Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Saintélyon 2013 version sprint !

Publié le par yanshkov

depart-copie-1.jpg

 

La Saintélyon devait être mon ultime objectif de la saison comme de coutume depuis 2011. Mais la blessure au mollet resorbée seulement fin octobre m'a obligé à sagement renoncer à la courir . Car si j'adore cette épreuve je n'ai pas envie d'y participer sans y être correctement préparé, surtout après 2 éditions bien réussies . Mais les organisateurs ont ajouté une nouvelle épreuve solo sur les 21 derniers kilomètres du parcours (22,5km plus précisément) et comme je bosse ma vitesse en ce moment et que j'ai très envie d'être de la fête, ni une ni deux je prends un dossard pour la Saintésprint . Voilà comment je me retrouve samedi en début de soirée au Palais des Sports pour retirer la fameuse chasuble et le livre de l'excellent Benjamin Steen relatant l'histoire de la Saintélyon .

 

livre.jpg

Vers 21h nous embarquons à bord des bus qui nous emmènent rapidement à Soucieu-en-Jarrest où sera donné le départ à 23h . A la descente du car je constate immédiatement que la température est fraîche mais que mon ensemble short-maillot et manchettes fera l'affaire . Les quelques 1500 coureurs se regroupent dans l'immense salle polyvalente où je termine ma préparation : frontale réglée, lacets serrés, baume du tigre sur les genoux, gants ajustés et quelques gorgées de boisson d'attente ... 22h30 il est temps d'aller trottiner à l'extérieur histoire de ne pas partir à froid ...

 

22h59, le départ est imminent en plein centre de Soucieu habituellement évité par le parcours de la Saintélyon . Je retrouve des têtes connues au départ comme Eric Grandjean, avec qui je suis venu de Villefranche et Bruno Achard (Endurance Shop Villefranche) . Je suis placé en première ligne au côté de Martin Reyt (Team Sigvaris) et d'autres concurrents que je ne connais pas mais tous plus affûtés les uns que les autres ! Une minute d'applaudissements en souvenir de Sébastien Bresle puis une ola lumineuse et le départ est enfin donné .

 

Ca part très vite et au bout d'une centaine de mètres Martin Reyt et 2 autres gars ont déjà quelques longueurs d'avance . Je ne suis pas très loin derrière en 4ème position mais l'allure est rapide et je me demande si je ne fais pas une connerie de partir si vite ! Tant pis faut savoir prendre des risques si je veux aller chercher un podium à Gerland (c'est à dire finir dans les 5 premiers) . Je refais mon retard dans la descente juste après la salle polyvalente à plus de 18km/h et en prenant au maximum au plus court dans la légère courbe à gauche . Je suis donc dans le groupe de tête au moment d'aborder le premier sentier . L'allure ne faiblit pas et c'est Martin qui mène la danse . C'est grisant d'aller si vite mais je sais que si ça ne ralentit pas je ne pourrais pas tenir longtemps ... Je reste au contact encore quelques minutes avant de voir s'éloigner doucement mais inexorablement le trio . Un peu plus loin 2 coureurs reviennent sur moi . Heureusement je ne faiblis pas et on reste un moment ensemble . Je leur dis que peut-être ils sont partis trop vite devant et qu'on peut peut-être les revoir avant l'arrivée . Mais Mathieu Rival, qui est un des coureurs qui vient de me rejoindre m'annonce que dans le trio de tête il y a Flavien Thomas 30'09" sur 10km ... Ah ouais, pas sûr de le revoir avant Lyon celui-là !

 

Mathieu (qui lui aussi n'est pas mauvais avec moins de 33' sur 10 bornes) me lâche dans l'inédite descente vers le Garon . Bien que sans grosses difficultés je ne prends pas de risques inutiles même si il me semble que je n'amuse pas la galerie ! On traverse la passerelle du Chabran avant d'attaquer la remontée vers Chaponost . C'est moins raide que sur l'ancien parcours mais ça semble monter plus longtemps . J'ai une bonne allure et je prends plaisir à crapahuter au milieu des cailloux . Un coureur m'accompagne et reste dans mon sillage avant de me passer le relais alors que nous retrouvons la route et le plat . J'ai du mal à relancer et mes cuisses se durcissent brutalement si bien que je dois laisser partir mon compagnon . Je suis 6ème et le top 5 commence à séloigner . Mais je ne me désunis pas et garde ma vitesse de croisière . Les sensations s'améliorent petit à petit et je parviens à revenir sur le 5ème alors que nous approchons du parc du Boulard . Mais 2 autres coureurs nous ont rejoint et c'est un quatuor qui se forme alors . Je mène le groupe dans les allées le long de l'étang, passe sans problème le petit passage boueux avant d'attaquer une courte montée . Un des coureurs attaque et je dois serrer les dents pour rester au contact mais personne ne "saute" et c'est à 4 que nous continuons notre périple, alternant routes et sentiers . Ca fait bizarre de courir si vite, d'habitude j'ai plus de 50km dans les jambes quand j'arrive ici et l'allure est bien différente !

 

Plus loin j'accélère afin d'aborder en tête une descente un peu scabreuse et les 3 autres emboitent le pas . Un peu après je commence à avoir des points sous les côtes que j'essaie de faire passer en soufflant profondément mais ça ne passe pas . Je perds quelques mètres mais rien de dramatique et je suis juste derrière le trio au passage au ravitaillement de Beaunant où personne ne s'arrête . On attaque la célèbre montée des aqueducs en courant . En 2011 et 2012 j'étais passé naturellement en marche rapide si bien que je ne m'étais pas rendu compte que c'était si raide !! Pas loin de 20% au pied, les cuisses brûlent mais je fais toute la bosse en trottinant . Malgré cela je ne peux suivre mes compagnons qui mètre par mètre me distance . Cette fois c'est mort pour le top 5 mais je ne suis pas déçu puisque j'ai tout donné avec la forme du moment .

 

Au sommet il ne reste que 5km, essentiellement en descente et je parviens à bien relancer l'allure . Le parcours est désormais urbain et il faut faire gaffe au balisage un peu léger . Je me concentre pour ne pas râter les flèches indiquant les multiples directions à prendre . D'un coup j'aperçois un coureur juste devant . Je me dis qu'il a dû se planter mais à son allure je comprends qu'en fait il est cuit . C'est Mathieu Rival, il m'encourage en me disant qu'ils ne sont pas très loin devant et je lui souhaite bon courage pour la fin . Je négocie une par une les 200 marches du chemin du Grapillon et retrouve les bords du Rhône au niveau du quartier de la Confluence . Le final est 2 fois moins long que lors des éditions précédentes mais je le trouve moins beau . Le passage au bord du périphérique est moins sympa que la longue traversée jusqu'à la pointe de la Confluence . L'avantage c'est que le pont Pasteur et les allées du parc de Gerland sont atteints plus vite ! Je cours encore à plus de 15km/h et les dernières minutes de course passent plus vite . Dans la dernière ligne droite je jette un oeil à mon chrono et constate que je peux finir en moins d'1h30 . J'accélère et accélère encore et entre dans le palais des sports en 1h29'51" en 6ème position (un coureur a dû se perdre dans le final) .

 

arrivee-copie-1.jpg

 

Je ne suis pas dans le top 5 mais la règle du non cumul me permet de pouvoir monter une nouvelle fois sur le podium d'une épreuve de la Saintélyon en tant que 1er sénior .

 

SAINTELYON-2013-032.JPG

 

 RESULTATS

 

SAINTELYON-2013-003.JPG

 

De mon arrivée à 0h30 jusqu'à la remise des prix à 11h, je ne rate pas une miette des arrivées successives des coureurs et je ne vois pas le temps passer à discuter avec les copains rencontrés ici et là . Et que d'émotion quand le surprenant Benoit Cori franchit l'arche d'arrivée de la Saintélyon . Je n'ai pas pu m'empêcher de me lever de mon siège pour l'ovationner car il a fait un truc énorme . Je vous conseille son CR à lire ICI .

 

Du plaisir aussi de voir mon pote du Team Raidlight Alex Mayer finir 3ème . Après sa grosse déception de l'Ultra des Templiers il a su rebondir et prouver qu'il faisait partie des tout bons .

 

SAINTELYON-2013-004.JPG

 

Dommage que l'aventure du Team Raidlight Elite s'arrête après seulement 2 ans. Notre petit groupe s'entendait à merveille et prenait plaisir à se retrouver sur les rassemblements et les courses . C'est ainsi, chacun va continuer son petit bonhomme de chemin, ce qui ne nous empêchera pas j'espère de se croiser de temps à autre . 

 

En tout cas merci Raidlight pour le partenariat depuis 4 ans et je souhaite longue vie au Team Ouvert à Tous !

 

Je vous informerai prochainement de mes projets 2014 . Je suis toujours motivé et ma collaboration avec un entraîneur devrait me permettre de progresser après 2 saisons difficiles malgré quelques bons résultats de temps en temps ! En tout cas après seulement quelques semaines je sens déjà la différence ...

Publié dans courses

Partager cet article
Repost0

Le Beaujolais Nouveau est arrivé et je suis de retour ...

Publié le par yanshkov

Pas d'article depuis début septembre et ma bonne performance pleine d'espoir pour la fin de saison à la Nuit des Cabornes . La faute à une blessure au mollet droit (décollement de l'aponévrose) contractée dans la foulée et de nombreuses semaines pour m'en débarrasser. Entre le repos, les soins et les nombreuses reprises avortées il s'est passé 6 semaines pendant lesquelles j'ai pas mal douté mais gardé tout de même le moral . J'ai pu participer aux 12km du Haute-Azergues Trail le 22 septembre (13ème) et prendre des points précieux au Beaujolais Endurance Tour mais cette épreuve bien que courte m'a probablement prolongé ma convalescence car le mollet fut bien douloureux les semaines suivantes .

 

claveisolles.jpg

 

Du coup j'ai renoncé aussi à l'Intégrale des Causses fin octobre et me suis transformé en assistant pour le Team Raidlight durant les 3 jours du Festival des Templiers . Et c'est au retour de ce week-end à Millau que j'ai pu réellement recommencer à courir sans gêne, il y a donc 1 mois . 

 

Par contre j'ai décidé de me faire suivre dans mes entraînements afin d'éviter de faire n'importe quoi et d'optimiser mes performances . Ainsi depuis 1 mois je suis suivi par Denis, coach en 2013 de Cécile Lefebvre et Juliette Blanchet qui m'ont en dit le plus grand bien . Du coup je suis un peu plus rigoureux dans mes séances quotidiennes, notamment le gainage, les étirements et l'home-trainer est ressorti du carton ! Pour le moment le but est de retravailler la VMA sur un cycle de 8 semaines, jusqu'au 12 janvier et le Trail Hivernal des Coursières . Du coup pas de Saintélyon cette année pour moi mais je serai quand même de la fête puisque je courrai la Saintésprint sur les 21 derniers kilomètres du parcours et je serai aussi à la Corrida de Villefranche le 20 décembre dans des rues que j'arpente quotidiennement puisque sous mes fenêtres !

 

Et ce week-end j'ai participé au Semi-marathon du Beaujolais à l'occasion de la grande fête du Marathon International du Beaujolais . L'objectif initial était de ne pas le faire à fond et de finir pour m'assurer la victoire au BET . Jusqu'au matin du départ j'avais vraiment dans l'idée de courir entre 14 et 15km/h . Mais intégré dans une des équipes Endurance-Shop Villefranche-Salon Philippe au côté de Clément Couzon et Thierry Debrun je me devais de performer et d'essayer d'aller chercher la première place par équipe . Du coup je suis parti un peu plus vite que prévu mais pas non plus à fond contrairement à 2011 où j'avais réalisé 1h16'53" sur ce parcours vallonné . Pendant le premier tiers je me "balade" et passe au 10ème kilomètre en 37'30" .

 

arrivee.jpg

 

Je négocie pas trop mal la longue bosse menant au 16ème km et finis les 5 derniers kms en boulet de canon dans un sympathique mano a mano avec l'ami Arnaud Brémond . Je termine en 1h19'36" en 10ème position, satisfait des sensations malgré le manque de séances spécifiques .

 

arriveeII.jpg

 

RESULTATS

 

Et cerise sur le gateau nous gagnons par équipe et je remporte officiellement le Beaujolais Endurance Tour 2013 qui était l'un des objectifs de l'année avec le Grand Trail Stevenson !

 

006.JPG

Une bonne raison de trinquer !

 

avec-Francois.JPG

Publié dans esprit-trail

Partager cet article
Repost0

Nuit des Cabornes 2013

Publié le par yanshkov

logo-copie-2

 

2 mois après le Grand Trail Stevenson j'accroche un nouveau dossard à l'occasion de la 5ème édition de la Nuit des Cabornes. Après une bonne pause cet été où je me suis contenté de quelques sorties vélo et quelques rando-courses en montagne afin de bien recharger les batteries, je n'ai repris un entrainement structuré que depuis une dizaine de jours en vue des objectifs de l'automne.

 

La Nuit des Cabornes est comme son nom l'indique une course nocturne enpruntant les sentiers du Mont d'Or à la recherche des cabornes, ces fameuses cabanes de pierres cachées un peu partout dans le massif. 2 distances sont proposées, un 50 et un 25km avec possibilité de choisir le format à la bifurcation du 16ème km. J'ai longtemps envisagé de participer à la plus longue distance mais en faisant un peu le point sur la forme du moment et les échéances à venir avec mon coach (c'est à dire .... moi !) j'ai choisi de me contenter du "petit" format amplement suffisant.

 

Au départ je retrouve avec plaisir plein de copains et copines, faut dire qu'avec 600 participants il y a du monde à saluer. On se questionne sur la distance choisie et beaucoup me croyant sur le 50km pense que je bluffe ! Mais non je vous assure je pars sur le petit parcours, d'ailleurs je n'ai rien pris à manger !

 

depart.jpg

 

A 20h30 nous éclairons nos frontales et le départ est donné. Il fait près de 20°C et j'ai donc opté pour un short et un débardeur ultralight ainsi que pour le sac Olmo 5L qui me permet de transporter mon litre de boisson énergétique. Comme prévu ça part vite sur le large sentier s'élevant en pente douce au dessus de St Romain au Mt d'Or. Je prends mon rythme sans trop me soucier de la petite quinzaine de coureurs avec tous les favoris (Fleureton, Traub, Stuck, mon pote Stephane Vinot ...) qui déjà se détache. Je suis pour le moment en compagnie de Jean Paul Bolle et Olivier Alfano sur un rythme bien soutenu.

 

Au bout de 3km une première bonne côte se présente et je la négocie tout en trottinant sans me mettre dans le rouge. Jean Paul me lâche un peu et Olivier qui avait un peu perdu de terrain revient en compagnie d'un autre gars. Un peu de plat sur le Sentier des Rapaces (haut lieu de la sortie dominicale lyonnaise) et il est temps de plonger sur la droite pour une belle descente. Le phare de ma Petzl Nao me permet de voir comme en plein jour et je négocie sans problème cette descente revenant sur Jean Paul et en distançant Olivier. Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu de telles sensations! J'échange quelques mots avec JP alors que ça remonte un peu puis le distance à l'occasion de la descente vers la Fontaine du Mas. Vraiment agréable d'être aussi relâché en descente. En bas un groupe de spectateurs met l'ambiance en faisant un max de bruit. Une nouvelle côte bien raide où je continue de trottiner me permet de recoller à 2 coureurs. Un peu plus loin la pente s'adoucit nettement et nous serpentons sur un petit single avant d'emprunter sur quelques dizaines de mètres la route du Mont Thou. Plus loin nous doublons une longue file de coureurs qui gentiment nous laisse la place. Il s'agit des membres de l'association Everest en Sable qui participent en compagnie d'une joelette. Je les encourage au passage et continue mon chemin.

 

Un peu avant le hameau du Mont Thou où nous attend un trio de guitaristes, nous quittons le chemin pour un petit détour vers une caborne illuminée par des dizaines de lumignons posés au sol !! Excellent ce petit côté mystique... Le sommet du Mont Thou, point culminant du parcours approche mais il faut encore se taper un peu de dénivelé. Alors que je m'étais dit au départ qu'il fallait que je cours dans toutes les côtes, je commence à avoir un peu les cuisses qui chauffent. Je trottine en passant devant Jujutrail et Matthieu de Des bosses et des bulles afin de faire bonne figure puis opte pour la marche rapide. Rémi Coquard parti prudemment me rejoint et me laisse sur place. Je parviens quand même à relancer malgré des ischio-jambiers qui tiraillent un peu et je garde Rémi en point de mire. Un peu avant le sommet ma chérie est là pour m'encourager. Je suis rassuré elle a réussi à sortir la voiture du pré à vaches où nous étions garés!!

 

Le sommet est en vue et Jean Paul revient sur moi juste avant la bascule. Il y a une grosse ambiance du côté de la table d'orientation et nous passons au milieu d'une haie de chaleureux spectateurs. Ambiance au top! Pour autant je ne m'attarde pas, je mets les pleins phares de la frontale et me lance dans la descente. Mes sensations de début de course se confirme, je suis au top en descente et ni les racines ni les devers et ni les petits décrochements me font ralentir. Je reviens rapidement sur Rémy et nous arrivons ensemble au carrefour de la Croix de Prêle. Murielle m'y encourage ainsi que la famille Aujogues, père et fille.

 

La portion qui suit est beaucoup plus roulante et je décide d'augmenter un peu l'allure. Rémy décroche logiquement car il court les 50km et je continue tout seul. Le parcours quitte par endroit le sentier pour faire le tour d'une caborne ou grimper quelques marches en pierres. Devant j'aperçois le faisceau de la frontale d'un coureur duquel je me rapproche de plus en plus. Il y a aussi de la musique plutôt rock'n roll de plus en plus fort signe que le ravitaillement est proche. J'y arrive très vite et retrouve mon pote Stephane Vinot qui repart avec moi. Il me dit qu'il a un peu levé le pied car c'est parti vraiment vite devant. On n'a fait que 12km et il lui en reste 38 à faire, donc sage décision! Pour moi il en est tout autrement puisque je suis presque à mi-course. Habitué des lieux même si je n'y viens plus très souvent depuis mon déménagement en Beaujolais il y a 2 ans, je sais que les kilomètres qui viennent sont globalement descendants et donc à mon avantage. Rapidement je reviens sur un coureur, puis un second puis un troisième si bien qu'au passage à la Croix Rampau (km 17) je dois être en 5ème position. Je rejoins même le 4ème au passage de la table d'orientation qui me dit être plein de crampes. Je négocie sans encombre la descente très raide vers Curis au Mont d'Or où se tient un ravitaillement et où m'attend ma chérie toute surprise de me voir en si bonne position. Je ne traîne pas et bois juste un verre de coca afin de booster un peu ma fin de course.

 

Il ne reste que 5 ou 6 kms mais encore une bonne montée vers la Croix Vitaise. Ce n'est pas très raide sur une large piste et je contiue à bien courir même si je sens que j'accuse un peu le coup. J'entrevois par moment une frontale à ma poursuite et j'ai même l'impression qu'elle se rapproche tout doucement...

 

La fameuse montée du Marabout se présente avec sa centaine de marches éclairées par autant de petites bougies. Mains sur les cuisses je monte l'escalier 2 par 2 et alors que je ne suis qu'à mi-pente mon poursuivant est déjà là. En haut des escaliers ça continue de monter en faux-plat et je m'oblige à trottiner afin de conserver ma courte avance. Un replat me permet d'allonger un peu la foulée avant le dernier raidard menant à la Cx Vitaise. Cette fois je n'ai pas le choix, c'est en marchant et en poussant fortement sur les cuisses avec les mains que je me hisse en haut. J'ai malgré tout toujours une centaine de mètres d'avance sur mon poursuivant lorsque j'arrive au carrefour de la Croix Vitaise. Quelques marches d'escaliers puis encore un tout petit peu de montée et me voilà sur une partie beaucoup plus roulante. Je peux allonger la foulée et voir disparaitre derrière moi le rond lumineux qui me menaçait jusque là. Si tout va bien je devrais finir à une satisfaisante 4ème place. Reste à bien négocier les dernières descentes très techniques avec beaucoup de pierres instables. Je ne prends pas de risque mais malgré tout la pause de pied se fait sans stress et je conserve une bonne vitesse me mettant à l'abri d'un retour de mes poursuivants. 

 

On traverse quelques tunnels en pierres, toujours accompagnés par une allée de lumignons et par la douce mélodie d'une flûte à bec. Magique cette course! Mais moi qui croyais descendre jusqu'à l'arrivée à St Romain je suis surpris par la nouvelle côte qui se présente. J'opte pour le mode marche rapide car il y a beaucoup de caillasse et la pente est assez raide. On passe à nouveau un tunnel mais cette fois je ne suis plus tout seul puisque depuis le pied de cette ultime côte je double une file ininterrompue de marcheurs. Ils m'encouragent chaleureusement et alors que je suis quasiment en haut de la côte et qu'il reste une dizaine de marches à escalader j'aperçois juste devant ce qui semble être un coureur. Je le double et l'encourage sportivement sous les yeux de Juju et de Jacques Guido, l'organisateur de l'épreuve que j'entends annoncer au talkie walkie que je viens juste de passer 3ème. Cette effervescence et les encouragements à mon égard me motivent à finir fort malgré la fatigue. J'ai un peu de mal à relancer sur le faux plat montant qui suit et des crampes apparaissent dans mes 2 mollets. J'expire fortement à plusieurs reprises afin de les faire passer. Heureusement la suite est plus plane et les crampes disparaissent. Le gars que je viens de doubler et que je ne connais pas n'a pas pu accrocher mon sillage et a prori il est trop cuit pour envisager de me revenir dessus. Malgré tout j'ai hâte d'en terminer avec cette partie légèrement montante et de plonger dans la descente sur St Romain. Juste avant la bascule je retrouve Nicolas Francineau qui m'accompagne sur quelques centaines de mètres et me fait un topo sur la fin de course. Je me retourne pour constater  que j'ai suffisamment d'avance pour ne pas prendre de risque dans l'ultime descente.

 

Je savoure donc les dernières minutes de ma course, vraiment content de son déroulement et surtout de monter sur le podium à côté de 2 champions comme Cédric Fleureton et Alexis Traub. Je franchis la ligne d'arrivée après 2h25'47" 26km et 1260m+ très loin de Cédric mais à moins de 3 minutes d'Alexis. Pas si mal pour une reprise.

 

podium-copie-3.JPG

 

Me voilà donc bien lancer pour réaliser une grosse fin de saison. Je sais ce qu'il me reste à faire à l'entrainement pour être au top dans les semaines à venir ... Prochain épisode le 22 septembre au Haute-Azergues Trail. Un 42km où je défendrai ma première place au Beaujolais Endurance Tour.

 

Un grand merci à Jacques et toute son équipe pour l'invitation à sa magnifique épreuve.

 

CLASSEMENT

 

Dès que possible je mettrai en ligne quelques photos ...

Publié dans courses

Partager cet article
Repost0

Grand Trail Stevenson 2013

Publié le par yanshkov

 

Flyer pour site GTS 2.JPG

 

C'est en début d'année que je m'inscris au Grand Trail Stevenson. Je souhaite cet été courir une épreuve pas trop longue ne demandant pas plus de 8h d'effort et plutôt roulante. L'aventure et le format de course tout nouveau pour moi que propose le GTS me fait envie.  Un concours permettant de gagner son dossard étant organisé je tente ma chance. Et comme j'ai un peu de chance je gagne au tirage!  

 

Le Grand Trail Stevenson est une course en 3 étapes entre Le Monastier sur Gazeille en Haute-Loire et St Jean du Gard via l'Ardèche, la Lozère et le Gard sur les traces du périple réalisé à la fin du XIXème siècle par l'écrivain Robert-Louis Stevenson et son ânesse Modestine. Les étapes entre 36 et 76km sont relativement courtes prises séparément. Mais il faut les enchaîner et c'est là la nouveauté pour moi.

 

Mise à part la fracture de l'omoplate en janvier qui m'oblige à un arrêt prolongé de 5 semaines faisant suite à ma coupure annuelle d'un mois, la préparation au GTS se passe bien, sans blessures et avec du plaisir. A quelques jours du départ les voyants sont au vert.

 

C'est en famille que je rejoins le Monastier sur Gazeille à côté du Puy en Velay à la veille du départ. Je retire mon dossard avant de retrouver le gîte dans lequel nous allons passer la nuit. Je dors bien et je dois dire que je ne me sens pas stressé comme je peux l'être parfois sur d'autres épreuves. Au contraire je suis heureux d'être là en bonne santé et aussi curieux de voir comment la tête et les jambes vont me porter pendant ces 3 jours. 

 

Etape 1 : Le Monastier sur Gazeille-Pradelles 54km +1700m/-1500m

 

depart-etape-1.JPG

 

Nous nous rassemblons sur l'esplanade Stevenson en plein centre du village un peu avant 7h. L'ambiance est bon enfant, je retrouve les copains Joel Archer, Sébastien Boutte, Paul-Henri Romestin ou encore Pierre Chalandon et Patrick Boinon qui courent l'épreuve en relais. Frédéric Thouret l'organisateur donne en toute décontraction les dernières consignes et nous souhaite de prendre beaucoup de plaisir.

 

A 7h le départ de la grande aventure est donné. Pierre Chalandon malgré son envie de ne pas courir seul part à fond, suivi par un autre coureur. Ca descend  sur la route pendant un bon kilomètre et nous laissons partir les 2 fusées qui courent le relais. Tout en bas nous traversons la Gazeille sur un petit pont et attaquons une montée sur un chemin plein de cailloux. Je prends la tête et impose mon rythme en trottinant tout le long.

 

1ere-cote.JPG

 

Je suis à l'aise au niveau respiratoire et les jambes répondent bien. Au sommet après 2 petits kilomètres de grimpette je suis accompagné par 2 autres coureurs. Nous débouchons sur un plateau qui nous permet d'admirer les chaînes de volcans devant nous. C'est maintenant vallonné mais sans grande difficulté. Il fait déjà bien chaud et je bois très régulièrement ma boisson énergétique car je sais que l'hydratation va jouer un rôle capital sur cette épreuve. On papote un peu avec mes compagnons, une rapide présentation et voilà que j'apprends que je suis en compagnie de Vincent Wirtgen de Belgique et Robin Cordier de Lille. Vincent a l'air assez bien mais je suis par contre un peu étonné par Robin qui souffle beaucoup.

 

Nous traversons St Martin de Fugères et pénétrons sur un chemin descendant vers Goudet. La proximité de la Loire et la forte chaleur font que nous courons maintenant au milieu d'un fin brouillard. Nous traversons la rivière sur un large pont sous les applaudissements de quelques personnes dont mon staff.

 

st-martin-de-fugeres.JPG

 

On distingue sur un éperon rocheux les ruines du Château de Beaufort juste au-dessus de nous. Mais le parcours ne nous y emmène pas et nous quittons Goudet sur une large route en montée. Cette première heure de course se passe idéalement bien, sur un rythme parfait pour courir des heures.

 

Un peu plus loin une côte bien raide et plutôt caillouteuse se présente. Nous la passons en marchant ce qui permet à un 4ème larron de se joindre à nous . Il s'agit d'Eric Jousselme qui nous double aussitôt en continuant à trottiner. Il nous prend quelques longueurs mais nous avons assez de réserve pour recoller à ses basques rapidement. Par contre Robin n'a pas suivi et est irrémédiablement décroché. S'en suit un peu de plat puis une nouvelle descente piégeuse avec racines et cailloux. Eric fait le forcing, Vincent lui emboite le pas mais je décide de ne pas accélérer afin de ne prendre aucun risque et de solliciter le moins possible les fibres de mes fines cuisses. Je ne suis pas inquiet et j'ai bien raison car la pente devient moins raide et je peux allonger ma foulée sans risque et recoller aux 2 hommes de tête alors que nous arrivons au Château d'Arlempdes.

 

chateau-d-Arlempdes.JPG

 

Nous faisons un aller-retour au sommet des vestiges pour une visite express et gratuite de ce magnique site historique. Par contre la vue est une nouvelle fois bouchée par le brouillard .

 

chateau-d-Arlempdes-bis.JPG

 

En redescendant le chemin dallé nous croisons nos poursuivants dont Joel qui ne sont finalement pas très loin. Quelques centaines de mètres sur route en descente nous amènent au pied d'une longue côte. Je prends les devants pour imposer mon rythme et surprise Eric ne suit pas.

 

cote-d-Arlempdes.JPG

 

Je trottine la plupart du temps mais constatant que Vincent opte pour la marche rapide, je l'imite dans les endroits les plus raides. Pas envie de partir seul alors qu'il reste près de 37km... Un large chemin en faux plat montant en plein soleil nous permet de retrottiner. Plus loin nous devons éviter un troupeau de moutons prenant toute la largeur du chemin !

 

Le ravitaillement d'Ussel est vite atteint après plusieurs kilomètres relativement plats qui nous permettent d'augmenter un peu l'allure. Le ravito a lieu chez Monique le bistrot du coin !

 

Bizarrement on voit les 2 relayeurs s'élancer alors que nous arrivons tout juste. A priori ils se sont trompés de parcours en ratant une rubalise et se sont retrouvés à nouveau au coeur du village. Au moins on est prévenu qu'il faut bien ouvrir les yeux. D'ailleurs juste avant d'arriver sur Ussel, alors que je courais devant Vincent j'ai raté une rubalise qui nous indiquait de tourner à droite. Heureusement que lui l'a vu et nous a permis de ne pas nous égarer ! C'est l'avantage de ne pas courir seul... 

 

La famille est là, je recharge les 2 bidons en boisson (eau+maltodextrine+sirop d'agave+sel+citron), boit un peu de St Yorre et grignote quelques bouts de bananes. J'attends un peu Vincent et je lui mets un peu la pression pour repartir car il me semble que nous avons bien pris notre temps. Il repart la bouche pleine de Tuc! A priori nous avons déjà creusé un bon écart sur nos poursuivants car personne n'est arrivé quand nous repartons. 

 

chez-Monique.JPG

 

La suite est très roulante et nous permet de courir tout le long. C'est une partie un peu piège car ça semble facile mais on peut vite y laisser des plumes à trop s'emballer. En plus nous sommes à découvert et le soleil tape bien. Heureusement un léger vent du nord nous ventile un peu... Je profite de cette partie pour causer un peu avec Vincent. Bien que belge, il connait bien le coin pour avoir randonné et couru la 1ère édition du GTS. On passe non loin d'un ancien volcan devenu lac et il me raconte qu'il s'y est baigné. Les kilomètres passent vite jusqu'au Bouchet Saint Nicolas (km 32). De là il reste 6km sur une large piste pour atteindre Landos et son ravitaillement. Je suis encore assez bien et je sais que ces parties où il faut courir entre 13 et 14 km/h sont à mon avantage. Nous ne nous parlons plus, courant côte à côte et j'ai du mal à savoir si Vincent est à l'aise ou non. De toute façon je ne dois m'occuper que de moi pour le moment car le chemin jusqu'à St Jean du Gard est encore long...

 

A Landos je retrouve mon staff, les bénévoles et aussi Pierre qui en a terminé avec son relais. Je recharge une nouvelle fois en boisson et grignote de la banane. Je prends le temps de discuter un peu avec tout le monde puis repars en marchant avec Murielle en finissant de manger.

 

ravitaillement-Landos.JPG

 

J'attends que Vincent me rejoigne pour rattaquer à courir. Il reste 15km pour rejoindre Pradelles et les sensations sont toujours assez bonnes. Sur une épreuve d'un jour je pense que j'aurai cherché à accélérer dans cette partie finale mais là je préfère garder mon rythme de croisière en prévision des prochaines étapes. 

 

Le profil est encore descendant pendant quelques kilomètres jusqu'au petit hameau d'Arquejol où une magnifique vue sur son viaduc s'offre à nous. Puis nous arrivons au pied de la dernière longue montée. Je la débute en trottinant et prends quelques mètres sur Vincent qui marche dès le pied. La côte est longue et je marche à mon tour pour permettre à mon compagnon de revenir dans mon sillage. On passe sous un pont de chemin de fer et retrottinons un peu jusqu'au pied d'une côte bien raide. On la passe en marchant mains sur les cuisses et débouchons un peu plus haut sur un large chemin de terre beaucoup moins raide.

 

Il commence à faire bien chaud et il n'y a pas d'ombre à cet endroit là. Je recommence à courir tandis que Vincent marche toujours. Mais cette fois je décide de continuer et de ne plus attendre. Il reste à peine 7km et je me sens vraiment bien. Sans accélérer et sans me mettre dans le rouge, j'augmente mon avance. Je profite de ces derniers kilomètres pour profiter de la très belle vue sur la vallée.

 

seul-etape-1.JPG

 

Je négocie prudemment la dernière descente un peu technique et arrive sur la route de Pradelles. André m'y attend et m'accompagne jusqu'à l'arrivée (enfin il essaie de me suivre !!) que je rejoins après 53km et 1300m+ en 4h38'52".

 

Vincent bien fatigué arrive presque 5' après moi et il faut attendre 17' pour voir arriver Emmanuel Verriere. Les écarts sont déjà conséquents mais je sais qu'avec ce qu'il reste à parcourir la victoire finale n'est pas acquise. Je fais donc attention à bien récupérer en prenant rapidement une douche fraîche au camping de Pradelles (un fourgon fait la navette tout l'après-midi entre l'aire d'arrivée et le camping), en mangeant une assiette de pâtes puis en passant entre les mains des jeunes et sympas kinés de Rouen pour le massage. Toute l'après-midi je continue de bien m'hydrater et mange régulièrement par petites portions afin de refaire les stocks (jambon, fruits secs, bananes, jus de raisin, cake salé, compote). 

 

Nous quittons Pradelles dans l'après-midi (après avoir assisté à l'arrivée de l'ensemble des 67 coureurs engagés en individuel) après un passage dans l'eau glacée de la fontaine et rejoignons notre gîte de Brugeyrolles quelques minutes après.

 

gla-gla.JPG

 

Je prépare les affaires pour le lendemain avant de passer à table . Au menu : soupe minestrone, riz et roti de dinde et une compote . Puis quelques étirements des fessiers qui tirent un peu (surtout à droite) et il est temps de rejoindre mon lit pour une bonne nuit .

 

CLASSEMENT ETAPE 1

 

Etape 2 : Langogne-La Bastide Puylaurent 35km +1100m/-900m

 

Le départ de l'étape a lieu à 8h30 du côté de la piscine de Langogne. Ca laisse presque le temps de faire la grasse matinée jusqu'à 7h... Je m'habille tranquillement avant de prendre le petit-dej vers 7h30 avec ma crème maison (cliquez ici pour le détail) et un thé vert au citron. 

 

L'ambiance est détendue sur le grand parking de la piscine. Je retrouve Joel Archer, Eric Jousselme et tous les autres mais je ne vois pas Vincent qui a l'air de se cacher...

 

avec-Joel-et-Eric.JPG

 

La musique de Vangelis qui célébre habituellement le départ de l'UTMB retentit du fond d'un camping-car ! Une façon comme une autre de se motiver ! En tout cas on est bien loin de l'effervescence et du côté bling-bling que l'on rencontre à Chamonix fin août.

 

Frédéric Thouret en tenue de course donne les dernières consignes avant de nous lâcher pour cette courte étape. Il est 8h30 et c'est parti pour 36km et 1000m+. 

 

depart-etape-2.JPG

 

Ca tire un peu dans les jambes mais rien d'anormal après l'étape de la veille. Comme prévu Patrick Boinon et Jean-Marc Giroud prennent la tête et je leur emboîte le pas. Cette étape est divisée en 2 et les équipes de 3 doivent donc courir la première partie à 2. Un coureur nous accompagne et je lui demande si il était là hier et il m'annonce que non... Après quelques centaines de mètres me voilà avec des coureurs tout frais ou presque!

 

apres-Langogne.JPG

 

Pendant les 4 premiers kilomètres ça monte très légèrement mais c'est assez roulant sur une large piste. La vitesse tourne autour de 12 km/h et je me sens bien.

 

quatuor.JPG

 

Nous perdons Jean-Marc qui a un peu de mal à suivre dans une petite côte mais Patrick reste avec nous. Je fais connaissance rapidement avec le 3ème larron qui n'est autre que Julien Noiry qui a entre autre remporté cette année l'Ultra des Coursières dans les Monts du Lyonnais.

 

Une petite descente un peu technique où nous ne prenons pas de risque permet à Jean-Marc de recoller et nous doubler à fond les ballons. Les autres lui emboitent le pas mais pas moi qui gère sagement. Je perds quelques secondes à ramasser mon portable tombé de ma poche ouverte mais une longue côte bien raide sur une petite route me permet sans trop taper dedans de revenir sur Jean-Marc qui craque un peu et juste après sur Julien. Je prends vraiment du plaisir à ces allures pas trop rapides qui permettent de durer. Nous traversons St Flour de Mercoire quelques dizaines de mètres derrière Patrick qui continue seul.

 

Un petit replat sur route puis ça repart sur un joli chemin montant tranquillement dans un bois. Je retrouve la famille qui a marché un peu pour venir me voir passer.

 

6.JPG

 

Je me sens bien mais je perds un peu de terrain sur Julien. Je ne cherche pas à accrocher et garde mon rythme de croisière qui me permet de bien contrôler ma respiration et de ne pas avoir les cuisses qui brûlent. Il reste encore bien 25km et je vais me retrouver seul mais mieux vaut courir seul que d'être en surrégime sur une telle épreuve.

 

Je continue donc seul mon petit bonhomme de chemin en prenant soin de boire beaucoup et régulièrement et de bien m'alimenter. Le parcours n'est pas difficile, on traverse de jolis petits hameaux et courons sur des chemins très agréables. Je me régale!

 

Après une descente raide où je prends soin de ne pas trop m'emballer je retrouve le ravito de Cheylard l'Evêque où il y a pas mal de monde. Murielle et André m'y attendent tandis que ma mère est montée à la chapelle qui surplombe le village et où nous devons grimper. Je décide de ne pas m'arrêter, juste de prendre un bout de banane et échanger mes bidons vides par des pleins (soit une consommation de 800ml par heure). Je sens André inquiet que je sois parti trop vite mais je le rassure en lui disant que je gère parfaitement. Je repars rapidement en m'excusant presque auprès des bénévoles de ne pas avoir traîné un peu à leurs côtés .

 

cheylard-l-eveque.JPG

 

Ca grimpe en lacets sur un chemin en herbes jusqu'à la chapelle. Je monte en marchant en finissant ma banane et je retrouve ma mère qui immortalise le moment . Pas le temps de causer, je replonge illico sur le village et repasse auprès d'André et Murielle. Elle me tend le profil du parcours pour que je me remémorise ce qui m'attend et me voilà déjà reparti pour les 20 derniers kilomètres.

 

D'abord un peu de route puis un large chemin tout en montée. Je trottine jusqu'en haut où se trouve le point culminant de l'étape (1235m). Une belle descente en mono-trace au milieu de la forêt puis une piste plus large m'amène rapidement au pont surplombant le ruisseau du Langouyrou où débute une nouvelle côte. Patrick et jean-Marc sont là avec leur fourgon et ils me demandent si Pierre m'a doublé. C'est vrai que je m'attends à être rapidement rattrapé par leur relayeur mais pour le moment personne en vue derrière moi.

 

Je marche au pied de la côte qui coupe la route en plusieurs endroits puis recommence à trottiner une fois les pourcentages beaucoup moins forts.

 

au-dessus-du-Langouyrou.JPG

 

Plus loin je retrouve mon staff qui m'encourage et me donne quelques infos sur la tête de course qui a priori n'est pas très loin .

 

foret-de-la-gardille.JPG

 

La suite c'est 4 kilomètres très roulants au coeur de la Fôret de la Gardille. J'avance bien autour de 13km/h mais comme je m'y attendais Pierre revient sur moi. On court ensemble un moment en discutant un peu puis je le laisse filer alors que nous longeons le petit lac de Louradou. Plus loin une nouvelle descente en mono-trace un peu technique nous fait plonger dans la vallée de l'Allier. Je ne prends aucun risque et me concentre bien sur mes appuis.

 

chateau-de-Luc.JPG

 

Un petit tour autour des ruines du Château de Luc, encore un peu de descente et une traversée dans un pré à vaches et nous voilà tout en bas. 

 

Il reste 8km et le profil est assez plat mis à part une dernière côte dans le final. Pour autant ce n'est pas facile. Il commence à faire bien chaud et nous remontons un cours d'eau presque à sec où il faut faire gaffe aux gros galets et par moment courir sur un peu de sable. Pour la première fois depuis le début de l'épreuve j'ai envie que l'étape finisse rapidement. Mais j'ai encore assez de mental pour négocier à un bon rythme la longue partie rectiligne sur la route surchauffée entre Laveyrune et Rogleton .

 

Dans le petit hameau de Rogleton une famille a dressé un ravitaillement en eau et c'est bien volontiers que je m'arrête quelques secondes boire un verre d'eau et m'arroser un peu. Il reste environ 2 kilomètres mais je ne suis pas au bout de mes peines. Alors que nous courons comme souvent sur le GR70 et que des rubalises nous indiquent régulièrement que nous sommes sur le bon chemin, je manque de peu de râter le changement de direction sur la droite indiqué par un bout de rubalise. Je m'engage alors sur le chemin et suis surpris de voir des rubans rouges et blancs tous les 2 mètres alors que nous n'avons pas été habitué à un tel balisage depuis le début. Etrange aussi de devoir passer une clôture de barbelés mais vu qu'il y a encore des rubalises plus loin je m'y engage... Passage sous un pont puis je débouche dans un champ au milieu d'herbes hautes et puis plus rien ! Un coup d'oeil à ma montre et à la trace GPS pour constater que je ne suis plus sur le parcours prévu!! Je sors mon portable et appelle rapidement Frédéric Thouret à qui j'explique la situation. Il ne voit pas trop où je suis mais me confirme qu'il n'y a pas de passage sous un pont ni de clôture à traverser. Je fais donc demi-tour rapidement et retrouve le GR que je venais de quitter. A ma SUUNTO je suis à nouveau sur la bonne trace et d'ailleurs après avoir franchi une rivière je retrouve de la rubalise. Ouf, quelques minutes de perdues mais rien de catastrophique .

 

Cependant j'ai encore un moment de panique juste après car en regardant mon GPS je constate que je suis une nouvelle fois hors du tracé. Pourtant je suis le GR et il y a de la rubalise de temps en temps . Je comprends que le parcours que j'ai rentré dans la montre a été légèrement modifié. Finalement c'est pas plus mal car ça enlève une ultime petite côte.

 

arrive-etape-2.JPG

 

J'arrive enfn à la Bastide Puylaurent où je passe la ligne d'arrivée content d'en avoir fini en 2ème position en 3h16'52" après 35km et 1100m+. Emmanuel Verrière termine moins de 3 minutes après et limite bien la casse alors qu'il faut plus de 15' à Eric Jousselme, Christophe Soulier et mon collègue du Team Joel Archer pour en terminer après être eux aussi tombés dans le piège tendu à quelques kilomètres de l'arrivée . 

 

Aujourd'hui encore il a fait bien chaud et je prends soin de bien me réhydrater tout au long de l'après-midi (eau + maltodextrine). Je commence par me baigner quelques minutes dans les eaux très fraîches de l'Allier puis c'est la traditionnelle assiette de pâtes. Et comme la veille je privilégie tout au long de l'après-midi une prise alimentaire régulière plutôt qu'un seul repas trop chargé. J'ai quand même quelques légères courbatures et des petites contractures et le passage dans les mains expertes d'un jeune kiné de Rouen me requinque bien.

 

en-attendant-le-massage.JPG

 

L'après-midi passe vite, une bonne ambiance entre coureurs, accompagnateurs et bénévoles règne sur l'aire d'arrivée. 

 

A la veille de l'ultime étape j'ai donc une vingtaine de minutes d'avance sur Emmanuel Verrière et pas loin de 40 minutes sur Eric Jousselme. Vincent Wirtgen qui m'avait accompagné toute la 1ère étape n'avait pas récupéré et a préféré faire l'étape tranquille en serre-file ! Quoi qu'il en soit alors que beaucoup pense que l'étape de demain n'est pour moi plus qu'une formalité, je sais qu'il reste encore du chemin à parcourir pour rejoindre St Jean du Gard et que beaucoup de choses peuvent se passer...

 

Nous reprenons la route pour quelques kilomètres afin de faire des courses au Bleymard puis de rejoindre le gîte de l'Escoutal où nous allons passer une courte nuit. Avec un départ prévu à 4h du mat et donc un réveil à 2h30 il ne va pas falloir trop traîner ce soir...

 

breafing.JPG

 

D'ailleurs après un petit breafing pour mettre au point les ravitos, nous nous mettons à table un peu avant 19h : bouillon de poulet au thym, riz, pilons de poulet et compote. Toutes les affaires pour le lendemain sont préparées et rangées dans la voiture afin de faire le moins de bruit possible lorsque nous nous lèverons en pleine nuit au milieu de randonneurs en plein sommeil!

 

CLASSEMENT ETAPE 2

 

Etape 3 : Station du Mont Lozère-St jean du Gard 76km +2100m/3200m-

 

J'ai un peu du mal à dormir et je suis finalement content de me lever à 2h29. Nous quittons silencieusement le gîte pour rejoindre la grande cuisine du dessous que nous a gracieusement laissé ouverte la maitresse de maison. J'y déjeune ma crème déjeuner mélangée avec de la gelée de cassis-groseille et un thé vert citron puis il est temps de rejoindre en voiture la Station du Mont Lozère d'où sera donné le départ de la dernière étape.

 

Il fait bien sûr nuit noire mais on voit bien les étoiles et la température autour de 10°C est idéale. Je retrouve tous les copains et on écoute sagement les dernières consignes données par Fred Thouret.

 

breafin-etape-3.JPG

 

Le départ est donné un peu après 4h. C'est partie pour une longue journée...

 

Jean-Marc Giroud part vite, faut dire qu'il n'a que 15km à faire avant de passer le relais. Un coureur qui n'était pas là les 2 jours précédents suit quelques mètres derrière et je me cale dans son sillage. L'allure me va bien, pas dans le rouge et je préfère avoir un peu d'avance au passage au sommet de Finiel pour pouvoir descendre tranquillement.

 

On évolue sur une draille au milieu des vaches et il faut faire très attention où l'on met les pieds car il y a pas mal de trous et les chevilles sont malmenées. Les frontales sont d'une grande utilité dans cette nuit noire et Jean-Marc que nous rattrapons et dépassons semble content de ne plus ouvrir la route!! Nous le lâchons un peu plus haut et je me retrouve seul avec mon compagnon. Aux premiers mots échangés je comprends qu'il n'est pas français et qu'il speak a little bit in french! Il s'agit en fait du hollandais Martijn Hiensch. Après avoir été accompagné par un citoyen de Belgique lors de la première étape me voilà à nouveau en compagnie d'un autre coureur du Benelux . On ne parle pas trop, faut dire que je n'ai jamais été très doué pour les langues étrangères... On se dirige grâce à la trace GPS de ma montre, anticipant les changements de direction. On passe au sommet de Finiel (plus haut sommet de Lozère avec ses 1699m) après un peu moins de 30 minutes. Hélas il fait encore bien nuit et nous ne voyons pas le panorama mais le serpentin lumineux de frontales derrière nous est pas mal aussi!

 

Je prends la tête de course dans la descente qui suit en faisant bien gaffe aux appuis car le terrain est défoncé. Plus bas la descente devient hyper technique et beaucoup plus raide dans un étroit chemin plein de caillasses. Hiensch ne semble pas vouloir descendre plus vite que moi et reste dans mon sillage et j'entends que Jean-Marc nous revient dessus. Il y a près de 10km de descente jusqu'au Pont de Montvert, alternance de larges chemins roulants, de quelques passages sur route et de singles un peu plus techniques. On avance bien mais Jean-Marc logiquement nous dépose. Petit souci pour moi, j'ai les cuisses quand même bien raides et pire, je sens une bonne contracture à l'adducteur gauche. Malgré cela j'arrive à descendre bien relâché mais il ne faudrait pas que cela empire... Fidèle à ma stratégie de ne m'occuper que de moi je perds quelques mètres sur Martijn et je vois dans mon dos la frontale d'un autre coureur qui revient. Un peu plus bas nous nous retrouvons tous les 3 ensemble. Le nouveau venu est encore un coureur qui ne participe qu'à l'étape du jour et qui est donc tout frais. 

 

Juste avant d'arriver au Pont de Montvert Jean Marc surgit derrière nous. Il s'est une nouvelle fois perdu et a pu retrouver son chemin grâce à nos frontales qui l'on remis sur la bonne voie! Il repart seul devant dans les dernières centaines de mètres bien raides et techniques menant au ravitaillement où nous arrivons quelques instants après.

 

arrive-pont-de-montvert.JPG

 

J'y retrouve mon assistance mais aussi Vincent qui ne court pas l'étape et Pierre qui doit faire un peu plus tard le dernier relais de son équipe. Je change mes 2 bidons et prends un petit morceau de banane puis repars sans trop traîner. Ca descend encore un peu sur la route jusqu'au petit pont enjambant le Tarn. J'ai quand même vraiment des jambes un peu comme des bouts de bois et toujours cette contracture bien présente à l'adducteur. Je sais que la suite est en montée pendant quelques kilomètres et que je vais pouvoir soulager un peu mes cuisses.

 

J'attaque la côte en compagnie du coureur qui nous a rejoint tout à l'heure et Martijn qui a pris son temps au ravito est un peu plus loin derrière. Le jour commence à se lever et je peux éteindre ma frontale. Le chemin en lacets s'élève au-dessus de la vallée. Je monte tout en marchant avec mon nouveau compagnon dont je fais la connaissance (je ne me rappelle pas son nom alors si il lit ce CR qu'il n'hésite pas à me contacter). Plus haut notre hollandais revient et nous double en trottinant. Bien que la pente soit moins raide je continue à marcher à mon rythme sans me soucier de lui. Je profite à fond du paysage typiquement cévenol. On atteint ensuite un plateau sur lequel il faut reprendre la course. Hiensch n'est pas si loin devant et mon compagnon de Marseille (puisque c'est de là qu'il vient) suit quelques dizaines de mètres derrière. Cette partie assez plate est de courte durée, environ 1km et il faut à nouveau se lancer dans une descente. J'essaie d'être le plus souple possible pour soulager les gambettes et éviter que la gêne au niveau de l'adducteur amplifie. Mentalement je suis par contre au top. J'ai intégré dans mon esprit que ses sensations seront là jusqu'au bout et que c'est pour tout le monde pareil. Mieux, la descente me permet de grignoter mètre par mètre mon retard sur Martijn Hiensch et je le rejoins alors que nous allons en terminer et attaquer une longue ascension de 400m+ vers le Signal du Bougès (1421m).

 

On ne court que depuis 2h et il reste encore près de 57km. Alors que je ne voulais pas y songer tout à l'heure au départ j'ai maintenant bien envie d'aller gagner l'étape reine de ce Grand Trail Stevenson. Le début est sur une route bétonnée au milieu de la forêt. Ca monte quasiment tout droit, c'est dur mais je continue de trottiner parce que je me sens bien et parce que je veux tester un peu mon hollandais. Le troisième larron n'a pas pu suivre et nous le lâchons irrémédiablement. On retrouve plus haut une large piste forestière et je lâche un peu Martijn. Dans les forts pourcentages je passe quand même en marchant avant de reprendre le trot dès que possible. J'arrive au col de la Planette avec Martijn juste derrière. Les bénévoles m'encouragent par mon prénom, faut dire que je commence à être connu !

 

La suite est un aller-retour au Signal du Bougès distant d'environ 1,5km du col. Les derniers cents mètres dans les cailloux sont très raides, sans doute les pourcentages les plus durs rencontrés depuis le départ vendredi. Au sommet il ne reste qu'à faire demi-tour et revenir sur nos pas ! Je fais la descente à bonne allure, je croise plus bas notre ancien compagnon qui semble avoir du mal et un peu après les autres poursuivants parmi lesquels Emmanuel Verriere, Joel Archer, Julien Noiry ou encore l'étonnante Sylvie Quittot. On se fait signe en passant et j'estime leur retard à plus de 10 minutes. En me retournant je constate avec surprise que j'ai lâché Martijn. Il m'avait semblé qu'il n'était pas super à l'aise en descente et j'en ai la confirmation. Je sais qu'il y a 11km de descente assez roulante jusqu'à Cassagnas où se tient le prochain ravito. Je décide de ne pas relâcher mon effort car c'est dans ces parties que je suis le plus à mon avantage et que je peux faire la différence. Autour de 13km/h je trouve une bonne foulée sur une belle piste forestière qui me conduit au col du Poulio. Puis c'est un chemin plus étroit et technique qui se présente. Et là surprise alors que je sors du bois la vue sur une improbable mer de nuage s'offre à moi. Je peux voir au loin le petit sentier à flanc de montagne s'enfoncer dans la brume et je sais que dans quelques minutes c'est moi qui y pénètrerai... 

 

Photo : Faire le sommet du mont Lozère de nuit, basculer aux 1ères lueurs du jour sur la vallée du Tarn et le Pont de Monvert, puis admirer une mer de nuages avant de descendre sur le Gard par un sentier magnifique, tout en rencontrant des gens passionnants ! C'est ça la magie de l'ultra, et elle ne se raconte pas, elle se vit ! Je boucle le GTS en un temps cumulé de 22h30 pour 165km et 5000d+ en 3 jours, ce qui me place 1ère féminine :-)

 

La fin de la descente est une succession de changements de direction, tantôt sur des chemins de traverse tantôt sur des petites routes. J'ai toujours un excellent rythme et une bonne foulée malgré les jambes bien dures. Arrivé tout en bas une bénévole m'annonce qu'il me reste un bon kilomètre avant le ravitaillement et qu'il faudra ensuite revenir sur mes pas jusqu'à elle pour continuer le périple. Sympa on va encore se croiser!

 

arrivee-a-Cassagnas.JPG

 

Je retrouve Murielle et ma maman au ravito après ce kilomètre tout plat le long de la rivière Mimente. C'est presque la mi-course mais il n'est que 7h30 du mat. On a donc pas eu trop chaud pour le moment mais j'échange mon maillot Performer manches courtes contre un Ultralight sans manches en prévision de la grosse chaleur annoncée à l'approche de St Jean du Gard.

 

Je remplis tranquillement mes bidons et Murielle me donne un sandwich petit pain au lait-jambon que je commence à grignoter . Lorsque je quitte le ravitaillement après quelques minutes d'arrêt mes poursuivants ne sont toujours pas là . Je croise le premier d'entre eux un peu plus loin mais je ne le reconnais pas . Il a l'air assez frais et semble aller vite . Je me dis qu'il ne va pas falloir faiblir si je veux rester en tête jusqu'au bout . Plus loin c'est Martijn que je croise mais lui a l'air par contre bien marqué et juste après Emmanuel Verriere, Joel Archer, Julien Noiry ou encore Christophe Soulier .

 

Je profite des 2 kilomètres en léger faux plat montant sur une ancienne voie ferrée pour bien avancer mais aussi finir mon sandwich. J'arrive vite au pied de la grimpée au col des Laupies . J'y alterne marche rapide et quelques relances au trot mais toujours sans me mettre dans le rouge . Je suis surpris par le bruit d'un coureur qui arrive derrière . Mon premier réflèxe est de jeter un oeil sur son dossard et ouf! il s'agit d'un relayeur. On fait la fin de la montée en papotant, ça me permet de ne pas trop mollir et aussi de faire passer le temps . Sur le haut on débouche sur une crête avec un panorama somptueux sur les chaines de montagnes environnantes . Le chemin devient beaucoup plus large et est en faux plat descendant . Je sais qu'il n'y a que de la descente jusqu'au prochain ravito distant de presque 11km alors j'allonge à nouveau la foulée . Mon compagnon ne peut suivre et c'est autour de 13km/h que j'avale les kilomètres jusqu'au col de la Pierre Plantée où le chemin se relève un peu pour aller chercher la crête des Rocs de Dalta. Le passage est technique et je prends la plus grande précaution pour le négocier . L'adducteur est toujours sensible et des sauts de cabris sur les roches ne sont pas recommandés si je ne veux pax aggraver la gêne. Je prends même le temps de faire un petit pipi signe que l'hydratation est bonne jusqu'à présent . Une fois ce passage derrière moi je peux reprendre la course sur une pente bien raide mais beaucoup moins technique. André qui a fait la section depuis le dernier ravito m'attend quelques centaines de mètres avant St Germain de Calberte et emboite mes pas dans les derniers lacets menant au village.

 

arrive-a-St-Germain-de-Calberte.JPG

 

J'y retrouve le reste de la famille pour un ravitaillement express. Remplissage des bidons, quelques decilitres de St Yorre et de la banane, l'opération est rodée!

 

Je repars en attaquant un nouveau sandwich pain au lait-jambon mais c'est un peu bourratif en courant et je manque de m'étouffer . Heureusement à la sortie du village une petite côte sur la route me permet de marcher et de terminer tranquillement mon repas. Il fait de plus en plus chaud et je bois toujours aussi régulièrement. Dans moins de 10km il y a un nouveau point d'eau alors pas besoin de se restreindre. C'est toujours profil descendant et les kilomètres passent bien. Je ressens les effets positifs des séances de piste du mercredi sous la houlette du coach Patrick Chaunier qui me permettent une foulée efficace et économique. J'arrive à St Etienne Vallée Française par un pont surplombant une rivière et retrouve quelques centaines de mètres plus loin mon assistance ainsi que quelques bénévoles qui m'attendent devant une fontaine d'eau. Le règlement nous oblige à y prendre au moins 1l de flotte mais c'est sans contrainte que je remplis mes bidons et bois à nouveau de la St Yorre. Il reste encore 13km mais ce ne sont pas les plus faciles. Je préviens Murielle que malgré ma relative bonne forme il va me falloir au moins 1h30 pour rejoindre St Jean du Gard car il y a une belle côte à venir et quelques passages bien techniques.

 

J'ai encore bien la pêche malgré les 6h15 de course dans les gambettes et je négocie avec le sourire la longue ligne droite sur la route qui me fait quitter le dernier village avant St Jean du Gard. Puis j'attaque bille en tête la montée en lacets vers le col de Saint Pierre. Le sentier s'élève au-dessus des gorges et j'aperçois en contrebas un chanceux en train de se baigner dans la rivière. Moi je me sens bien et me surprends même à courir malgré les forts pourcentages. Si je ne lâche pas les chevaux maintenant, je ne le ferai jamais...

 

Cependant ce moment d'euphorie est de courte durée et je suis pris bientôt d'une soudaine envie de dormir... Je comprends rapidement que je suis en train de faire un début d'hypoglycémie. Peut-être qu'avec la chaleur je n'ai pas assez mangé durant les dernères heures. En tout cas j'ingurgite aussitôt un reste de barre énergétique et dans la foulée une autre barre. Quand je disais que la course ne serait pas finie tant que je ne serai pas à St Jean du Gard! J'arrive tout de même au col sans trop perdre de temps et retrouve avec surprise et beaucoup de plaisir une bénévole chargée de pointer les coureurs mais aussi de nous ravitailler en eau . Je peux donc faire à nouveau le plein pendant qu'elle m'explique avec son sympathique accent british la fin du parcours. A priori encore un peu de montée, un passage très technique puis que de la descente jusqu'à l'arrivée.

 

Je la quitte en lui souhaitant une belle journée. Je retrouve mes esprits, les barres semblent avoir fait leur effet. Heureusement car les derniers kilomètres auraient pu s'avérer très très longs... Je reprends ma vitesse de croisière et négocie bien la fin de la montée.

 

sur-la-crete-ter.JPG

 

Au sommet je débouche sur une crête et une vue magnifique. Un signaleur m'y attend et me fait un rapide topo sur ce qui m'attend. Il me conseille la plus grande prudence car la traversée sur la crête est très engagée et peut être dangereuse. Encore une fois je suis hyper prudent et ne joue pas les cascadeurs.

 

sur la crête bis

  

Mes cuisses malgré les efforts depuis 3 jours sont encore solides et acceptent de se plier sans broncher. En 160km pas la moindre crampe n'est apparue. Le top! Je savoure ce passage aérien en m'imprégnant du panorama qui m'est offert.

 

sur la crête

 

L'arrivée est proche mais cependant je ne vois toujours pas St Jean du Gard caché tout au fond de la vallée. Il reste pas mal de dénivelé négatif et j'ai encore des jambes me permettant de bien courir. Une petite remontée vient stopper mon élan mais très vite je suis à nouveau dans la descente. Je retrouve des habitations en pierre puis une petite route goudronnée signe que je touche au but. Ca y est je suis dans les ruelles de St Jean du Gard, les bénévoles me dirigent vers l'arrivée et au bout d'une petite rue étroite j'aperçois les drapeaux du Grand Trail Stevenson et son chaleureux comité d'accueil. Je lève les bras en l'air sous les applaudissements et remporte cette étape de 76km en 8h04'05" et par la même occasion le classement général sur 3 jours.

 

Je n'attends pas très longtemps avant de voir arriver Christophe Soulier puis Emmanuel Verriere qui complètent le podium du jour à moins de 6 minutes.

 

podium-copie-2.JPG

 

Joel Archer nous rejoint un peu plus tard et nous nous congratulons tous.

 

CLASSEMENT ETAPE 3

 

L'après-midi sous le chaud soleil de Lozère permet de croiser tous les coureurs qui au fil des arrivées rejoignent la grande salle où l'on peut manger et se faire masser. D'ailleurs après une bonne douche bien fraîche je repasse dans les mains des kinés. Avant la remise des prix je m'offre une petite glace en terrasse avec le reste de la famille .

 

CLASSEMENT GENERAL

 

Je ne retiens que de belles choses de ce Grand Trail Stevenson. Bien sûr il y a la victoire mais l'essentiel c'est d'avoir pris du plaisir à chaque instant. Je savais que courir entre 4h et 8h était ce que je savais faire de mieux mais je ne savais pas que j'étais capable d'enchaîner sur plusieurs jours. A refaire dans un futur proche...

 

Dans l'immédiat c'est une grosse période de récupération (même si je ne me sens pas fatigué, le repos est nécessaire pour bien finir l'année) avant une fin de saison alléchante : Nuit des Cabornes et Trail de Haute-Azergues en septembre, Intégrale des Causses en octobre et Saintélyon en décembre. Que des formats de course que j'adore!

 

Pour finir un grand bravo à tous les participants à la GTS et un énorme merci à tous les bénévoles sans qui cette aventure n'aurait pas été possible!


Publié dans courses

Partager cet article
Repost0

Grand Trail Stevenson à chaud

Publié le par yanshkov

De retour d'un long week-end de trail que je ne suis pas prêt d'oublier . 165km sur les Chemins du Grand-Trail Stevenson, un décor splendide, des conditions météo au top, une bonne ambiance entre coureurs et bénévoles, une équipe de kiné-masseurs au top ...

 

8.JPG


Je m'impose au classement général des 3 jours en remportant la 1ère et la 3ème étape (je finis 2ème de la 2ème étape) mais surtout j'ai pris du plaisir du premier au dernier kilomètre sur un format de course que je ne connaissais pas et que j'ai réussi à bien dompter .

Je prépare un compte rendu complet pour la semaine prochaine .


Place maintenant à un peu de repos après une première partie de saison pleine et réussie ...

 

chateau-de-Luc.JPG

Publié dans esprit-trail

Partager cet article
Repost0

De la Vigne aux Caves

Publié le par yanshkov

En ce dernier week-end de juin, ce ne sont pas les belles épreuves qui manquent dans la région . J'aurai pu aller faire le Grand Duc en Chartreuse, refaire le Marathon du Mont Blanc ou encore le Trail des Glaciers de la Vanoise mais c'est bien à 5km de la maison que je me rends dimanche matin pour participer à la 9ème édition de la course de la Vigne aux Caves à Anse. 

 

Trail, pas trail ? En tout cas il s'agit bien de parcourir 30km à travers les vignes et les sous-bois, sur des petites routes de campagne, des chemins de randonnées et des petits singles et de grimper et dévaler quelques petites côtes . C'est la 5ème manche du Beaujolais Endurance Tour et après ma contre performance au Trail de la Fontaine des Anes, j'espère bien ne pas me louper aujourd'hui . Depuis 1 semaine j'ai bien levé le pied niveau entraînement pour faire du jus avant le Grand Trail Stevenson qui approche et je suis donc bien reposé en ce dimanche matin . Seule ombre au tableau, des courbatures et une raideur au niveau du cou consécutifs à une chute de vélo mercredi en rentrant du boulot . Un pied qui ripe sur la pédale, je perds l'équilibre et me voilà en moins de deux jeté au sol ... Plus de peur que de mal heureusement ! 

 

Je fais un bon échauffement avant de retrouver la ligne de départ où l'organisateur et très bon coureur Jacques Clavier me questionne au micro sur ma forme avant de lâcher la centaine de concurrents . Ça part relativement doucement, en tout cas bien moins vite qu'à Rivolet il y a 3 semaines . On est un petit groupe d'une dizaine à se détacher à la sortie de Anse sur un parcours toboggan pendant environ 4km le temps de rejoindre le pied de la première côte . Je me sens assez bien et décide de ne m'occuper que de moi pour le moment afin de ne pas me mettre dans le rouge comme j'ai pu le faire sur les derniers trails . Didier Garnier du Team Endurance Villefranche prend quelques mètres d'avance . A ma main je monte en 2ème position à travers les vignes pour atteindre la célèbre Tour Chappe de Marcy . Je suis escorté par le président du club de VTT de Pommiers que je double et laisse sur place au plus fort de la pente . Une petite boucle me permet de constater que pas très loin derrière Jean-Luc Raset et un autre coureur sont à ma poursuite mais que les autres sont déjà bien décrochés .

 

Je garde Didier en point de mire et conserve ma vingtaine de secondes de retard pendant les kilomètres qui suivent . On enchaîne une courte descente en herbe au milieu des vignes et un large chemin en sous-bois avec une magnifique vue sur le Mont d'Or tout proche . D'ailleurs certains chemins me rappellent un peu ce que l'on peut retrouver dans ce massif, le dénivelé en moins .

 

On serpente aussi par moment en pleine forêt sur un single qui semble avoir été dessiné pour la course . Je prends du plaisir sur ce parcours très varié d'autant que le beau temps et la chaleur sont au rendez-vous . Je négocie bien la petite côte en ligne droite au milieu des vignes qui suit, Didier toujours 20 secondes devant et Jean-Luc pas très loin derrière . 

 

Un petit replat permet de se refaire juste avant la partie finale de l'ascension qui marque le début d'une longue section quasiment toute plate . Mon staff (Murielle, mon pote Fred et ses enfants) est là juste avant le sommet et m'encourage chaudement . Au passage je leur demande de crier bien fort quand les poursuivants passeront, histoire que je puisse mesurer mon avance sur eux ! A leurs cris j'estime à une trentaine de secondes l'écart avec moi . Je suis rassuré car je ne suis pas monté très vite mais Jean Luc n'a pas pu recoller .

 

vers-Charnay.JPG

 

Une longue portion plate débute alors et je commence à allonger un peu plus la foulée . Le tracé n'est pour autant pas monotone avec de belles traversées de forêts, de champs, encore des singles traversants au milieu de murs d'arbustes et des passages à travers les vignes et de nombreux changements de direction . Je commence à grignoter mon retard sur Didier mais décide de ne pas accélérer plus car la course est encore longue ... On traverse la route de Lachassagne au sommet de la célèbre "cuvette" où je suis passé de nombreuses fois à l'occasion du célèbre Prix Mathias-Nomblot, grande classique cycliste du début de saison il y a quelques années .  Mon staff est là et m'annonce généreusement 15" de retard (j'en ai en fait un peu plus...) . Par contre je n'entends pas leurs cris et coup de sifflet après mon passage signe que j'ai creusé un bon écart sur mes poursuivants .

 

sur-un-chemin.JPG

 

Par la suite il y a un peu moins de lignes droites et de vues dégagées et je n'aperçois Didier que de plus en plus rarement . On coupe une nouvelle petite route sur laquelle le Prix Mathias Nomblot passait en direction du mur de Graves sur Anse . C'est marrant de passer ici en courant avec un dossard près de 10 ans après ma dernière participation à la course cycliste .

 

On a déjà 19km et presque 1h22 dans les jambes depuis le départ . La suite du parcours est beaucoup plus casse-patte et enchaîne petites côtes et courtes descentes . Je commence à sentir un peu de fatigue mais je maintiens mon rythme de croisière . Didier semble avoir accéléré et je dois bien être à 1 minute environ désormais . Je sens que je n'ai pas les jambes pour finir vite et l'objectif à maintenant moins de 10 bornes de l'arrivée est de conserver ma 2ème place (ce qui serait une bonne opération au BET) et de ne pas trop taper dedans en prévision du GTS qui débute le 12 juillet . Je me retourne régulièrement et demande aux gens présents sur le bord de la route de m'indiquer si ils aperçoivent des coureurs derrière moi . La réponse est à chaque fois négative et me permet de rester serein .

 

vers-Lachassagne.JPG

 

Je retrouve mes supporters du côté de Lachassagne . Bien que mon bidon soit vide, je décide de continuer ainsi jusqu'à Marcy qui se trouve un peu plus haut . Et oui, chaque centaine de grammes compte et vaut mieux voyager léger !! Un peu plus loin, j'ai à nouveau Didier en point de mire et on m'annonce 45" sur lui . Problème, je ne peux pas aller plus vite et pire, au moment de rejoindre les ruelles de Marcy où m'attend un nouveau bidon rempli à moitié je suis pris de crampes aux mollets . Je cours sur des oeufs pendant quelques centaines de mètres avant de retrouver une foulée normale . 

 

Murielle court à mes côtés un court instant et me dit que Garnier vient juste de passer à la Tour Chappe que je vois pas très loin devant . Le parcours emprunte en descente ce que nous avons grimpé en début de course tout à l'heure . Je ne prends pas de risques inconsidérés et préfère garder des forces pour la côte qui se présente devant mes yeux . Il faut grimper le long des remparts du Château de Lachassagne . Ce n'est pas hyper raide mais avec mes crampes aux mollets je décide de passer en marchant histoire de reposer un peu mes muscles . En me retournant j'ai une vue dégagée et je ne vois personne derrière . A priori la 2ème place est assurée mais je ne suis pourtant pas complètement serein avec ses crampes . Heureusement il n'y a quasiment plus de côtes et la magnifique traversée du domaine du Château de Lachassagne me permet de relancer un peu l'allure . On a le droit à la visite éclair du caveau, accompagnée par la musique d'un petit groupe de rock .

 

En quittant Lachassagne je sais que cette fois personne ne reviendra et je peux finir les derniers kilomètres sereinement, en doublant des coureurs du 15km qui en terminent aussi .


La dernière descente passe sans encombre et je franchis la ligne d'arrivée 2ème en 2h18'13", à 2'35" de Didier Garnier . Sébastien Gallée complète le podium quelques minutes après juste devant Jean Luc Raset qui termine perclus de crampes .

 

CLASSEMENT

 

podium-copie-1.JPG

 

Le bilan est positif pour moi puisque je fais une très bonne opération au BET . Jean Luc m'avait devancé à Quincié et Villié-Morgon et je devais absolument finir devant lui aujourd'hui . C'est une bonne chose de faite ! Surtout que Serge Raynard, 2ème au classement provisoire, ne termine que 8ème et que Laurent Mayoue (3ème provisoirement) que je remercie au passage pour les encouragements était forfait pour cause de blessures . Si mathématiquement la victoire finale n'est pas acquise, c'est quand même bien parti ... Quoi qu'il en soit le BET fait une pause jusqu'au 22 Septembre et le Trail de Haute-Azergues avant l'ultime manche à l'occasion des courses du Marathon International du Beaujolais .

 

Quand à moi la coupure c'est pour bientôt après une première moitié de saison bien pleine . Mais il me reste une belle épreuve au programme avec le Grand Trail Stevenson du 12 au 14 juillet prochain . 165km et 6000m+ d'une traversée permettant de relier le Monastier sur Gazeille à St Jean du Gard via le Velay, le Gévaudan et les Cévennes . 3 jours de course qu'il va falloir bien gérer pour arriver au terme de cette belle aventure à la fois sportive, humaine et culturelle ...

Publié dans courses

Partager cet article
Repost0

De la Vigne aux Caves à chaud

Publié le par yanshkov

C'est le nom de la course à laquelle j'ai participé ce dimanche tout à côté de la maison.

 

de-la-vignes-aux-caves.JPG

 

30km très roulants sur les hauteurs de Anse, je prends une bonne 2ème place en 2h18'13" derrière Didier Garnier trop fort pour moi . Mais surtout je fais une bonne opération au BET en confortant mon avance sur mes principaux adversaires .

 

CLASSEMENTS

 

Un CR complet à venir (je vous raconterai aussi ma chute de vélo de mercredi qui m'a valu une bonne frayeur !)

 

Place maintenant à une dizaine de jours d'affûtage avant le Grand Trail Stevenson qui débute le 12 juillet ...

Partager cet article
Repost0

Trail de la Fontaine des Anes 2013

Publié le par yanshkov

Dimanche avait lieu la 3ème édition du Trail de la Fontaine des Anes . Habitué du podium sur cette épreuve dont le départ à Rivolet a lieu à 10km de la maison (3ème du 15km en 2011 et vainqueur du 34km l'année dernière), je sais que cette année il va être difficile de monter sur la boite avec la présence de François D'Haene, Mohamad Ahansal et mon collègue du Team Raidlight Augustin Guibert . En plus je sors tout juste d'une grosse crève qui m'a mis à plat la semaine dernière et empêché de m'entraîner convenablement . Je suis tout de même motivé, je connais le parcours quasiment par coeur et je dois défendre ma 1ère place au Beaujolais Endurance Tour .

 

départ photogone 

Nous sommes un peu plus de 200 sur l'aire de départ du 33km . Le ciel dégagé et la température enfin de saison me permettent de revêtir pour la première fois de l'année le débardeur Ultralight Trail Tank et ses 65g ! Le départ est donné à 8h30 et il s'en est fallu de peu pour qu'Augustin le rate pour cause d'échauffement rallongé ... Perso je ne me suis pas échauffé sachant qu'il y a 2 bons kilomètres assez plats sur route avant d'attaquer les premiers chemins . Mais François a décidé de faire la course à fond et prend immédiatement la tête entre 15 et 16km/h . Nous ne sommes que 3 à le suivre, Augustin, un jeunot avec le maillot de l'ESL Francheville et donc moi . Ahansal est derrière mais semble avoir du mal à revenir . Je me dis qu'un tel départ n'est pas forcément sérieux mais que finalement les quelques dizaines de secondes prises sur les poursuivants me permettront de gérer la longue montée vers le Col du Chatoux (km8) .

 

Après 2km de goudron, nous tournons sur la gauche et attaquons un chemin à travers les vignes se transformant rapidement en single en forêt . François ne faiblit pas et creuse un peu le trou en compagnie d'Aurélien Caillet (le nom du petit blond qui l'accompagne et que je ne connaissais pas) . Avec Augustin nous perdons quelques mètres mais rien de significatif . Un peu plus loin la pente s'accentue nettement et Augustin me passe devant et se détache à son tour . Si pour moi tout allait bien jusqu'à présent, je sens au plus fort de la pente que je n'ai pas de force dans les jambes ... J'alterne marche et course mais le trio disparaît rapidement de ma vue . Mohamad Ahansal revient sur moi mais surprise, il n'a pas l'air très bien et bien qu'il continue de trottiner malgré les pourcentages sévères je parviens à m'accrocher un moment . Malheureusement je perds quelques mètres alors que nous atteignons le sommet de la côte . Je sens que je n'ai pas les bonnes cannes aujourd'hui car à l'entrainement je passe cette bosse en trottinant et là je suis obligé de marcher . Au sommet, je vois au loin le trio de tête qui a déjà une bonne avance et ne musarde pas . Par contre derrière moi je n'aperçois personne et me dis que je vais pouvoir rejoindre le col du Chatoux en bonne position . 

 

Une petite route permet de relancer l'allure mais rapidement une nouvelle côte se présente, sur un large chemin ombragé . J'ai toujours Mohamad en point de mire et j'essaie de me motiver à courir jusqu'en haut car le pourcentage n'est pas très important . Mais aujourd'hui ça ne veut pas et je me mets à marcher (vite certes mais à marcher quand même !) . Arnaud Brémond (alias Nono) me rattrape et en profite pour faire un petit film (je n'aurai pas tout perdu dans l'affaire ... ) et un peu plus loin c'est un groupe de 5 ou 6 coureurs qui me rattrape .

 

 

(la vidéo d'Arnaud pour revivre la course de l'intérieur et me doubler vers 3'30" ...)

 

 

Il y a entre autres Didier Verchère, Serge Raynard et mon ami Philippe Lafay . Le haut de la côte n'est plus très loin mais je suis incapable de prendre le train en route, comme si je n'avais rien dans les jambes . Difficile ce début de course pour moi ... Je m'applique tout de même à bien boire et à manger régulièrement en souhaitant retrouver de bonnes sensations sous peu .

 

passage-col-du-Chatoux.JPG

 

En haut de la côte, Pascal (Photogone) m'encourage et je lui annonce que j'ai pas les jambes ! Je négocie assez bien la descente caillouteuse vers la Fontaine des Anes puis le chemin assez roulant menant au col du Chatoux où se trouve mon staff (Murielle, ma mère et André) . Je reviens d'ailleurs sur Philippe et David Vadon juste avant de traverser la route au passage du col . Juste après c'est Laurent Mayoue, compagnon des séances sur piste du mercredi qui revient sur nous . Je commence à me dire que je vais prendre cher (!!!) à l'arrivée si ça continue comme ça ... Laurent a l'air bien, dynamique et tonique et a vite fait de nous laisser sur place dans la descente . Je reste avec David et Philippe qui me taxe un peu de boisson (et ouais je lui avais pourtant bien dit de prendre à boire au départ !) . On descend bien, sans prise de risque car je me rappelle qu'il y a un an je m'étais fait une grosse entorse . Alors quitte à finir loin de l'objectif, autant ne pas se blesser ... 

 

On descend jusqu'à atteindre le ruisseau de Rebaisselet . L'endroit est très agréable et vaut le coup de s'y promener mais là pas trop le temps de musarder, il faut repartir dans une nouvelle grimpette .  Un peu raide au début, je sais que très vite ça se radoucit et que l'on peu aisément courir . Je crois un moment que les sensations reviennent et je prends quelques longueurs sur Philippe et David tandis que les autres sont finalement pas très loin devant . Mais rapidement je dois me rendre à l'évidence, pas moyen de maintenir une allure plus rapide alors que le terrain s'y prête . Philippe et David reviennent et passent même devant . Rien n'y fait, je suis encore lâché ... Je fais pratiquement toute la montée vers le Crêt Courrier en marchant et suis rattrapé juste au sommet par François Gerdeaux . Une petite descente nous conduit sur la route du col du Joncin où Murielle me tend une flasque pleine de boisson . Nous avons fait presque 14km et il en reste donc encore 19km . Bizarrement je ne me dis pas que ça va être long et j'essaie de profiter du moment présent en me disant qu'un petit miracle est encore possible ...

 

avec-Murielle.JPG

 

Un petit ravito en eau est installé au hameau de Fontelagne et les bénévoles m'encouragent par mon prénom, probablement démasqué par mon dossard n°1 ! Je les remercie mais ne m'arrête pas et profite de cette partie en faux plat descendant pour avancer un peu (vu que je suis à l'arrêt dès que ça monte ...) . Je reviens sur Philippe tandis que nous longeons le ruisseau du Badier sur un chemin vallonné au coeur de la forêt . Très vite la pente se durcit à nouveau et je dois laisser partir mes compagnons, en marchant . Les jambes n'y sont plus et la tête a du mal à suivre ... Je la passais pourtant bien cette bosse lors des reconnaissances . Mais ça, c'était avant ... Je reste malgré tout concentré, je m'alimente bien et fais attention à la pose des pieds . 

 

passage-a-la-Cantiniere.JPG

 

Je retrouve à nouveau mon staff à la Cantinière, kilomètre 18 . Il y a une bonne côte sur la route pour l'atteindre mais cette fois je la passe en trottinant . Murielle me motive et m'annonce que le groupe pour la 4ème place n'est qu'à 3 minutes devant moi et que beaucoup font la gueule !!

Malheureusement je ne peux pas accélérer ... Dommage car la suite du parcours est beaucoup plus roulante et aurait du m'avantager . D'abord une large piste forestière puis un single en balcon permettant de rejoindre St Cyr le Chatoux . Il y a juste un passage un peu plus raide au début que je passe en marchant avant de reprendre la course au sommet . Je croise Vincent Aujogues et sa compagne Anne . Il se met à courir dans mon sillage et m'encourage en me disant qu'il y a moyen de revenir sur les coureurs qui me précèdent . Je retrouve un semblant de forme et arrive à maintenir une allure un peu plus correct pour moi . Je rattrape d'ailleurs Philippe qui est cuit et m'annonce qu'il va arrêter . Un peu plus loin Vincent me laisse partir et rejoindre St Cyr le Chatoux .

 

Dans la descente sur le Cruizon je vois quelques coureurs au loin . J'allonge la foulée, sans risque sur cette route goudronnée . Ça va un peu mieux et je passe bien la petite remontée au col de Vieille Morte où le staff m'encourage .

 

Dans la descente qui suit je reviens sur François G. et le laisse tandis qu'il s'arrête quelques instants au ravito se trouvant en bas . Je prends juste un verre en passant pour me le vider sur la tête car la chaleur commence à peser . Une nouvelle côte bien raide se présente sur un single ouvert spécialement pour le trail . Elle est très courte mais fait bien mal aux jambes et j'ai du mal à recourir une fois retourné sur la route goudronnée menant aux Grands Fossés . Pas très loin devant j'aperçois 2 silhouettes dont celle de Serge Raynard, actuellement 2ème du Maxi-Bet . En temps normal j'aurai bon espoir de revenir sur eux mais je suis toujours bloqué avec le frein à main . Je repense à la réflexion de Yohann Metay dans son spectacle comique "La Tragédie du dossard 512" et me disant qu'à la vitesse où j'avance, des charentaises seraient largement suffisantes !

 

aux-grands-fosses.JPG

 

Il reste environ 6km et je jette un oeil à ma montre et me console en me disant que malgré tout je serai sous les 3h . J'ai un peu de mal sur le faux plat menant au pied de la redoutable côte du Failly mais je m'oblige à courir pour tenter de finir sur une bonne note . Par contre dans le Failly, dur dur . A l'entraînement je dois la monter en 3 minutes mais là, avec le soleil qui tape et la fatigue je mets beaucoup plus . Heureusement en haut, je sais que c'est pratiquement fini et qu'à part la très courte remontée à la Chapelle de St Bonnet, il n'y a plus de difficulté majeure . Je relance correctement dans la descente vers le col du St Bonnet et rejoins rapidement la chapelle du même nom où se tient un ultime point d'eau . Cette fois je m'arrête quelques secondes pour boire et m'arroser à nouveau . Puis je plonge dans la descente caillouteuse vers Montmelas, au milieu de genêts en fleur qui recouverts d'eau me rafraîchissent au passage . J'ai un coureur en point de mire et je me fixe comme dernier objectif de le rattraper , histoire de finir au moins dans le top 10 . 

 

J'accélère un peu, sans prendre de risque insensé et reviens sur lui (Sébastien Gallée) alors que nous empruntons un dernier passage plat sur route . Je l'encourage en passant mais force un peu l'allure histoire de faire le trou et d'être tranquille pour la descente finale sur Rivolet au milieu des vignes . Musculairement je suis bien, pas de crampes ni de muscles raides et je négocie la descente sans problème . Un dernier petit raidillon nous fait remonter juste au dessus de l'arrivée où il ne me reste plus qu'à plonger sous les applaudissements des spectateurs et d'en terminer à la 10ème place, après 33km et 2h55'59" de course .

 

arrivee-copie-1.JPG

 

Je suis bien évidemment déçu car j'attendais mieux aujourd'hui (15 minutes de plus qu'en 2012 alors que le parcours était plus long et avec un peu plus de dénivelé) et que la 4ème place était largement à ma portée et m'aurait permis de marquer des points précieux au BET, surtout en l'absence de Jean-Luc Raset . Il va falloir vite rebondir à l'occasion de la 5ème manche, sur le parcours roulant de la course d'Anse (De la Vigne aux Caves) .

 

Malgré tout, la journée a été agréable, avec la famille et les amis et sur un parcours magnifique que je vous invite à venir découvrir en 2014 pour la 4ème édition .

 

Un coup de chapeau à François qui a pris la course très au sérieux et n'a pas fait semblant, à Aurélien Caillet que je ne connaissais pas mais dont on va très vite reparler croyez moi, à Augustin pour son nouveau podium, à Laurent Mayoue qui progresse sur les sentiers et me grapille des points au classement du BET et à Serge Raynard qui fait de même !

 

Bravo aussi à toute l'équipe organisatrice pour cette belle journée ...

 

CLASSEMENT

 

Heureusement l'honneur de la famille est sauf puisque l'après-midi, mon beau frère Vincent (2ème en partant de la gauche) remporte haut la main le concours de la plus belle barbichette organisé à St Cyr le Chatoux à l'occasion de la fête de la chèvre !

 

barbichettes-copie-1.JPG

Partager cet article
Repost0

Trail de la Fontaine des Anes à chaud

Publié le par yanshkov

Dure dure cette 3ème édition du Trail de Rivolet ! Du lourd au départ avec François D'Haene, Mohamad Ahansal, mon collègue de Team Augustin Guibert et la révélation Aurélien Caillet, un parcours magnifique et exigeant mais surtout une panne totale de jambes pour moi qui me vaut une 10ème place (33km 1400m+ 2h56) loin de mes ambitions du jour . Mais je n'avais sans doute pas récupéré d'une grosse crève m'ayant bien fatigué la semaine dernière . Y'aura des jours meilleurs ...


au col du Chatoux

   

CR complet à venir dans la semaine ... 

 

CLASSEMENT 

Partager cet article
Repost0

Trail du Fût d'Avenas 2013

Publié le par yanshkov

 

logo-copie-1

 

En ce dimanche de Pentecôte, nous sommes  près de 450 coureurs à nous présenter au départ de ce nouveau trail organisé par l'association Week-End Beaujolais . La pluie de la veille n'a pas attiré beaucoup de cyclos samedi sur les pentes du col du Fût d'Avenas à l'occasion de la cyclo-sportive organisée en parallèle mais les traileurs savent braver les intempéries et sont au rendez-vous avec le beau temps (presque) revenu .

 

L'épreuve propose 3 distances, 36, 24 et 12 km et compte pour le Beaujolais Endurance Tour dont j'occupe la tête du classement après 2 épreuves . Ce trail a une saveur particulière aussi pour moi puisqu'il passe par Avenas où j'ai vécu les 6 premières années de ma vie et où mon père repose depuis 1994 ...  

 

depart-copie-1.JPG

 

depart--philippe-et-didier-.JPG

 

8h30 le départ est donné . Je me cale de suite derrière les "routiers" Philippe Barbet et Didier Girard qui sont inscrits sur le 24km (le départ est commun aux 2 distances) . Ca descend légèrement pour quitter le village et rejoindre les premières vignes . Éric Grandjean, organisateur de l'épreuve, nous ouvre la voie en VTT . Ca tournicote un peu entre les rangées de vignes et les flaques d'eau et Stéphane Vinot se fait une petite frayeur en chutant . Il se relève heureusement très vite .  Je suis concentré derrière mes 2 lièvres et leur allure soutenue me va bien . C'est ma stratégie du jour que de partir un peu vite et creuser rapidement l'écart sur les poursuivants . Les premières petites côtes se présentent et ça ne suit pas derrière et nous commençons à bien nous détacher avec Didier et Philippe . Un peu plus loin, je commence quand même à avoir du mal à tenir le rythme et les jambes un peu lourdes et mes compagnons se détachent lentement . Je ne m'affole pas et reste concentré sur mon effort même si les 30 secondes à peine d'avance que j'ai sur la meute lancée à mes trousses ne me satisfait pas . Il faut que je maintienne cet écart le plus longtemps possible, jusqu'à ce que ça craque derrière .

 

Le parcours alterne entre petites côtes très courtes au milieu des vignes et passages plus roulants où j'essaie de relancer . La végétation commence à changer et nous laissons les vignes pour nous retrouver dans la forêt . Je me retourne de temps en temps et constate qu'il y a 4 ou 5 gars pas très loin derrière qui ne lâchent pas l'affaire !! 

 

J'arrive au Col de Durbize (km 10) où une belle côte bien raide au milieu des genêts se présente . Bien que je continue de trottiner, sautillant de rochers en rochers, je vois fondre sur moi mes copains Philippe Lafay, Stef Vinot et Vincent Aujogues . Ils ont l'air pas mal et je me cale alors dans leur sillage . On monte vraiment à un bon rythme et j'ai les cuisses qui brûlent bien . J'alterne avec un peu de marche rapide pour ne pas exploser en vole . Un peu plus haut, c'est Jean-Luc Raset qui recolle, juste au moment d'arriver sur une partie plus vallonée . Dans la tête et les jambes, c'est un peu dur à ce moment là et je perds alors quelques centaines de mètres sur mes concurrents . Je commence à me dire qu'il va être très dur de monter sur le podium aujourd'hui et qu'avec Jean-Luc devant, je fais une mauvaise opération au BET . Je retrouve Murielle et ma maman qui m'encouragent puis j'arrive au col du Fût d'Avenas . Didier Girard et Philippe Barbet ont bifurqué à gauche sur le 24km, de même que Philippe qui doit rentrer vite pour un resto en famille (sans quoi je pense qu'il m'aurait donné du fil à retordre !!) . Je passe donc en 4ème position . 

 

4-en-tete-au-fut-d-Avenas.JPG

  Jean Luc Raset et Vincent Aujogues en tête, je m'accroche au loin ...

 

passage-au-fut.JPG

 

J'arrive à hausser un peu l'allure au moment d'aborder la descente et en quelques centaines de mètres sur route, je recolle à la tête de course . Ouf, j'ai bien cru que j'allais me taper les 20 kilomètres restant tout seul en chasse-patate !!

On entame une bonne descente sur un chemin bien boueux et plein de flaques . Je suis pas mal, je commence à prendre goût à ces conditions de course . Jean-Luc est décroché et navigue à une centaine de mètre derrière nous . 

 

Stef mène l'allure, je suis calé dans son sillage et Vincent reste juste derrière . Le parcours est plaisant, bien vallonné au milieu des prés et à travers la forêt . Nous remontons un chemin caillouteux transformé en ruisseau par les précipitations des dernières semaines . Le rythme moins soutenu qu'en début d'épreuve me convient bien et je sais que je dois m'accrocher jusqu'à la Croix de Rochefort, point culminant de la course, car après le profil me va bien . Bien que l'on soit entre potes, nous ne sommes pas trop bavard et chacun reste concentré .

 

trio-de-tete.jpg

dans le trio de tête

 

On retraverse la route d'Avenas et attaquons un bon kilomètre sur une large piste . Je remonte un moment à côté de Stef qui a l'air bien puis je me recale dans son sillage . On se retourne pour constater l'écart avec Jean-Luc . Le bougre n'est vraiment pas loin et fait de la résistance, va pas falloir mollir !

 

On laisse la piste pour un petit single assez plat sur herbe . Vincent , en retrait depuis quelques temps prend la tête et accélère un peu . Il est facile et je n'arrive pas à garder le contact , tout comme Stef qui craque un peu . Je reste dans ma bulle en me répétant que la Croix de Rochefort n'est plus très loin et qu'après il ne reste pratiquement qu'à descendre . Vincent s'éloigne petit à petit et profite d'une côte bien raide pour faire le trou . Alors que nous marchons, il trottine jusqu'en haut et relance sans coup férir . Je serre les dents sur les dernières centaines de mètres moins durs qui mènent à la Croix et je sens le souffle de Raset dans mon dos .

 

Ouf, le sommet ! Je peux m'élancer dans la descente . C'est pas très raide, il faut courir mais j'apprécie ce genre de terrain d'autant que je suis réconcilié avec mes chevilles depuis quelques temps . Je reviens rapidement sur Stefqui m'avait légèrement décramponné et je ne sens plus Jean Luc derrière moi . Malheureusement, je ne peux pas aller plus vite, comme si j'étais bridé . Je n'ai pas beaucoup bu ni manger depuis le départ et peut être que j'en subi les conséquences . Dans une ligne droite, on aperçoit Vincent au loin et Stef me motive en me disant qu'on peut aller le chercher, qu'il faut accélérer . Lui le peut mais pas moi !  

   

Trail du Fût d'Avenas 2013 031

Vincent bien parti ... 

 

derriere-stef.JPG

Accélération de Stéphane

 

Stef hausse le ton et me laisse sur place alors que nous repassons au Col du Fût d'Avenas . Murielle me tend un bidon mais le mien est encore suffisamment plein pour le final . Je suis bien encouragé, notamment par les copains du club de triathlon de Villefranche .

 

Je garde Stef en point de mire et ne désespère pas de revenir dans la longue descente sur Chiroubles . Mais rien ni fait, je n'arrive pas à accélérer plus . Je négocie pourtant bien les derniers passages un peu techniques mais Stef est en forme et fonce . Plus qu'un objectif désormais, conserver ma 3ème place synonyme de podium et de points précieux pour le BET . 

 

Une longue portion sur route permet d'allonger la foulée et en me retournant je vois Jean Luc qui j'estime à une trentaine de secondes . Beaucoup et peu à la fois quand on sait qu'il reste 6 ou 7 kilomètres . Je commence à doubler quelques marcheurs mais aussi les derniers du 24km que j'encourage au passage . D'un coup je sens que l'un d'eux m'emboite le pas et me suit . J'ai du mal à le croire et en me retournant je reconnais Jean-Luc ! Il a fait une descente de fou et le voilà revenu sur moi . Nouveau petit coup au moral pour moi . Je reste devant imposant mon rythme et il se cale dans ma foulée, probablement pour récupérer un peu . Mais un peu plus loin, il attaque et je dois me faire violence pour rester dans son sillage . Une petite côte casse l'allure et Jean Luc ralenti nettement . J'en profite alors pour repasser devant et lui montrer que je ne baisse pas les bras .

 

On attaque les derniers kilomètres à découvert à travers les vignes . Devant je constate que Stef est en train de fondre sur Vincent ! Moi je maintiens la cadence pour éviter une nouvelle accélération de Raset . Ca marche un moment mais Jean Luc, plein de ressources et dans son syle bien tonique m'en remet une bonne . Cette fois je ne peux pas y aller et je dois le laisser partir ... Devant Stef a pris la tête et Vincent semble accuser le coup . Jean Luc revient sur lui assez vite, juste au moment d'attaquer la petite côte du Py . Rien de bien méchant, un simple mamelon surplombant le village mais après 32km à 13km/h de moyenne, on le sent passer !

 

Vincent est juste devant moi et se met à marcher . Je m'oblige à courir jusqu'à recoller à ses baskets et je le double alors que l'on est en haut . Je l'encourage à s'accrocher mais il est cuit et j'arrive à bien relancer . Il ne reste qu'une petite descente à travers les vignes à bien négocier et nous rejoignons les ruelles de Villié-Morgon . La voix du speaker annonçant l'arrivée de Stef puis de Jean Luc se fait entendre . J'arrive à mon tour dans la belle dernière ligne droite tracé dans le parc municipal, des mains se tendent et je me déporte pour les taper au passage . J'en termine après 34km et 2h39'30" de course .

 

arrivee.JPG

 

Je retrouve Stef que je félicite chaleureusement . Il est en grande forme depuis quelques temps et c'est un peu moi qui lui avait dit de venir me défier sur mes terres !! Vincent arrive juste après, le sourire aux lèvres malgré les derniers kilomètres difficiles .

 

avec-Vince-et-Stef.JPG

on s'est bien tiré la bourre !  

 

On se félicite aussi avec Jean Luc . Il ne lui a pas manqué grand chose pour venir coiffer Stef sur le fil . Et dire qu'il m'annonçait au départ que la course serait trop longue pour lui ..

 

avec-jean-luc.JPG

ça va être chaud en tête du maxi-bet ! 

 

A titre personnel je suis bien content d'avoir pu participer à la course en tête, c'est la première fois de l'année . Même si je ne suis pas au top, ça vient doucement ... Et puis courir avec les potes, c'est bien sympa aussi !

 

Au niveau du BET, le bilan est un peu plus mitigé . Je garde bien sûr la tête du classement mais Jean Luc me reprend encore des points et il va falloir le devancer sur les prochaines épreuves ... Ca va être chaud ! Rendez vous donc le 9 juin à Rivolet pour le Trail de la Fontaine des Anes . Et pour vous prouver comme je suis motivé, je suis allé reconnaître le parcours dès le lendemain en compagnie de François D'Haene !

 

Un grand bravo aux organisateurs de cette première édition pleinement réussi . Ne changez rien !

 

CLASSEMENT

Publié dans courses

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>