Grand Trail Stevenson 2013

Publié le par yanshkov

 

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C'est en début d'année que je m'inscris au Grand Trail Stevenson. Je souhaite cet été courir une épreuve pas trop longue ne demandant pas plus de 8h d'effort et plutôt roulante. L'aventure et le format de course tout nouveau pour moi que propose le GTS me fait envie.  Un concours permettant de gagner son dossard étant organisé je tente ma chance. Et comme j'ai un peu de chance je gagne au tirage!  

 

Le Grand Trail Stevenson est une course en 3 étapes entre Le Monastier sur Gazeille en Haute-Loire et St Jean du Gard via l'Ardèche, la Lozère et le Gard sur les traces du périple réalisé à la fin du XIXème siècle par l'écrivain Robert-Louis Stevenson et son ânesse Modestine. Les étapes entre 36 et 76km sont relativement courtes prises séparément. Mais il faut les enchaîner et c'est là la nouveauté pour moi.

 

Mise à part la fracture de l'omoplate en janvier qui m'oblige à un arrêt prolongé de 5 semaines faisant suite à ma coupure annuelle d'un mois, la préparation au GTS se passe bien, sans blessures et avec du plaisir. A quelques jours du départ les voyants sont au vert.

 

C'est en famille que je rejoins le Monastier sur Gazeille à côté du Puy en Velay à la veille du départ. Je retire mon dossard avant de retrouver le gîte dans lequel nous allons passer la nuit. Je dors bien et je dois dire que je ne me sens pas stressé comme je peux l'être parfois sur d'autres épreuves. Au contraire je suis heureux d'être là en bonne santé et aussi curieux de voir comment la tête et les jambes vont me porter pendant ces 3 jours. 

 

Etape 1 : Le Monastier sur Gazeille-Pradelles 54km +1700m/-1500m

 

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Nous nous rassemblons sur l'esplanade Stevenson en plein centre du village un peu avant 7h. L'ambiance est bon enfant, je retrouve les copains Joel Archer, Sébastien Boutte, Paul-Henri Romestin ou encore Pierre Chalandon et Patrick Boinon qui courent l'épreuve en relais. Frédéric Thouret l'organisateur donne en toute décontraction les dernières consignes et nous souhaite de prendre beaucoup de plaisir.

 

A 7h le départ de la grande aventure est donné. Pierre Chalandon malgré son envie de ne pas courir seul part à fond, suivi par un autre coureur. Ca descend  sur la route pendant un bon kilomètre et nous laissons partir les 2 fusées qui courent le relais. Tout en bas nous traversons la Gazeille sur un petit pont et attaquons une montée sur un chemin plein de cailloux. Je prends la tête et impose mon rythme en trottinant tout le long.

 

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Je suis à l'aise au niveau respiratoire et les jambes répondent bien. Au sommet après 2 petits kilomètres de grimpette je suis accompagné par 2 autres coureurs. Nous débouchons sur un plateau qui nous permet d'admirer les chaînes de volcans devant nous. C'est maintenant vallonné mais sans grande difficulté. Il fait déjà bien chaud et je bois très régulièrement ma boisson énergétique car je sais que l'hydratation va jouer un rôle capital sur cette épreuve. On papote un peu avec mes compagnons, une rapide présentation et voilà que j'apprends que je suis en compagnie de Vincent Wirtgen de Belgique et Robin Cordier de Lille. Vincent a l'air assez bien mais je suis par contre un peu étonné par Robin qui souffle beaucoup.

 

Nous traversons St Martin de Fugères et pénétrons sur un chemin descendant vers Goudet. La proximité de la Loire et la forte chaleur font que nous courons maintenant au milieu d'un fin brouillard. Nous traversons la rivière sur un large pont sous les applaudissements de quelques personnes dont mon staff.

 

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On distingue sur un éperon rocheux les ruines du Château de Beaufort juste au-dessus de nous. Mais le parcours ne nous y emmène pas et nous quittons Goudet sur une large route en montée. Cette première heure de course se passe idéalement bien, sur un rythme parfait pour courir des heures.

 

Un peu plus loin une côte bien raide et plutôt caillouteuse se présente. Nous la passons en marchant ce qui permet à un 4ème larron de se joindre à nous . Il s'agit d'Eric Jousselme qui nous double aussitôt en continuant à trottiner. Il nous prend quelques longueurs mais nous avons assez de réserve pour recoller à ses basques rapidement. Par contre Robin n'a pas suivi et est irrémédiablement décroché. S'en suit un peu de plat puis une nouvelle descente piégeuse avec racines et cailloux. Eric fait le forcing, Vincent lui emboite le pas mais je décide de ne pas accélérer afin de ne prendre aucun risque et de solliciter le moins possible les fibres de mes fines cuisses. Je ne suis pas inquiet et j'ai bien raison car la pente devient moins raide et je peux allonger ma foulée sans risque et recoller aux 2 hommes de tête alors que nous arrivons au Château d'Arlempdes.

 

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Nous faisons un aller-retour au sommet des vestiges pour une visite express et gratuite de ce magnique site historique. Par contre la vue est une nouvelle fois bouchée par le brouillard .

 

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En redescendant le chemin dallé nous croisons nos poursuivants dont Joel qui ne sont finalement pas très loin. Quelques centaines de mètres sur route en descente nous amènent au pied d'une longue côte. Je prends les devants pour imposer mon rythme et surprise Eric ne suit pas.

 

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Je trottine la plupart du temps mais constatant que Vincent opte pour la marche rapide, je l'imite dans les endroits les plus raides. Pas envie de partir seul alors qu'il reste près de 37km... Un large chemin en faux plat montant en plein soleil nous permet de retrottiner. Plus loin nous devons éviter un troupeau de moutons prenant toute la largeur du chemin !

 

Le ravitaillement d'Ussel est vite atteint après plusieurs kilomètres relativement plats qui nous permettent d'augmenter un peu l'allure. Le ravito a lieu chez Monique le bistrot du coin !

 

Bizarrement on voit les 2 relayeurs s'élancer alors que nous arrivons tout juste. A priori ils se sont trompés de parcours en ratant une rubalise et se sont retrouvés à nouveau au coeur du village. Au moins on est prévenu qu'il faut bien ouvrir les yeux. D'ailleurs juste avant d'arriver sur Ussel, alors que je courais devant Vincent j'ai raté une rubalise qui nous indiquait de tourner à droite. Heureusement que lui l'a vu et nous a permis de ne pas nous égarer ! C'est l'avantage de ne pas courir seul... 

 

La famille est là, je recharge les 2 bidons en boisson (eau+maltodextrine+sirop d'agave+sel+citron), boit un peu de St Yorre et grignote quelques bouts de bananes. J'attends un peu Vincent et je lui mets un peu la pression pour repartir car il me semble que nous avons bien pris notre temps. Il repart la bouche pleine de Tuc! A priori nous avons déjà creusé un bon écart sur nos poursuivants car personne n'est arrivé quand nous repartons. 

 

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La suite est très roulante et nous permet de courir tout le long. C'est une partie un peu piège car ça semble facile mais on peut vite y laisser des plumes à trop s'emballer. En plus nous sommes à découvert et le soleil tape bien. Heureusement un léger vent du nord nous ventile un peu... Je profite de cette partie pour causer un peu avec Vincent. Bien que belge, il connait bien le coin pour avoir randonné et couru la 1ère édition du GTS. On passe non loin d'un ancien volcan devenu lac et il me raconte qu'il s'y est baigné. Les kilomètres passent vite jusqu'au Bouchet Saint Nicolas (km 32). De là il reste 6km sur une large piste pour atteindre Landos et son ravitaillement. Je suis encore assez bien et je sais que ces parties où il faut courir entre 13 et 14 km/h sont à mon avantage. Nous ne nous parlons plus, courant côte à côte et j'ai du mal à savoir si Vincent est à l'aise ou non. De toute façon je ne dois m'occuper que de moi pour le moment car le chemin jusqu'à St Jean du Gard est encore long...

 

A Landos je retrouve mon staff, les bénévoles et aussi Pierre qui en a terminé avec son relais. Je recharge une nouvelle fois en boisson et grignote de la banane. Je prends le temps de discuter un peu avec tout le monde puis repars en marchant avec Murielle en finissant de manger.

 

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J'attends que Vincent me rejoigne pour rattaquer à courir. Il reste 15km pour rejoindre Pradelles et les sensations sont toujours assez bonnes. Sur une épreuve d'un jour je pense que j'aurai cherché à accélérer dans cette partie finale mais là je préfère garder mon rythme de croisière en prévision des prochaines étapes. 

 

Le profil est encore descendant pendant quelques kilomètres jusqu'au petit hameau d'Arquejol où une magnifique vue sur son viaduc s'offre à nous. Puis nous arrivons au pied de la dernière longue montée. Je la débute en trottinant et prends quelques mètres sur Vincent qui marche dès le pied. La côte est longue et je marche à mon tour pour permettre à mon compagnon de revenir dans mon sillage. On passe sous un pont de chemin de fer et retrottinons un peu jusqu'au pied d'une côte bien raide. On la passe en marchant mains sur les cuisses et débouchons un peu plus haut sur un large chemin de terre beaucoup moins raide.

 

Il commence à faire bien chaud et il n'y a pas d'ombre à cet endroit là. Je recommence à courir tandis que Vincent marche toujours. Mais cette fois je décide de continuer et de ne plus attendre. Il reste à peine 7km et je me sens vraiment bien. Sans accélérer et sans me mettre dans le rouge, j'augmente mon avance. Je profite de ces derniers kilomètres pour profiter de la très belle vue sur la vallée.

 

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Je négocie prudemment la dernière descente un peu technique et arrive sur la route de Pradelles. André m'y attend et m'accompagne jusqu'à l'arrivée (enfin il essaie de me suivre !!) que je rejoins après 53km et 1300m+ en 4h38'52".

 

Vincent bien fatigué arrive presque 5' après moi et il faut attendre 17' pour voir arriver Emmanuel Verriere. Les écarts sont déjà conséquents mais je sais qu'avec ce qu'il reste à parcourir la victoire finale n'est pas acquise. Je fais donc attention à bien récupérer en prenant rapidement une douche fraîche au camping de Pradelles (un fourgon fait la navette tout l'après-midi entre l'aire d'arrivée et le camping), en mangeant une assiette de pâtes puis en passant entre les mains des jeunes et sympas kinés de Rouen pour le massage. Toute l'après-midi je continue de bien m'hydrater et mange régulièrement par petites portions afin de refaire les stocks (jambon, fruits secs, bananes, jus de raisin, cake salé, compote). 

 

Nous quittons Pradelles dans l'après-midi (après avoir assisté à l'arrivée de l'ensemble des 67 coureurs engagés en individuel) après un passage dans l'eau glacée de la fontaine et rejoignons notre gîte de Brugeyrolles quelques minutes après.

 

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Je prépare les affaires pour le lendemain avant de passer à table . Au menu : soupe minestrone, riz et roti de dinde et une compote . Puis quelques étirements des fessiers qui tirent un peu (surtout à droite) et il est temps de rejoindre mon lit pour une bonne nuit .

 

CLASSEMENT ETAPE 1

 

Etape 2 : Langogne-La Bastide Puylaurent 35km +1100m/-900m

 

Le départ de l'étape a lieu à 8h30 du côté de la piscine de Langogne. Ca laisse presque le temps de faire la grasse matinée jusqu'à 7h... Je m'habille tranquillement avant de prendre le petit-dej vers 7h30 avec ma crème maison (cliquez ici pour le détail) et un thé vert au citron. 

 

L'ambiance est détendue sur le grand parking de la piscine. Je retrouve Joel Archer, Eric Jousselme et tous les autres mais je ne vois pas Vincent qui a l'air de se cacher...

 

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La musique de Vangelis qui célébre habituellement le départ de l'UTMB retentit du fond d'un camping-car ! Une façon comme une autre de se motiver ! En tout cas on est bien loin de l'effervescence et du côté bling-bling que l'on rencontre à Chamonix fin août.

 

Frédéric Thouret en tenue de course donne les dernières consignes avant de nous lâcher pour cette courte étape. Il est 8h30 et c'est parti pour 36km et 1000m+. 

 

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Ca tire un peu dans les jambes mais rien d'anormal après l'étape de la veille. Comme prévu Patrick Boinon et Jean-Marc Giroud prennent la tête et je leur emboîte le pas. Cette étape est divisée en 2 et les équipes de 3 doivent donc courir la première partie à 2. Un coureur nous accompagne et je lui demande si il était là hier et il m'annonce que non... Après quelques centaines de mètres me voilà avec des coureurs tout frais ou presque!

 

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Pendant les 4 premiers kilomètres ça monte très légèrement mais c'est assez roulant sur une large piste. La vitesse tourne autour de 12 km/h et je me sens bien.

 

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Nous perdons Jean-Marc qui a un peu de mal à suivre dans une petite côte mais Patrick reste avec nous. Je fais connaissance rapidement avec le 3ème larron qui n'est autre que Julien Noiry qui a entre autre remporté cette année l'Ultra des Coursières dans les Monts du Lyonnais.

 

Une petite descente un peu technique où nous ne prenons pas de risque permet à Jean-Marc de recoller et nous doubler à fond les ballons. Les autres lui emboitent le pas mais pas moi qui gère sagement. Je perds quelques secondes à ramasser mon portable tombé de ma poche ouverte mais une longue côte bien raide sur une petite route me permet sans trop taper dedans de revenir sur Jean-Marc qui craque un peu et juste après sur Julien. Je prends vraiment du plaisir à ces allures pas trop rapides qui permettent de durer. Nous traversons St Flour de Mercoire quelques dizaines de mètres derrière Patrick qui continue seul.

 

Un petit replat sur route puis ça repart sur un joli chemin montant tranquillement dans un bois. Je retrouve la famille qui a marché un peu pour venir me voir passer.

 

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Je me sens bien mais je perds un peu de terrain sur Julien. Je ne cherche pas à accrocher et garde mon rythme de croisière qui me permet de bien contrôler ma respiration et de ne pas avoir les cuisses qui brûlent. Il reste encore bien 25km et je vais me retrouver seul mais mieux vaut courir seul que d'être en surrégime sur une telle épreuve.

 

Je continue donc seul mon petit bonhomme de chemin en prenant soin de boire beaucoup et régulièrement et de bien m'alimenter. Le parcours n'est pas difficile, on traverse de jolis petits hameaux et courons sur des chemins très agréables. Je me régale!

 

Après une descente raide où je prends soin de ne pas trop m'emballer je retrouve le ravito de Cheylard l'Evêque où il y a pas mal de monde. Murielle et André m'y attendent tandis que ma mère est montée à la chapelle qui surplombe le village et où nous devons grimper. Je décide de ne pas m'arrêter, juste de prendre un bout de banane et échanger mes bidons vides par des pleins (soit une consommation de 800ml par heure). Je sens André inquiet que je sois parti trop vite mais je le rassure en lui disant que je gère parfaitement. Je repars rapidement en m'excusant presque auprès des bénévoles de ne pas avoir traîné un peu à leurs côtés .

 

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Ca grimpe en lacets sur un chemin en herbes jusqu'à la chapelle. Je monte en marchant en finissant ma banane et je retrouve ma mère qui immortalise le moment . Pas le temps de causer, je replonge illico sur le village et repasse auprès d'André et Murielle. Elle me tend le profil du parcours pour que je me remémorise ce qui m'attend et me voilà déjà reparti pour les 20 derniers kilomètres.

 

D'abord un peu de route puis un large chemin tout en montée. Je trottine jusqu'en haut où se trouve le point culminant de l'étape (1235m). Une belle descente en mono-trace au milieu de la forêt puis une piste plus large m'amène rapidement au pont surplombant le ruisseau du Langouyrou où débute une nouvelle côte. Patrick et jean-Marc sont là avec leur fourgon et ils me demandent si Pierre m'a doublé. C'est vrai que je m'attends à être rapidement rattrapé par leur relayeur mais pour le moment personne en vue derrière moi.

 

Je marche au pied de la côte qui coupe la route en plusieurs endroits puis recommence à trottiner une fois les pourcentages beaucoup moins forts.

 

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Plus loin je retrouve mon staff qui m'encourage et me donne quelques infos sur la tête de course qui a priori n'est pas très loin .

 

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La suite c'est 4 kilomètres très roulants au coeur de la Fôret de la Gardille. J'avance bien autour de 13km/h mais comme je m'y attendais Pierre revient sur moi. On court ensemble un moment en discutant un peu puis je le laisse filer alors que nous longeons le petit lac de Louradou. Plus loin une nouvelle descente en mono-trace un peu technique nous fait plonger dans la vallée de l'Allier. Je ne prends aucun risque et me concentre bien sur mes appuis.

 

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Un petit tour autour des ruines du Château de Luc, encore un peu de descente et une traversée dans un pré à vaches et nous voilà tout en bas. 

 

Il reste 8km et le profil est assez plat mis à part une dernière côte dans le final. Pour autant ce n'est pas facile. Il commence à faire bien chaud et nous remontons un cours d'eau presque à sec où il faut faire gaffe aux gros galets et par moment courir sur un peu de sable. Pour la première fois depuis le début de l'épreuve j'ai envie que l'étape finisse rapidement. Mais j'ai encore assez de mental pour négocier à un bon rythme la longue partie rectiligne sur la route surchauffée entre Laveyrune et Rogleton .

 

Dans le petit hameau de Rogleton une famille a dressé un ravitaillement en eau et c'est bien volontiers que je m'arrête quelques secondes boire un verre d'eau et m'arroser un peu. Il reste environ 2 kilomètres mais je ne suis pas au bout de mes peines. Alors que nous courons comme souvent sur le GR70 et que des rubalises nous indiquent régulièrement que nous sommes sur le bon chemin, je manque de peu de râter le changement de direction sur la droite indiqué par un bout de rubalise. Je m'engage alors sur le chemin et suis surpris de voir des rubans rouges et blancs tous les 2 mètres alors que nous n'avons pas été habitué à un tel balisage depuis le début. Etrange aussi de devoir passer une clôture de barbelés mais vu qu'il y a encore des rubalises plus loin je m'y engage... Passage sous un pont puis je débouche dans un champ au milieu d'herbes hautes et puis plus rien ! Un coup d'oeil à ma montre et à la trace GPS pour constater que je ne suis plus sur le parcours prévu!! Je sors mon portable et appelle rapidement Frédéric Thouret à qui j'explique la situation. Il ne voit pas trop où je suis mais me confirme qu'il n'y a pas de passage sous un pont ni de clôture à traverser. Je fais donc demi-tour rapidement et retrouve le GR que je venais de quitter. A ma SUUNTO je suis à nouveau sur la bonne trace et d'ailleurs après avoir franchi une rivière je retrouve de la rubalise. Ouf, quelques minutes de perdues mais rien de catastrophique .

 

Cependant j'ai encore un moment de panique juste après car en regardant mon GPS je constate que je suis une nouvelle fois hors du tracé. Pourtant je suis le GR et il y a de la rubalise de temps en temps . Je comprends que le parcours que j'ai rentré dans la montre a été légèrement modifié. Finalement c'est pas plus mal car ça enlève une ultime petite côte.

 

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J'arrive enfn à la Bastide Puylaurent où je passe la ligne d'arrivée content d'en avoir fini en 2ème position en 3h16'52" après 35km et 1100m+. Emmanuel Verrière termine moins de 3 minutes après et limite bien la casse alors qu'il faut plus de 15' à Eric Jousselme, Christophe Soulier et mon collègue du Team Joel Archer pour en terminer après être eux aussi tombés dans le piège tendu à quelques kilomètres de l'arrivée . 

 

Aujourd'hui encore il a fait bien chaud et je prends soin de bien me réhydrater tout au long de l'après-midi (eau + maltodextrine). Je commence par me baigner quelques minutes dans les eaux très fraîches de l'Allier puis c'est la traditionnelle assiette de pâtes. Et comme la veille je privilégie tout au long de l'après-midi une prise alimentaire régulière plutôt qu'un seul repas trop chargé. J'ai quand même quelques légères courbatures et des petites contractures et le passage dans les mains expertes d'un jeune kiné de Rouen me requinque bien.

 

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L'après-midi passe vite, une bonne ambiance entre coureurs, accompagnateurs et bénévoles règne sur l'aire d'arrivée. 

 

A la veille de l'ultime étape j'ai donc une vingtaine de minutes d'avance sur Emmanuel Verrière et pas loin de 40 minutes sur Eric Jousselme. Vincent Wirtgen qui m'avait accompagné toute la 1ère étape n'avait pas récupéré et a préféré faire l'étape tranquille en serre-file ! Quoi qu'il en soit alors que beaucoup pense que l'étape de demain n'est pour moi plus qu'une formalité, je sais qu'il reste encore du chemin à parcourir pour rejoindre St Jean du Gard et que beaucoup de choses peuvent se passer...

 

Nous reprenons la route pour quelques kilomètres afin de faire des courses au Bleymard puis de rejoindre le gîte de l'Escoutal où nous allons passer une courte nuit. Avec un départ prévu à 4h du mat et donc un réveil à 2h30 il ne va pas falloir trop traîner ce soir...

 

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D'ailleurs après un petit breafing pour mettre au point les ravitos, nous nous mettons à table un peu avant 19h : bouillon de poulet au thym, riz, pilons de poulet et compote. Toutes les affaires pour le lendemain sont préparées et rangées dans la voiture afin de faire le moins de bruit possible lorsque nous nous lèverons en pleine nuit au milieu de randonneurs en plein sommeil!

 

CLASSEMENT ETAPE 2

 

Etape 3 : Station du Mont Lozère-St jean du Gard 76km +2100m/3200m-

 

J'ai un peu du mal à dormir et je suis finalement content de me lever à 2h29. Nous quittons silencieusement le gîte pour rejoindre la grande cuisine du dessous que nous a gracieusement laissé ouverte la maitresse de maison. J'y déjeune ma crème déjeuner mélangée avec de la gelée de cassis-groseille et un thé vert citron puis il est temps de rejoindre en voiture la Station du Mont Lozère d'où sera donné le départ de la dernière étape.

 

Il fait bien sûr nuit noire mais on voit bien les étoiles et la température autour de 10°C est idéale. Je retrouve tous les copains et on écoute sagement les dernières consignes données par Fred Thouret.

 

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Le départ est donné un peu après 4h. C'est partie pour une longue journée...

 

Jean-Marc Giroud part vite, faut dire qu'il n'a que 15km à faire avant de passer le relais. Un coureur qui n'était pas là les 2 jours précédents suit quelques mètres derrière et je me cale dans son sillage. L'allure me va bien, pas dans le rouge et je préfère avoir un peu d'avance au passage au sommet de Finiel pour pouvoir descendre tranquillement.

 

On évolue sur une draille au milieu des vaches et il faut faire très attention où l'on met les pieds car il y a pas mal de trous et les chevilles sont malmenées. Les frontales sont d'une grande utilité dans cette nuit noire et Jean-Marc que nous rattrapons et dépassons semble content de ne plus ouvrir la route!! Nous le lâchons un peu plus haut et je me retrouve seul avec mon compagnon. Aux premiers mots échangés je comprends qu'il n'est pas français et qu'il speak a little bit in french! Il s'agit en fait du hollandais Martijn Hiensch. Après avoir été accompagné par un citoyen de Belgique lors de la première étape me voilà à nouveau en compagnie d'un autre coureur du Benelux . On ne parle pas trop, faut dire que je n'ai jamais été très doué pour les langues étrangères... On se dirige grâce à la trace GPS de ma montre, anticipant les changements de direction. On passe au sommet de Finiel (plus haut sommet de Lozère avec ses 1699m) après un peu moins de 30 minutes. Hélas il fait encore bien nuit et nous ne voyons pas le panorama mais le serpentin lumineux de frontales derrière nous est pas mal aussi!

 

Je prends la tête de course dans la descente qui suit en faisant bien gaffe aux appuis car le terrain est défoncé. Plus bas la descente devient hyper technique et beaucoup plus raide dans un étroit chemin plein de caillasses. Hiensch ne semble pas vouloir descendre plus vite que moi et reste dans mon sillage et j'entends que Jean-Marc nous revient dessus. Il y a près de 10km de descente jusqu'au Pont de Montvert, alternance de larges chemins roulants, de quelques passages sur route et de singles un peu plus techniques. On avance bien mais Jean-Marc logiquement nous dépose. Petit souci pour moi, j'ai les cuisses quand même bien raides et pire, je sens une bonne contracture à l'adducteur gauche. Malgré cela j'arrive à descendre bien relâché mais il ne faudrait pas que cela empire... Fidèle à ma stratégie de ne m'occuper que de moi je perds quelques mètres sur Martijn et je vois dans mon dos la frontale d'un autre coureur qui revient. Un peu plus bas nous nous retrouvons tous les 3 ensemble. Le nouveau venu est encore un coureur qui ne participe qu'à l'étape du jour et qui est donc tout frais. 

 

Juste avant d'arriver au Pont de Montvert Jean Marc surgit derrière nous. Il s'est une nouvelle fois perdu et a pu retrouver son chemin grâce à nos frontales qui l'on remis sur la bonne voie! Il repart seul devant dans les dernières centaines de mètres bien raides et techniques menant au ravitaillement où nous arrivons quelques instants après.

 

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J'y retrouve mon assistance mais aussi Vincent qui ne court pas l'étape et Pierre qui doit faire un peu plus tard le dernier relais de son équipe. Je change mes 2 bidons et prends un petit morceau de banane puis repars sans trop traîner. Ca descend encore un peu sur la route jusqu'au petit pont enjambant le Tarn. J'ai quand même vraiment des jambes un peu comme des bouts de bois et toujours cette contracture bien présente à l'adducteur. Je sais que la suite est en montée pendant quelques kilomètres et que je vais pouvoir soulager un peu mes cuisses.

 

J'attaque la côte en compagnie du coureur qui nous a rejoint tout à l'heure et Martijn qui a pris son temps au ravito est un peu plus loin derrière. Le jour commence à se lever et je peux éteindre ma frontale. Le chemin en lacets s'élève au-dessus de la vallée. Je monte tout en marchant avec mon nouveau compagnon dont je fais la connaissance (je ne me rappelle pas son nom alors si il lit ce CR qu'il n'hésite pas à me contacter). Plus haut notre hollandais revient et nous double en trottinant. Bien que la pente soit moins raide je continue à marcher à mon rythme sans me soucier de lui. Je profite à fond du paysage typiquement cévenol. On atteint ensuite un plateau sur lequel il faut reprendre la course. Hiensch n'est pas si loin devant et mon compagnon de Marseille (puisque c'est de là qu'il vient) suit quelques dizaines de mètres derrière. Cette partie assez plate est de courte durée, environ 1km et il faut à nouveau se lancer dans une descente. J'essaie d'être le plus souple possible pour soulager les gambettes et éviter que la gêne au niveau de l'adducteur amplifie. Mentalement je suis par contre au top. J'ai intégré dans mon esprit que ses sensations seront là jusqu'au bout et que c'est pour tout le monde pareil. Mieux, la descente me permet de grignoter mètre par mètre mon retard sur Martijn Hiensch et je le rejoins alors que nous allons en terminer et attaquer une longue ascension de 400m+ vers le Signal du Bougès (1421m).

 

On ne court que depuis 2h et il reste encore près de 57km. Alors que je ne voulais pas y songer tout à l'heure au départ j'ai maintenant bien envie d'aller gagner l'étape reine de ce Grand Trail Stevenson. Le début est sur une route bétonnée au milieu de la forêt. Ca monte quasiment tout droit, c'est dur mais je continue de trottiner parce que je me sens bien et parce que je veux tester un peu mon hollandais. Le troisième larron n'a pas pu suivre et nous le lâchons irrémédiablement. On retrouve plus haut une large piste forestière et je lâche un peu Martijn. Dans les forts pourcentages je passe quand même en marchant avant de reprendre le trot dès que possible. J'arrive au col de la Planette avec Martijn juste derrière. Les bénévoles m'encouragent par mon prénom, faut dire que je commence à être connu !

 

La suite est un aller-retour au Signal du Bougès distant d'environ 1,5km du col. Les derniers cents mètres dans les cailloux sont très raides, sans doute les pourcentages les plus durs rencontrés depuis le départ vendredi. Au sommet il ne reste qu'à faire demi-tour et revenir sur nos pas ! Je fais la descente à bonne allure, je croise plus bas notre ancien compagnon qui semble avoir du mal et un peu après les autres poursuivants parmi lesquels Emmanuel Verriere, Joel Archer, Julien Noiry ou encore l'étonnante Sylvie Quittot. On se fait signe en passant et j'estime leur retard à plus de 10 minutes. En me retournant je constate avec surprise que j'ai lâché Martijn. Il m'avait semblé qu'il n'était pas super à l'aise en descente et j'en ai la confirmation. Je sais qu'il y a 11km de descente assez roulante jusqu'à Cassagnas où se tient le prochain ravito. Je décide de ne pas relâcher mon effort car c'est dans ces parties que je suis le plus à mon avantage et que je peux faire la différence. Autour de 13km/h je trouve une bonne foulée sur une belle piste forestière qui me conduit au col du Poulio. Puis c'est un chemin plus étroit et technique qui se présente. Et là surprise alors que je sors du bois la vue sur une improbable mer de nuage s'offre à moi. Je peux voir au loin le petit sentier à flanc de montagne s'enfoncer dans la brume et je sais que dans quelques minutes c'est moi qui y pénètrerai... 

 

Photo : Faire le sommet du mont Lozère de nuit, basculer aux 1ères lueurs du jour sur la vallée du Tarn et le Pont de Monvert, puis admirer une mer de nuages avant de descendre sur le Gard par un sentier magnifique, tout en rencontrant des gens passionnants ! C'est ça la magie de l'ultra, et elle ne se raconte pas, elle se vit ! Je boucle le GTS en un temps cumulé de 22h30 pour 165km et 5000d+ en 3 jours, ce qui me place 1ère féminine :-)

 

La fin de la descente est une succession de changements de direction, tantôt sur des chemins de traverse tantôt sur des petites routes. J'ai toujours un excellent rythme et une bonne foulée malgré les jambes bien dures. Arrivé tout en bas une bénévole m'annonce qu'il me reste un bon kilomètre avant le ravitaillement et qu'il faudra ensuite revenir sur mes pas jusqu'à elle pour continuer le périple. Sympa on va encore se croiser!

 

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Je retrouve Murielle et ma maman au ravito après ce kilomètre tout plat le long de la rivière Mimente. C'est presque la mi-course mais il n'est que 7h30 du mat. On a donc pas eu trop chaud pour le moment mais j'échange mon maillot Performer manches courtes contre un Ultralight sans manches en prévision de la grosse chaleur annoncée à l'approche de St Jean du Gard.

 

Je remplis tranquillement mes bidons et Murielle me donne un sandwich petit pain au lait-jambon que je commence à grignoter . Lorsque je quitte le ravitaillement après quelques minutes d'arrêt mes poursuivants ne sont toujours pas là . Je croise le premier d'entre eux un peu plus loin mais je ne le reconnais pas . Il a l'air assez frais et semble aller vite . Je me dis qu'il ne va pas falloir faiblir si je veux rester en tête jusqu'au bout . Plus loin c'est Martijn que je croise mais lui a l'air par contre bien marqué et juste après Emmanuel Verriere, Joel Archer, Julien Noiry ou encore Christophe Soulier .

 

Je profite des 2 kilomètres en léger faux plat montant sur une ancienne voie ferrée pour bien avancer mais aussi finir mon sandwich. J'arrive vite au pied de la grimpée au col des Laupies . J'y alterne marche rapide et quelques relances au trot mais toujours sans me mettre dans le rouge . Je suis surpris par le bruit d'un coureur qui arrive derrière . Mon premier réflèxe est de jeter un oeil sur son dossard et ouf! il s'agit d'un relayeur. On fait la fin de la montée en papotant, ça me permet de ne pas trop mollir et aussi de faire passer le temps . Sur le haut on débouche sur une crête avec un panorama somptueux sur les chaines de montagnes environnantes . Le chemin devient beaucoup plus large et est en faux plat descendant . Je sais qu'il n'y a que de la descente jusqu'au prochain ravito distant de presque 11km alors j'allonge à nouveau la foulée . Mon compagnon ne peut suivre et c'est autour de 13km/h que j'avale les kilomètres jusqu'au col de la Pierre Plantée où le chemin se relève un peu pour aller chercher la crête des Rocs de Dalta. Le passage est technique et je prends la plus grande précaution pour le négocier . L'adducteur est toujours sensible et des sauts de cabris sur les roches ne sont pas recommandés si je ne veux pax aggraver la gêne. Je prends même le temps de faire un petit pipi signe que l'hydratation est bonne jusqu'à présent . Une fois ce passage derrière moi je peux reprendre la course sur une pente bien raide mais beaucoup moins technique. André qui a fait la section depuis le dernier ravito m'attend quelques centaines de mètres avant St Germain de Calberte et emboite mes pas dans les derniers lacets menant au village.

 

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J'y retrouve le reste de la famille pour un ravitaillement express. Remplissage des bidons, quelques decilitres de St Yorre et de la banane, l'opération est rodée!

 

Je repars en attaquant un nouveau sandwich pain au lait-jambon mais c'est un peu bourratif en courant et je manque de m'étouffer . Heureusement à la sortie du village une petite côte sur la route me permet de marcher et de terminer tranquillement mon repas. Il fait de plus en plus chaud et je bois toujours aussi régulièrement. Dans moins de 10km il y a un nouveau point d'eau alors pas besoin de se restreindre. C'est toujours profil descendant et les kilomètres passent bien. Je ressens les effets positifs des séances de piste du mercredi sous la houlette du coach Patrick Chaunier qui me permettent une foulée efficace et économique. J'arrive à St Etienne Vallée Française par un pont surplombant une rivière et retrouve quelques centaines de mètres plus loin mon assistance ainsi que quelques bénévoles qui m'attendent devant une fontaine d'eau. Le règlement nous oblige à y prendre au moins 1l de flotte mais c'est sans contrainte que je remplis mes bidons et bois à nouveau de la St Yorre. Il reste encore 13km mais ce ne sont pas les plus faciles. Je préviens Murielle que malgré ma relative bonne forme il va me falloir au moins 1h30 pour rejoindre St Jean du Gard car il y a une belle côte à venir et quelques passages bien techniques.

 

J'ai encore bien la pêche malgré les 6h15 de course dans les gambettes et je négocie avec le sourire la longue ligne droite sur la route qui me fait quitter le dernier village avant St Jean du Gard. Puis j'attaque bille en tête la montée en lacets vers le col de Saint Pierre. Le sentier s'élève au-dessus des gorges et j'aperçois en contrebas un chanceux en train de se baigner dans la rivière. Moi je me sens bien et me surprends même à courir malgré les forts pourcentages. Si je ne lâche pas les chevaux maintenant, je ne le ferai jamais...

 

Cependant ce moment d'euphorie est de courte durée et je suis pris bientôt d'une soudaine envie de dormir... Je comprends rapidement que je suis en train de faire un début d'hypoglycémie. Peut-être qu'avec la chaleur je n'ai pas assez mangé durant les dernères heures. En tout cas j'ingurgite aussitôt un reste de barre énergétique et dans la foulée une autre barre. Quand je disais que la course ne serait pas finie tant que je ne serai pas à St Jean du Gard! J'arrive tout de même au col sans trop perdre de temps et retrouve avec surprise et beaucoup de plaisir une bénévole chargée de pointer les coureurs mais aussi de nous ravitailler en eau . Je peux donc faire à nouveau le plein pendant qu'elle m'explique avec son sympathique accent british la fin du parcours. A priori encore un peu de montée, un passage très technique puis que de la descente jusqu'à l'arrivée.

 

Je la quitte en lui souhaitant une belle journée. Je retrouve mes esprits, les barres semblent avoir fait leur effet. Heureusement car les derniers kilomètres auraient pu s'avérer très très longs... Je reprends ma vitesse de croisière et négocie bien la fin de la montée.

 

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Au sommet je débouche sur une crête et une vue magnifique. Un signaleur m'y attend et me fait un rapide topo sur ce qui m'attend. Il me conseille la plus grande prudence car la traversée sur la crête est très engagée et peut être dangereuse. Encore une fois je suis hyper prudent et ne joue pas les cascadeurs.

 

sur la crête bis

  

Mes cuisses malgré les efforts depuis 3 jours sont encore solides et acceptent de se plier sans broncher. En 160km pas la moindre crampe n'est apparue. Le top! Je savoure ce passage aérien en m'imprégnant du panorama qui m'est offert.

 

sur la crête

 

L'arrivée est proche mais cependant je ne vois toujours pas St Jean du Gard caché tout au fond de la vallée. Il reste pas mal de dénivelé négatif et j'ai encore des jambes me permettant de bien courir. Une petite remontée vient stopper mon élan mais très vite je suis à nouveau dans la descente. Je retrouve des habitations en pierre puis une petite route goudronnée signe que je touche au but. Ca y est je suis dans les ruelles de St Jean du Gard, les bénévoles me dirigent vers l'arrivée et au bout d'une petite rue étroite j'aperçois les drapeaux du Grand Trail Stevenson et son chaleureux comité d'accueil. Je lève les bras en l'air sous les applaudissements et remporte cette étape de 76km en 8h04'05" et par la même occasion le classement général sur 3 jours.

 

Je n'attends pas très longtemps avant de voir arriver Christophe Soulier puis Emmanuel Verriere qui complètent le podium du jour à moins de 6 minutes.

 

podium-copie-2.JPG

 

Joel Archer nous rejoint un peu plus tard et nous nous congratulons tous.

 

CLASSEMENT ETAPE 3

 

L'après-midi sous le chaud soleil de Lozère permet de croiser tous les coureurs qui au fil des arrivées rejoignent la grande salle où l'on peut manger et se faire masser. D'ailleurs après une bonne douche bien fraîche je repasse dans les mains des kinés. Avant la remise des prix je m'offre une petite glace en terrasse avec le reste de la famille .

 

CLASSEMENT GENERAL

 

Je ne retiens que de belles choses de ce Grand Trail Stevenson. Bien sûr il y a la victoire mais l'essentiel c'est d'avoir pris du plaisir à chaque instant. Je savais que courir entre 4h et 8h était ce que je savais faire de mieux mais je ne savais pas que j'étais capable d'enchaîner sur plusieurs jours. A refaire dans un futur proche...

 

Dans l'immédiat c'est une grosse période de récupération (même si je ne me sens pas fatigué, le repos est nécessaire pour bien finir l'année) avant une fin de saison alléchante : Nuit des Cabornes et Trail de Haute-Azergues en septembre, Intégrale des Causses en octobre et Saintélyon en décembre. Que des formats de course que j'adore!

 

Pour finir un grand bravo à tous les participants à la GTS et un énorme merci à tous les bénévoles sans qui cette aventure n'aurait pas été possible!


Publié dans courses

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Jérôme 07/08/2013 09:12


Merci Yann pour ce récit, très précis effectivement. Ca rappelle beaucoup de choses, des paysages, des endroits importants, de la convivialité avant, pendant et après chaque épreuve. Comme je te
l'ai dit, je consultais régulièrement ton blog depuis quelques mois, mais c'est encore mieux en chair et en os ! C'est rassurant de voir que l'esprit trail subsiste, que ça reste humain
et simple. Cerise sur le gateau, je finis 2ème SEH derrière toi, est-ce une blague ?... Pourtant pas. Allez à bientôt pour 'autres aventures.
Jérôme (37)

verriere 02/08/2013 14:15


yann


merci pour ce recit c est comme si on y etait encore !


Outre ta perf sportive je suis assez sidere par ta facute a memoriser tous les moments de courses et a les retranscrire apres c est quoi ton truc MOI A + DE 150 PULS je dois + avoir de memoire



Au final pour moi aussi une super experience , une ambiance courreurs des plus sympa et bravo pour ta sportivite et le pur esprit trail qui t animes ce qui tant a disparaittre quand les perfs s
enchainent


Je serais tres heureux de te recroiser un jour sur un trail


sportivement


 

Will 28/07/2013 18:55


Bravo Yann, pour cette très belle victoire !
Enchainer trois jours de compétition, ne sont pas une mince à faire, chapeau !
Ton récit est superbe, une autre performance pour retranscrire toutes ces heures par écrit, sans rien oublier.
Bravo aussi à ton équipe qui est au top.

Bonne récup et bonne continuation.
A+
Will

sébastien 26/07/2013 21:25


super CR, j'y retrouve bien les 3 jours passés sur cette course. Encore bravo


A+


sébastien