De la Vigne aux Caves

Publié le par yanshkov

En ce dernier week-end de juin, ce ne sont pas les belles épreuves qui manquent dans la région . J'aurai pu aller faire le Grand Duc en Chartreuse, refaire le Marathon du Mont Blanc ou encore le Trail des Glaciers de la Vanoise mais c'est bien à 5km de la maison que je me rends dimanche matin pour participer à la 9ème édition de la course de la Vigne aux Caves à Anse. 

 

Trail, pas trail ? En tout cas il s'agit bien de parcourir 30km à travers les vignes et les sous-bois, sur des petites routes de campagne, des chemins de randonnées et des petits singles et de grimper et dévaler quelques petites côtes . C'est la 5ème manche du Beaujolais Endurance Tour et après ma contre performance au Trail de la Fontaine des Anes, j'espère bien ne pas me louper aujourd'hui . Depuis 1 semaine j'ai bien levé le pied niveau entraînement pour faire du jus avant le Grand Trail Stevenson qui approche et je suis donc bien reposé en ce dimanche matin . Seule ombre au tableau, des courbatures et une raideur au niveau du cou consécutifs à une chute de vélo mercredi en rentrant du boulot . Un pied qui ripe sur la pédale, je perds l'équilibre et me voilà en moins de deux jeté au sol ... Plus de peur que de mal heureusement ! 

 

Je fais un bon échauffement avant de retrouver la ligne de départ où l'organisateur et très bon coureur Jacques Clavier me questionne au micro sur ma forme avant de lâcher la centaine de concurrents . Ça part relativement doucement, en tout cas bien moins vite qu'à Rivolet il y a 3 semaines . On est un petit groupe d'une dizaine à se détacher à la sortie de Anse sur un parcours toboggan pendant environ 4km le temps de rejoindre le pied de la première côte . Je me sens assez bien et décide de ne m'occuper que de moi pour le moment afin de ne pas me mettre dans le rouge comme j'ai pu le faire sur les derniers trails . Didier Garnier du Team Endurance Villefranche prend quelques mètres d'avance . A ma main je monte en 2ème position à travers les vignes pour atteindre la célèbre Tour Chappe de Marcy . Je suis escorté par le président du club de VTT de Pommiers que je double et laisse sur place au plus fort de la pente . Une petite boucle me permet de constater que pas très loin derrière Jean-Luc Raset et un autre coureur sont à ma poursuite mais que les autres sont déjà bien décrochés .

 

Je garde Didier en point de mire et conserve ma vingtaine de secondes de retard pendant les kilomètres qui suivent . On enchaîne une courte descente en herbe au milieu des vignes et un large chemin en sous-bois avec une magnifique vue sur le Mont d'Or tout proche . D'ailleurs certains chemins me rappellent un peu ce que l'on peut retrouver dans ce massif, le dénivelé en moins .

 

On serpente aussi par moment en pleine forêt sur un single qui semble avoir été dessiné pour la course . Je prends du plaisir sur ce parcours très varié d'autant que le beau temps et la chaleur sont au rendez-vous . Je négocie bien la petite côte en ligne droite au milieu des vignes qui suit, Didier toujours 20 secondes devant et Jean-Luc pas très loin derrière . 

 

Un petit replat permet de se refaire juste avant la partie finale de l'ascension qui marque le début d'une longue section quasiment toute plate . Mon staff (Murielle, mon pote Fred et ses enfants) est là juste avant le sommet et m'encourage chaudement . Au passage je leur demande de crier bien fort quand les poursuivants passeront, histoire que je puisse mesurer mon avance sur eux ! A leurs cris j'estime à une trentaine de secondes l'écart avec moi . Je suis rassuré car je ne suis pas monté très vite mais Jean Luc n'a pas pu recoller .

 

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Une longue portion plate débute alors et je commence à allonger un peu plus la foulée . Le tracé n'est pour autant pas monotone avec de belles traversées de forêts, de champs, encore des singles traversants au milieu de murs d'arbustes et des passages à travers les vignes et de nombreux changements de direction . Je commence à grignoter mon retard sur Didier mais décide de ne pas accélérer plus car la course est encore longue ... On traverse la route de Lachassagne au sommet de la célèbre "cuvette" où je suis passé de nombreuses fois à l'occasion du célèbre Prix Mathias-Nomblot, grande classique cycliste du début de saison il y a quelques années .  Mon staff est là et m'annonce généreusement 15" de retard (j'en ai en fait un peu plus...) . Par contre je n'entends pas leurs cris et coup de sifflet après mon passage signe que j'ai creusé un bon écart sur mes poursuivants .

 

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Par la suite il y a un peu moins de lignes droites et de vues dégagées et je n'aperçois Didier que de plus en plus rarement . On coupe une nouvelle petite route sur laquelle le Prix Mathias Nomblot passait en direction du mur de Graves sur Anse . C'est marrant de passer ici en courant avec un dossard près de 10 ans après ma dernière participation à la course cycliste .

 

On a déjà 19km et presque 1h22 dans les jambes depuis le départ . La suite du parcours est beaucoup plus casse-patte et enchaîne petites côtes et courtes descentes . Je commence à sentir un peu de fatigue mais je maintiens mon rythme de croisière . Didier semble avoir accéléré et je dois bien être à 1 minute environ désormais . Je sens que je n'ai pas les jambes pour finir vite et l'objectif à maintenant moins de 10 bornes de l'arrivée est de conserver ma 2ème place (ce qui serait une bonne opération au BET) et de ne pas trop taper dedans en prévision du GTS qui débute le 12 juillet . Je me retourne régulièrement et demande aux gens présents sur le bord de la route de m'indiquer si ils aperçoivent des coureurs derrière moi . La réponse est à chaque fois négative et me permet de rester serein .

 

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Je retrouve mes supporters du côté de Lachassagne . Bien que mon bidon soit vide, je décide de continuer ainsi jusqu'à Marcy qui se trouve un peu plus haut . Et oui, chaque centaine de grammes compte et vaut mieux voyager léger !! Un peu plus loin, j'ai à nouveau Didier en point de mire et on m'annonce 45" sur lui . Problème, je ne peux pas aller plus vite et pire, au moment de rejoindre les ruelles de Marcy où m'attend un nouveau bidon rempli à moitié je suis pris de crampes aux mollets . Je cours sur des oeufs pendant quelques centaines de mètres avant de retrouver une foulée normale . 

 

Murielle court à mes côtés un court instant et me dit que Garnier vient juste de passer à la Tour Chappe que je vois pas très loin devant . Le parcours emprunte en descente ce que nous avons grimpé en début de course tout à l'heure . Je ne prends pas de risques inconsidérés et préfère garder des forces pour la côte qui se présente devant mes yeux . Il faut grimper le long des remparts du Château de Lachassagne . Ce n'est pas hyper raide mais avec mes crampes aux mollets je décide de passer en marchant histoire de reposer un peu mes muscles . En me retournant j'ai une vue dégagée et je ne vois personne derrière . A priori la 2ème place est assurée mais je ne suis pourtant pas complètement serein avec ses crampes . Heureusement il n'y a quasiment plus de côtes et la magnifique traversée du domaine du Château de Lachassagne me permet de relancer un peu l'allure . On a le droit à la visite éclair du caveau, accompagnée par la musique d'un petit groupe de rock .

 

En quittant Lachassagne je sais que cette fois personne ne reviendra et je peux finir les derniers kilomètres sereinement, en doublant des coureurs du 15km qui en terminent aussi .


La dernière descente passe sans encombre et je franchis la ligne d'arrivée 2ème en 2h18'13", à 2'35" de Didier Garnier . Sébastien Gallée complète le podium quelques minutes après juste devant Jean Luc Raset qui termine perclus de crampes .

 

CLASSEMENT

 

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Le bilan est positif pour moi puisque je fais une très bonne opération au BET . Jean Luc m'avait devancé à Quincié et Villié-Morgon et je devais absolument finir devant lui aujourd'hui . C'est une bonne chose de faite ! Surtout que Serge Raynard, 2ème au classement provisoire, ne termine que 8ème et que Laurent Mayoue (3ème provisoirement) que je remercie au passage pour les encouragements était forfait pour cause de blessures . Si mathématiquement la victoire finale n'est pas acquise, c'est quand même bien parti ... Quoi qu'il en soit le BET fait une pause jusqu'au 22 Septembre et le Trail de Haute-Azergues avant l'ultime manche à l'occasion des courses du Marathon International du Beaujolais .

 

Quand à moi la coupure c'est pour bientôt après une première moitié de saison bien pleine . Mais il me reste une belle épreuve au programme avec le Grand Trail Stevenson du 12 au 14 juillet prochain . 165km et 6000m+ d'une traversée permettant de relier le Monastier sur Gazeille à St Jean du Gard via le Velay, le Gévaudan et les Cévennes . 3 jours de course qu'il va falloir bien gérer pour arriver au terme de cette belle aventure à la fois sportive, humaine et culturelle ...

Publié dans courses

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