tiens au fait, moi je n'ai aucune crampe, c'est intéressant à noter ça (ne râter pas mon analyse détaillée au cours du mois de Novembre ...) . J'essaie de rassurer Romain, je lui dis qu'il ne reste qu'une descente avant Cantobre et qu'après c'est fini (ou capri je ne sais plus ... ) .


A notre rythme, le cheminement sur la crête est un peu longuet mais nous arrivons enfin dans la mythique descente . Je remets les Compressport Quad (il n'y a qu'en descente que je sens un effet positif, mais quel effet !!) et c'est parti . Franchement je suis surpris et content de l'état des jambes . Oh, je descends pas très vite mais je sens les cuisses encore bien solides . Mais mon pauvre Romain est perclu de crampes et je m'arrête régulièrement pour l'attendre et le motiver . 
Tiens ça fait 7h48 que nous sommes partis ... L'année dernière j'arrivais à Nant ! 


Voilà le ravito ! Pascalou est encore là, ça fait plaisir de le voir . Je laisse mon camel à un bénévole qui me propose de le remplir . Pendant ce temps je pioche sur les tables, toujours du salé . C'est drôle mais l'année dernière je n'avais envie que de sucré et je n'avais pas goûté au roquefort, alors je me rattrape cette fois !! 

Puis nous prenons la route . Romain est vraiment mal et il me dit même de partir . Je sens que je suis capable de me mettre à courir, de finir en boulet de canon mais à quoi bon . Romain a besoin de moi et on a dit qu'on finissait ensemble alors on finit ensemble . Yves Masson, le coach de Cathy Dubois et de Bicshow se joint à nous, et nous conversons pendant un petit bout de chemin . Après Cantobre, il y a plein de spectateurs et c'est parfois digne du Tour de France !! 
 


Ensuite, il faut grimper jusqu'au Roc Nantais . Pour nous c'est en marchant tranquillou, au milieu d'autres gars, comme si nous en finissions avec une longue rando (remarquez, c'est un peu ça non ?) . 


La descente finale se passe pas trop mal, en tout cas sans crampes et nous voilà à l'entrée de Nant . Nous passons sur le pont, ne reste plus que le petit raidard dans les faubourgs de Nant . On le passe en courant, faut finir sur une bonne note !!! Ces instants passent toujours trop vite mais on ne va quand même pas s'arrêter, on se traîne depuis plus de 8h !! Nous franchissons la ligne d'arrivée en 9h40' à la 383ème place . J'avais vraiment l'impression que nous étions plus loin !! Je passe récupérer mon T-Shirt finisher !! Il n'a pas la même saveur que l'année dernière, mais ce T-Shirt c'est mon objectif depuis 50km !! Je crois que je vais l'encadrer !!!  


Prochainement une analyse de ma course, ratée d'un point de vue sportif mais réussie humainement parlant et retour sur la saison 2009 et le programme 2010 ... Il y aura de quoi faire !!!

Jetez aussi un oeil au récit de Romain en cliquant .

Et pour finir une mention spéciale au Roi Carotte qui pour seulement 1' loupe son objectif de finir en moins de 8h mais qui se permet de nous mettre 1h40 minute dans les carreaux .... bon ben ça va !

Publié dans récits 2009

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Trail des Irréductibles et Trail de St Marcel l'Eclairé

Publié le par yanshkov

Presque prêt pour les Templiers ! C'est ce que je retiens de mon week-end ponctué par une nouvelle victoire sur l'Huma Trail des Irréductibles, partagée avec Stephane Vinot samedi soir et une bonne 3ème place ce dimanche matin sur le Trail Michel Zahn à Saint Marcel l'Eclairé .

Tout a commencé samedi matin au saut du lit par un petit décrassage à jeun, en compagnie de Murielle qui prépare les 10 kilomètres de Caluire . 5km en ......... 40' , un réveil musculaire tout en douceur !! Puis du repos toute la journée pour arriver frais du côté de Sathonay où se déroule le Trail des Irréductibles .


Je fais un gros échauffement d'environ 30', histoire d'être bien chaud au départ mais aussi de rajouter un peu de bornes à mon week-end . Sur la ligne de départ je retrouve ensuite mes potes Fred Peyrot et Manu Odin ainsi que Steph Vinot,Sylvain Velon ou encore Arthuro des Passe-montagnes . On sent que ce trail a pris de l'ampleur depuis l'année dernière, l'aire de départ est beaucoup plus large et bien remplie, par plus de 200 coureurs . 


A 18h30, les fauves sont lâchés . Ca part très vite, en descente, et je suis un peu loin de la tête, aux environs de la 15ème place . Mais je ne m'affole pas et je refais petit à petit mon retard pour recoller à la tête de course au pied de la première bosse du parcours . Bien que très tôt dans la course, je sais que dans cette grimpette on se rend compte très vite si les jambes sont bonnes . Et ma foi, elles répondent bien ! Un gars part devant mais je l'avais repéré au départ avec sa casquette de l'équipe de France Olympique ( encore un gars de l'aviron ??) et je sais qu'il fait le parcours de 13km . A mes côtés je retrouve Steph et Olivier Alfano et ses gros bras !! Ce dernier est aussi sur le 13km ... J'annonce à Steph que nous sommes donc en tête du grand parcours et je prends la tête des opérations . Je prends même quelques longueurs d'avance mais une fois de retour sur le goudron et le plat pour retourner au parc de Sathonay, je ralentis un peu ! Pas trop envie de faire cavalier seul et de faire toute la course avec Steph 50 mètres derrière .

Petit coup de stress à l'entrée du parc où un signaleur nous fait partir sur la gauche alors que l'année dernière nous tournions à droite pour faire un tour complet du parc . Très vite on se rend compte qu'en fait nous avons été mal aiguillé . Demi-tour express, une trentaine de secondes de perdues et quelques gars qui reviennent . Mais très vite nous reprenons nos positions d'avant l'incident .


Je suis dans le sillage de Steph et Alfano lorsque nous attaquons la très ludique traversée du bois de Sathonay . Là, c'est du pur trail avec parfois des passages typés cross : relances, courtes butes, courtes descentes abruptes, dévers .... Ce passage ne dure que 5 minutes mais se révèle très intense . Steph envoie du gros et je m'accroche à ses basques en espérant qu'il se relève rapidement .

A la sortie du bois, nous attaquons les longs bouts droits sur chemins agricoles et chemins de halage . Steph maintient la cadence et nous nous retrouvons alors plus que tous les deux . Je sens alors que nous avons de grandes chances de finir en tête mais si je veux essayer de gagner, il me faut faire ma part de travail . Je relaie alors Stephane et imprime alors mon propre rythme . Les sensations sont assez bonnes et courir sous une magnifique lune orangée ajoute un petit plus à l'épreuve . Régulièrement nous nous relayons et courons aussi parfois côte à côte . Mais alors que nous revenons sur Sathonay, nous apercevons un mec revenir à toute allure sur nous . Soit il fait le 13km et pas de danger pour nous . Soit il fait le grand parcours et alors là, il va falloir serrer les fesses !! Mais en me retournant je lis sur son dossard qu'il s'agit bien d'un concurrent du 13 . Ouf !! Il nous rattrape lors de l'entrée dans le parc et va chercher la 2ème place .

Pour nous, il reste encore un tour et surtout le passage dans le bois où Steph était assez à l'aise tout à l'heure . Celui-ci accélère d'ailleurs fortement au passage sur la ligne d'arrivée mais je réponds sans trop de problème . Dans le bois, il fait cette fois presque nuit et j'allume la frontale . Steph mène toujours mais nous allons un peu moins vite que tout à l'heure . Derrière, personne ne semble pouvoir contester nos places sur le podium . De retour sur les chemins roulants, je repasse devant et laisse passer Steph dans le délicat passage du chemin des galets du côté de Cailloux . De nuit je n'aime pas trop cet endroit sur un sol très irrégulier mais je profite du sillage de mon compagnon de route pour passer aux bons endroits .

 A 3 kilomètres de l'arrivée, je dis à Steph que je suis ok pour finir main dans la main et ni une ni deux, il me tape dans la main . Nous avons à tour de rôle essayé de prendre le dessus sur l'autre sans y parvenir et partager cette première place avec Steph, traileur des Monts d'Or comme moi, est bien dans l'esprit de partage et d'entraide du Trail des Irréductibles . Et puis faire comme Dawa et Ludo Pommeret ça le fait !! Nous accélérons quand même un peu dans le final, Steph craignant un retour éventuel de l'arrière . 

Nous franchissons côte à côte la ligne d'arrivée, après 1h25 de mano a mano . Seconde victoire sur ce trail pour moi et plus de 2 minutes de gagnées sur les 20 kilomètres du parcours .


J'enfile ensuite mes Compressports Q pour bien récupérer et en attendant la remise des prix, je mange un peu de taboulé et me boit un Yop !! Et oui il faut refaire très vite le plein car demain je remets le couvert sur le Trail de St Marcel l'Eclairé !



Dimanche matin, je suis réveillé de bonne heure mais je reste au lit jusqu'à au moins ...... 6h30 . J'ai un peu les mollets durs mais au niveau des cuisses, rien à signaler . Merci Compressport !! Petit déjeuner, avec thé, jus d'orange et gâteau sport banane fait maison et nous voilà très vite en direction de St Marcel, petit village niché au-dessus de Tarare . En 2006 cela avait été mon premier trail et c'est avec plaisir que j'y reviens .

Aujourd'hui par contre, je ne croise aucune connaissance (vous étiez où les gars ??) mais je reconnais sur la ligne de départ Martial Billet, habitué de trails courts et Rémy Coquard souvent placé sur les trails du coin .

Le départ est donné à 9h30 et comme hier départ rapide, tout de suite sur chemins caillouteux et herbeux . Je me retrouve assez vite dans le sillage de Billet, derrière 2 gars qui font le 10 bornes (pour nous ce sera 21km et 600m+) . Le parcours alterne chemins et petites routes vallonnées mais c'est assez roulant . Je tente de voir comment les jambes répondent en passant devant Billet mais quelques centaines de mètres plus loin, celui-ci repasse devant pour imprimer un rythme un poil trop rapide pour moi . Je décide de ne m'occuper que de moi et de courir à mon rythme .

Je passe au premier ravito au 5ème kilomètre après à peine 19' de course . Joli rythme quand même ! Je suis en 3ème position et j'ai toujours en ligne de mire les 2 premiers . Je ne me retourne pas, histoire de ne pas me mettre la pression pour le moment et de continuer sur mon propre rythme . Je négocie bien les côtes, tout en courant, malgré des cuisses un peu brûlantes . Mais je m'oblige à garder la cadence, ce que je n'avais pas réussi à faire il y a 2 semaines au Trail du Revermont . Aujourd'hui, malgré la course de la veille, je suis nettement mieux et le moral comme la météo est au beau fixe . Un coup d'oeil sur l'arrière pour apercevoir Coquard pas très loin ...


Je retrouve Murielle au 10ème kilomètre après 43' de course . Elle m'annonce la tête à 1'15" . Beaucoup et peu à la fois mais l'important est de bien allonger la foulée sur les quelques parties roulantes goudronnées et de négocier sans mollir les petites côtes en sous-bois . Une côte plutôt longue me fait bien mal aux cannes mais j'arrive à garder ma petite foulée courte presque jusqu'en haut et ne marche que sur les derniers mètres plus pentus .
De retour sur une partie plus plane, je me rends compte que Coquard ne grignotte rien sur moi et qu'il ne paraît donc pas en mesure de grimper plus vite que moi . Je commence alors à songer sérieusement au podium ....

Je me fais bien plaisir sur ce parcours roulant et c'est avec plaisir que je constate que je suis beaucoup plus à l'aise qu'il y a 3 ans lors de mes débuts . Les kilomètres défilent très vite, au mileu des forêts, des prés à vaches et des traversées de fermes . Je passe au point culminant du parcours (930m) après 1h15 de course et me lance dans la descente finale avec prudence mais sur un rythme soutenu . La cheville tient le coup et ça c'est encore une bonne nouvelle !!


Je passe la ligne d'arrivée 3ème tout sourire en 1h36'26" pour 21km et 600m+ derrière Martial Billet (à gauche) et Serge Raynard


Bilan plus que positif sur ce week-end avec une victoire et une troisième place mais aussi et surtout la sensation d'être prêt à encaisser la première moitié roulante des Templiers sur un bon rythme . Le foncier et le dénivelé acquis cet été feront le reste jusqu'à l'arrivée ... 

Côté dotation, 50 euros chez Runista à Neuville et 20 euros à Running Conseil mais aussi 2 magnifiques trophées : une très belle statuette africaine et un joli pot en céramique . Merci aux organisateurs de ces 2 sympathiques courses dont l'intégralité des bénéfices est reversé au profit du village malien de Niongono (Sathonay) et à la lutte contre la maladie de Charcot (St Marcel l'Eclairé) . On ne court pas pour rien !  


Place maintenant à quelque jours de récup avant un week-end au Pays Basque à l'invitation de Niko Darmaillacq ...

Le récit de Stephane c'est ici : http://freetrailer.sport.fr/756618/L-ESPRIT-TRAIL/

Publié dans récits 2009

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Trail du Revermont

Publié le par yanshkov

Ou l'occasion de faire le point à 5 semaines des Templiers .

Un an après ma première participation au Trail du Revermont, me voilà de nouveau au départ de ce sympathique rendez-vous de début d'automne à Ceyzeriat . Le but est de voir un peu où j'en suis dans ma préparation des Templiers mais aussi de tester la cheville qui a fait des siennes après un gros entraînement sur sentier . J'ai eu bien mal pendant quelques jours et je n'ai pas pu m'entraîner comme je le souhaitais . Heureusement la gêne est partie avec le repos si bien que je ne sens pratiquement plus rien en ce dimanche matin pluvieux .  Mais cette petite alerte me prouve qu'il me faudra une bonne période de repos durant la période hivernale pour finir de soigner cette foutue cheville ...

Au retrait des dossards je salue Pascal de Photogone, Pascal Balducci (coach du Team Asics) et Nicolas Duclos, le grand favori pour une troisième victoire de suite et je retrouve avec plaisir mon pote Fred et mon ancien co-équipier du Triathlon Macon Club Jerôme Tisserand . A 9h30, c'est parti pour 28km et 1000m+ . Le parcours emprunte les mêmes sentiers qu'en 2008 mais en sens inverse et 7km ont été ajoutés ce qui n'est pas pour me déplaire ... D'entrée Pascal prend quelques longueurs d'avance .Je remonte tranquillement vers la tête en saluant au passage Christian "Badgone" , Tine Volay et Carotte et me retrouve très vite dans le sillage de Nicolas, pas très loin de Pascal . A la faveur d'un petit coup de cul nous recollons à la tête de course si bien que j'aborde les fameux escaliers de la Cascade dans le trio de tête . Mais je sens que l'allure est un peu trop rapide pour moi et je décide de passer les escaliers en marchant car la route est encore longue . Ca ne fait que 10' que nous nous sommes élancés à l'assaut des chemins du Revermont . Une fois les 90 marches franchies j'essaie de relancer mais j'ai les grosses cuisses et j'ai du mal à garder le rythme . Un coureur me double puis un second sans que je puisse m'accrocher . Là je sens que je ne suis pas dans un grand jour, la faute peut-être à un entraînement un peu chaotique ces 2 dernières semaines mais aussi à une grosse séance de VMA il y a 3 jours ! Je me rassure en me rappelant que l'année dernière, j'avais éprouvé sensiblement les mêmes sensations .

Je passe en marchant la première côte et perds encore quelques places . Sur le haut je reprends une allure un peu plus correcte en faisant attention aux rochers bien glissants . Le point positif est que la cheville va bien ... Je ne m'arrête pas au passage du 1er ravito (j'ai pris 1L de flotte dans le camel) et je repars en compagnie d'un coureur avec qui je vais faire pratiquement toute la course . Il s'agit de Nicolas Briselet, lui aussi partenaire du Team Raidlight . Le parcours est une succession d'étroits singles à travers les genêts et de chemins plus larges mais terriblements longs . Après plus d'une heure à tournicotter dans la forêt, j'ai totalement perdu le sens de l'orientation !! C'est par où Ceyzériat ?? Heureusement le balisage est parfait .


A l'amorce d'une deuxième grimpette, j'ai l'impression que les jambes vont mieux . J'arrive à trottiner et nous revenons sur un gars (Raphaël Bernard) qui marche . Je me dis alors que je vais peut-être pouvoir finir les derniers kilomètres plus vite mais il n'en est rien . Je suis contraint à nouveau de marcher, la faute au syndrôme des grosses cuisses !! Le pire c'est que la pente n'est pas très raide et que je devrais normalement pouvoir courir . Tant pis, il va falloir attendre que ça passe ... Le souci est que je teste aujourd'hui pour la première fois les Compressport Q pour quadriceps et les premières impressions ne sont pas terribles .... Je décide même de les enlever pour vois si les grosses cannes sont dues à la compression . Mes 2 compagnons me lâchent mais je les garde tout de même en point de mire . Je reviens sur eux lors du deuxième ravito où ils se sont arrêtés quelques instants . Pour moi un verre de coca express et nous repartons ensemble en 8, 9 et 10ème position . Après un peu de descente, c'est légèrement plus plat et je relance comme je peux si bien que je lâche légèrement mes compagnons . Une fois de plus j'ai l'impression de retrouver des couleurs mais à nouveau je bute sur la côte suivante ... Allez, mode marche ! C'est un peu rageant car il s'agit plutôt d'un faux plat montant et en me retournant j'aperçois quelques coureurs revenir . Ca va être chaud !

Un gars me passe, je m'accroche quelques instants puis le laisse filer . Au passage au point culminant je m'arrête vite fait pour remettre en place mes compressports Q et les tester dans la descente finale . Deux  coureurs me doublent encore mais l'effet booster Q se fait cette fois ressentir . Je retrouve des sensations et sur une courte partie de descente sur goudron  je reviens et dépasse facilement les 2 gars . Je maintiens l'allure dans la dernière descente technique puis sur les 2 derniers kilomètres de plat pour finir en 2h26'54" en 9ème position


Le bilan est très mitigé . Des mauvaises sensations durant toute la course qui font que je ne me suis pas spécialement régalé ! Un départ trop rapide probablement mais j'avais besoin de me tester . A noter que la  plupart des coureurs qui me précèdent, à l'exception du podium , ont tous fini derrière moi au Trail de Douvres (où je me rends compte aujourd'hui que j'avais fait une belle performance) . Pas évident de passer des trails en montagne qui se courent autour de 8km/h à des trails courts gagnés à près de 13km/h . Mais je ne suis pas trop inquiet et je devrais être mieux le week-end prochain (3 et 4 Octobre où je vais doubler le Trail des Irréductibles le samedi soir et le Trail de St Marcel l'Eclairé le dimanche) mais aussi et surtout le 25 Octobre pour les Templiers ... En attendant encore quelques bonnes séances d'entraînement au programme !   


RESULTATS

Publié dans récits 2009

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Trail du Galibier

Publié le par yanshkov

Il est presque 8h sur la place centrale de St Michel de Maurienne . Tout est allé très vite depuis le réveil ce matin : douche, petit déjeuner avec André, transport en car depuis Valloire ... Presque 200 traileurs s'agitent ça et là, certains trottinent, d'autres font quelques sprints et beaucoup discutent . Je retrouve Rémy, chaud pour en découdre sur le 20km, PH et Julien, les collègues passe-montagnes, Eric de Cap Chulemo, Manu (Odin) et aussi Romain avec qui je vais courir le 55km . Nous sommes inscrits en binôme et au vu des inscrits, nous pensons que nous pouvons espérer un p'tit podium ... 

8h pétante, c'est parti ! Dès la sortie de St Michel ça grimpe et le peloton s'étire . Avec Romain nous laissons faire, bien au chaud dans le paquet autour de la 20ème place . Juste devant nous se trouve Ludo Pommeret et juste au dessus Serge Barthes, tandis que nous voyons s'éloigner la tête de course .  Pas d'affolement, la plupart des gars sont partis pour faire 20 bornes . Je suis assez bien et Romain est juste derrière moi . Après environ 200m de dénivelé et un replat sur un chemin nous plongeons dans une belle descente en sous-bois dans laquelle Romain prend la tête . Il semble facile et je perds quelques mètres mais rien de grave, je recolle dès le bas et nous gagnons même quelques places . Puis nous longeons la Maurienne sur quelques kilomètres . Romain me dit qu'il a un peu du mal à se mettre en route et c'est vrai que je pourrais aller un peu plus vite sur cette partie plate . Mais je sais aussi que la route est longue et que l'on aura bien le temps de remonter . En plus il semblerait que nous soyons en tête des binômes alors tout va bien ! 

Très vite nous arrivons dans la première difficulté du jour, l'ascension du Fort du Télégraphe . C'est une belle grimpette en forêt et tout en lacets . Nous adoptons un rythme de marche toujours dans le but de nous économiser pour la suite . Pourtant lorsque je me retourne, j'aperçois mon Romain légèrement distancé . Il n'est pas au mieux et a du mal à hausser le rythme . Je le rassure en lui disant que ça va venir, qu'il y a encore de longues heures de course et qu'il faut qu'il pense à bien s'alimenter et à boire car il fait déjà bien chaud . Des concurrents nous doublent dont 4 qui semblent être en binôme . Je vois bien que Romain n'est pas dans un grand jour et que nous ne sommes pas à notre place . A sa demande, je lui file mes bâtons, encore accrochés à mon sac . J'essaie de le relancer un peu sur les parties moins pentues mais Romain a vraiment du mal . L'ami PH nous revient dessus en compagnie d'une jolie féminine !!!

Finalement nous atteignons le Fort du Télégraphe, niché sur la falaise, après presque 900m+ et un peu moins d'1 heure de grimpée . Il y a pas mal de monde pour nous encourager et la traversée à l'intérieur des remparts est originale . Puis une partie en faux plat descendant nous emmène au col du Télégraphe où il y a encore de nombreux spectateurs . Nous y prenons un verre de coca mais sans nous arrêter .

 

Ensuite nous nous retrouvons sur un large chemin vallonné . Nous courons mais Romain n'arrive pas à rester dans mon sillage alors que je ne force pas vraiment . Je suis obligé même de m'arrêter pour l'attendre parfois . Les 2 grosses grimpées vers les télécabines de la Brive semblent être un chemin de croix pour mon ami .


Je l'encourage en lui disant qu'une très sympathique descente nous attend et qu'il pourra se ravitailler et se requinquer à Valloire . La descente est en fait une piste noire de VTT !! Mon Romain passe devant et retrouve un peu de couleur et nous faisons une belle descente, en enchainant les lacets dans un nuage de poussières et en rattrapant quelques coureurs !! En bas dans la rue principale de Valloire, Romain retrouve sa chérie et je les laisse échanger quelques mots, tout en trottinant . Et là, alors que nous venons de passer sans encombre une descente très technique, je ripe sur le goudron et m'affale de tout mon poids devant une terrasse de bistrot bondée de monde !! Je me relève très vite, les paumes des mains bien rapées mais je rassure tout le monde, y'a pas de mal ! Au ravito, je remplis mon camel back et retrouve Rémy qui vient de s'imposer sur le petit parcours . Avec Avrillon et Pellicier au départ, c'était pas gagné d'avance mais il l'a fait !!  

On discute un peu, Julien qui suit en VTT et m'a vu tomber est là aussi tandis que PH nous rejoint . Petite déception, pas de bananes au ravito !! J'espère qu'il y en aura au prochain .
Nous restons bien 5' à papoter et  je laisse le temps à Romain de se ressourcer avec Anne-Sophie puis il est quand même temps de repartir ... (à ce moment là nous sommes en fait la 1ère équipe (sur deux !) car les autres binômes courent sur le 22 km  ...)

Mais dès les premières centaines de mètres, alors que ça ne monte pas vraiment et que j'essaie de relancer, Romain ne peut suivre . Mes pulses sont autour de 140 bpm alors que je pourrais être à 175 bpm ! Là je me dis que ça va être très long pour lui et ....... pour moi . Il nous reste quand même 35km et 2000m+ à faire . Il me dit qu'il sent que ça va de moins en moins bien et je vois bien qu'il n'arrive même pas à trottiner et à accrocher les quelques traileurs qui nous doublent . Je lui avoue que je ne me vois pas faire le reste de la course comme ça au risque de m'emmerder un peu et que pour sa santé il vaudrait mieux qu'il arrête ici . Romain est tout à fait d'accord et décide de faire demi-tour et de rejoindre Valloire en contre-sens . Il me refile mes bâtons . Il est 11h, une nouvelle course commence pour moi ...

Alors que j'ai plus de 20 kms et 1700m+ dans les jambes, je suis tout frais ! Heureusement d'ailleurs car la partie qui arrive n'est pas très facile . Une large piste, longue et monotone qui grimpe sans grimper !J'alterne course et marche très rapide en m'aidant des bâtons . Par contre le paysage est splendide . Nous sommes dans la vallée de la Neuvachette et les montagnes se dressent de chaque côté . Droit devant je contemple l'imposante Aiguille Noire .


Je remonte très vite 2 concurrents mais par la suite malgré la vue dégagée sur une centaine de mètres, personne à l'horizon . Un bénévole me signale que je suis en 12ème position .  Je continue sur le même rythme en essayant de ne pas me griller et en espérant apercevoir quelqu'un au loin . Mon voeux s'exauce un peu plus loin et je distingue 2 silhouettes au loin . Je les vois marcher à la sortie d'un large virage et je passe en courant . Il y a une nana et un gars . C'est Isabelle Jaussaud la première féminine  . Un petit mot d'encouragement en passant et je continue sur ma lancée . Par la suite, nous laissons la piste pour un petit sentier beaucoup plus sympa . La vitesse y est moins rapide mais on a pourtant l'impression d'aller plus vite . Je me régale à trottiner, à sauter les petits ruisseaux, à grimper sur les rochers, au milieu d'un décor typiquement montagnard . Le balisage nous fait traverser au milieu d'un troupeau de vaches et de jeunes ...... taureaux ! Mais pas la moindre trace de sang sur les cornes, pas d'inquiétude à avoir !


Au loin je distingue un coureur en train de s'élever dans la caillasse . Il est dans l'ascension finale du col de la Plagnette . C'est vraiment très raide sur quelques centaines de mètres mais je ne m'affole pas et je continue à mon rythme . Je reviens bien sur le gars et ça me motive . Au sommet j'attaque une petite descente très courte pour rejoindre le Lac du Grand Ban avant de passer au Col des Rochilles (2496m) .



Mes supportrices sont là et m'ont même préparé une surprise !!! 


Je ne m'arrête pas car juste en dessous à lieu le ravitaillement une fois de plus tenu par des militaires aux petits soins . J'y retrouve le gars (Joseph Albert) que je poursuivais jusqu'à présent et aussi Emmanuel Odin en train de faire des étirements . Je remplis mon camel avec de l'eau et je bois un peu de coca . Hélas ! toujours pas de bananes .... Je repars en compagnie des 2 autres et je dois dire que je suis bien content de ne plus être tout seul . Manu fait la descente jusqu'à Plan Lachat et je suis sans problème avec Joseph . En bas il y a encore du monde pour nous encourager mais le replat est de courte durée et nous voilà déjà dans l'ascension finale vers le Galibier . Manu nous laisse passer devant et c'est Joseph qui prend la tête du trio pendant un long moment . J'ai un petit coup de moins bien sur les premiers mètres d'ascension mais un petit gel énergétique et je retrouve mes esprits . On discute un peu avec Manu mais il faut faire gaffe car au moindre écart c'est la chute quelques mètres en contrebas . Cette grimpée du Galibier et très difficile . Il n'y a pas de chemins et c'est souvent droit dans la pente .


 L'idée de sauter sur un cycliste en train de monter par la route pour lui piquer sa machine me traverse l'esprit !! On voit le sommet au loin mais on ne s'y approche que très lentement . Au plus fort de la pente nous rattrapons un gars (Jean Pierre Pepey) en perdition ... Je lui dis qu'il pourra se refaire une santé au prochain ravito mais il me dit qu'il n'avance plus depuis Valloire ! Et ben bon courage mec !!  Sur la fin de l'ascension, Manu a pris un peu d'avance, motivé par la présence tout en haut de ses collègues du club d'Arches Beaufort et Joseph est un peu décroché mais chacun est monté à sa main et après le passage sur la crête du Galibier où une vue splendide sur la Meije nous attend, nous nous retrouvons tous au ravitaillement situé au col du Galibier (2642m) quelques centaines de mètres en contrebas .


Je remplis mon camel d'eau et de coca mais j'ai un peu du mal à le refermer si bien que lorsque je repars, mon sac se met à fuire . Mais je ne m'arrête pas, tant pis je serai un peu collant mais j'aurai bien assez d'eau pour rallier l'arrivée . Les 2 autres sont partis juste avant moi mais je rejoins très vite Manu qui souffre de crampes . Pour une fois je suis bien dans la descente malgré les 40km et 3600m+ dans les jambes . J'arrive à bien me lâcher et je retrouve Joseph un peu plus loin . Il s'arrête pour enlever des cailloux dans ses chaussures ce qui ne m'arrive plus depuis que je cours avec des guêtres ! Après une descente bien raide, c'est maintenant beaucoup plus roulant, le long du Torrent de la Lauzette . J'ai une petite pensée pour Romain car nous étions passé ici il y a 4 ans, en sens inverse pour aller voir passer le Tour de France au Galibier . On ne parlait pas encore trail à l'époque et les sacs à dos étaient remplis de bières !! Mais déjà nous aimions marcher en montagne ... Une crampe aux adducteurs droits me ramène sur terre et m'oblige à stopper quelques secondes . Joseph revient mais j'arrive à le suivre . On discute un peu pour faire connaissance mais une nouvelle crampe, côté gauche, me stoppe encore ! Je parviens très vite à repartir et je prends un nouveau comprimé de sporténine et je m'arrose les jambes d'eau fraîche au passage d'un ruisseau . Joseph a repris un peu d'avance mais une fois les crampes passées je reviens sur lui .


Cette descente relativement roulante semble m'avantager . Nous en finissons finalement vite avec cette descente et pour une fois je n'ai ressenti aucune lassitude . Ca fait presque 7h que nous sommes partis mais j'ai encore de bonnes jambes . En tout cas assez bonnes pour laisser Joseph en plan et revenir sur un gars en rouge (Claude Mottard) que nous apercevions depuis la fin de la descente . Je l'encourage au passage puis continue sur ma lancée . Quel régal d'être aussi bien sur cette partie roulante, de pouvoir allonger la foulée . Lors d'un bref passage le long de la route je peux lire sur une borne que Valloire est à 4km . Un rapide calcul pour constater que je vais finir en moins de 7h30 . Il reste quand même une petite patate pour finir, sur une large piste et je vois droit devant un concurrent qui marche . A ma vue il se met a courir puis marche à nouveau . Je crois que je suis en train de lui mettre la pression !! Mais le bougre a des ressources et je ne parviens pas à revenir sur lui . Pas grave, je rejoins l'arrivée à la 5ème place en 7h24'25" . 


Ludo qui est arrivé il y a 45' en compagnie de Serge Barthes vient me féliciter et je retrouve Murielle, Elsa et ma maman . Un petit mot au micro pour féliciter et remercier l'organisation (mais quand même dire que  les bananes m'ont manquées!!) et j'attends l'arrivée de mes collègues d'aventures . Joseph finit 5' après tandis que Manu semble avoir beaucoup souffert dans la descente et passe la ligne d'arrivée 15' derrière moi . 

 

Moi je savoure ! Ce n'est pas tellement la place que je retiens mais ce sont surtout les sensations éprouvées tout du long . Quel plaisir de ne pas marcher en canard une fois la ligne d'arrivée franchie ! Et que de chemins parcourus depuis un an et le Tour de la Grande Casse terminé douloureusement en 9h36 à plus de 2h ............ de Ludo ! Alors que j'avais souffert du genou droit et que cela m'avait aussi handicapé sur les Templiers, je n'ai eu aucun souci de ce côté là même après 7h d'effort . De bonne augure ...

reportage photos d'Elsa : http://picasaweb.google.fr/pasdetempsaperdre/Galibier?authkey=Gv1sRgCNb50Oil7pjWMQ&feat=directlink 

Analyse de tout ce que j'ai fait cet été avec des chiffres, des courbes, des photos ... la semaine prochaine !

Publié dans récits 2009

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Trail Ubaye Salomon

Publié le par yanshkov

6h30 camping du Tampico à Barcelonnette : c'est déjà l'effervescence autour des tentes et des caravanes ! Beaucoup de traileurs ont dormi ici et il y a aussi quelques cyclotouristes venus participer à un rallye organisé ce matin . J'ai bien dormi et je suis tout content de voir que le ciel est sans nuage et qu'il fait déjà bien chaud . Une petite douche, un peu de cake maison puis je me prépare tranquillement, sans stress ... Je sais qu'avec toutes les randos effectuées ces dernières semaines j'ai le foncier pour faire une belle course et me faire plaisir aujourd'hui . A 8h, je laisse Murielle et me dirige en trottinant vers le centre de Barcelonnette distant de 2km , en compagnie d'une traileuse, elle aussi du camping .


8h30 place Manuel à Barcelonnette
: nous sommes environ 600 à nous être placés derrière l'arche symbolisant le départ . Je croise quelques connaissances comme Philippe, organisateur du Pilatrail et Christian alias Badgone . Je me suis placé au sein du peloton, pas trop devant pour m'éviter un départ trop rapide avec les cadors . Mais une fois les fauves lachés dans les ruelles étroites de la ville, je me rends compte que je suis quand même bien loin et l'envie de remonter un peu vers l'avant est bien présente ! Un coucou à Muriel Uliana et Martine Volay en passant et je commence à remonter la longue file de coureurs, en faisant gaffe de ne pas me mettre dans le rouge . C'est ultra plat, le long de l'Ubaye et je ne fais que doubler . Je dépasse Corinne Favre  un peu plus loin et je me dis qu'il est sûrement plus facile de la doubler sur le plat que dans une montée !! J'aperçois aussi pas très loin les couleurs Quechua de Guillaume Le Normand et Ludo Pommeret . Bon, je crois que j'ai fait une bonne remontée, ce que me confirme Murielle à la séparation du 21 et du 44km . Je suis 20ème et ça va commencer à grimper ! 

8h45 pied de la Maure (flippant non ?) : dès le début de la grimpette, d'abord sur route, je recolle aux basques de Ludo . J'ai encore doublé quelques coureurs et je ne dois pas être loin de la 10ème place . Moi qui voulais faire une course prudente, je suis peut-être parti un poil vite ! Mais ce rythme me convient bien, avec alternance de marche et de relances, sur des chemins en sous-bois . Je garde le contact avec les deux compères de Quechua pendant quelques kilomètres puis je ralentis un peu l'allure histoire d'en garder un peu sous les semelles . Cette première partie n'est finalement pas trop difficile, ça ne monte pas franchement ou alors jamais bien longtemps . Je suis en compagnie d'un autre gars (t-shirt jaune), en 10 et 11ème position . Tout va bien !

9h15 Rocher Jaumas : c'est le premier ravito après 8km de course . Un arrêt très court pour y prendre une banane et boire un verre de coca et nous repartons en compagnie d'un troisième larron (short rouge) revenu de l'arrière . Nous sommes toujours dans la forêt, alternant partie roulante, légères montées et courtes descentes . Le short rouge ( je ne connais pas son nom !) fait le tempo . Par moment nous apercevons un concurrent juste devant et nous le rejoignons juste avant de déboucher dans les alpages, au niveau de Grande Cabane . Ca y est, ça commence à ressembler à un trail en montagne ! On voit les sommets environnants et le parcours grimpe dans les pierriers .




10h15 Col des Thuiles (2376m)
: je passe au sommet juste derrière mes compagnons de route . Je me sens bien mais j'appréhende un peu la descente, pas encore totalement rassuré par l'état de ma cheville (qui pour autant ne me fait pas mal) . Finalement je me rends compte que je reste facilement au contact des autres . La descente, très agréable, est aussi très courte car avant de redescendre dans la vallée, il nous faut passer par le point culminant de la course, le Péguiéou (2479m) .


10h36 Péguiéou (2479m) : cette partie pour rejoindre le 2ème ravito est vraiment sympa . Nous évoluons sur une crête avec des splendides points de vue . Une vue magnifique de part et d'autre et au loin, tout au bout de la crête le Signal du Péguiéou avec spécialement pour l'occasion d'immenses drapeaux Salomon flottant au vent ! En haut je me ravitaille en coca et m'asperge d'eau car il fait vraiment chaud .

11h20 Uvernet-Fours : que ce fût long ces 1200m de dénivelé négatif durant presque 40 minutes !! Pas très rigolote cette descente sur les pistes de ski, à l'ombre des télésièges . La pente est raide et j'ai toujours du mal à me lâcher vraiment . 2 gars me doublent et je ne peux suivre leur rythme . Mais je ne suis pas le seul à ne pas pouvoir descendre très vite et je laisse derrière moi un de mes compagnons de tout à l'heure qui se plaint des quadris . Petit passage dans la station de Pra-Loup, avec un peu de plat puis c'est la plongée, un peu plus ludique sur Uvernet . Juste avant d'y arriver, j'ai une petite baisse de régime mais l'idée de pouvoir faire une petite pause et de voir Murielle me motive . Je prends donc quelques minutes, pour croquer dans une banane, remplir mon camel-back, boire un peu de coca (encore et toujours) et m'arroser le visage . Murielle m'annonce que je suis 12ème . Nous repartons ensemble, en marchant, le temps de finir la banane et de m'offrir une p'tite compote . Pas la peine de s'affoler, une longue grimpée m'attend ...


12h30 quelque part dans la forêt du Bachelard
: terrible cette montée ! Presque 1h de grimpée et 850m+, sans jamais pouvoir courir . Je gère bien malgré un début de crampe aux adducteurs . Je me concentre sur ma respiration et essaye de me servir de mes bras pour faire le rythme . Au dessus de moi, j'ai toujours mes compagnons en ligne de mire . J'ai l'impression que nous sommes des zombis en train de déambuler dans la forêt . Je me retourne de temps en temps mais je n'apercois personne à nos trousses . A proximité du sommet, je double un coureur et en jetant un oeil en dessous, je vois Corinne Favre revenir !! Je comprends qu'elle a dû faire une montée de ouf  et que si je ne me booste pas un peu, je risque de la voir revenir très vite . Heureusement c'en est terminé de la grimpette, place maintenant à des singles en sous-bois puis dans les alpages . Je recolle au short rouge et au maillot jaune et nous sommes en lice pour la 9ème place . Hélas une nouvelle crampe aux adducteurs m'oblige à fortement ralentir . Un sporténine, des étirements sommaires et de grandes inspirations me permettent de ne pas perdre trop de temps . Mais les 2 compères sont partis sans moi et j'ai une super nana à mes trousses . Le top 10 va être chaud à avoir !!


12h54 Col des Alaris (1724m)
 : j'arrive enfin au dernier ravito, à tout juste 4km de l'arrivée . Je suis repassé 10ème après avoir doublé un concurrent perclu de crampes . Je ne cesse de regarder mon altimètre en calculant le dénivelé négatif restant . Je suis encore et toujours sur la retenue, les crampes n'étant pas très loin pour moi aussi !! De plus une petite ampoule sur le talon commence à me faire un peu mal . Un ultime verre de coca, puis je m'asperge d'eau fraîche à l'aide de verres plastiques posés sur la table . Petit hic, je perds ma lentille droite en m'arrosant . Tant pis, il faudra finir avec une vue un peu floue !!! Après le col, il y a une petite partie sur une piste forestière qui remonte un peu . J'alterne course et marche en me retournant souvent mais en apercevant personne derrière . Je laisse enfin la piste pour plonger sur la gauche vers Barcelonnette . Au passage à proximité d'un groupe de bénévoles, on m'annonce qu'il reste 5 minutes de course . En effet, j'entends la voix du speaker non loin . Mais j'entends aussi une voie féminine saluer ces mêmes bénévoles !! Corinne Favre vient de revenir sur moi . Logiquement je la laisse passer et je me cale dans sa foulée . D'un coup je me mets à descendre à une vitesse folle, malgré la pente et un sol parsemé d'obstacles . Ca fait un bail que je n'étais pas descendu aussi vite et je prends une belle leçon technique dans ce final  . Corinne est toute surprise d'apprendre qu'elle est en course pour la 10ème place et je lui dis que moi, je ne m'attendais pas à être rejoint aussi proche de l'arrivée !! Et là elle me propose de me laisser finir devant elle . Mais ce qu'elle ne me dit pas, c'est qu'il faut que je la suive jusqu'au bout .... et je n'ai plus les jambes !!

13h18 stade de Barcelonnette : je passe sous l'arche d'arrivée, finalement 11ème (4h48'06") mais un grand sourire aux lèvres . Juste après la ligne, je retrouve Corinne qui a l'air désolé pour moi mais une bise et c'est oublié ! Ludovic Pommeret vient aussi me saluer et je retrouve avec plaisir Hervé, auteur d'une très belle 4ème place . 


Nous finissons la journée sur la belle pelouse du parc où est jugée l'arrivée . C'est une belle après-midi comme je les aime, à discuter avec d'autres traileurs comme Pascal Giguet (3ème), David Uliana, Badgone, Hervé et bien d'autres ... Une bonne douche bien fraîche, un bon plateau repas (même si je n'ai pas bien faim), un petit tour chez les secouristes pour soigner mon ampoule, du Compex en récup et encore des discussions avant de monter sur le podium en tant que 3ème sénior (à noter qu'il valait mieux que je finisse 3ème vu la hauteur des marches et les crampes pas loin ...)


    

Publié dans récits 2009

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Trail de Douvres

Publié le par yanshkov

En ce premier week-end de Mai, les trails "alléchants" pas trop loin de la maison ne manquent pas mais je laisse le soin aux copains d'aller courir sur les sentiers de l'Ardéchois ou du Nivolet-Revard .  Depuis quelques semaines je travaille pas mal la vitesse de course et ces 2 épreuves exigeantes ne seraient pas en adéquation avec une logique d'entraînement . Pas envie non plus d'aller courir un 15 bornes tout plat sur bitume alors le trail de Douvres et ses 21km de chemins sont pour moi un terrain de jeu idéal . J'emmène avec moi la petite famille, André inscrit aussi sur le "semi", Murielle, Elsa ma soeur et ma mère qui en profiteront pour marcher dans le Bugey .

Je ne suis pas spécialement préparé pour cette épreuve et une petite gêne au mollet depuis 2 jours m'inquiète un peu mais faut dire que je ne me ménage pas trop en ce moment alors c'est un peu normal . Avant le départ je croise de nombreux copains, le Team Zoom-Zoom en force avec Caro, JC (Bette) et Flo (Racinet), PH et Rémy (Viala) sont aussi là aussi ainsi que Julien (Sadot), ex-collègue caissier à Leclerc !!! Je m'échauffe un petit quart d'heure et étire bien mon mollet au retour . Ca a l'air d'aller ... 

Sur la ligne nous ne sommes pas très nombreux, environ 150, mais le soleil vient de réapparaître de derrière la brune et la matinée s'annonce belle . 10h30 c'est parti !! 3 mecs prennent rapidement les commandes, je suis calé en 10-12ème position, au côté de Rémy et Flo . Le premier kilomètre sur route assez plat permet de sortir du village mais très vite une côte se présente . Devant, le trio survole les débats et ce n'est qu'à l'arrivée que j'apprends qu 'il s'agit ni plus ni moins que de Bouziane, ancien vainqueur de Marathon de Lyon et autour des 30' sur 10 bornes (!!!), de Régis Roux, ex-champion de France de Montagne, lui aussi autour des 30' sur 10km et de Denis Badel, du même calibre !! J'ai bien fait de ne pas essayer de les suivre moi ! J'accélère un peu dans le pente, sur le mode petite foulée et je reviens assez facilement sur les mecs juste devant moi . Seul Nicolas (Duclos) est parti à la poursuite du trio de tête . Mais je ne joue pas dans la même cour et je suis déjà assez content d'être juste derrière JC (Bette) . Je ne me retourne pas mais je sens bien que derrière ça n'a pas suivi ... Cette première partie de course n'est pas trop difficile, c'est une succession de faux-plats montants et descendants, souvent en sous-bois, parfois sur la route . Beaucoup de marcheurs sont là pour nous encourager et ça fait du bien ! Moi, je cours à la sensation et malgré que j'ai à mon poignet la montre Polar dernier cri, je ne prête pas attention aux données cardiaques et kilométriques, ça sera pour l'analyse finale !  Un coureur revient sur moi et ensemble nous revenons sur JC . C'est Pierrick Page, un triathlète de talent ! Mais ils sont où les traileurs ????

Je commence à me dire que cette épreuve n'a rien d'un trail, d'ailleurs ça ne monte plus, et dans un sous-bois légèrement descendant, je perds quelques mètres sur mes compagnons . Mais très vite je suis rassuré, c'est bien du Trail . Petit single très technique où je m'efforce à relancer puis passage dans la fameuse Roche Fendue .


Des cordes, des rochers glissants, des grosses marches à franchir et du monde pour nous encourager, ce passage est magique ! Hélas ça ne dure que quelques secondes (allez, peut-être 2 minutes quand même !) et à la sortie de la Roche, nous nous retrouvons sur une crête . A la fraîcheur ressentie au milieu du gouffre succède un bon coup de chaleur sur ce passage exposé . Mes cuisses commencent à se durcir un peu (!!!) et j'ai du mal à relancer . Je vois JC s'éloigner et un gars revient sur moi un peu plus loin . Cependant je garde un bon rythme et le fait de doubler constamment les participants du 12km partis 15' avant nous et de recevoir les bravos des randonneurs stimulent un peu . Je sais aussi que bientôt je devrais passer devant les filles . Tiens d'ailleurs je les aperçois juste devant . Un petit sourire pour les photos et me voilà déjà parti .


C'est encore assez roulant pour le moment et je m'accroche à la foulée de celui qui m'a rattrapé il y a peu .


On arrive à la bifurcation des deux parcours et pour nous c'est sur la gauche, direction le Mont Luisandre . Je perds quelques mètres sur mon compagnon à la faveur d'une légère côte mais je préfère récupérer un peu avant d'entamer la "grosse" montée vers la Croix . Pour le moment c'est encore valloné, sur une large piste forestière, j'en profite pour boire au bidon et ingurgiter un gel . Ca doit faire environ 1h que je cours et ça fait un bail que je n'ai pas tenu un tel rythme pendant aussi longtemps alors mieux vaut faire gaffe à l'hypoglycémie ! Je vois mon prédécesseur s'engager sur la droite, sur un petit chemin caillouteux et se mettre à marcher ... Enfin ça grimpe vraiment !! Comme lui, je passe en marchant en me répétant dans ma tête qu'il faut que j'en profite pour récupérer ... Je jette quand même un coup d'oeil derrière moi mais personne . La montée finale n'est pas très rapide en ce qui me concerne, je marche beaucoup et je sens que je manque cruellement de puissance dans les forts pourcentages . A proximité du sommet, je vois le maillot Zoom-Zoom de Flo qui se rapproche et je m'efforce à relancer l'allure . J'ai bien peur de perdre quelques places avant l'arrivée . Rapide passage à proximité de la Croix . J'aurais bien fait une photo mais bon aujourd'hui je ne suis pas sur le mode balade ...

Je me lance dans la descente avec vigueur . Au départ je m'étais fixé comme objectif d'essayer de me livrer un maximum dans les descentes alors c'est le moment . Et ma foi ça se passe plutôt bien . Je pense que mes nouvelles Asics Trabucco y sont pour quelque chose et je prends un réel plaisir à dévaler la pente . D'ailleurs j'ai l'impression que Flo n'arrive pas à revenir sur moi ... c'est bon ça !! Une nouvelle petite côte nous permet de rejoindre le Chateau des Allymes et un coup d'oeil derrière pour me rendre compte que Flo a bel et bien décroché .


Le passage dans la cour du Chateau est encore un moment fort sympathique mais je ne prends pas le temps de m'arrêter au ravito . Je préfère garder le rythme auquel je cours et je m'élance dans l'ultime descente hyper motivé . C'est raide, pas trop technique mais faut faire gaffe aux trous et aux racines mais là encore, les pieds se placent où il faut et les cuisses semblent encore solides . Plus bas, c'est un peu plus roulant mais toujours descendant . Je me sens bien et je reviens sur le mec qui m'avait doublé dans la montée . Il est plein de crampes, je l'encourage puis le laisse, histoire de finir fort . Je retrouve très vite les premières maisons du village, il doit rester quelques centaines de mètres . Ma mère et Elsa sont là, j'en profite pour allonger la foulée, une petite pointe à 25,9km/h en passant au plus fort de la pente juste avant de retrouver la route . Bravo à elles, la photo est réussie !!


Devant Murielle est au sprint, elle veut rejoindre la ligne avant moi pour immortaliser l'instant . J'ai du mal à revenir sur elle mais elle faiblit quelque peu et je la rejoins . On se prend la main mais elle n'en peut plus !!! C'est pas grave on gardera une arrivée main dans la main pour une course où je serai un peu moins frais sur la fin !


Je franchis la ligne en 7ème position en 1h28'38" pour 20,4km et 705m+ . 14km/h de moy et à seulement 5 minutes des premiers, que demander de mieux ? 

avec Flo

avec Rémy

L'après course c'est les longues discussions avec les potes, la petite bière qui vous monte à la tête mais qui fait un bien fou et un retour au Château des Allymes pour un casse-croute bien mérité . Mais sans oublier la récupération ...


Le classement de la course :
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En fin de semaine un article sur mes dernières semaines d'entraînement ... car oui maintentant je m'entraîne sérieusement !!
 

Publié dans récits 2009

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Trail de la Sainte Victoire

Publié le par yanshkov

Quand j'ouvre les yeux ce dimanche matin, il est tout juste 6h . Il fait encore nuit noire et j'entends Malik alias le Troll et Romain qui s'activent déjà à l'extérieur . On a prévu de décoller du camping vers 7h alors je sors rapidement de la tente mais laisse Murielle à son sommeil . Un petit café en sachet, pas terrible en passant et une part de gâteau sport Maxim font office de déjeuner . Je m'habille rapidement, traditionnelle combinaison rouge et blanche des Passe-montagnes et, nouveauté 2009, des manchons de contention blanc et un bob ! Une fois Murielle réveillée, on plie les tentes et rangeons sommairement les bagages dans la Kangoo . Romain, bien concentré, finit sa minutieuse préparation tandis que Malik est tranquille malgré une nuit quasi blanche ! Moi je suis juste un peu inquiet par rapport à mon tibia un peu douloureux depuis mon footing sur la route de jeudi et j'espère que je pourrai aller jusqu'au premier ravito, après 20km de course . De toute façon avec l'hiver que je viens de passer je ne me vois pas aller au bout des 50km et 2800m+ annoncés ...

On arrive à Rousset une petite demi-heure avant le départ et nous garons sur un parking à quelques centaines de mètres de la grande salle polyvalente . Romain me propose de courir un peu mais je n'ai pas trop envie . Je vais partir cool alors pas besoin de m'échauffer, je le laisse donc faire monter les pulsations tout seul . Dans les ruelles, on croise pas mal de coureurs en train de trottiner et je salue Niko et Pilou à qui je souhaite bonne course . 


On fait quelques photos entres potes puis il est temps de rentrer dans le sas de départ . On est nombreux et j'ai perdu de vu Romain qui s'est installé un peu plus à l'avant . Moi je suis noyé dans la masse des 400 coureurs, prêt à partir à l'assaut de la Sainte Victoire .  


8h03 pétante !! Le départ est donné . Il me faut quelques secondes pour passer sous la grande arche bleue Asics et prendre mon rythme de croisière . Je n'ai pas l'habitude de partir en milieu de peloton comme ça, si tranquillement mais j'ai pas le choix, l'objectif étant de faire une belle rando de 20km et de profiter du paysage au maximum . D'ailleurs, j'ai l'appareil photo avec moi, accroché à la bretelle de mon sac à dos, où hormi 1.75L de flotte, je n'ai emporté qu'une banane, une pâte de fruit et un gel énergétique, au cas où ... 

Nous empruntons une large route pour sortir de Rousset et je vois au loin s'éloigner des petites grappes de coureurs . Je reconnais Pilou juste devant moi et on commence alors à discuter un peu . C'est drôle, mais depuis hier on a l'impression que l'on est tous sorti de notre écran d'ordinateur pour se donner rendez vous ici entre blog-potes ! 

Arrive le premier single-track, dans un sous-bois puis un passage technique sous un pont où il faut passer sur une planche dressée au dessus d'un petit cours d'eau . Attention ça glisse ! Ca bouchonne mais c'est pas grave ...


Y'a pas le feu de toute façon ! Encore un peu de route puis nous attaquons un chemin peu technique mais légèrement montant . Je me sens bien, le ciel est magnifiquement bleu et le paysage est grandiose . Un décor style far-west par moment avec des roches couleur feu mais aussi des vignes et l'imposant massif de la Sainte Victoire en toile de fond . Cette première partie est plaisante et je me régale, toujours en rythme rando-course, en marchant dès que ça monte et en trotinnant dès que possible . J'ai l'impression d'appartenir à un long serpent multicolore et je me cale sur le rythme de celui qui me précède .


Ca fait presque 45 minutes que nous sommes partis et l'idée d'aller au bout des 50km commence à germer dans ma tête . Les sensations sont bonnes, ma respiration est facile et aucune douleur ne vient gêner mon début de trail . Alors pourquoi pas ? En marchant et en courant de temps en temps, ca peut le faire et tant pis si je mets 10h ... J'attrape une banane au fond de mon sac et profite d'un nouveau petit bouchon dans un raidillon pour manger . Je me souviens alors que j'ai dans une poche un tube de Sporténine . Je l'ouvre et constate qu'il est quasiment plein . C'te chance ! Allez je croque un comprimé !  Cette première partie, assez roulante dans l'ensemble, nous amène sur le plateau de Cengle puis au Collet de Suberoque où se tient un petit ravito en eau . Juste un verre et je repars .

Nous arrivons dans la première bosse sérieuse du parcours . Je lève les yeux vers le sommet et vois tout la haut des petits points de couleur se déplaçant à travers les rochers . Au moins on sait à l'avance par où l'on va passer !


Je vois bien que je suis "facile" par rapport à la plupart des autres concurants qui m'accompagnent mais pour autant je ne cherche pas à doubler coûte que coûte . Je monte à leur rythme et continue comme depuis le début à boire régulièrement . Faut dire qu'il commence à faire chaud et qu'il risque d'y avoir des dégâts sur les coups de midi ... Ce qui m'impressionne aussi, c'est la gentillesse des nombreux bénévoles placés ça et là sur le parcours . Toujours un mot d'encouragement, je ne vois vraiment pas comment je pourrai mettre la flèche au premier ravito, alors que je prends un plaisir énorme à "trailer" et ce pour la première fois depuis 5 mois . Le passage au refuge Baudino permet de relancer un peu, sur un tout petit sentier en balcon . Puis se dresse le fameux passge du Pas du Clapier . C'est de l'escalade .


Il faut mettre les mains et chercher les bonnes prises . Technique mais d'un point de vu cardiaque j'ai l'impression que c'est reposant . Je ne peux pas vérifier cette hypothèse puisque je n'ai pas de cardio-fréquencemètre . Ben oui quoi, pas de cardio pour une ballade !!   

Au sommet nous attaquons une arête avec au fond la Croix de la Sainte Victoire .


Faut faire gaffe où l'on met les pieds, c'est une sorte de gruyère que les roches forment sur le sol ... Je ne suis pas trop à l'aise sur ce passage mais ma fraîcheur physique me permet de passer sans dégat . Un oeil sur l'altimètre et je constate que nous avons fait presque 1000m+, soi un peu plus du tiers de ce qui nous attend ... Mais c'est décidé je n'arrêterai pas aux Cabassols où se tient un ravito solide et où doit se trouver Murielle . J'ai trop envie de profiter de ces instants magiques . Et le mysthique passage au coeur du Prieuré en est un . La descente sur les Cabassols me rassure un peu plus sur mon état physique car j'arrive à me relâcher et je double même un peu . Il y a beaucoup de randonneurs en contre-sens, partis sac au dos à l'assaut de la montagne Sainte Victoire . L'un d'eux m'annonce le ravito à 200m et à la sortie d'un virage se dresse une grande table pleine de victuailles .


Il y a du monde et ma chérie est là  : 

"Je finis ! Sinon je crois que je vais le regretter toute ma vie ... "

 

J'aperçois Franck Bussière et je vois dans son regard qu'il approuve ma décision . Je ne me vois pas abandonner, en pleine possession de mes moyens alors que lui a dû se résoudre à ne pas prendre le départ en raison d'une douleur au genou ...  


Murielle remplit mon sac de petits sandwichs au saucisson et au fromage ainsi que de pain d'épice . Je recharge mon camel-back qui est presque vide, je remplis mon verre en plastique de coca et m'alimente en pain, saucisson, gruyère, abricots secs et pruneaux . Il y a pas mal d'effervescence ici et de plus en plus de monde arrive . Il y a déjà une centaine de mecs et quelques nanas qui sont passés . 

Je repars en compagnie de Yannick, rencontré la veille lors du Trail Experience by Asics ... Nous sommes sur une belle piste forestière qui monte légèrement . Jean Laurent, le Sanglier, est là aussi . C'est courable mais je prends le temps de finir de grignoter en marchant . Une petite vérification du camel qui semble fuire et nous nous remettons à courir . On discute un peu, de l'Eco Trail qu'il a couru il y a 3 semaines, de la Montagn'hard qu'il organise ... mais je m'aperçois que le gaillard n'arrive pas à rester à mes côtés et qu'il se tient 2-3 mètres derrière . Tiens je suis vraiment bien aujourd'hui moi ! Je laisse finalement Yannick sur place en m'excusant presque  et finis ce long faux plat montant sans marcher, en doublant quelques concurants .

Puis le balisage s'enfonce sur la droite, sur un petit single en sous-bois . Je croise une fille en sens-inverse avec un dossard : " Ca va ? Tu es tombée ? " " Non , pubalgie ! " me répond-elle avec un accent slave . Je viens juste de passer vers un poste de bénévoles alors je la laisse les rejoindre ...

Le single est sympa, tout à l'ombre, mais très vite les choses sérieuses commencent . Ca regrimpe sévère et il n'y a plus de végétation pour se protéger du soleil .C'est la montée des Plaideurs .


Encore beaucoup de randonneurs mais cette fois dans le même sens que nous . lls nous cèdent gentimment le passage avec bien souvent un mot d'encouragement en prime . Je les remercie et plaisante avec certains : " Vous vous rendez-compte , on a payé nous !! " . Côté sensation ça va super et je reviens petit à petit sur tous les coureurs qui me précèdent . Pourtant je n'ai pas l'impression d'avoir tellement accéléré mais certain on dû partir un peu vite et/ou ne doivent pas aimer la chaleur . La température ne me dérange pas, bien au contraire . J'ai descendu jusqu'au nombril la fermeture éclair de ma combinaison pour aérer le moteur ! A proximité du sommet, je reconnais juste au dessus de moi la tenue et l'allure de Cathy Dubois . Je passe à côté d'elle et l'encourage . Je n'ai pas l'impression qu'elle se donne à fond mais je commence à me dire que je réalise une belle performance .  Cette nana, je l'admire, elle a quand même fini 52ème de l'UTMB en 28h30 et court la Saintélyon en tout juste 6h alors courir quelques secondes à ses côtés ... On se souhaite bonne fin de course et je continue mon bonhomme de chemin, motivé comme jamais . 

De nouveau sur la crête mais  en sens inverse de toute à l'heure . C'est une succession de montée et descentes courtes avec quelques passages bien techniques mais aussi une mono-trace où il est possible de courir .


Je ne m'en prive pas et c'est en courant que je passe au sommet du Pic des Mouches .


J'ai cru comprendre que je me trouvais aux alentours de la 60ème place et je me dis alors que je peux peut être rentrer dans le top 50, si ce petit truc qui me pousse depuis tout à l'heure reste présent . Le début de la descente est roulant et je constate avec joie qu'aucune douleur ne s'est réveillée, ni au genou, ni au mollet, ni au tibia !! La fin est plus pentue et plus technique et il faut faire gaffe car il est très facile de déraper .
En bas on distingue Puyloubier où se tient le second ravito . Ca me rappelle un peu les Templiers ici mais j'ai l'impression de mieux descendre qu'en octobre dernier . Pourtant ça ne va pas trop vite, je suis très prudent mais personne ne me double et je gagne même encore quelques places . En bas, le ravito se tient sur une grande place et il y a foule . Des touristes boivent une petite mousse sur la terrasse d'un bistrot et me font bien envie . Mais pour moi ce sera de l'eau  !


Je reprends du saucison et du fromage ainsi que des Tucs et des fruits secs sans oublier de boire un peu de coca . Murielle m'informe que Romain est passé il y a 10 minutes et que Vincent Delebarre il y a à peine 15' . C'est beaucoup et peu à la fois mais je me sens bien alors pourquoi ne pas revenir sur eux ??  Avant de partir je demande à Franck si il n'a pas un gel énergétique à me prêter, au cas où . Je commence à me dire que je vais me prendre un gros coup de moins bien d'ici peu alors je préfère assurer ....Un coup d'oeil dans son sac mais rien à me proposer . Heureusement j'ai glissé ce matin dans une poche un gel Maxim, au cas où ...

Je repars en courant, mais j'ai un petit point de côté . Faut dire que je suis en train de finir de manger, la bouche pleine et un petit sandwich dans chaque main . Alors je me remets à marcher pour ingurgiter tout ça tranquillement . Il y a un petit kilomètre sur route pour sortir du village et tout le monde court . Sauf moi ! Un trio revient à ma hauteur juste avant de repartir sur un chemin, direction ............ le Massif de la Sainte Victoire !


Ayant fini de grignoter, j'emboîte le pas des gars puis prends la tête du groupe . Et surprise quelques centaines de mètres plus loin, je suis à nouveau seul !! Je sais qu'il reste encore une grosse montée et d'après ma montre encore plus de 700m+ . Je gère très bien le pied de la côte, pas très dur au mileu des vignes . Je relance sans problème et le fait de revenir très rapidement sur les gars qui me précèdent me booste encore plus .

Arrive les premiers lacets et les pourcentages plus importants . Je prends mon rythme de croisière, encore et toujours sur mon petit nuage . Une petite crampe aux adducteurs de la jambe droite me refait descendre sur terre . Pas d'affolement, je croque un n-ième Sporténine et bois et rebois à la pipette . J'essaye aussi de pousser un maximum sur la jambe gauche dans les passages difficiles .

A la sortie d'un lacet, je reviens juste derrière la première fille . Elle est suivie comme son ombre par un gars  qui ne cesse de l'encourager et de lui dire quoi faire : "Relance !! Sers toi des bras !! Cours !! Allez, c'est plat maintenant ! Allez Hélène ! " .


Il se retourne et me demande si je veux passer . Mais non, je préfère rester derrière eux, le rythme est bon et je ne veux pas prendre de risque avec le début de crampes . La nana avance vraiment bien et nous revenons encore sur des coureurs . Un passage en balcon permet  de souffler un peu avant la fin de l'ascension . Je commence à ronger mon frein et j'ai bien envie de me tester un peu dans le final . Une petite tape d'encouragement sur l'épaule d'Hélène qui me laisse gentimment le passage alors que ce n'est pas très large et j'accélère un peu . Pour la première fois de la journée, j'ai les mains sur les cuisses et le buste légèrement sur l'avant . Ca brûle un peu dans les jambes mais il serait temps après presque 40 kms non ? Je laisse sur place ceux que je rejoins et sur le sommet, dans un passage hyper-technique dans les rochers, je vois Romain juste au-dessus de moi . C'est bon ça, on va pouvoir finir ensemble ! Je recolle à ses basques juste avant le passage au refuge Baudino . Il me dit qu'il est bouré de crampes . Heureusement j'ai encore quelques comprimés de Sporténine et je lui en passe un .

Nous plongeons ensuite dans la descente qui doit nous permettre de rallier l'arrivée . C'est le même tracé que ce matin mais en sens inverse ... J'ai laissé passer Romain devant, normalement meilleur descendeur . Mais il peste contre tous ces rochers et il ne semble pas pouvoir descendre bien vite avec ses crampes . Moi ça me va à cette vitesse, d'autant que je sens aussi les crampes pas loin . On en finit quand même rapidement avec la descente, et je me souviens que ce matin nous avons dévalé sur une centaine de mètre une descente bien raide . Donc logiquement en sens inverse ça grimpe sévère !! Pas loupé ! Un raidillon se dresse devant nous et qui vois-je en train de marcher juste devant ? Vincent Delebarre lui même !!
 

Je motive Romain qui semble de plus en plus en difficulté et lui dit de s'accrocher . Mais il a du mal à suivre et c'est tout seul que je rejoins le vainqueur de l'UTMB 2004 . Je m'inquiète de son état mais il me dit que ça va, pas de bobo, juste envie de dormir . Il me demande si j'ai vu une fille derrière et je lui explique que j'ai doublé la première il n'y a pas très longtemps . Et là, il me répond qu'il va l'attendre et finir avec elle !! Je continue, seul, et ralentit ensuite pour laisser revenir Romain . Je vois bien qu'il est au courage mais je le motive un maximum lui disant que c'est pas tous les jours que l'on va finir devant Delebarre et que l'on peut faire une place dans les 30 premiers . Il se crispe de temps en temps, victime de ces putains de crampes et je lui refile un comprimé . Au passage au dernier ravito en flotte, au Collet de Suberoque, je lui demande si il a encore de l'eau et apparemment oui . Alors nous ne prenons même pas la peine de nous arrêter, il ne reste que quelques kilomètres pour rejoindre Rousset . Erreur en fait !! La fin va paraitre bien longue et un litre d'eau en plus n'aurait pas fait de mal ...  L'antenne où nous sommes passés ce matin est en vue, droit devant . Mais le passage sur le plateau de Cengle ne m'avais pas paru si long en début d'épreuve . Ca devient un peu monotone  . Sans m'en rendre compte je distance régulièrement Romain et doit presque m'arrêter pour le laisser revenir . Je surveille derrière que personne ne nous rattrape, tout en continuant à encourager mon ami . J'ai presque mal pour lui tant il semble puiser dans ses dernières ressources . " Allez mon grand, courage !! Pense à l'arrivée, il va y avoir plein de monde pour nous acceuillir !! "  . Je pourrai aller plus vite mais je veux finir avec Romain . Je lui parle sans arrêt, le motive comme je peux mais je suis inquiet car ça revient de l'arrière . "Combien il reste de kilomètres ?" m'interroge Romain . " 2 bornes mon gars!  Allez !! " Mais au carrefour suivant, un dame, t-shirt jaune de l'organisation nous indique qu'il reste un peu plus de 4 kilomètres !!!  Merci pour lui !!! Je sens que mon pote va craquer ... Malgré tout on rattrape encore un gars, en train de marcher, mais en me retournant je vois que nous sommes sous la menace d'un retour imminant . " Vas-y Yann ! Laisse moi où on va se faire bouffer " ...

Et là je ne sais pas ce qui me prend mais j'accélére ...  Mon côté compétiteur, mis en sourdine depuis ce matin reprend le dessus ... Je sens bien que je ne pourrai pas tenir comme ça bien longtemps mais il doit rester à peine 3 kilomètres et ça fait 47 bornes que je le la joue cool ... Je passe à proximité du camion Asics où se trouve Pascal Balducci, le coach du Team . Il a suivi ma progression depuis ce matin et il me félicite au passage . C'est vrai que pour un gars qui n'a rien fait de l'hiver, qui reprend tout juste et qui ne voulait pas faire plus de 20 bornes, je suis pas trop mal  ... 

A nouveau la planche sur la petite rivière puis le passage en sous bois, un dernier concurant à doubler et je pénètre dans les ruelles de Rousset . Je cours, je cours, je cours ... jusqu'à l'arche d'arrivée que je franchis en 6h17'43", à une inespérée 28ème place .
 

Je retrouve Murielle qui est bien surprise de me voir déjà arriver ... Je me sens bien, presque frais malgré la chaleur ... Quelques minutes après Romain arrive en guerrier . Je l'attends derrière la ligne et nous nous donnons une franche accolade . Que d'émotions !!


La fin de la journée est, encore et toujours, que pur bonheur . Je retrouve Hervé Giraud-Sauveur, arrivé un petit quart d'heure avant ...


Ca fait plaisir de se revoir ! On discute un moment puis je pars à la douche . Ca fait un bien fou et je vous raconte pas la quantité énorme de sel qui dégouline le long du corps ... Avec Romain on en profite pour parler avec Seb Chaigneau, à poil dans les vestiaires !! En sortant Niko vient me voir et me félicite . C'est sympa mais c'est quand même lui le grand bonhomme de la journée avec sa 2ème place derrière l'intouchable Ludo Pommeret .


On prend ensuite le repas à la table du Team Asics . Le meilleur repas d'après course jamais vu, c'est certain . Un buffet de crudités, des salades de pates,de riz et de lentilles, des pois chiche, de la viande chaude, du fromage, des yaourts, des fruits, de la tarte aux pommes ... on se régale . Le Troll et le Sanglier nous rejoignent, l'ambiance est vraiment sympa et on a envie que cela ne s'arrête jamais . On assiste à la remise des prix et après un petit verre de pétillant offert par le Dingo de Kikourou pour son anniversaire nous reprenons la route du retour ...

Lisez aussi les récits de Romain, Niko, Pilou et du vainqueur du Trail de la Sainte Victoire (je vous préviens ça va plus vite qu'avec moi ...)

Prochainement une analyse détaillée de la course ... Je crois qu'il y a pas mal de chose à tirer de cette journée, riche en promesses pour les prochaines échéances . Je vous parlerai aussi du Trail Experience By Asics ...

 

Publié dans récits 2009

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