Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Templiers 2009

Publié le par yanshkov

Ou comment le simple fait de finir devient un exploit ...


Sur la ligne de départ ce dimanche matin je me sens bien . Avec Romain et Fred, nous sommes arrivés de bonne heure histoire d'être bien placés et d'éviter les bouchons . On retrouve sous l'arche Aurélien C, David U, Rémi, Cailloux ... La température est idéale et il fait meilleur que l'année dernière où un petit crachin tombait . Le temps passe rapidement avec les interviews des favoris puis le discours de Gilles Bertrand . Moi je suis cool, d'ailleurs peut-être un peu trop ... Et ce n'est qu'au début de l'Ameno d'Era que mon coeur s'emballe . 140bpm et le départ n'a même pas été donné !!

Les feux de Bengale déclenchent le départ des 2800 coureurs . Cette fois c'est bel et bien parti . Toujours aussi sympa la traversée de Nant avec la haie de spectateurs de chaque côté . Je remonte tranquillement vers l'avant avec un oeil sur le cardio pour essayer de rester entre 160 et 170bpm . On part sur la droite et commence la petite montée sur le goudron et là je suis surpris de voir que je recolle au groupe des cadors . Ouh là, va falloir calmer le jeu mon grand, d'autant que les pulsations montent maintenant un poil haut . Mais les sensations sont  bonnes et je décide de m'y fier . Romain est aussi à mes côtés, la journée ne pouvait pas mieux commencer, nous sommes en première ligne de la Grande Course des Templiers ! 

Premier chemin, le groupe s'étire un peu et je suis un peu moins à l'aise qu'il y a quelques minutes mais j'hésite à lever le pied . Ce qui est pris n'est plus à prendre alors je reste au contact du mec devant moi en l'occurence Vincent Delebarre (ah ouais quand même !) . Nous arrivons dans le gros raidard droit dans la pente où c'est marche obligatoire . J'essaye de ne pas trop forcer et je laisse passer quelques gars . Et là j'hallucine : Gilles Guichard, Aurélien Brun, Damien Vierdet puis Franck Bussière me passent . Je n'imaginais même pas qu'ils puissent être derrière moi . En haut ils repartent en courant, je les imite en passant devant Vincent mais je décide de ne pas m'accrocher, la route est encore longue et je ne me sens pas si bien que ça finalement . Mieux vaut temporiser jusqu'à Sauclières (15ème km) . 


Je fais pratiquement seul la longue traversée sur l'ancienne voie de chemin de fer et seul 2 coureurs me doublent, tranquillement en train de discuter . Apparement ils partent sur des bases de 7h donc pas la peine de m'accrocher . C'est bizarre de me retrouver seul après seulement une dizaine de kilomètres de course . J'aime pas trop ça et courir dans le noir non plus ! Je me répète intérieurement qu'il ne faut que je ne m'occupe que de moi ... J'arrive tout seul à Sauclières . Une petite tape amical à Franck qui vient d'abandonner victime de son genou et je traverse le village bondé de monde . Murielle et Rémy (Viala) qui font l'assistance sont là mais je ne m'arrête pas . J'attrape juste une petite bouteille d'eau à la volée . Alors que j'ai le sentiment d'être parti vite, je n'ai qu'une minute 30 d'avance par rapport à l'année dernière . A la sortie du village, je plonge vers le petit chemin sur la droite . Après quelques centaines de mètres le long d'un ruisseau l'ascension du St Guiral débute ...

Les sensations ne sont vraiment pas bonnes . L'année dernière, j'étais bien ici, je courais sans trop de problème, doublant un à un les gars devant moi . Mais cette fois-ci c'est moi que l'on double ! Je descends mes compressport Quad qui me gênent plus qu'autre chose, si bien que Christophe Boebion alias Bobchou qui est le premier d'une longue liste à me doubler s'imagine que je mets deux paires de manchons au niveau des mollets ! On se salue et il me laisse sur place . L'avantage à être doublé comme ça, c'est que j'ai le temps de voir tous les copains et de discuter (vite fait) avec eux !! En début d'ascension c'est David Uliana et Aurélien Colin qui me passent puis sur les crêtes je retrouve avec grand plaisir Patrick Gaucher puis Jean-Marc apparemment en grande forme . Tout me laisse à mon triste sort !! Un peu avant c'est Maud qui est revenue sur moi .


Elle pourtant si bavarde semblait très concentrée et je n'ai pas osé trop lui parler ... Elle gagnera la course en 7h26, objectif que je m'étais fixé cette année ! Pour moi l'objectif maintenant c'est de terminer . Je ne suis vraiment pas bien, les jambes ne répondent pas et je commence même à avoir du mal à courir "proprement" car mes chevilles se raidissent . Pas le top . Je me retourne régulièrement pour voir si Romain arrive mais parmi les dizaines de gars et les quelques nanas qui me doublent point de l'ami  Romain ... Au sommet du St Guiral, qui peine à sortir du brouillard et où un vent très froid souffle fort, j'ai 15' de retard sur mon temps de passage . J'attaque (le mot est fort) prudemment la descente qui suit, laissant passer encore du monde parmi lesquels Rémy Marcel . Je m'encquiers de l'état de son orteil mais il passe tellement vite que je n'entends pas sa réponse !! Dans la côte suivante, c'est Seb Gauthier, ex-coéquipier de duathlon à Mâcon qui me rejoint . Pour une fois je peux m'accrocher plus longtemps . Peut-être vais-je pouvoir rester à cette place un bout de chemin . On en profite pour discuter un peu de nos saisons respectives, lui est bien classé au TTN . Mais finalement mètre après mètre je suis décramponné ... Ce ne sont plus seulement les jambes qui flanchent, c'est aussi la tête . Pas que j'ai envie d'abandonner mais pas envie de forcer outre mesure . Le ravito de Dourbies n'est pas loin, allons-y tranquillement !! Un gars se retourne en me doublant et a l'air surpris : "Qu'est ce que tu fais là ?" Je ne le connais pas mais c'est vrai qu'avec le blog je  suis mondialement connu !!

Je remonte les ruelles de Dourbies en marchant mais grimpe les quelques marches d'escaliers menant au ravito en trottinant . Il y a toujours autant de monde ici, c'est génial ! Je ne m'arrête pas dans la salle réservée aux coureurs et je sors vite retrouver Murielle à l'extérieur, qui doit être un peu inquiète que je ne sois pas encore arrivé . Et ouais je pensais passer en 3h30 soit il y a 30 minutes !! Rémy me remplit mon camel et je prends le temps de changer de T-Shirt . Il commence à faire chaud, le soleil est présent alors ce sera bob-débardeur pour la suite . J'attends Romain qui ne doit pas être bien loin afin de lui proposer de faire la seconde moitié de course ensemble . Quand celui-ci arrive je vois bien que lui non plus n'est pas au mieux . Je le motive pour continuer, on va se faire une belle rando tous les 2 ! 

Nous laissons le ravito après presque 10' d'arrêt . Pascalou nous accompagne un moment et nous propose un sac pour ramasser les chataîgnes !!! Toute la montée vers la crête du Suquet se fait en marchant pas très vite . Je ne sais pas si c'est parce que je ne peux pas ou parce que je ne veux pas mais impossible de forcer l'allure . Beaucoup de coureurs nous dépassent sans que nous puissions prendre le pas . Un petit coucou à Cailloux qui nous laisse lui aussi en route ! Malgré tout je suis content d'être là . J'aime bien cette grimpée au-dessus de Dourbies, cette sensation de prendre de la hauteur ... même à 600m+/h ! Anne Valero, une des favorites au départ est assise sur le bas côté, à la sortie d'un lacet . Elle arrête ! Dommage pour elle, la suite est de toute beauté . 

Avec Romain on ne se quitte plus . Même s'il était mieux que moi dans la montée, il m'a attendu . Sur les crêtes, on court un petit peu même si la marche est notre principale activité ! Régulièrement on se "gare" pour laisser passer des concurrents . Cathy Dubois, flanquée d'une dizaine de mecs !!! nous passe puis un peu plus loin dans la descente sur Trêves c'est au tour de Kenza Pedrero de nous enrhumer à toute allure ! Dire qu'elles sont en 10 et 11ème position du classement féminin, énorme le niveau des nanas !! 

La descente sur Trêves me paraît interminable . J'ai mal aux cuisses et je commence à être un peu "bloqué" au niveau thoracique . Ca me le fait parfois, surtout quand je ne suis pas dans un grand jour . Heureusement le fait de savoir qu'il y a un ravito tout en bas me motive un peu . Dire que l'année dernière, il n'y avait rien à Trêves et qu'il fallait remonter à Causse Begon pour se ravitailler ! Je ne sais pas si j'aurais tenu le coup cette année ... 

Après une longue série de lacets en pleine forêt, nous retrouvons la route qui, toujours en descente, nous emmène à Trêves . Enfin, on aperçoit le pont et le chapiteau blanc dressé pour l'occasion . La remontée de la rue principale est difficile mais il y a tellement d'encouragements que je m'interdis de marcher !  Arrivé au ravito, je m'empresse d'ouvrir une ............... bière !! Oui mais sans alcool ! (la fête sera plus folle !!) puis je tape dans le salé : gâteau d'apéro, petit pain aux fruits secs, roquefort, gruyère . Je mange, en restant debout car je me dis que si je m'assois, je suis encore là ce soir . Rémi puis Pilou arrive à leur tour . Bien sûr ils sont surpris de nous voir là mais tous deux réalisent une belle course et sont pas loin du top 200 pour le moment . On échange quelques mots puis, rapidement ils reprennent la route .

 


Oh là, pour nous y'a pas le feu !! Nous partons quand même (après 15' de pause !) en compagnie de Pilou qui, mètre après mètre nous distance dans la côte suivante . Salut l'ami, bonne route ! 

Pour Romain et moi, la suite ressemble à peu près à ce que nous avons vécu depuis Dourbies . On marche, on se fait doubler régulièrement, sans que cela ne nous fasse le moindre effet . Seul changement, je suis en terre inconnue maintenant (mais sans Frédéric Lopez !) et j'aime bien ça aussi, découvrir au fil des minutes où je vais . Les 300m+ avalés en 35' (ça faiblit, ça faiblit ...) nous débouchons sur le Causse Noir . Il faudrait courir mais j'ai du mal à me lancer !! On a tellement pris un rythme tranquillou que j'ai l'impression de ne pas pouvoir forcer plus . Malgré tout je m'efforce à trottiner, lorsque le terrain s'y prête mais marche à la moindre montée . Il fait bien chaud et d'un coup je me rends compte que je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est . J'ai l'impression que c'est la fin d'après-midi alors qu'en fait il est 13h30 !! Bon ben ça va, on a tout l'après midi devant nous !! 


Puis alors que nous passons à proximité d'une magnifique batisse plantée au milieu du Causse, une jolie petite blonde nous double, Romain et moi; alors qu'elle doit être à 8km/h  . Et là, on se regarde et on craque ! Un fou rire mémorable !! Si on nous avait dit ça ce matin en partant, on n'y aurait pas cru ! . Il reste moins de 20km et je sais que nous allons aller au bout . J'ai une pensée pour les 2000 qui sont derrière nous et qui ne sont pas encore arrivés . J'ai aussi l'espoir que Fred revienne pour que l'on finisse ensemble, ça serait tellement chouette .
Je suis bien mieux maintenant et c'est Romain qui a plus de mal . Des crampes commencent à l'envahir et nous nous arrêtons régulièrement pour le soulager . 

Après une belle descente hyper technique, nous retrouvons le parcours de 2008 qui doit nous conduire au dessus de St Sulpice . J'arrive enfin à suivre les gars qui me précèdent, c'est agréable ! Ainsi je suis quelques instants le groupe de Michel Sorine (Mr Saintélyon et LUT) mais je m'arrête pour attendre Romain, plein de crampes . Tiens au fait, moi je n'ai aucune crampe, c'est intéressant à noter ça (ne râter pas mon analyse détaillée au cours du mois de Novembre ...) . J'essaie de rassurer Romain, je lui dis qu'il ne reste qu'une descente avant Cantobre et qu'après c'est fini (ou capri je ne sais plus ... ) .


A notre rythme, le cheminement sur la crête est un peu longuet mais nous arrivons enfin dans la mythique descente . Je remets les Compressport Quad (il n'y a qu'en descente que je sens un effet positif, mais quel effet !!) et c'est parti . Franchement je suis surpris et content de l'état des jambes . Oh, je descends pas très vite mais je sens les cuisses encore bien solides . Mais mon pauvre Romain est perclu de crampes et je m'arrête régulièrement pour l'attendre et le motiver . 
Tiens ça fait 7h48 que nous sommes partis ... L'année dernière j'arrivais à Nant ! 


Voilà le ravito ! Pascalou est encore là, ça fait plaisir de le voir . Je laisse mon camel à un bénévole qui me propose de le remplir . Pendant ce temps je pioche sur les tables, toujours du salé . C'est drôle mais l'année dernière je n'avais envie que de sucré et je n'avais pas goûté au roquefort, alors je me rattrape cette fois !! 

Puis nous prenons la route . Romain est vraiment mal et il me dit même de partir . Je sens que je suis capable de me mettre à courir, de finir en boulet de canon mais à quoi bon . Romain a besoin de moi et on a dit qu'on finissait ensemble alors on finit ensemble . Yves Masson, le coach de Cathy Dubois et de Bicshow se joint à nous, et nous conversons pendant un petit bout de chemin . Après Cantobre, il y a plein de spectateurs et c'est parfois digne du Tour de France !! 
 


Ensuite, il faut grimper jusqu'au Roc Nantais . Pour nous c'est en marchant tranquillou, au milieu d'autres gars, comme si nous en finissions avec une longue rando (remarquez, c'est un peu ça non ?) . 


La descente finale se passe pas trop mal, en tout cas sans crampes et nous voilà à l'entrée de Nant . Nous passons sur le pont, ne reste plus que le petit raidard dans les faubourgs de Nant . On le passe en courant, faut finir sur une bonne note !!! Ces instants passent toujours trop vite mais on ne va quand même pas s'arrêter, on se traîne depuis plus de 8h !! Nous franchissons la ligne d'arrivée en 9h40' à la 383ème place . J'avais vraiment l'impression que nous étions plus loin !! Je passe récupérer mon T-Shirt finisher !! Il n'a pas la même saveur que l'année dernière, mais ce T-Shirt c'est mon objectif depuis 50km !! Je crois que je vais l'encadrer !!!  


Prochainement une analyse de ma course, ratée d'un point de vue sportif mais réussie humainement parlant et retour sur la saison 2009 et le programme 2010 ... Il y aura de quoi faire !!!

Jetez aussi un oeil au récit de Romain en cliquant .

Et pour finir une mention spéciale au Roi Carotte qui pour seulement 1' loupe son objectif de finir en moins de 8h mais qui se permet de nous mettre 1h40 minute dans les carreaux .... bon ben ça va !

Publié dans récits 2009

Partager cet article

Repost 0

Résultat Templiers 2009

Publié le par yanshkov



Un jour sans !

 

383ème en 9h40'43" , c'est mon classement sur les Templiers 2009 ... Déception par rapport à l'objectif de 7h30 (à ouais quand même !) mais énorme satisfaction d'être allez au bout car la tentation d'arrêter était grande . Mais une course comme les Templiers ça ne s'abandonne pas !

Un CR, une analyse de la course et de la saison 2009 d'ici quelques jours ... 2 vidéos pour vous faire patienter ...

 

Et dire que l'année dernière je courais sur ce chemin !


Grosse ambiance à Cantobre !! Merci à tous les spectateurs !

Publié dans courses

Partager cet article

Repost 0

Euskal Runner Camp

Publié le par yanshkov

Ou comment passer un week-end inoubliable en terre basque ...



Euskal Runner Camp !  Vous n'en avez jamais entendu parlé, vous n'avez jamais vu d'encart publicitaire dans votre magazine de trail préféré ??? C'est normal ! Il faut être un habitué du blog de Niko Darmaillacq pour savoir que ça existe !!  

Mais alors qu'est ce que c'est ???

Tout simplement un rassemblement entre potes à l'initiative de Niko, le temps d'un long (mais trop court) week-end, sur les pentes de la Rhune, non loin de St Jean de Luz  . Au programme de la rando-course, du run&bike, des apéros, des spécialités basques ou d'ailleurs, de la bonne humeur, de la pluie, du brouillard, du dénivelé, des bornes, des Pottoks ...

Allez, je vous livre un peu plus en détails ces 3 jours passés au pays du Lémurien (c'est le surnom de Niko !) ...


Ascain, lieu du rassemblement, c'est pas la porte à côté quand même . Le plus simple pour un lyonnais comme moi, c'est de prendre le TGV pour Paris puis de faire Paris-Saint Jean de Luz toujours en TGV . Je passe donc la nuit de jeudi à vendredi dans la capitale chez l'ami Romain et nous prenons ensemble le train vendredi matin direction le sud-ouest . Arrivé sur St Jean nous sommes accueillis par Rémy . Nous faisons connaissance en dégustant une bonne assiette de chipirons et de riz puis une belle part de gâteau basque . Ensuite direction le camping d'Ascain où nous installons tranquillement nos tentes . Petite balade dans le village, jus de pomme artisanal à la terrasse d'un bistrot puis retour au camping attendre les autres . Les arrivées s'enchaînent, les présentations se font et un sympathique campement prend forme . Les tentes sont installées de part et d'autre du camping-car de Niko, les tables et chaises sont sorties, les réserves sont à l'abri sous l'immense tente de Yon . Il est 20h, la nuit est tombée ...


Première session, un run&bike à la lueur des frontales sur les petites collines surplombant Ascain . Nous sommes 13 avec 6 ou 7 VTT que nous nous échangeons régulièrement . Le rythme est assez cool et permet de discuter pendant les 2 heures de la sortie . Pas évident quand même le VTT, surtout de nuit, et que ce soit en montée ou en descente, le traileur est bien souvent plus rapide et plus à l'aise ! N'est-ce pas Jean Marc ??!! Nous sommes de retour au camp de base à 22h15 après 16km et 600m+ . La soirée se prolonge autour d'une bonne bière, d'une grosse assiette de pâtes, de chorizo, de jambon et de fromage ... Minuit trente il est temps d'aller se coucher ...

Samedi, réveil 6h30, c'est LA grosse journée du week-end avec au programme la Hard'Rhune ! Là encore ne cherchez pas, on en cause pas dans Endurance Mag ! La Rhune, c'est la montagne qui culmine au-dessus d'Ascain, à 905m d'altitude . Quand on sait que le bivouac est presque au niveau de la mer et qu'il est prévu de monter-descendre une multitude de fois cette petite butte (c'est Niko qui le dit !), y' a de quoi être inquiet !! Surtout quand peu avant que nous nous élancions, à la lueur des frontales, la pluie, jusque là absente, fait son apparition . Mais il nous en faudrait beaucoup plus pour nous décourager et puis une rando-course en terre basque, ça se fait bien toujours sous la pluie non ?? 



Durant près de 8h30, nous allons sillonner l'ensemble du massif, enchaîner les grimpettes et les descentes techniques, les petites singles au milieu des fougères,les pentes herbeuses, la cheminée et son gros pourcentage (44% de moyenne pendant 500m), les passages au milieu de buissons piquants, les panoramas sur la côte basque et l'océan ... 40km et 3400m+ sans jamais la moindre route ni la moindre habitation, c'est le pied !! Un petit arrêt casse-croûte vers 13h permet de se requinquer : délicieuse crêpes bretonnes de Fabrice, tout aussi bon gâteau de riz au chocolat de la maman de Pilou, un peu de coca . Bien meilleur que les pâtes que nous pensions manger et que Jacques, le padre du lémurien, a omis d'ammener !!




Finalement les 8h30 de rando-course passent bien vite mais il est plus sage de rentrer au campement, histoire de prendre le temps de se doucher et de se restaurer avant ....... l'apéro et un énorme repas !  Là encore une grosse soirée ! Cake salé, quiche, flan de courgettes, chorizo, moscatel, vin de noix, leffe pour commencer ! Puis pâtes à la sauce tomate maison et blanc de dinde, accompagné de Pécharmant ... Avant de finir sur un excellent gâteau basque de la belle-maman de Niko . L'ambiance est excellente, les fous rires nombreux et encore une fois ça passe bien vite ... Nous sommes quand même un peu plus sages (ou plus fatigués ??) que la veille et le bivouac s'endort un peu avant minuit .

Dimanche, levés 6h30 (je bosse où quoi ??) sous la pluie !! Heureusement il ne fait pas froid depuis que nous sommes arrivés . Petit déjeuner et hop ! direction les pentes de la Rhune pour participer à la descente des pottoks vers le village . Le principe : grimper jusqu'au lieu de rendez-vous où sont parqués les bêtes en essayant d'emmener le plus possible de pottoks trouvés sur le chemin . De là haut, les animaux doivent être emmenés tous ensemble au village . Simple non ?? Pas vraiment en fait ! 


Je pars d'un côté de la montagne avec Romain, Jean-Pierre et Stéphane et nous essayons tant bien que mal de faire monter les quelques pottoks rencontrés vers le sommet . On arrive à deux reprises à mettre les bêtes sur le chemin mais impossible de les canaliser et celles-ci nous échappent à chaque fois . Et avec le brouillard, on ne sait même pas où il faut aller . Après un peu de jardinage, nous rencontrons des bergers qui semblent maîtriser leur affaire et qui escortent un petit groupe de pottoks . Ils nous emmènent jusqu'au lieu de rendez-vous .. Là c'est un peu sur-réaliste . Alors que nous grimpons, quasiment seuls depuis Ascain, en suivant le chemin de la course de la Rhune, nous débouchons sur une vaste prairie à 550m d'altitude . 


Une centaine de pottoks attendent dans un vaste enclos tandis que des groupes de personnes se forment tout autour . Il y a des bergers, des paysans, des habitants d'Ascain, des familles, des touristes, des jeunes, des moins jeunes et ........... des traileurs !! C'est le reste de la troupe que nous retrouvons pour un petit casse-croûte à l'intérieur d'une cabane en pierre . Ca fait du bien parce que dehors il commençait à faire un peu froid .


Puis les pottoks sont lâchés sur le chemin . Les cris des bergers se mêlent aux hennissements des chevaux qui galopent dans la pente ... Ceux-ci ne peuvent s'échapper du chemin car des centaines de gens les encadrent de part et d'autre du sentier . Parfois un cheval parvient à s'échapper et quelques bergers se lancent alors, baton levé vers le ciel, à sa poursuite . Et je vous assure qu'ils n'ont pas besoin de chaussures de trail dernier cri pour dévaler à toute vitesse en hors-piste . Des bottes en plastique font l'affaire !!! 


A l'entrée du village de nombreux spectateurs regardent passer le défilé de pottoks tandis que la pluie redouble . Pas trop le temps pour nous de nous éterniser à la fête du village, le temps est compté jusqu'à ce que nous prenions notre train . Nous rejoignons le camping après 10km et 570m+ . Douche puis rangement du bivouac, il nous reste heureusement un peu de temps pour déguster de succulents taloas à la ventrèche et au fromage . Pas du tout gras cette affaire !!!!! 

Marcel nous dépose, Seb, Romain et moi à la gare et c'est à 14h15 que nous quittons le pays basque, direction Paris, avec déjà l'envie de revenir pour un autre week-end ... 

Voilà, maintenant y'a plus cas faire cool pendant les 2 dernières semaines avant les Templiers . Je ne sais pas encore comment va se dérouler ma course mais ce qui est sûr c'est que ça va être encore une belle fête entre potes !!

D'autres récits et photos :

http://piloumontagne.blog4ever.com/blog/index-132192.html

 http://romain-basset.over-blog.com/article-session-euskal-runner-camp-autour-d-une-meme-passion--37527857.html

http://nikoverdosedetrail.blog4ever.com/blog/index-114198.html

Publié dans esprit-trail

Partager cet article

Repost 0

Trail des Irréductibles et Trail de St Marcel l'Eclairé

Publié le par yanshkov

Presque prêt pour les Templiers ! C'est ce que je retiens de mon week-end ponctué par une nouvelle victoire sur l'Huma Trail des Irréductibles, partagée avec Stephane Vinot samedi soir et une bonne 3ème place ce dimanche matin sur le Trail Michel Zahn à Saint Marcel l'Eclairé .

Tout a commencé samedi matin au saut du lit par un petit décrassage à jeun, en compagnie de Murielle qui prépare les 10 kilomètres de Caluire . 5km en ......... 40' , un réveil musculaire tout en douceur !! Puis du repos toute la journée pour arriver frais du côté de Sathonay où se déroule le Trail des Irréductibles .


Je fais un gros échauffement d'environ 30', histoire d'être bien chaud au départ mais aussi de rajouter un peu de bornes à mon week-end . Sur la ligne de départ je retrouve ensuite mes potes Fred Peyrot et Manu Odin ainsi que Steph Vinot,Sylvain Velon ou encore Arthuro des Passe-montagnes . On sent que ce trail a pris de l'ampleur depuis l'année dernière, l'aire de départ est beaucoup plus large et bien remplie, par plus de 200 coureurs . 


A 18h30, les fauves sont lâchés . Ca part très vite, en descente, et je suis un peu loin de la tête, aux environs de la 15ème place . Mais je ne m'affole pas et je refais petit à petit mon retard pour recoller à la tête de course au pied de la première bosse du parcours . Bien que très tôt dans la course, je sais que dans cette grimpette on se rend compte très vite si les jambes sont bonnes . Et ma foi, elles répondent bien ! Un gars part devant mais je l'avais repéré au départ avec sa casquette de l'équipe de France Olympique ( encore un gars de l'aviron ??) et je sais qu'il fait le parcours de 13km . A mes côtés je retrouve Steph et Olivier Alfano et ses gros bras !! Ce dernier est aussi sur le 13km ... J'annonce à Steph que nous sommes donc en tête du grand parcours et je prends la tête des opérations . Je prends même quelques longueurs d'avance mais une fois de retour sur le goudron et le plat pour retourner au parc de Sathonay, je ralentis un peu ! Pas trop envie de faire cavalier seul et de faire toute la course avec Steph 50 mètres derrière .

Petit coup de stress à l'entrée du parc où un signaleur nous fait partir sur la gauche alors que l'année dernière nous tournions à droite pour faire un tour complet du parc . Très vite on se rend compte qu'en fait nous avons été mal aiguillé . Demi-tour express, une trentaine de secondes de perdues et quelques gars qui reviennent . Mais très vite nous reprenons nos positions d'avant l'incident .


Je suis dans le sillage de Steph et Alfano lorsque nous attaquons la très ludique traversée du bois de Sathonay . Là, c'est du pur trail avec parfois des passages typés cross : relances, courtes butes, courtes descentes abruptes, dévers .... Ce passage ne dure que 5 minutes mais se révèle très intense . Steph envoie du gros et je m'accroche à ses basques en espérant qu'il se relève rapidement .

A la sortie du bois, nous attaquons les longs bouts droits sur chemins agricoles et chemins de halage . Steph maintient la cadence et nous nous retrouvons alors plus que tous les deux . Je sens alors que nous avons de grandes chances de finir en tête mais si je veux essayer de gagner, il me faut faire ma part de travail . Je relaie alors Stephane et imprime alors mon propre rythme . Les sensations sont assez bonnes et courir sous une magnifique lune orangée ajoute un petit plus à l'épreuve . Régulièrement nous nous relayons et courons aussi parfois côte à côte . Mais alors que nous revenons sur Sathonay, nous apercevons un mec revenir à toute allure sur nous . Soit il fait le 13km et pas de danger pour nous . Soit il fait le grand parcours et alors là, il va falloir serrer les fesses !! Mais en me retournant je lis sur son dossard qu'il s'agit bien d'un concurrent du 13 . Ouf !! Il nous rattrape lors de l'entrée dans le parc et va chercher la 2ème place .

Pour nous, il reste encore un tour et surtout le passage dans le bois où Steph était assez à l'aise tout à l'heure . Celui-ci accélère d'ailleurs fortement au passage sur la ligne d'arrivée mais je réponds sans trop de problème . Dans le bois, il fait cette fois presque nuit et j'allume la frontale . Steph mène toujours mais nous allons un peu moins vite que tout à l'heure . Derrière, personne ne semble pouvoir contester nos places sur le podium . De retour sur les chemins roulants, je repasse devant et laisse passer Steph dans le délicat passage du chemin des galets du côté de Cailloux . De nuit je n'aime pas trop cet endroit sur un sol très irrégulier mais je profite du sillage de mon compagnon de route pour passer aux bons endroits .

 A 3 kilomètres de l'arrivée, je dis à Steph que je suis ok pour finir main dans la main et ni une ni deux, il me tape dans la main . Nous avons à tour de rôle essayé de prendre le dessus sur l'autre sans y parvenir et partager cette première place avec Steph, traileur des Monts d'Or comme moi, est bien dans l'esprit de partage et d'entraide du Trail des Irréductibles . Et puis faire comme Dawa et Ludo Pommeret ça le fait !! Nous accélérons quand même un peu dans le final, Steph craignant un retour éventuel de l'arrière . 

Nous franchissons côte à côte la ligne d'arrivée, après 1h25 de mano a mano . Seconde victoire sur ce trail pour moi et plus de 2 minutes de gagnées sur les 20 kilomètres du parcours .


J'enfile ensuite mes Compressports Q pour bien récupérer et en attendant la remise des prix, je mange un peu de taboulé et me boit un Yop !! Et oui il faut refaire très vite le plein car demain je remets le couvert sur le Trail de St Marcel l'Eclairé !



Dimanche matin, je suis réveillé de bonne heure mais je reste au lit jusqu'à au moins ...... 6h30 . J'ai un peu les mollets durs mais au niveau des cuisses, rien à signaler . Merci Compressport !! Petit déjeuner, avec thé, jus d'orange et gâteau sport banane fait maison et nous voilà très vite en direction de St Marcel, petit village niché au-dessus de Tarare . En 2006 cela avait été mon premier trail et c'est avec plaisir que j'y reviens .

Aujourd'hui par contre, je ne croise aucune connaissance (vous étiez où les gars ??) mais je reconnais sur la ligne de départ Martial Billet, habitué de trails courts et Rémy Coquard souvent placé sur les trails du coin .

Le départ est donné à 9h30 et comme hier départ rapide, tout de suite sur chemins caillouteux et herbeux . Je me retrouve assez vite dans le sillage de Billet, derrière 2 gars qui font le 10 bornes (pour nous ce sera 21km et 600m+) . Le parcours alterne chemins et petites routes vallonnées mais c'est assez roulant . Je tente de voir comment les jambes répondent en passant devant Billet mais quelques centaines de mètres plus loin, celui-ci repasse devant pour imprimer un rythme un poil trop rapide pour moi . Je décide de ne m'occuper que de moi et de courir à mon rythme .

Je passe au premier ravito au 5ème kilomètre après à peine 19' de course . Joli rythme quand même ! Je suis en 3ème position et j'ai toujours en ligne de mire les 2 premiers . Je ne me retourne pas, histoire de ne pas me mettre la pression pour le moment et de continuer sur mon propre rythme . Je négocie bien les côtes, tout en courant, malgré des cuisses un peu brûlantes . Mais je m'oblige à garder la cadence, ce que je n'avais pas réussi à faire il y a 2 semaines au Trail du Revermont . Aujourd'hui, malgré la course de la veille, je suis nettement mieux et le moral comme la météo est au beau fixe . Un coup d'oeil sur l'arrière pour apercevoir Coquard pas très loin ...


Je retrouve Murielle au 10ème kilomètre après 43' de course . Elle m'annonce la tête à 1'15" . Beaucoup et peu à la fois mais l'important est de bien allonger la foulée sur les quelques parties roulantes goudronnées et de négocier sans mollir les petites côtes en sous-bois . Une côte plutôt longue me fait bien mal aux cannes mais j'arrive à garder ma petite foulée courte presque jusqu'en haut et ne marche que sur les derniers mètres plus pentus .
De retour sur une partie plus plane, je me rends compte que Coquard ne grignotte rien sur moi et qu'il ne paraît donc pas en mesure de grimper plus vite que moi . Je commence alors à songer sérieusement au podium ....

Je me fais bien plaisir sur ce parcours roulant et c'est avec plaisir que je constate que je suis beaucoup plus à l'aise qu'il y a 3 ans lors de mes débuts . Les kilomètres défilent très vite, au mileu des forêts, des prés à vaches et des traversées de fermes . Je passe au point culminant du parcours (930m) après 1h15 de course et me lance dans la descente finale avec prudence mais sur un rythme soutenu . La cheville tient le coup et ça c'est encore une bonne nouvelle !!


Je passe la ligne d'arrivée 3ème tout sourire en 1h36'26" pour 21km et 600m+ derrière Martial Billet (à gauche) et Serge Raynard


Bilan plus que positif sur ce week-end avec une victoire et une troisième place mais aussi et surtout la sensation d'être prêt à encaisser la première moitié roulante des Templiers sur un bon rythme . Le foncier et le dénivelé acquis cet été feront le reste jusqu'à l'arrivée ... 

Côté dotation, 50 euros chez Runista à Neuville et 20 euros à Running Conseil mais aussi 2 magnifiques trophées : une très belle statuette africaine et un joli pot en céramique . Merci aux organisateurs de ces 2 sympathiques courses dont l'intégralité des bénéfices est reversé au profit du village malien de Niongono (Sathonay) et à la lutte contre la maladie de Charcot (St Marcel l'Eclairé) . On ne court pas pour rien !  


Place maintenant à quelque jours de récup avant un week-end au Pays Basque à l'invitation de Niko Darmaillacq ...

Le récit de Stephane c'est ici : http://freetrailer.sport.fr/756618/L-ESPRIT-TRAIL/

Publié dans récits 2009

Partager cet article

Repost 0