Sur les Traces Des Ducs de Savoie 2011

Publié le par yanshkov

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Jeudi 25 Août 2011, je suis à Courmayeur sur la ligne de départ de la TDS (Sur les Traces des Ducs de Savoie), à quelques minutes du départ . Cette course et ses 112km et 7000m+ sont mon objectif de l'année, j'y pense depuis cet hiver et y être enfin a quelque chose de libérateur ! Cependant tout n'a pas été rose dans l'approche de l'objectif en commençant par une nouvelle bonne entorse de la cheville au mois de Mai, un début de tendinite au releveur droit durant ma grosse semaine pyrénéenne avec la Lémur Team en Juillet et aussi une grosse fatigue ces dernières semaines, en témoigne ma piètre performance au Trail de la Frison Roche début Août . Beaucoup d'incertitude au fond de moi mais je me suis bien reposé ces derniers jours et j'ai quand même l'espoir de faire une belle course aux alentours de 16h et pourquoi pas de rentrer dans le top 10 qui signifierait un podium sur la Place du Triangle de l'Amitié à Chamonix . J'ai bien étudié le parcours, me suis fixé une stratégie de course avec des temps de passage . Si je parviens à les respecter je ne serais vraiment pas loin d'atteindre les objectifs .

  

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Au départ l'ambiance est détendue . Nous sommes 1200 à prendre le départ mais ça ne se bouscule pas pour venir se placer sous l'arche de départ . Je suis avec mon pote Juju avec qui j'ai pris le bus à Chamonix ce matin et je retrouve quelques connaissances comme Bruno Caillet de Raidlight, Bruno Durand, Xavier Marchand alias Zazarunning, Franck Bussière (Team Asics), Stéphane Evêque Mourroux ou encore Damien Trivel . Ma chérie et ma maman qui vont m'assister toute la journée sont là aussi . La pression monte avec les hymnes nationaux italiens et français  . A 9h le départ est enfin donné ... !

  

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Malgré le nombreux public de chaque côté de la route, la musique à fond et l'hélicoptère juste au-dessus de nos têtes, le départ n'est pas très rapide . Je suis de suite aux avant-postes sans trop le vouloir mais un oeil au cardio me rassure, je suis tranquille ... La première ascension de la journée se présente dès la sortie de Courmayeur . Je prends mes bâtons et marche dès le pied en essayant d'être le plus facile possible . Juju est à mes côtés ainsi que Damien Trivel que je retrouve avec plaisir 2 mois après le TGV . Le début du parcours sur de larges pistes de ski n'est pas très joli alors on discute un peu entre nous . Il fait déjà bien chaud et je m'applique à boire le plus régulièrement possible, alternant eau pure et malto .

 

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Je passe au Col Chécrouit en 19ème position . Je ne m'arrête pas au ravito, je prends juste le soin de jeter la peau de la banane que je suis en train de manger ... Damien et Juju sont un peu distancés mais je continue à mon rythme . La suite est plus facile sur un petit chemin vallonné . Je relance en courant régulièrement et profite cette fois du magnifique panorama sur le glacier du Miage . Nous quittons plus loin le chemin (qu'emprunteront dans quelques jours les coureurs de l'UTMB) pour la partie finale vers le Col de la Youlaz . 

 

C'est beaucoup plus raide et tout dans la caillasse mais je me sens bien et sans trop forcer grignote 2 places . J'atteins le sommet à 2661m après 1h45 de course . Il y a pas mal de vent sur la partie dégagée du col et je ne traîne pas pour me lancer dans la descente vers la Thuile . Une fois à l'abri je prends quelques instants pour une petite pause pipi . Une fois soulagé, je me lance dans la descente . C'est pas très raide, il faut allonger la foulée et passer par moment au milieu des troupeaux de vaches un peu étonnées !! Je double encore 2 coureurs et en ai un troisième en ligne de mire . La fin de la descente comporte beaucoup de goudron et j'essaie tant bien que mal de ne pas trop exploser mes cuisses . J'arrive finalement à la Thuile en 14ème position après 1h39 de course . J'avais prévu au mieux d'y être en 1h45 donc tout va bien . 

 

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Il y a beaucoup de monde au ravito pour encourager, c'est sympa . Je refais le plein des bidons (750ml d'eau et 750ml de malto) et remplis ma petite tasse avec du coca . Je ne m'arrête pas longtemps et je quitte le ravito en marchant et retrouve juste à la sortie ma mère et Murielle qui me tend un petit pain au lait avec du jambon . Je le grignote tout en continuant à marcher d'un bon pas .  

 

L'ascension vers le Col du Petit Saint Bernard commence dès la sortie du ravito . Il fait de plus en plus chaud et le début du col n'est pas très marrant, on coupe à plusieurs reprises la route goudronnée . Ca permet cependant à mon assistance de m'encourager de la voiture un peu plus haut . Dès que possible, c'est à dire à chaque passage près d'un lavoir ou d'une rivière, je plonge ma casquette dans l'eau et me la replace illico sur la tête pour me rafraîchir !

 

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Alors que le parcours s'éloigne enfin un peu de la route, je rejoins et double un concurrent . Cette grimpée vers le Petit St Bernard n'est pas très régulière et altèrne montées raides en forêt et passages roulants sur larges chemins . J'ai une petite gêne derrière le pied droit et je passe mon doigt à plusieurs reprises entre le pied et la chaussure pensant y enlever un petit caillou . Mais il n'y a rien et je décide alors de retirer ma chaussure et constate que c'est une ampoule qui est la cause de ma gêne . Je n'ai mal que dans les forts pourcentages et c'est tout à fait supportable alors je ne m'inquiète pas plus que ça . J'informe Murielle par téléphone que je changerai sans doute de chaussures au prochain ravito . Durant cet épisode je fais un peu le yoyo avec mon compagnon de route mais une fois reparti pour de bon, je me retrouve seul en direction du sommet .

 

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Au loin j'aperçois un coureur mais il y a quelques minutes qui nous sépare et c'est tout seul que j'arrive au Col du Petit St Bernard (2188m) après 30km de course et un tableau de marche totalement respecté . Je fais le plein des bidons, mange une banane et échange quelques mots avec Murielle . Je décide de garder mes chaussures jusqu'à Bourg Saint Maurice puisqu'il n'y a que de la descente pour y arriver . Le seul truc qui m'embête c'est que je suis tout seul, personne devant et personne derrière, la route va être longue ...

 

 

 

vidéo du passage au Col du Petit Saint Bernard (c'est moi qui passe au bout d'1'20")

 

Je cours à bonne allure tout en économisant les cuisses dans la descente sur la Voie Romaine menant dans la vallée de la Haute Tarentaise . Il n'y a aucune technicité et c'est avec plaisir que je constate que ma cheville gauche me laisse tranquille pour le moment . L'approche vers Bourg Saint Maurice n'est pas très drôle  avec un peu de route pour traverser des petites villages et une température de plus en plus lourde . Il doit bien faire 38°C et je plonge carrément ma tête dans un bassin pour me rafraichir . Je fais les 2 derniers kilomètres tout plat pour rejoindre le centre-ville de Bourg St Maurice en alternant marche et course car je veux m'économiser au maximum et il ne sert à rien de faire un effort trop important si loin de l'arrivée et sous une telle chaleur . Je suis quand même bien content d'arriver au ravito où m'attendent Murielle et ma maman . Tout est prêt, je n'ai qu'à m'asseoir sur un banc, ma chérie me tend tout ce dont j'ai besoin . 

 

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Elle m'aide à changer de chaussettes et de chaussures car j'ai des prémices de crampes . Je bois de la St Yorre et du Coca et fais le plein des bidons . Un autre concurrent est encore là et je vois à son visage qu'il semble bien marqué . Alors que je m'apprête à repartir, voilà que mon Juju arrive . Je suis bien content de le voir si bien placé mais je me rends compte très rapidement à sa mine toute fraîche qu'il a fait la descente en voiture climatisée ! 

 

A la sortie du ravito où je ne serais resté que 5 minutes, j'ai le droit au contrôle rapide du sac . Pas de souci, je joue le jeu et j'ai sur moi tout le matos obligatoire .  Puis c'est parti pour la très longue ascension vers le Passeur de Pralognan ... 

 

Mentalement je suis prêt pour ce qui doit être à ce moment de la course une longue rando . L'objectif est de  rejoindre le Cormet de Roselend pas trop entamé et les 17kms qui m'en séparent doivent être bien gérés . C'est donc en marche rapide que j'attaque l'ascension passant au préalable au Fort du Truc . C'est à ce moment là qu'une petite sonnerie m'indique qu'un SMS vient d'arriver sur mon portable . Je le consulte illico . C'est un message de l'organisation indiquant qu'en raison des risques d'orages sur le Passeur de Pralognan, le parcours est dévié avant le Fort du Truc jusqu'au Cormet de Roselend et qu'il faut suivre le balisage . Je me dis que finalement ça va être moins dur et que ça va enlever un peu de dénivelé ... 

 

Je fais une bonne montée (a priori un des 2 meilleurs temps de l'épreuve) malgré toujours cette chaleur écrasante . J'avale les 3km et 600m+ menant au Fort en à peine 50 minutes mais je ne rattrape personne . Je croise quand même l'italien Daniele Fornoni qui vient d'abandonner et redescend en ville ... Dans la traversée d'un petit hameau je me fais remplir mes bidons par un bonhomme en train d'arroser . Il n'y a aucun ravito prévu avant le Cormet de Roselend alors mieux vaut être prévoyant . 

 

On attaque ensuite une longue descente goudronnée sur une petite route . J'ai quelques points au ventre (je n'arrive décidément pas à régler ce problème, peut être dû au maillot tout mouillé au contact du ventre ?) mais rien de trop handicapant . J'ai un concurrent en point de mire et je ne tarde pas à le rattraper et à le laisser sur place non sans avoir pris soin d'échanger quelques mots . Je suis surpris car on descend beaucoup et je me demande bien par où nous allons passer pour aller au Cormet ... Je comprends vite ce qui nous attend lorsque la petite route débouche sur la grande route goudronnée menant au sommet . Les bénévoles postés là m'indiquent 800m difficiles ... C'est la distance ou le dénivelé ?? Je crois bien que c'est le dénivelé car question kilométrage, une borne destinée aux cyclistes indique qu'il reste 14km pour atteindre les 1977m du mythique col ! 

 

Pas question de courir sur cette partie asphaltée à 8% de moyenne sous peine de se griller complètement . Je marche d'un bon pas, en un peu moins de 10' au kilomètre en essayant de prendre les meilleurs trajectoires possibles dans les courbes et en faisant attention aux voitures et aux cyclistes . Je suis une fois de plus tout seul mais un cycliste me tient compagnie quelques minutes (je monte presque aussi vite que lui !!) et m'avoue à plusieurs reprises son admiration par des  "oh , it's very impressionnant !!" .

 

Le ciel commence à se couvrir et le vent à se lever ... Des petites gouttes tombent et je m'arrête pour enfiler ma veste coupe-vent . Sur un passage plus plat, je me motive pour relancer et courir un peu histoire de briser un peu la monotonie de cette longue ascension ... On quitte enfin la route principale pour rejoindre les Chapieux et bien que la route soit complètement plate, je continue en marchant et en relançant en courant qu'à de rares endroits . Peut-être le fait d'être en solo depuis de longues heures . En tout cas je suis bien content quand un mec revient de derrière alors que nous traversons les Chapieux où tentes et barrières sont prêtes à recevoir l'UTMB dès demain . Pour nous ce n'est pas la grosse effervescence, il va falloir attendre d'être au Cormet pour se ravitailler ... Il pleut de plus en plus et ça fait un bien fou après la canicule de la journée . J'ouvre les bras en croix pour en profiter au maximum, comme si j'attendais cette pluie depuis des mois !

 

Nous grimpons désormais sur le petit chemin qui descend du Refuge de la Croix du Bonhomme quand on fait le tour du Mont-Blanc . Nous revenons sur un autre concurrent qui semble à la peine et en le doublant je m'aperçois que c'est Jérome Challier, un des favoris du Team Lafuma . Je lui demande si c'est sa cheville qui l'embête (il revient d'une grosse entorse) et me répond fataliste qu'elle va super bien mais que c'est lui qui est mort . Le fait de commencer à revenir sur des coureurs et la pluie rafraichissante font que je retrouve des sensations et j'accélère un peu si bien que je repars à nouveau tout seul . Un peu plus haut, je retrouve la route du col pas mécontent d'arriver mais la borne kilométrique indiquant qu'il reste 3 kms me calme vite ! Pour autant je maintiens la cadence et me motive même à alterner 100m de marche avec 100m de course pour parvenir au sommet .

 

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J'y arrive enfin sous les encouragements de Juju après 8h53' de course . Il y a aussi mon pote Manu Odin qui est là et me motive à bloc en me disant que je fais une belle remontée et que je suis 10ème ... Un petit détour dans un pré et me voilà à l'entrée de la tente où Murielle et le ravito m'attendent ... Je constate qu'il y a quelques coureurs encore là dont Bruno Durand (Chamois du Nivolet) . Je suis surpris et il m'annonce qu'il a quelques soucis et qu'il hésite à repartir ... J'échange mon maillot mouillé pour un tout sec et fait à nouveau le plein de bidons avec mélange eau+coca . Mon arrêt dure environ 6 minutes . Je quitte le ravito sous le soleil enfin revenu et me lance dans la partie finale de la TDS . Il ne reste à priori qu'une cinquantaine de kilomètres mais les 67km déjà parcourus ont laissé quelques traces ...

 

La suite du parcours à travers le massif du Beaufortain est la plus technique de la course . Il faut pour commencer grimper les 300m+ vers le Col de la Sauce (gravi sur l'Ultra Tour du Beaufortain mais par un autre versant) . Bruno qui est finalement reparti et un autre coureur sont devant moi à quelques minutes et je me sers de ce point de mire pour avancer . Mais Bruno, toujours impressionnant va plus vite que moi mais je double l'autre gars (Hervé Hassadi, organisateur de l'Ultra Côte d'Or) un peu avant le sommet du col ... Bizarrement je ne suis pas hyper à l'aise dans la descente menant au hameau de la Gitte . Toujours l'impression d'avoir le frein à main serré et seules les quelques parties planes me permettent de ne pas trop perdre de temps . Hassadi me repasse un peu plus loin puis au passage du Curé c'est Pierre Aubéry du Team Altec qui me double sans que j'arrive à m'accrocher . 

 

Je suis donc bien content d'en finir avec la descente et d'arriver à la Gitte où se tient un petit ravito liquide . Protocole habituel pour moi, c'est à dire remplissage express des bidons avant de partir à l'assaut d'une longue montée ... Au pied je croise Thierry Bochet (vainqueur 2010 de l'Ultra Tour du Beaufortain) qui m'accompagne quelques mètres et me donne le classement et me fait un rapide topo sur le parcours jusqu'au Col du Joly . A priori c'est pas facile, avec une grimpée en 2 fois et un sentier vallonné ne laissant que très peu de répit . Il me souhaite bonne chance et je fais de même pour son UTMB . 

 

Ca grimpe sévère dans les alpages et je reviens assez rapidement sur Hervé Hassadi . Je reste un petit moment dans son sillage avant d'accélérer un peu à proximité du sommet du Col Est de la Gittaz . Les bénévoles ont monté une grosse tente jaune que l'on voit de loin et s'apprêtent à accueillir les coureurs durant toute la nuit . Au passage ils me pointent et m'indiquent que je suis alors 9ème . Pour le moment tout roule ...

 

Je négocie beaucoup mieux la descente suivante et personne ne me revient dessus cette fois . Encore presque 200m+ de grimpette et je retrouve le sentier en balcon menant au col du Joly et que j'avais emprunté l'année dernière sur l'UTB en compagnie de Guillaume Millet . Une petite faute d'inattention me fait trébucher et je me rattrape tant bien que mal sur un gros cairn . Mais d'horribles crampes viennent me tétaniser les ischios ! Il me faut plusieurs secondes pour récupérer et au moment de repartir je me sens en état d'hypoglycémie . Heureusement le ravito du Joly est en vu au loin et le coca restant au fond du bidon me permet de l'atteindre correctement . Il fait nuit depuis quelques minutes et la frontale est désormais allumée sur ma tête . Je rentre dans la tente où est dressé le ravitaillement toujours en 9ème position après 12h15 de course . On me met une balise GPS dans mon sac pour le suivi des premiers . Depuis le Cormet de Roselend je suis moins rapide que mon tableau de marche mais l'important désormais est de conserver ma place dans le top 10 synonyme de podium à Chamonix ... Je prends quand même le temps de m'asseoir sur un banc et de boire 2 soupes bien chaudes . Mon assistance n'est pas là mais les bénévoles présents ici sont aux petits soins . Je fais le plein des bidons et repart après presque 7 minutes, au moment où j'entends que mes poursuivants arrivent, l'objectif étant de ne pas leur servir de point de mire !

 

Je m'engage dans la descente, il fait nuit noire mais ma frontale (Petzl Myo RXP) éclaire suffisamment bien . Il n'y a que 8 km pour rejoindre les Contamines et le prochain ravito mais les 800m de dénivelé négatif vers Notre Dame de la Gorge sont difficiles et techniques . J'y perds beaucoup de temps, pas assez à l'aise et aussi un peu fatigué . Par chance je croise Benoit de Préville au niveau de Notre Dame, nous ne nous sommes pas revus depuis l'Ultra de Belle-Ile mais avons échangé quelques fois par mails . Ses encouragements me motivent et je parviens à accélérer un peu l'allure, d'autant que c'est un faux plat descendant très roulant qui nous conduit aux Contamines . Par contre un mec est revenu de l'arrière après une bonne descente et c'est donc à 2 que nous retrouvons l'effervescence de ce nouveau ravitaillement .

 

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Je retrouve Murielle, ma maman et Juju avec plaisir, ça fait presque 5 heures que je les ai laissés au Cormet de Roselend . Je bois une nouvelle fois de la soupe et remplis mes bidons . Je ne m'arrête pas longtemps car je vois débouler 2 coureurs dont Damien Trivel qui semble encore très frais . Je suis beaucoup moins bien et ma mère m'avouera après l'arrivée que je leur ai fait un peu peur avec mon regard dans le vide !!! En repartant je tape sur l'épaule de Damien et lui dit à tout à l'heure ... 

 

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Je m'élance pour la dernière grosse difficulté de la course, le col du Tricot (2115m) et ses 1150m+ . Ce n'est pas trop raide au début sur un large chemin . Damien revient rapidement ainsi que le suisse Pascal Pittet qui m'accompagnait tout à l'heure . On échange 2 ou 3 mots mais Damien semble vraiment bien et a vite fait de me décrocher et de disparaitre de mon faisceau lumineux . L'autre me décroche plus lentement mais je prends quand même un petit coup au moral en ce début de grimpée car je suis désormais 11ème . Pour autant j'essaie de ne rien lâcher et continue à bien m'alimenter (pratiquement que du liquide depuis un moment) . Je passe à côté des Chalets des Trucs et attaque la courte descente vers les Chalets de Miage . A peine 200m négatifs mais je descends trop mal et ne peut éviter le retour d'un nouveau coureur (en l'occurrence le haut-savoyard Olivier Meynet) ... Je me motive en me disant qu'il ne reste plus qu'une montée et qu'après ce sera presque fini ... Je grimpe d'ailleurs encore pas trop mal, à un peu plus de 650m+/h les dernières centaines de mètres menant au sommet du Tricot . C'est hyper raide et avec le ciel superbement étoilé j'ai du mal à distinguer les frontales au loin ... J'atteins enfin le col où je retrouve avec surprise Pascal Pittet . C'est pas plus mal, on va pouvoir se motiver à 2 ... Les choses sont simples désormais, il reste 16km et pratiquement que de la descente . 

 

En fait jusqu'à Bellevue, c'est plutôt vallonné et au gré du relief nous faisons le yoyo avec Pascal ... Moi devant quand ça monte, lui revient dans les descentes . Nous passons sur la passerelle mouvante surplombant la cascade de Bionnassay et au bruit que fait l'eau sous nos pieds, je me dis qu'il doit  y avoir un sacré débit ! L'ultime descente sur les Houches ne m'est pas favorable avec toutes ces racines et je dois laisser partir mon compagnon de route, ça serait trop bête de se blesser maintenant ... Heureusement la partie finale est sur une petite route goudronnée et je retrouve mon ami Rémy Viala ainsi que Juju à proximité du dernier ravito . Je suis 12ème et je sais depuis quelques kilomètres déjà que je ne parviendrais pas à rentrer dans le top 10 . Pour autant je prends soin de remplir les bidons pour les 8 derniers kilomètres . Je regarde sur la table de ravitaillement ce qui pourrait me faire envie et étrangement ce sont les fraises Tagada et un petit bonbon Arlequin qui finissent dans ma bouche !! 

 

J'ai envie de finir sur une bonne note et suis motivé à courir jusqu'à l'arrivée d'autant que les jambes vont finalement assez bien ... Je retrouve le chemin surplombant l'Arve et remontant jusqu'à Chamonix . C'est ici même que les coureurs passeront pour l'UTMB mais dans l'autre sens et juste après le départ . J'arrive à bien courir et à ne marcher quand de très rares occasions . Au détour d'un virage je suis surpris de croiser un coureur avec un dossard . C'est Pascal qui a fait demi-tour, inquiet de ne plus voir de balisage depuis quelques temps . Moi je suis sûr que c'est le bon chemin et je l'invite à faire demi-tour et à courir avec moi . Etrangement il n'y a plus de rubalise ni de marquage au sol mais un peu plus loin, un gars nous rassure en nous disant que c'est bien la bonne direction . Et effectivement nous retrouvons le balisage à l'entrée de Chamonix . On discute un peu avec Pascal et c'est naturellement que nous décidons de finir ensemble cette TDS . Les rues de Chamonix sont désertes, faut dire que c'est 3h du mat quand même !! Seuls quelques fêtards sont là et c'est un peu dans l'anonymat que nous franchissons la ligne d'arrivée, applaudis par la famille, les potes et quelques bénévoles à la 11ème place, après 120km, 6800m+ et 18h12'33" de course .

 

arrivée à Chamonix avec Pascal Pittet

 

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J'échange quelques mots avec tout le monde, je récupère ma jolie veste de finisher puis on ne tarde pas à rejoindre le camping car tout le monde est évidemment bien fatigué . Je passe tout de même sous la douche avant de m'endormir sans avoir rien mangé ce qui me vaudra un léger malaise le lendemain à midi !!

 

Alors bien sûr l'objectif n'est pas rempli et je ne serai pas sur le podium cette année . J'ai le sentiment de n'être pas arrivé au top de ma forme au départ de l'épreuve . Mais il y a des motifs de satisfaction quand même, comme de ne pas avoir rencontré de soucis gastriques, ni de problèmes tendineux ... De plus ma tactique de ne pas partir trop vite était la bonne mais finalement je pense avoir manqué de foncier sur la seconde moitié de l'épreuve . Mon approche de la course a été un peu différente de celle de l'Ultra Tour du Beaufortain où les sensations avaient été meilleures . Reste à analyser tout ça en détail (c'est déjà bien commencé !!) afin de progresser encore un peu plus ... Pour moi la saison de trail est terminée, place au repos salvateur et au travail hivernal avant de repartir vers de nouveaux objectifs ...

  

Un grand merci à toutes les personnes m'ayant soutenu de près ou de loin pendant l'épreuve, à mon assistance de choc et particulièrement ma chérie, à Rémy pour le suivi tout au long de l'année, à Raidlight et Endurance Shop Villefranche pour le soutien matériel ...

 

Un grand bravo à Franck Bussière qui remporte enfin une grande victoire !!

 

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RESULTATS TDS 2011

Publié dans courses

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Laville Alexandre 30/09/2011 23:33



Salut mon gars. Félicitation pour une belle perf de plus malgrés tes soucis rencontrés avant l'épreuve. Bonne récup et à bientôt.



Christophe 22/09/2011 22:05



Super course Yann !


Il ne manquait qu'un truc : le chapeau ;)


C'est quoi cette casquette ?!?!@$!?


A+ sur les chemins



Pat 18/09/2011 09:38



Tout à l'air si facile...


En tout cas tu as franchi des sommets - dans tous les sens de l'expression - depuis tes débuts en trail !


Chapeau Yann !



lexel 06/09/2011 15:00



Impressionante Gestion de Course, le Top10 n'est pas passé loin, ca sera pour la prochaine sans aucun doute.
Bravo



Tercan 05/09/2011 06:50



Encore un super résultat.


Décidement depuis l'UMS 2010, tu cartonnes !!!


11ème c'est une superbe place, même si tu avais probablement le niveau pour un TOP10... une prochaine fois c'est sûr !